La famile Bélier

Publié le par Twinsunnien

La famille Bélier en DVD.

La famille Bélier en DVD.

Vous savez, de temps en temps, il y a des films qui cartonnent au box office français, et dont je me dis indéniablement, "je vais pas aimer". Pourquoi? Serai-je une grosse dinde qui refuse le moutonnisme, l'art d'aimer ce que les autres aiment, faire son mouton quoi. La dinde rebelle que je suis, parfois, se laisse assez intriguer pour oublier le succès de tel ou tel film, et donc de le voir tel quel, non pas comme un des cartons de ouf. En effet, je déteste les Astérix & Obélix, en live je veux dire, quoique en y regardant bien, en dessin animé, je ne surkiffe pas non plus, mais ça passe mieux, bon, donc le petit gaulois cartonne sans cesse dans les salles françaises, que dire de, euh, Bienvenue chez les Ch'tis, hein? Voilà un film que j'ai vu en tant que carton immense, donc forcément drôle. Oki, j'm'a trompé. De rares exceptions arrivent à me faire dire que les spectateurs ne sont pas siiiiiii cons, je pense à Intouchables, au succès mérité, que j'ai aimé, sans pour autant en faire un film culte, euh, et après en gros cartons que j'ai aimé, je sais pas. Bon, intro de merde, pour vous dire que normalement, quand un film est déclaré comme succès français, je m'en méfie, seul ce La famille Bélier ne créé aucune méfiance de ma part. Comme ma phrase ne veut rien dire, on regarde la bande annonce.

Bande annonce, vidéo de Mars Distribution.

Réalisé par Eric Lartigau, ce film est sorti mi-décembre 2014, et nous raconte l'histoire d'une famille modèle (comprenez par là, un papa, un maman, et 2 enfants de sexe opposé), seulement les parents et le petit frère sont mal-entendant et muets, mal parlant, non, on peut pas dire ça. Donc seule Paula est euh "normale", même si j'aime pas ce mot. Ado ayant ses propres problèmes, elle doit en plus aider à gérer la ferme familiale vu le handicap des autres membres de sa famille, elle doit négocier avec les commerciaux pour divers achats. Bref, elle est un pilier et déjà assez adulte pour son âge. Pourtant, c'est son béguin pour Gabriel, le beau parisien, qui va lui faire intégrer la chorale de l'école. Ah lalalalala, la chorale, avec un Eric Elmosnino somptueux, limite dépressif de devoir continuer dans ce trou pourri, il va avoir une sorte de détachement et de franchise assez hilarante. Il sortira des phrases carrément drôles.

Euh, donc, forcément, Paula a un belle voix, voir carrément un voix de ouf. Et donc son prof de chorale veut qu'elle passe le concours pour entrer dans une grande école parisienne. Oui, mais comment l'annoncer à ses parents? Pourront-ils s'en sortir sans elles?

Il est étonnant de voir un film, français d'autant plus, aussi bien équilibré. Les acteurs sont brillants, comme Dany, et les personnages possèdent tous un petit truc de drôle. Même si la vie campagnarde semble un peu "extrême", genre elle se tape 1 milliard de kilomètre pour aller au lycée. Bon, ça existe, mais c'est un peu abusé je trouve. Sinon rien à redire, c'est intéressant, et le film passe à une vitesse assez dingue, porté par la jeune comédienne Louane Emera, le film ne s'effondre jamais, même quand on nous sort la sempiternelle scène où ça clash. Impossible pour un film français de se passer de ce genre de scène, oki, ça fait réaliste, mais c'est assez casse bonbons de constater que tout le monde nous sort ce genre de scène systématiquement.

En plus de sensibiliser sur le cas des handicapés, plus précisément des sourds-muets, on plonge dans leurs monde et s'attache indéniablement aux personnages, oui, le maire représentant la politique est un connard fini, peut être un peu trop cliché (il n'y a qu'à voir son ton mielleux quand il lance sa campagne), mais pas si éloigné de la vérité finalement. Le parisien hautain qui finalement s'attache avec la petite paysanne, genre, à voir comme ça, on croirait un Disney, mais finalement, malgré tous ces clichés/facilités, on n'y prête pas attention, et ça passe.

Surtout, j'ai parlé d'équilibre, en effet, alors qu'on explose de rire sur la scène du docteur/gynécologue, ou la jeune Paula doit traduire l'engueulade de ses parents, à base de champignons et, euh, bon, vous en avez une partie dans la bande annonce, et c'est très drôle, même si hors contexte, ça parait affligeant. On tombe aussi sur cette émotion, quand Rodolphe (François Damiens, sublime, définitivement mon acteur francophone préféré) comprend que sa fille aspire à autre chose et qu'il va devoir la laisser partir, et fait tout pour l'encourager, essaie de comprendre en lui demandant de rechanter pour qu'il "sente" l'émotion. Putain, ça le fait, la larmichounette arrive. Je n'oublie pas Karin Viard, jouant la mère Gigi, excellente elle aussi, ne voulant pas laisser partir sa fille, de peur de la perdre, elle se bourrera la gueule d'ailleurs. Non, mais en fait je vous cause de ce film, est, en revoyant la bande annonce là; j'ai une furieuse envie de le revoir, oh purée, mais genre le truc qui ne m'est jamais arrivé, avoir envie de revoir un film français, même le parfait Nous-York du duo Nakache/Mimran ne m'a pas provoqué une telle envie (oui, je veux le revoir, mais moins).

Ah, euh donc, voilà enfin un film dont je comprends le succès, amplement mérité, de part son sujet, de part don humour, de part son émotion. Bon, il faut aimer les chansons de Michel Sardou (moi ça passe), mais le film est bien joué, bien équilibré entre humour/émotion, un peu cliché parfois, mais ceci aide l'humour donc on pardonne. Voilà donc une pépite du cinéma français, avec, cerise sur le gâteau, le fait que je comprends parfaitement pourquoi Louane a eu un César, là aussi carrément mérité. Une belle surprise pour moi, j'ai bien ri, un peu chouiné, et je regrette la fin, un peu facile, mais ne pouvant pas être autre, oui, nous sommes devant une comédie là. Donc, soit je deviens méchamment vieux, soit ce film est réussi. Vu que je n'aime toujours pas Les Profs de PEF (dont j'adore ses Essaye-moi et King Guillaume pourtant), je penche donc pour le fait que La famille Bélier est réussi, une des rares comédies françaises que j'adore (les premiers films de PEF, les films du duo Nakache/Mimran). À voir au moins une fois, je vous promets un bon moment.

@+

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