Nino Ferrer et les jubilées

Publié le par Twinsunnien

Nino Ferrer et les jubilées en CD.

Nino Ferrer et les jubilées en CD.

Et bien nous y voilà, je vais vous parler d'un des très rares artistes français que j'adore depuis longtemps, si certains aiment Charles Aznavour ou Gilbert Bécaud voir Johnny Haliday, pour ma part c'est Nino Ferrer, que j'adorais étant môme pour son Téléfon, ses chansons plutôt rigolotes, avec un son varié et un timbre de voix légèrement cassé divin. Comme vous le savez peut être, ce n'est pas que des chansons drôles, Le sud notamment est particulièrement mélancolique, et récemment, enfin en septembre ou août dernier, j'ai entrepris de m'offrir le coffret « Intégrale » avec 14 Cds, rien que ça, pour à peine 30€ neuf sur priceminister. Le coffret est plutôt joli, par contre les disques sont dans des pochettes cartons pauvres, et certains 33 tours sont regroupés par 2 sur un disque laser, ou compact disc. Un joli livret accompagne le tout, pas encore lu, mais bon, il est là.

Aujourd'hui, nous allons donc voir le premier CD, en, sachant qu'à l'avenir, je parlerai des albums indépendamment, même si ils sont sur le même CD, là, pour ce premier, ça tombe bien, c'est un regroupement d'EP nommé Nino Ferrer et les jubilées, il regroupe 23 titres parus entre 1962 et 1966.

Les premiers titres sont de très belles reprises de classique américains, avec Georgia on my mind, My funny Valentine et Stardust, très calme, on y découvre une très belle interprétation, dans la langue d'origine (l'anglais si vous ne savez pas que les ricains chantent dans cette langue), pour en fonction que les titres ne sont pas de la première heure, le son est excellent, et ça reste une très belle entame de CD.

Ensuite viennent Pour oublié qu'on s'est aimé, tout aussi calme, une belle chanson, Souviens-toi est un poil plus rythmée, avec des chœurs féminin identifiant clairement le titre comme étant des années 60, un peu yéyé quoi, un beau titre, mais jusque là rien d'énorme, c'est plaisant mais pas non plus exceptionnel. Ce n'est pas C'est irréparable qui va améliorer le rythme, toujours sur une balade un peu mélancolique, avec une grosse présence de piano et contrebasse, et le titre Cinq bougies bleues revient avec ses chœurs façon toupdouloulou, c'est sympa à écouter, mais il manque encore ce petit truc.

Ferme la porte arrive et reste dans le, euh, l'inspiration Jazz, avec ce piano et ce rythme lent, le titre suivant Je reviendrai ajoute des euh, gling gling, symbales je crois, un poil plus rythmé, mais qui ne vous fera pas danser pour autant, pourtant, vocalement, on sent un truc sympa. La piste 10, Oh ! Ne t'en va pas, idem, ancrée dans les années 60, sympa mais qui ne viendra pas se greffer dans votre lecteur mp3 pour autant, et ce n'est pas Ce que tu as fait de moi qui réalisera cet exploit. Jusque là, on doit reconnaître la qualité artistique du monsieur, mais aussi son inspiration jazzy, pas dégueulasse, mais un poil molle pour mes oreilles, pourtant, ça me change franchement de la merde que j'écoute habituellement, hein ? Non, j'ai pas dit merde, ah si, euh, je voulais dire de ce que j'écoute pardon, le lapsus quoi, mais ce manque de rythme rend ces titres similaires, donc les écouter à la suite peut lasser.

C'est sur le même style musical que nous écoutons Viens, je t'attends, mais aussi Au bout de mes vingt ans. Heureusement, Jennifer James vient avec son rythme si j'ose dire Gospel, une ambiance des églises noires américaines mais en version française, le piano accompagné de la contrebasse et du synthétiseur, voilà un titre franchement plus dynamique que le reste et qui marque un peu plus, seulement Tchouk-ou-tchouk ralenti un petit peu, une histoire de train comme son titre l'indique, assez sympa en terme de parole, rien de foufou non plus.

