Sing Street

Publié le par Twinsunnien

Le DVD.

Le DVD.

Fin 2016, ah, non, fin octobre 2016, sort donc Sing Street, un film que je voulais voir au cinéma, tout comme Tu ne tueras point, et que je n'ai pu voir qu'en vidéo, tout comme le dernier film de Mel Gibson. Parfois je me demande ce qu'il faut faire pour que mon cinéma programme des films intéressants, vu que les blockbusters ou pire, les comédies françaises pas drôles, bouffent une immense majorité de séance. Mais comme finalement je suis arrivé à voir Your Name, je ne peux pas trop critiquer, c'est un peu comme les gens ne voulant pas que les éleveurs faisant du lait soit sous payés, mais qui cherchent à tout prix le coût le moins cher, quitte à boire de la merde ou provoquer la baisse du prix du lait, ici, si le cinéma propose un petit film génial mais peu connu, il n'aura aucun spectateur, ou si peu, j'ai encore l'expérience de La Tortue rouge, magnifique œuvre boudée dans ma ville. Mais je ne suis pas ici pour analyser quoique ce soit, moi-même alimentant ce circuit de blockbuster, allant voir les bouses de Marvel, que j'aime bien pourtant, c'est ainsi. Mais de quoi il en retourne de ce Sing Street. Suite à une crise économique en République d'Irlande du milieu des années 80, la famille Lalor (dont les parents s'entendent de moins en moins) doit faire des économies, c'est ainsi que le benjamin, Conor, doit changer d'école pour intégrer un collège bas de gamme, dirigé par des frères (j'ai pas retenu de quelle église, et je ne veux pas dire de bêtise), et composé d'élèves particulièrement, comment dire, bagarreurs. En face de cette école, une jeune fille, une fille (elle est under seventeen car elle a 16 ans), est souvent présente sur le palier de la maison de jeune fille de l'autre côté de la rue, et Conor, subjugué par son look et sa beauté, va se retrouver à monter un groupe pour l'impressionner. Regardons une scène du début du film, en VF malheureusement, car je l'ai vu en VOSTFr, et je n'imagine pas qu'il faille le voir autrement, rien que dans cette vidéo on voit la différence, ce n'est pas l'espagnol mais bien le français dont il s'agit en VO. Enfin, on revient après cette vidéo.

Vidéo de TF1 VIDEO.

Primo en numéro un, très important, ne regardez pas les bande annonces, au maximum, car elles spoilent, méchamment en plus, ni même les clips, non pas que les chansons soient mauvaises, au contraire, mais regardez bien le film avant de regarder quoique ce soit. Car oui, ce film déchire les slips, les culottes et les strings. Deuxio segundo, à voir en VOSTFr, là, ça fait gros connard prétentieux (ouais moi l'anglais ça va je pige, alors que non en fait), mais le différentiel entre voix du chanteur et VF est trop violent, même si certains sous titres sont quelque peu bizarres. Une fois de plus ce n'est pas par prétention ou pour vous emmerdez que je dis ça, mais le film est savoureux en VOSTFr, alors pourquoi le voir en VF qui, au vu de l'extrait, ne semble pas mauvaise mais loin du niveau de l'originale. Voilà un fait contradictoire par rapport à mon introduction, car mon cinéma ne proposant presque que des VF, j'aurai été contraint de le voir ainsi, et je pense que cela aurait modifié mon avis sur ce film.

Vous souvenez vous du dernier film de Guy Ritchie, Le roi Arthur, qui m'avait poussé à acheter la bande originale du film (absolument géniale même en stand alone, soit sans les images), et cela faisait longtemps que je n'étais pas ressorti d'un film en voulant le score. Nous voilà 3 semaines après, et ce film me provoque la même envie. Dans un style différent. Les titres du groupe de Conor (je vous laisse le soin de découvrir le nom du groupe et l'inspiration digne d'un jeu de mot de Inod), originaux, sont co-écrits par John Carney et Gary Clark, et aux sonorités eighties, j'aime me la péter en employant des termes anglais. Ainsi nous verrons toute l'influence de Conor, Duran Duran, avec l'avènement du clip, ce qui provoque un petit conflit générationnel entre Brendan, le grand frère de Conor, et Robert leur papa. Ce dernier sortant "ils ne chantent pas en direct" hilarant. Car c'est abreuvé à Top of the pops (la version plus classe et britannique de notre Top 50) que Conor va lancer son groupe, en débutant par une reprise, une cover pour être précis. Heureusement Brendan va remettre son jeune frère dans le droit chemin. Lui sortant que c'est caca et qu'il doit composer et écrire ses textes.

Ah, la façon dont se monte le groupe aussi, seul point noir du film, tout vient s'emboiter à la perfection, ainsi aussitôt rencontré le petit roux (pas retenu son nom pardon), il tombe sur Raphina, la fille à l'origine du groupe. La façon dont il obtient le numéro, en chantant du A-ha, est excellente, et quand il retrouve son nouvel ami, Conor lui sort un "il faut qu'on monte un groupe", et comme par hasard, le petit roux connait Eamon, au look de Hackerman de Kung Fury, et qui est ultra doué, il sait jouer de tout, de comme par hasard son papa a un groupe jouant dans les églises, ou un truc du genre, je n'ai pas bien saisi en vérité. Et il s'avère être un compositeur hors norme. La façon dont le claviériste sera engagé est hilarante par contre, avec le petit roux ayant un comportement raciste ce qui dépite Conor et Eamon, "il est noir, il sait forcément jouer d'un instrument", et la façon lente avec des mots simples et des gestes avec laquelle il s'adresse à Ngig, putain, un racisme avéré, contrebalancé par les réactions de Conor et Eamon qui reprennent en main le casting si j'ose dire. Le batteur et le bassiste seront des élèves de l'école répondant à une affichette "c'est pour nous!", et voilà. Un peu trop rapide et parfait pour être réaliste, mais après tout ceci n'est qu'un film.

