Philadelphia

Publié le par Twinsunnien

Philadelphia en DVD.

Philadelphia en DVD.

Découvert voilà, fiouuuuuuuuu, beaucoup d'années on va dire, lors de sa diffusion en clair à la télévision française, je dirai au pif en 1997 ou 1998, Philadelphia m'a interloqué, j'étais jeune pourtant, mais cette idée du petit qui attaque le gros, avec en plus une dimension dénonciative (mot nouveau que je crée pour l'occasion) sur une grave maladie et un mode de vie alternatif. Je cause du SIDA et de l'homosexualité si vous n'aviez pas pigé. Un film va donc exploser tous les clichés et autres idées reçues, aussi bien concernant la maladie que l'homosexualité aussi. On commence donc cette semaine spéciale cinéma, qui se compose que de films que j'ai aimé, voir plutôt surkiffé, que des indispensables, regardons la petite bande annonce.

Bande annonce VF, vidéo de beach overpro.

Visible sur les grands écrans en 1993, Philadelphia est réalisé par Jonathan Demme, et voit à l'écran de futurs monstres du cinémas que seront Denzel Washington, Tom Hanks ou Antonio Banderas (dans un plus petit rôle).

L'histoire est la suivante, Adrew Beckett est un jeune brillant avocat (le métier, pas le fruit (ou légume je sais plus)), faisant parti d'un gros cabinet (euh, je précise que je ne cause pas des toilettes ou je dis rien?) de Philadelphie (la ville pas, euh, non il n'y a pas moyen de confondre avec autre chose). Il est intéressant que les 2 personnages principaux s'affrontent d'entrée sur une histoire de poussière toxique, c'est ainsi que l'on découvre Andy (Tom Hanks), grand avocat, et son opposé Joe Miller, plus simple, pas la version Saul Goodman tout de même, mais on sent que c'est un avocat de seconde zone, contraint de faire des pubs racoleuses à la télé pour vivre, il prend tout type de clients, mais passons.

Alors qu'il est promu dans le cabinet d'associés dans lequel il évolue, Andy semble malade, avec une lésion qui apparaît sur son front, ce que remarque un des grands pontes du cabinet, sans en tenir plus rigueur. Il est étonnant de constater qu'Andy est malade depuis un moment, il se fait suivre par un docteur et sa mère ne cesse d'être inquiète sur son état de santé, seulement, le mot SIDA n'est pas encore dit, même l'homosexualité de ce personnage n'est pas révélée, ce sera un peu plus tard dans le film que l'on apprendra tout ça.

Donc son état empirant, Andy ne peut plus travailler au bureau et donc s'occupe de ses dossiers de chez lui avec des amis. Il rendra un gros dossier la veille, comme convenu. Le lendemain une grave crise lui fait prendre la direction des urgences (c'est ici que l'on voit qu'il est homosexuel), mais au bureau c'est le bordel, le dossier a disparu. Panique à bord, on retrouve Andy le lendemain il me semble, convoqué par les grands patrons, qui lui notifient son licenciement. Pour diverses raisons.

Dès lors Adrew va chercher à se défendre et ne trouvera personne, aucun avocat. Il ira même essayer d'engager Miller, et c'est là que l'on apprend qu'il a le SIDA (clairement disons), et là, tout le dégoût et la peur qu'apporte cette maladie à Joe est en fait la nôtre, l'ignorance que l'on a en 1993 sur cette maladie "on apprend des choses tous les jours dessus" dira Miller a son médecin (vu aussitôt après avoir rencontré Beckett). Miller est d'autant plus paniqué qu'il est papa d'une petite fille et qu'il ne veut que son bien, forcément.

