Paddington

Publié le par Twinsunnien

Image de allociné.fr.

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Donc l'attente que j'ai d'un film peut parfois me faire dire qu'un bon film est mauvais, parce que j'en attendais trop, et inversement, à l'instar de La reine des neiges, un film dont je n'attends rien peut être une bonne surprise. Pour Paddington, j'en attendais plein de bonnes choses, ceci sans avoir vu la moindre bande annonce, et c'est grâce au code Canal+ d'Inod, que j'ai finalement pu assouvir ma curiosité (oui, j'ai de l'avance, je sais). Bon, je crois savoir que c'est adapté d'un conte pour enfant britannique, d'où un petite appréhension tout de même. Ce film est sorti en 2014, il est réalisé par Paul King, et compte Nicole Kidman dans ses rangs, j'ai mis 10 plombes à piger que c'est elle, genre "c'est marrant on dirait Nicole Kidman, mais c'est pas elle en fait... si, non?", d'ailleurs son personnage a failli me faire peur, pas dans le sens "il est pas gentil", mais j'ai cru qu'il allait me gâcher le film.... bande annonce avant toute chose, en VO, mais moi j'ai vu le film en VOST mon anglais n'étant pas assez puissant pour me passer des sous titres.

Bande anonce VO, vidéo de STUDIOCANAL UK.

Nous faisons un bond dans le passé, pas vraiment daté, pour voir le film d'un explorateur britannique. Nous y découvrons, dans le Pérou sauvage, 2 ours assez marrant, auxquels l'explorateur apprendra les manies anglaises. Avec une photographie sympa dans les sépias ou noir & blanc, oui, on comprend que nous sommes dans le passé. Et hop là, nous voilà dans une période plus moderne, 40 ans plus tard si mes souvenirs sont bons, et on constate que les ours péruviens ont appris la langue, même les manies humaines, avec la marmelade tout ça, et surtout, ils ont recueilli leur neveu orphelin (on l'apprend plus tard), un peu tête brûlée, lui aussi a appris la langue, et son oncle et sa tante lui ont appris comment se comporter en grand breton.

Alors que la vie dans la jungle va bon train (paye ton expression de mouise), un truc bizarre ravage tout, bon, un tremblement de terre il semble, mais vu les dégâts provoqué j'avoue être dubitatif sur ce point, surtout qu'il... euh, merde, je spoil ou pas.... bon, en résumé cet événement va propulser le jeune ours dans un bateau direction London City. Après avoir mangé toute sa marmelade (purée j'ai envie de marmelade moi maintenant), dont on ne pige pas trop comment il a pu emporter autant de pots, mais passons, il arrive enfin à destination, avec le chapeau de l'explorateur du début. Maintenant l'objectif est de rester courtois et de trouver un foyer, mais forcément ça ne se passe pas aussi facilement.

Vi, personne ne s'inquiète de voir un ours avec un chapeau et une valise qui cause et qui est poli, un peu à la façon d'un Kalamari Wrestler, ça participe à l'effet comique je trouve, mais c'est bien le problème de cet étranger, personne ne s'inquiète de lui, les gens s'en battent les nouilles. Et là, on constate que finalement, ce film n'est pas siiiiiii gamin que ça, bon, la mise en pot de la marmelade nous rappelle qu'il faut bien amusé les jeunes, mais on prend en pleine gueule la condition des immigrés avec ce petit ours, et nous verrons que ce ne sera pas le seul sujet d'adulte traité de façon subtile par ce film. Bon, de comme par hasard, la famille quasi parfaite passe par là (comprenez le papa, la maman, la fille et le fils), et l'ours attire leur attention, bien que le patriarche soit hostile à cette idée, ils hébergeront ce pauvre ours étranger le temps de trouver une solution. Comme c'est à la gare de Paddington que la rencontre a lieu, l'ours possède désormais un nom humain, car son vrai nom est très compliqué à dire.

