Les 8 salopards

Publié le par Twinsunnien

Image de allociné.fr.

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Suite à mon petit week end ciné, j'ai constaté que le dernier film de Quentin Tarantino pouvait être vu en VOST dans ma ville, cool quoi, d'autant que la bande annonce annonçait (bonjour la répétition) un grand film, dans la lignée de Django, avec pléthore d'acteurs aussi talentueux les uns que les autres, Kurt Russel, Tim Roth, Samuel L. Jackson ou Jennifer Jason Leigh pour ne citer qu'eux. Ceci tombait bien, car après Snoopy à 14 heures, j'avais une petite pause avant de voir Les 8 salopards (The hateful 8 de son titre original). Bon, ce film marque encore des premières fois pour moi, mon premier Tarantino au cinéma, mon premier film en VOST depuis une paye, en fait, pour vous briser les noix un peu, je n'avais vu qu'un seul film en VOST au cinéma, c'était au Lycée en Seconde il me semble, un film mexicain pas excitant du tout (je vole les blagues de Inod) sur les conditions de voyage des mexicains cherchant à traverser la frontière pour une vie meilleure côté bannière étoilée. Je m'y suis fait chié, donc on va dire que ce Les 8 salopards est le premier film que je vais voir volontairement en VOST (même si techniquement c'est le deuxième). En plus dire salopards en public à une caissière.... oui gamin comme réaction, mais alors que je prenais ma place pour Snoopy, j'ai aussi pris ma place pour ce film, et dans la file d'attente y'avait des gosses, personne n'a moufeté, une kiffance. Mais je parle je parle, quid du film. Justement. Si ma petite intro vous a gonflé, sachez que ce film risque de vous saouler aussi, nous y revenons après un page de pub.... ah non je n'ai pas de pub ici, bon ben bande annonce alors.

Bande annonce VOST, vidéo de SND.

Généralement sur ASHOU je chronique des films sortis depuis quelques mois, allant rarement au cinéma et prenant mon temps pour voir les films, je ne crains pas de trop en dire donc, vous spoiler la gueule ne me fait pas peur. Là c'est plus délicat, j'ai vu ce film le 9 janvier, et même si cette chronique est publiée le 20, le film reste à l'affiche, donc je vais tâcher de ne pas trop vous en dire.

Pardon, l'histoire kékécé? Dans une Amérique du Far West, durant un hiver vigoureux, j'ai pas retenu le nom de la région, Wyoming il me semble, nous voyons une diligence qui s'avérera être privée, filer à toute vapeur, euh non, au grand galop, à travers la neige glaçante, un putain de blizzard poursuit l'attelage, et moult rencontres fortuites plus tard, voilà nos personnages arrivés à la mercerie de Minnie. Pendant ce looooooong trajet introductif, nous apprenons à connaître John Ruth dit le bourreau, qui emmène ses prises vivantes même si c'est plus compliqué, sa dernière prise, ouch je me répète, est Daisy Domergue, valant 10 000$. Du coup John soupçonne quiconque rencontre sa route de vouloir porter assistance à sa prisonnière, que ce soit pour la prime, ou pour la libérer (délivvréééééééééeeee je ne.... pardon). Premier point ultra positif, le 70 mm ultra machin truc vison, oh putain, ça apporte une côté large au film, nous plongeant littéralement dans cet hiver. Sans parler des gros plans sur les personnages, les rendant immense. Pas besoin de 3D pour être dans le film. L'ambiance sonore du blizzard vous glacera les os, heureusement, la musique excellente du génial Ennio Morricone vous réchauffera un peu.

Il y a plusieurs arcs narratifs, distingués par un écran noir avec inscrit Chapter One tout ça. Et dès le début, on constate que Tarantino va nous faire du Tarantino. Vous aviez pioncé devant Boulevard de la mort à cause de ses dialogues inutiles et pénibles, bah là, si les histoires que l'on apprend durant ces dialogues sont utiles à la compréhension des personnages, ils sont longs, mais jamais mous, oui, nous ne sommes pas devant un Boulevard de la mort 2 façon Western, non. Plus proche d'un remake de Reservoir Dogs je dirai même. Ici, on cause beaucoup, mais quand je dis beaucoup, c'est beaucoup, ce n'est qu'à partir du café (vous pigerez) soit au bout d'environ 2 heures (sur 2h48) de film, qu'enfin ça passe à l'action, et encore, ça part en sucette tel un film de Danny Boyle, mais sans pour autant accélérer de façon folle.