S'ensuit pas mal de chose, et là scène de la bibliothèque qui va voir Miller finalement accepter de défendre Beckett, on peut même y voir une sorte de, comment dire, comme si ce rejet de la part de la société, comme si Miller, comme Afro-Américain, connaissait ça, ce qui le pousse à l'aider. Une allusion est fait au racisme d'ailleurs, quand la mère d'Andrew lui dit "ne pas vouloir le voir s'asseoir au fond du bus" (comme le furent contraint les Afro-Américains pendant longtemps aux USA).

Le procès arrive, et là, ce n'est plus la question du SIDA qui est abordée, mais de l'homosexualité, Joe d'ailleurs hait ce "genre de personne" mais veut faire régner la justice. Les idées reçues sur le côté efféminé tout ça. Et il s'avérera que c'est à cause de l'homophobie de ses patrons qu'Andrew a été licencié.

Ouch, j'en dit des choses, mais arrêtons nous là, pour le début de la semaine spéciale Cinéma, film que j'ai adoré, on débute par ce que je nomme "mon classique", le film que j'aime depuis la première fois que je l'ai vu, l'idée du faible contre le gros, la fin à la fois heureuse et triste, le tout avec une forte émotion. De plus, grâce a ce film, je me suis mis à aimer les films "tribunaux" comme je les nomme, avec des arguments, contre arguments, interrogatoires de témoin, des personnages repoussés dans leurs derniers retranchement, l'empathie que Demme nous impose de ressentir sans que ce soit une contrainte pour autant, on hait les gros connards de richards homophobes, avec leurs blagues pourries, et au contraire, on aime cette famille, pourtant nombreuse, qui est soudée envers et contre tous, mais aussi et surtout, Demme veut que le spectateur (ou téléspectateur) suive le chemin de Joe Miller, effrayé par la maladie, haïssant les homosexuels, il apprendra qu'en fait ce sont des gens normaux, méritant de vivre comme n'importe qui, il assistera même à une fête "homosexuelle" après laquelle Andrew le charriera dessus (non pas lui chiera dessus, arrêtez d'avoir l'esprit mal placé, c'est du sérieux là ^^).

Attardons nous sur la scène de l'opéra, où l'interprétation des 2 acteurs est somptueuse (Tom Hanks obtiendra l'Oscar de meilleur acteur pour ce rôle d'ailleurs), Andrew fait part de sa passion pour l'opéra à Joe, et lui explique les paroles, c'est un passage qui marquera Miller, la parallèle entre la détresse de la chanteuse et Andrew étant trop flagrant, avec ses cadres désaxé, incliné, on plonge dans autre part, le fond rouge qui intervient à un moment nous balance toute l'émotion dans la gueule, scène très difficile je trouve, on sait désormais que Andrew ne finira pas le film, mini tarte dans la gueule quand même. Une des scène les plus forte en émotion, avec les "au revoir à demain" de la famille à l'hôpital et la scène finale des vidéos familiales.

Pfiou, et encore, je ne vous ai pas parlé de Streets of Philadelphia de Bruce Springsteen, bon, vous le regarderez après avoir fini de lire cette chronique, je vous le mets juste après. Je ne dirai pas que aujourd'hui rien à changer, mais il n'y a qu'à voir la quantité d'abrutis ayant défilé l'an dernier contre le mariage pour tous pour piger que les mœurs changent difficilement. Et mine de rien, même si récemment de gros, d'immense progrès ont été fait pour lutter contre le SIDA, elle reste un maladie mortelle. Il faut savoir qu'en 1993 c'est un choc de voir un film parler ainsi du SIDA et des homosexuels. Le message de ce film reste beau, mais est moins puissant qu'il y a une vingtaine d'années. Ceci dit l'interprétation majestueuse, la réalisation pudique mais engagée de Demme, font de Philadelphia un film à voir obligatoirement, ce que je retiens de plus émouvant dans ce film, c'est le côté soudé de la famille et du compagnon d'Andrew, mais aussi le changement d'opinion que peut avoir Joe Miller.

@+

The streets of Philadelphia de Bruce Springsteen, vidéo de BruceSpringsteenVEVO.

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article