On passe par une petite visite de Londres pas dégueulasse pour découvrir le foyer, et les personnalités de chacun. Je ne vous les dirai pas ici, vous laissant découvrir ça par vous même. On oubliera vite la scène de la salle de bain, destinée à faire rire les gosses et prévisible tout en étant pénible, pour constater qu'un personnage arrive, en la personne de Milicent, la taxidermiste du musée, qui pour le coup m'a fait dire "putain, il fallait un méchant pas gentil, putain de manichéisme de Disney à la con", là j'ai eu peur, car jusque là le ton employé était très agréable, le film à la fois drôle et touchant, malgré des scènes pour gosses, et là, BIM, le méchant, enfin la méchante quoi. Bon, j'ai eu peur pour rien, car c'est un personnage que l'on déteste (obligé quoi) mais on constate qu'il ressemble à mort à Cruella des 101 Dalmatiens, sauf qu'elle n'a pas besoin de sbires (à part M. Curry) pour faire le sale boulot. Idem, Milicent sera aussi dans une scène pour gamins, lors de l'épisode "Mission : Impossible façon Tom Cruise" (ironique quand on y pense), le coup du ruban adhésif m'a aussi laissé perplexe.... mais Cruella euh, Milicent permet au film de parler de la cause animale, l'air de rien, on prend dans la gueule la connerie des humains. Mais pas qu'elle, vu que dans l'enquête menée par les Brown on découvrira l'ordre des explorateurs et leur connerie totale d'intellectuel de merde "bah fô ramener des animaux morts pour prouver quoi".

Forcément, des personnages peu enthousiastes au début, changeront leur fusil d'épaule si j'ose dire, une scène digne de Mrs Doubtfire je trouve, pour faire rire les enfants, mais fonctionnant bien je trouve. Et mine de rien, nous constatons que Paddington apporte un liant à la famille Brown. Euh, continue-je ou pas? J'ai peur de trop vous en révéler. Mais aussi, je veux parler d'une autre chose traitée indirectement dans le film, de 2 choses même, les Homeless, les SDF quoi, a un moment Paddington vivant comme eux dans Londres, ou au début quand il explique qu'il compte passer la nuit dans cette poubelle là bas. Et ensuite, le racisme, et une fois de plus on pense aux réfugiés, quand pour s'associer avec M. Curry, Milicent explique que ça comme par un ours et après ils envahissent tout, on ne peut que penser aux étrangers, enfin c'est ainsi que je l'ai vu.

Enfin bon, ne voulant pas trop vous en dire, parlons un peu de la technique, putain, un ours dans un film en vue de prise réelle avec des acteurs, ou prise de vue plutôt, je sais plus, moi pas français, et bien Paddington se fond parfaitement dans le film, ses yeux particulièrement expressifs le rendent vivant, stout, on ne doute jamais de son existence, et la technique est excellente donc.

Donc oui, ce film est excellent, je repense à la course poursuite pour faire rire les enfants qui finalement m'a fait marrer avec les policiers "agents en danger", enfin bon, vous verrez. Oui, il y a des passages pour les enfants, c'est évident, mais c'est intelligemment mis en scène, et les adultes trouveront un traitement de sujets d'actualités, mais aussi de sujets graves, les migrants, le manque de communication au sein même de la famille, la cause animal, les sans abris que l'on ignore, ach, c'est d'ailleurs parfois d'une cruauté très crue pour un film destiné aux mômes, voilà ce qui le différencie d'un truc de Disney. En plus l'accent anglais est un régal pour les oreilles, "I beg you pardon?", on devine ce qui va se passer certes, mais c'est tellement bien raconté, tellement drôle et touchant à la fois, que je me suis laissé porté par ce film, une franche réussite, à voir et à revoir. À posséder même je dirai, pour l'instant c'est le seul film vu gratuitement que je compte me prendre en DVD ou BluRay, c'est dire la qualité de l'œuvre. Très très bon.

@+

Petite édition, pour vous dire que ça y est, j'ai craqué pour la très belle version Steelbook du BluRay, magnifique quoi.

Paddigton édition Steelbook en BluRay.

Paddigton édition Steelbook en BluRay.

Publié dans Cinéma

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