Danse macabre - Stephen King

Publié le par Twinsunnien

Le roman.

Le roman.

Un nouveau livre de Stephen King, youhou, c'est cool, parmi ses premières œuvres en plus, vu qu'il paraît en 1978, pas dans sa version Poche comme ici, mais quand même, ça va faire 40 piges. En fait Danse Macabre n'est pas un roman, mais un recueil de nouvelles, variant entre 10 et 60 pages (environ), elles sont variées, mais conservent toutes le style simple et agréable de l'auteur. L'avantage des nouvelles, c'est qu'on ne perd pas 10 plombes à nous présenter les personnages, on rentre dans le vif du sujet rapidement. Le long des 540 pages du livre, ce ne sont pas moins de 20 nouvelles plus ou moins terrifiantes qui vous attendent.

La question est, comment aborder cette œuvre, je sors mon avis sur chaque nouvelle, impliquant un résumé pouvant très facilement spoiler, je survole le tout, ou alors je ne parle que des plus marquantes? Compliqué. Je vais débuter par la première, Celui qui garde le ver, contée de façon épistolaire, yep, un mot intelligent que je sors tout seul, donc à travers des lettres datant du XIXème siècle, on y découvre la bourgade de Jerusalem's lot, dont il sera aussi question dans la pénultième nouvelle Un dernier pour la route. Si cette dernière est passionnante, la première s'avère lourde, c'est la nouvelle que j'ai eu le plus de mal à lire, pourtant la fin est excellente, mais raconter cette malédiction à travers des lettres, mmmoui, c'est bien écrit mais moi je n'aime pas trop. Et me voilà contraint de vous causer rapidement de la nouvelle suivante, Poste de nuit, j'ai vu un film s'en inspirant, et là ça fonctionne. Si le film est bof, la nouvelle est terrifiante, avec les normes d'hygiène non respectées et les gentils ratounets qui envahissent le sous sol, je pense que je chroniquerai le film qui s'en inspire, en sachant que c'est une série B tout juste passable. Mais le récit fonctionne ici, c'est dynamique et l'horreur est bien présente, avec encore une fois une fin divine.

Une sale grippe est intéressant, surtout qu'aujourd'hui nous connaissons le cinéma relatant les infectés, mais l'histoire sonne aussi série B, la faute aux protagonistes, des ados, et à leurs relations, le mec qui trouve la meuf laide, enfin bon, j'ai pas bien compris et n'apprécie pas trop cette histoire. Comme une passerelle est digne d'un épisode soit de X-Files, La quatrième dimension ou Au delà du réel, plus la série mettant en scène Dana Scully et Fox Mulder je pense, la faute au côté extra-terrestre du truc. Là aussi c'est passionnant à lire, pas très effrayant pourtant. La presseuse qui suit, est la nouvelle la plus dégueulasse, avec une certaine description de l'atmosphère sanglante, puis cette fin avec le bruit que l'on imagine, oui, une nouvelle dégueulasse et flippante à souhait.

Je semble être parti pour vous relater mon avis sur chaque passage de ce livre on dirait, donc on continue avec le croque mitaine, à ne pas lire si on est mineur, disons si l'on a moins de 16 ans, car ça joue sur les peurs enfantines du croque mitaine et du monstre du placard. Bien conçue, la nouvelle vous tiendra en haleine, sans vraiment provoquer une immense frayeur pour autant. Aah, Matière grise, là nous sommes dans un segment digne de Au delà du réel, j'ai bien aimé cette nouvelle, mais n'en dirait pas plus dessus, ce serait vite spoiler. Petit soldat est bref, et fait penser à un mélange entre les soldats verts en jouet, je n'ai plus le nom, et Chucky, avec une fin délicieusement drôle, un humour britannique je dirai.

