Dikkenek

Publié le par Twinsunnien

Dikkenek en DVD.

Dikkenek en DVD.

Voilà 10 ans que ce film est sorti, faisant un four au passage, c'est une comédie borderline, un peu bordélique, réalisée par Olivier Van Hoofstadt. On constate qu'il y a un grand cast mine de rien, avec donc François Damiens, Mélanie Laurent, Marion Cotillard, Dominique Pinon, la participation de Catherine Jacob aussi. Donc Dikkenek signifie, c'est expliqué au début du film, est une grande gueule, quelqu'un qui sait tout, mais ne sait rien en fait, un vantard quoi. Ici nous allons voir une galerie de personnage assez déjantée, le petit malfrat JC (Jean-Luc Couchard), qui vit de vol, de car jacking, et de diverses arnaques, va aider son pote Stef à trouver la femme de sa vie. C'est sur ce pitch con, voir mauvais, que tous les personnages vont venir s'imbriquer au fur et à mesure. Il y a Natacha, jeune étudiante un peu paumée, sa copine Nadine, maîtresse d'école tarée qui se drogue pour oublier que son mariage est de la merde, et qui traumatise ses élèves de primaire, en organisant notamment une sortie hilarante au musée des accidents de la route. Nous avons Greg, qui se la pète tout le temps mais se fait aussi systématiquement défoncer la gueule, sa sœur Fabienne qui va fêter ses 18 ans en invitant tout le monde. Laurence et Évelyne, lesbiennes sortant ensemble, la première est commissaire de police avec des préjugés sur les voleurs, qui doivent forcément être « typés », Évelyne travaille aussi dans la police. Florence Foresti rend le rôle de Laurence encore plus drôle qu'il ne l'ai déjà. Et il y en a quelques autres encore, mais le plus marquant est ce gérant des abattoirs carrément pervers qui aime bien faire des photos de jeunes femmes, voir filles, mais des photos de charme, joué par François Damiens, ce personnage est, de façon effrayante, hilarant, donnant lieux à des répliques immenses. Donc petite vidéo et on revient vite sur ce film que je juge culte.

Bande annonce, vidéo de arlem1979.

Tout ceci se déroule en Belgique, et ce qui marque le plus dans ce film, ce sont les dialogues. Et ces répliques virant plus qu'au culte, c'est ce qui fait que ce film est immense, car en terme de scénario, c'est pauvre, bon, on applaudira les liens entre les personnages, très alambiqués et surprenant, c'est la seule partie intéressante du scénario. Non, ce qui fait le charme du film, ce sont les dialogues. Pffffiou, il y a tellement de répliques que les citer ici serait périlleux. Avant toute chose, sachez qu'il existe sur le DVD, une version Director's cut, gagnant 10 minutes, mais pouvant choquer. Ainsi nous y entendrons une allusions à des attentats ayant eu lieux en Égypte, quand Laurence explique pourquoi elle n'a pas quittée l'hôtel lors de ce voyage. La passage final sur la Schnouf aussi, est plus long, plus irrévérencieux, mais je vous laisse découvrir tout ça. Tout en sachant qu'il faut prendre ça au second, voir dixième degré.

Je suppose que vous voulez des exemples, très certainement. Quand Claudy le pervers shoot (en photo) Natacha, et que celle ci se pose des questions, et que la conversation tombe sur « tu vas commencer à jouer avec mes couilles ».

Comme quand Greg va porter plainte pour agression, avec la commissaire qui fait la morale avec les gsm au cinéma, sans parler des odeurs, mais le plus drôle c'est Greg « ils ont failli me poignarder, enfin bon, ils n'avaient pas de couteau », ou l'orientation de l'identification des suspects, ils ressemblent à ça ou ça, avec les disques des Gipsy King notamment, façon d'être raciste sans l'être. En plus cette méthode fonctionnera avec la femme d'une victime, alors que c'est faux. Je pense aussi. Ooooooh, le portrait robot, « je suis pas mauvaise, mais je ne dessine pas comme Tintin ».

La scène du balcon aussi, avec Laurence et Évelyne « à quoi il joue ? On peut jouer ? Comment de temps il va tenir ce con ? », avec le pyjama Snoopy aussi, et l'histoire du pouf volé au Sahel ou en Israël, c'est la même chose de toute façon.