Ici, c'est un huis clos entre personnages haut en couleur, sur fond de fin de guerre de sécession, racisme et machisme aussi. Pendant 2 heures le réalisateur s'amuse à nous offrir des pistes pour connaître le futur traitre, entre alliance et trahison, personne n'est celui qu'il prétend être, un peu comme la pub pour le parfum là, I'm going to be je sais plus be expect machin truc là, anymore. Et là, si le film fonctionne, c'est grâce au talent des acteurs, nous prenant dans le récit, nous racontant des choses vraies ou fausses. Une excellente réalisation aussi, évidemment, posant systématiquement sa caméra là où il faut, nous sommes dans la Mercerie de Minnie et l'on regarde ces personnages tenter de déceler la vrai du faux.

En fait, le gros problème hormis ce blabla lourd et le manque de rythme qu'il implique, c'est que comme Tarantino fait du Tarantino, on devine une partie de ce qu'il va se produire. Sauf pour une chose que j'estime indécelable, et qui nous est expliquer le chapitre suivant. Oui, on commence à le connaître et du coup, pas d'immense surprise. Oh, le fait qu'il y ait nettement moins d'humour aussi, il y en a, mais moins que d'habitude, on se croirait presque devant un film d'auteur partant en couille à un moment. Pour tout vous dire, la bande annonce nous offre pas mal d'action, or il faut attendre pléthores de dialogue avant que le film décolle enfin. Du coup je m'attendais à un truc de ouf, et en fait je tombe juste sur un très bon film ce qui est déjà bien, mais je ne peux m'empêcher de penser que ça aurait pu donner un truc encore plus fort.

Mon problème à la fin du film, c'est qu'en fait j'étais mi-figue mi-raisin, expression géniale n'est ce pas, j'étais déçu de ne pas avoir vu le meilleur Tarantino, trop de blabla (pourtant une constante chez lui) et pas assez d'humour quoi, vi, je sais, mes arguments sont mauvais, car il y a de l'humour et les dialogues sont tellement bons qu'on les suit volontiers, mais il manque un truc, un petit truc, trois fois rien pour en faire une tuerie.

Puis, alors que j'analysais dans ma tête ces défauts, je me suis rendu compte d'une chose, je viens de voir un film de 2h48, avec énormément de dialogues, et pourtant, c'est passé super vite. Oh, attendez, mais alors, j'ai aimé en fait. Les paysages somptueux et frigorifiant en 70 mm, la musique sublime, les dialogues bien pensés et contés par des acteurs à l'incommensurable talent (Kurt Russel y est immense), un final sanglant attisant ma soif de gore, oui, en fait ce film est un très bon film qui aurait pu atteindre l'excellence avec un poil plus d'humour et une action mieux répartie.

Que dire, si vous adorez Quentin Tarantino, c'est une excellent film, mais dites vous bien que ce n'est pas son meilleur, si vous aimez l'action et le sang, soyez patient, vous serez comblé. Pour les autres, déjà fans de Western, euh, bon, en fait c'est plus un Reservoir Dogs au temps des Cow Boy qu'un Western, Django Unchained se rapprochant plus de ce genre j'estime (j'ai ptet tort), je ne sais que vous dire. Ceux détestant Tarantino par contre, pas la peine d'y aller hein, ce film ne ferait qu'apporter de l'eau à vos moulins hein. En résumé, j'ai bien aimé, les quasi 3 heures passent super vite, j'achèterai ce film en BluRay c'est sûr, mais pas lors de sa sortie, car il ne nécessite pas une deuxième vision immédiatement, d'ici quelques années, ce film c'est un peu le mélange entre Boulevard de la mort mais avec des dialogues intéressant (contrairement au film cité) et Reservoir dogs, pas d'immense surprise, voir presque devinable par moment, je pense qu'un tout petit peu d'humour en plus ne lui aurait pas fait de mal. Un très bon film donc, porté par des acteurs au sommet, à voir uniquement si vous ne détestez pas Tarantino, c'est con ce que je dis, je sais, mais je le dis quand même. J'ai bien aimé mais j'aurai pu/dû l'adorer;

@+

Le ticket après et avant la scéance.Le ticket après et avant la scéance.

Le ticket après et avant la scéance.

Publié dans Cinéma

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