The Mist

Publié le par Twinsunnien

The Mist en DVD.

The Mist en DVD.

Adaptation de la nouvelle Brume de Stephen King, The Mist aurait pu être casse gueule sans l'incroyable talent de Franck Darabont, déjà responsable des somptueux Les évadés et La ligne verte, il est l'un des rares à adapter correctement, voir parfaitement, du King sur grand écran. Brian De Palma (pas show) et Stanley Kubrick avaient pris pas mal de recul avec les romans originaux (pour Carrie et Shining), nous offrant des films assez différents au final. Ce n'est pas le cas des films de Franck Darabont qui seront toujours très proche du matériau d'origine. Sorti en 2007, ce film dure tout de même 2 bonnes heures et peut être considéré comme un film d'horreur. Il a entièrement sa place dans cette semaine spéciale film culte et nous allons voir pourquoi. Premier truc à savoir, j'ai vu ce film en VF et en VOST, sauf que je ne me souviens pas trop de la VF. Pour faire cette chronique, j'ai vu ce film pour la 4ème fois, dans la VOST, version director's cut, ah merde non, version originale du réalisateur, sa vision diffère très légèrement, en fait le 16/9è est abandonné au profit du format 4/3 et le film est en noir & blanc, ceci pour rendre hommage aux films des années 60 je pense, mais je n'en sais rien. J'en parlerai vite fait plus tard si j'y pense. En attendant bande annonce.

Bande annonce VO, vidéo de HD Quality Movie Trailers.

Après une nuit tempétueuse (aucun rapport avec quelques flatulences que ce soit), la famille Drayton fait le constat des dégâts, le cabanon n'a pas résisté à la chute d'un arbre, ce qui permet de découvrir le voisin un peu concon et avocat des Drayton, Me Norton (aucun lien avec l'antivirus à ma connaissance). David, le patriarche Drayton, part avec son fils et Norton en ville, afin de faire des emplettes, la tempête a fait pas mal de dégâts et la petite ville de Bridgton est en ébullition, les véhicules de secours passent à toute berzingue dans la rue (yé bééé j'enchaîne les expressions à la con), et beaucoup de monde a eu la même idée que notre trio. Résultat la petite épicerie est bondée.

Là où ça devient intéressant, et ça ne tarde pas en plus, c'est lors de l'arrivée de la brume. Un fort brouillard arrive en ville, bizarre, mais il deviendra très inquiétant quand un monsieur arrivera avec du sang disant que c'est dangereux dehors et qu'il faut fermer les portes.

Après un léger temps de perplexité, certains personnages décident d'aller voir le générateur, enfin, après que David soit allé y jeter un œil. L'un d'eux doit sortir pour déboucher le conduit d'échappement. Norm, un jeune foufou se porte volontaire, mais David ayant entendu des bruits bizarres le déconseille fortement. Manque de bol, la majorité l'emportera, tout comme Norm sera emporté par des tentacules (on se croirait dans un hentai). Chose que David a du mal à accepter, blâmant les personnes ayant poussé le jeune Norm à y aller.

Là on commence à prendre conscience de l'horreur de la situation, la scène est ultra impressionnante en plus. Mais le plus problématique ne sera pas, pour le moment, de lutter contre ces monstres, mais de convaincre les autres clients de l'épicerie de la gravité de la situation, sans passer pour des fous. Heureusement le bout de tentacule restant permettra de lever toute folie, et dès lors la folle du coin, Madame Carmody, va commencer à prêcher l'apocalypse, tout ça, si au début, tout le monde la prend pour une tarée, l'attaque suivante, voyant un putain de piaf alien venir faire ses courses dans le magasin, commencera à convaincre certains clients que Carmody n'est peut être pas si folle. Cette attaque est énorme, bien flippante comme il faut. D'ailleurs les monstres me font un peu penser à ceux de Silent Hill, en tout cas les effets de Greg Nicotero et le mélange marionnettes/effets numériques est parfait, on y croit quoi.