Le speech introductif sur la fricadelle. Assez dégueu d'ailleurs. Avec le coup « une fois que la bête est décédée, elle se dirige, enfin on la dirige vu qu'elle ne peut plus marcher », ce sont des eptites phrases comme celles ci qui provoquent l'hilarité, avec un rythme un peu fou, ça fuse dans tous les sens. Et chacun des personnages est servis d'ailleurs, sur ce point là, tous les personnages ont leur passage drôle.

Beaucoup de passages marquant, cette morale que fait la maîtresse à ses élèves, « si aujourd'hui tu ressembles plus à Albator qu'à Candy, c'est parce que ta maman elle flûte », ou « prochaine attraction » pour passer à l'accident suivant.

Claudy et sa méthode pour violer des jeunes filles, assisté de la barmaid qui place la drogue dans le verre, pour finalement se faire voler sa voiture, enfin, se faire car jacker, comme il le dira à sa mère. D'ailleurs JC, le voleur, constatera que c'est un Kinder surprise, avec une fille aux yeux de cocker dans le coffre de ce véhicule. « La boîte à gants est restée avec la voiture », mwarf, des petites phrases de ce genre.

Que dire aussi du sexe shop, avec la cabine qui glisse, bien dégueulasse quoi. Puis Claudy qui n'arrive pas à se terminer avec 50€, ou le mari de Nadine qui s'offre une poupée gonflable, avec une scène dans laquelle la voisine croira qu'il maltraite sa nouvelle conquête alors qu'il s'agit d'une poupée gonflable.

Ou alors cette scène en partie coupée dans laquelle Aziz, une petite frappe va demander un mot d'excuse pour son école à la commissaire, prouvant qu'il était bien interrogé à telle date. Quand il part, une partie coupée indique que Laurence se ferait bien chier sans lui. Avec aussi le « si t'irais à l'école tu le saurais », ou quand elle vire les copains à Aziz « et oh le gitan, retourne à ta caravane ».

Quand Natacha avertie sa voisine Laurence qu'elle risque de faire du bruit, celle ci déclare « j'vous préviens j'vous prête pas mon King Kong » en parlant d'un sex toy.

Comme l'employeur de Stef, qui lit un livre sur le licenciement et qui dit « je suis qu'au chapitre 2 et j'ai déjà tout compris ». Avec aussi la disparition du moteur de la voiture de sport de Nadine.

Les expressions de Greg ausis, « c'est moi le king de la route » ou « c'est moi le king de la beach », après avoir frappé des enfants qui lui rendront bien.

Quand Claudy se fait arrêté par la police, et se fait attraper pour excès de vitesse « si je vous vois je pile, les connexions se font ». Légèrement plus tard, quand Claudy arrive à la fête d'anniversaire de de Fabienne, où il doit livrer un cochon mort, et un petit cochon vivant, « pas de tchoutchoutchoutchou, c'est comme ça. Reste avec moi, je ne sais pas moi-même où je dois aller » en causant au petit cochon. Et sa façon de se plaindre des indications pour trouver la maison « publicité ou je ne sais pas ».

Lors de la fête, plusieurs passages vraiment drôle, comme quand Greg essaie de tripoter Nadine et se prend un coup de coude monumental « je ne supporte pas que l'on me touche les seins », Claudy prenant des photos tel un voyeur, se faisant choper par un voisin vigilant, « il n'y a pas eu attouchement, je n'ai rien fait de mal ».

Enfin bon, à travers ces petits exemples, qui sont plus drôles vus que écris, on comprend que si ce film est certes irrévérencieux, il n'en demeure pas moins drôle, c'est un des rares films capables de me faire rire aux éclat, avec sa palette de personnages complétement barrés, mais surtout des dialogues quasiment tous hilarants, ceci est une comédie bizarre, parlant en fait d'une histoire d'amour, voir de plusieurs histoires d'amour. Au point de vue du scénario, à part le lien entre les personnages, rien de bien folichon, mais ceci est excusé par cette écriture des dialogues absolument génial. Un film à voir une voire deux fois, si possible en Director's cut, le personnage le plus marquant restant celui de Claudy, inquiétant à souhait. J'adore.

@+

Publié dans Cinéma

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