Ensuite, le processus créatif, surtout entre Conor et Eamon en vérité, c'est une partie géniale, et je repense à notre jeune personnage disant à son frère qu'il a école le lendemain et Brendan de lui dire "This Is School!" et de lui donner des vinyles à écouter comme devoir. Voilà la partie ressemblant à Beck, le manga de SAKUISHI Harold, et je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre les deux œuvres, regrettant le côté trop parfait de l'entente entre les 6 membres du groupe (le petit roux ne jouant pas, mais étant le manager/réalisateur du groupe), là où Beck était plus tendu. Le fait aussi que Conor sait bien chanter d'entrée, tout comme le fait qu'il sache déjà jouer de la guitare, bref ça va mille fois plus vite que Beck, et c'est quasiment parfait contrairement au manga. Sinon le reste y fait un peu penser, le concert du bal notamment. Avec cette fois ci le film de Robert Zemeckis, étant cité, Retour vers le futur et son concert, mémorable, inspirera pas mal Conor pour un clip.

Les clips, on sent l'émergence dans les années 80 de ces petites vidéos, au montage maîtrisé et permettant des effets révolutionnaires pour l'époque. Même si on ne voit pas trop comment ils peuvent faire un beau montage vu comment se positionne le réalisateur, mais ça passe. Surtout qu'il y a un côté amateur dans le jeu des acteurs et la qualité du cadre, qui fonctionne je trouve. C'est Raphina, jouée par Lucy Boynton, qui crève l'écran dans ces clips. Avec ses rêves de Londres et de mannequinat, le personnage, non, tous les personnages ont un lourd background, plus ou moins exploité à l'écran, ainsi on sent que Eamon n'a jamais vraiment eu d'amis et que c'est pour lui une immense joie de partager sa passion pour la musique. Même la brute me faisant penser au jeu vidéo Bully, possédera son petit instant expliquant pourquoi il est comme ça. Surtout que le contexte de 1985 n'est pas très glorieux en Irlande. Tout le monde fuit vers une vie meilleure vers Londres, la jeunesse ne possédant aucun avenir à Dublin, alcoolisme, violence, chômage, que des choses sombres quoi. Si en plus le milieu familial se divise (les parents de Conor ne cessent de frôler le divorce), et qu'à l'école le proviseur (père Baxter) ne supporte pas le moindre changement et la moindre tentative de se distinguer, voir la scène du maquillage à l'école, d'une grande violence, pour comprendre. Je pourrai continuer ainsi, n'ayant que peu parlé de l'influence de ces clips et de cette vague de musique "futuriste", la fameuse New Wave, ainsi nous entendrons du Duran Duran, The Cure (Happysad), The Jam (que je ne connais pas), même du Genesis, même si c'est pour voir Brendon se moquer de ceux écoutant du Phil Collins ^-^.

Que dire, sur un fond musical sublime, qu'il soit connu (A-ha, Duran Duran, The Cure) ou original (les titres du groupe de Conor), nous avons droit à un instantané de l'Irlande des années 80, sur fond de crise, sans l'aborder de front pourtant, la fin du film est parfaite de plus, mais vous verrez. J'ai repensé à Beck, le manga, sans pour autant avoir le côté lourd de ce dernier, et paradoxalement ça rend le film trop parfait, trop lisse, à mes yeux, mais en 1h40 c'est difficile de faire autrement. En y réfléchissant bien ce film mélange beaucoup de chose, la comédie romantique (n'est ce pas une histoire d'amour à l'origine du groupe?), comédie dramatique, avec le côté sombre de l'ambiance du pays, des couples qui se déchirent, de l'absence d'avenir des jeunes qui restent à Dublin, mais aussi la violence scolaire, qu'elle intervienne à travers les élèves entre eux, ou, pire, les enseignants, entre l'alcoolique incapable de se souvenir ce qu'il doit enseigner (voir l'extrait en début de chronique) et le père Baxter cherchant à imposer sa vision à tout prix, il ira faire quitter ses chaussures pas noires à Conor, qui se retrouvera en chaussette, voire pire (le coup du maquillage). Et puis il y a la comédie musicale, les chansons ayant des paroles importantes, que Conor essaiera d'expliquer à Eamon "- ça veut dire quoi? - Je ne sais pas trop, que je perçois ça comme ci comme ça" (bon, je ne paraphrase pas au mot près, je ne me rappelle plus le dialogue exact). Un film à voir absolument, ne réfléchissez pas, ne cherchez pas, achetez le DVD et regardez le en VOSTFr. Une claque dans ma gueule, magnifique, à écouter en plus, fort, j'ai adoré, et je compte acheter la Bande Originale.

@+

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