Arrivent les titres nettement plus connus désormais, Mirza, l'histoire d'un chien introuvable qui joue avec les nerfs de son maître, le genre de chanson rigolote et marquante, datant de 1965 pourtant, rendez vous compte, plus de 50 ans quoi, c'est fou, on regarde une vidéo avec ce titre d'ailleurs.

Mirza en live, vidéo de Ina Chansons.

Les cornichons reste un titre que chacun connait, ne serai-ce parce qu'une marque de cornichon l'a utilisée dans ses pubs télé dans les années 80 ou 90. Idem, chanson marrante, bien rythmée, et agréable à l'écoute. Retour au sérieux un peu plus lent, avec Il me faudra... Natacha, voix suave et douce de rigueur, pour une chanson à la mélodie sympa, avec les cuivre et les violons, accompagnée de synthétiseur et d'une basse (ou contrebasse, je suis expert en la matière).

Ma vie pour rien, la piste 19, est tout aussi « molle », mais pourtant, en terme de paroles, on voit l'avant Madame Robert, sur un rythme plus lent, un titre pas exceptionnel, mais pourtant la voix de Nino Ferrer arrive à nous transporter.

Le titre 21, Si tu m'aimes encore se veux plus Blues, sur la mélodie de It is a man world, euh, j'ai pas le titre exact, désolé, les publicitaires se sont servis de la version originale pour vendre du café instantané, c'est donc une version française, pas mal du tout, et fort sympa.

Viennent les 2 parties de La bande à Ferrer, avec un rythme proche du futur Le Téléfon, avec des paroles simples et sympa, ce diptyque clôt à merveille un disque pas si mauvais en fin de compte.

Forcément, j'ai omis volontairement la piste 20, Je veux être noir, le titre le plus sympa de ce CD, dénonçant le racisme dont les noirs américains étaient victimes dans les années 60, le tout à travers des paroles populaires et sublimement écrites, un rythme de la Nouvelle Orléans, un titre exceptionnel et à écouter urgemment, d'ailleurs il clôturera brillamment cette chronique après ma conclusion.

Un premier disque qui permet de se rendre compte de la forte influence du milieu Jazz et Rythm 'n' Blues américains sur le chanteur franco-italien, certes il y a un peu trop de balades, un rythme un poil trop lent, mais musicalement c'est à la fois simple et recherché (oki ça ne veut rien dire mais je le dit quand même), on voit ou entend plutôt, les débuts de ce chanteur, avec déjà des titres marquants comme Mirza, Les cornichons ou Je veux être noir (qui deviendra Je voudrais être noir plus tard), autant dire que c'est un plaisir d'entendre ces titres, même si une grosse majorité n'arrivera pas à intégrer ma playlist, pourtant, une fois de temps en temps, ça décrasse les oreilles si j'ose dire. Pour des chansons ayant 50 ans ou plus, c'est impressionnant la qualité du son. De toute façon si vous aimez l'artiste, vous avez déjà ce coffret, et vous avez bien raison, les autres, vous qui ne connaissez cet artiste que via Le Téléfon, pourquoi ne pas essayer d'en écouter plus, aussi bien vocalement, qu'en terme d'écriture (même ses chansons simples ne sont pas plus connes que Maître Gims ou je ne sais qu'elle autre artiste français), surtout que pour une trentaine d'€uros, vous avez des heures d'écoute, pour ma part c'est un indispensable, Nino Ferrer étant sans aucun doute, l'artiste français me marquant le plus (je connais pas mal de ses chansons par cœur), un des rares que j'adore, donc je ne peux être objectif, j'aime et puis c'est tout.

@+

Je voudrais être un noir (et non pas le Je veux être noir de ce CD), vidéo de bultofrance.

Le big coffret avec le livret.
Le big coffret avec le livret.Le big coffret avec le livret.

Le big coffret avec le livret.

Publié dans Musique-Spectacle

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