Poids lourd a été adapté par le King lui même en film, son unique réalisation, Maximum Overdrive, et c'est un peu les machines reprenant le dessus sur leur créateur, effrayant, irréaliste, mais tout de même efficace. Je crois que le film est pourri, ça ne m'empêchera pas de le chroniquer tôt ou tard. Cours, Jimmy, cours, me fait penser à Simetierre, avec en plus cette volonté d'exhumer les fantômes du passé, et d'affronter un moment horrible, on peut y voir plusieurs choses dans cette nouvelle, pas immense mais bien écrite et captivante.

La corniche vous fera méchamment flipper par contre, surtout si vous avez le vertige, j'ai bien aimé aussi. La pastorale est excellente, on peine à croire ce que l'on lit, pourquoi il est nu? Mais le personnage principal a fumé ou quoi? Excellente nouvelle, qui rejoint le côté démoniaque de la presseuse ou des camions vivants de Poids Lourds. Desintox, Inc et son entreprise aux méthodes expéditives pour faire arrêter de fumer ses clients, palpitant. L'homme qu'il vous faut n'est pas si effrayante que cela, intrigante au début, on devine vite la nature de cet homme, mais bon, chut.

Les enfants du maïs, là aussi adapté en film (et que je compte bien faire), avec cette campagne américaine effrayante par moment, surtout quand on arrive dans une petite ville où la vie semble avoir disparue. Encore une fois, King nous donne une situation normale, banale, et ajoute un soupçon de fantastique voire d'horreur qui fait tout basculer à un moment clé. Cette nouvelle est marquante, surtout par le côté enfantin de... enfin vous lirez bien. Le dernier barreau de l'échelle est l'histoire la plus normale mais aussi la plus triste de ce livre, rien de surnaturel, ou si peu, pour finalement en revenir à l'importance de la famille, même si on se perd de vue.

Non, mais, L'homme qui aimait les fleurs est la nouvelle la plus courte, bizarrement la plus prévisible aussi, mais très bien contée. Un dernier pour la route n'est pas vraiment la suite de Celui qui garde le ver, pourtant le lieu est Jerusalem's lot, et c'est une histoire hivernale, glaciale, pas trop effrayante car on devine rapidement quel est le mal qui frappe, tout juste le sourire de la petite fille peut marquer, mais l'histoire est intéressante. Si j'ai dit que Le dernier barreau de l'échelle était l'histoire la plus normale, en fait c'est plutôt Chambre 312 qui l'est, prémices de Dolorès Claibornes dans la description de l'horreur quotidienne de la vieillesse, c'est une très belle histoire qui vient clore ce livre.

J'ai retrouvé beaucoup d'idée que l'on verra plus tard, déjà que le côté sketch, ou segment, fait penser à Creepshow le film, mais aussi et surtout à des séries comme Au delà du réel ou X-Files, un côté creepy, sombre, inquiétant. Cours, Jimmy, cours m'a fait penser à un épisode de la saison euh, 3 ou 4 de Buffy contre les vampires, quand Xander se voit contraint de faire équipe avec un groupe de revenants, on peut aussi déceler du Simetierre dans cette même nouvelle, du Le fléau dans Une sale grippe, ah, j'ai oublié de parler du Printemps des baies, bien foutue aussi comme nouvelle, avec une fin que le lecteur analysera comme il l'entend, mais on sait tous qui est le meurtrier. De plus, certaines nouvelles furent adaptées (sans grand succès toutefois) au petit ou grand écran. Je pense à The Mangler (La presseuse) ou Rats (Graveyard Shift/Poste de nuit). Jerusalem's lot (ou Celui qui garde le ver) semble inspirer King pour son Salem, enfin bon, vous l'aurez compris, c'est un livre à lire si vous aimez cet auteur, permettant de varier les situations, les personnages, les époques, le tout avec un style facile à lire et parfois bien dégueulasse ou effrayant. Par contre, n'oubliez pas que ce livre date de 1978 en le lisant, ça permet de ne pas s'offusquer de l'absence de téléphone portable ou de mieux situer l'action quand des dates sont données. J'ai adoré le lire.

@+

Publié dans Livre - BD - Manga

Commenter cet article