Que dire aussi de la sortie vers la pharmacie ? Quelques personnages vont tenter de récupérer des médicaments au drugstore du coin, opération périlleuse, surtout après le test de la corde qui coutera le vie a un des personnage. Pas le choix, il faut y aller. Si tout se passe bien, très vite des putains de salopes d'araignées énormes vont venir créer la panique, et quelques morts supplémentaires. Une fois de plus je ne peux pas m'empêcher de penser à Silent Hill, la ville dans la brume, les créatures bien flippantes, le héros père de famille, enfin bon, je pense que chez Konami ils avaient lu la nouvelle, sans en être sûr pour autant, surtout que c'est surtout L'échelle de Jacob qui avait servi de base, mais passons. La pharmacie permet d'apprendre, au retour à l'épicerie, d'où viennent ces créatures, une dimension parallèle, suite à une expérience militaire ayant échappé au contrôle de l'armée.

Mais ce n'est pas qu'une question de monstre envahissant une petite ville du Maine, c'est aussi et surtout, l'occasion de voir comment des gens normaux réagissent face à une chose extraordinairement horrible. Les voir se faire laver le cerveau par Carmody, lentement, mais surement, pour arriver au climax horrible du sacrifice humain (l'enfant et la pute), voir l'affrontement final entre la minorité de ceux qui veulent partir et les autres, voulant le sacrifice pour expier les pêchers ou une connerie dans le genre. Comme la plupart du temps dans les films d'horreur offrant une réflexion, et bien avant The Walking Dead (dont Darabont lui même débutera l'adaptation en tant que producteur et scénariste je crois), le vrai danger ne vient pas des monstres mais des autres humains qui feront tout pour survivre, quitte à croire des conneries de religion poussant au sacrifice humain. Dans la nouvelle un acte se produit qui n'est pas présent dans le film, David et Amanda (l'institutrice jouée par Laurie Holden, future Andrea dans la série susmentionnée) vont faire zizi panpan, offrant un argument supplémentaire pour Carmody (the whore, soit la pute), c'est d'ailleurs une des rares censures du récit d'origine.

Je vais vite fait parler de la version 4/3 en noir & blanc, je ne ferai pas mon faux intello à 2€50, découvrir le film pour la première fois dans cette version atténue les moment d'horreur pure, les scènes d'actions quoi, mais par contre ce procédé rend des scènes plus angoissantes, plus sombres, disons que si vous aimez ce film la première fois, le revoir dans cette version n'apporte pas grand chose de plus mais reste sympathique je trouve.

Alors, venons en à la scène choquante, celle qui marque les culottes dans le livre, mais aussi dans le film, la rencontre avec la grosse bébête, si dans le livre nous voyons enfin ce qu'il y a au bout des tentacules, nous ne voyons qu'une papatte du gros truc, de plus, et là je vais spoiler le livre, la nouvelle se termine grâce à l'imagination du lecteur, King laissant les personnages avec je crois la moitié du plein et un espoir de trouver des secours avant de tomber en panne, je ne sais plus si le coup du nombre de balles y est ou pas, il me semble que oui mais je ne peux pas le certifier. Donc en fonction de votre état d'esprit, optimiste ou pessimiste, vous décidez du sort des personnages. Dans le film Franck Darabont (qui a écrit le scénario) nous donne sa vision de cette fin. Un conseil, lisez le livre avant, non pas par manque de qualité du film, mais parce que la fin est tellement dingue que vous ne pourrez plus rien imaginer d'autre. Oui, la fin fini de marquer les culottes, d'une cruauté que j'ai rarement vu, elle marquera encore plus que la grosse bébête, qui était pourtant le sommet émotionnel de la nouvelle.

Un film n'ayant pas eu un grand succès, horrible ce qu'il faut, nous montrant à la perfection les liens entre les personnages, angoissant, enfin bon, si le film se déroule bien, mélangeant scène d'action avec des scène plus angoissante, la fin éclipse tout, par sa cruauté de tueur d'animaux. Avec des effets spéciaux efficaces, un huis clos devenant de plus en plus étouffant, une réalisation nickel, tout comme le cast, oui, ce film est marquant, déjà parce que la nouvelle d'origine est respectée, sauf sur des points de censures qui feront tiquer le lecteur, mais aussi par son dernier ¼ d'heure horrible, un film à voir.

@+

P.S. : Une partie du cast de The Walking Dead est dans ce film, Laurie Holden (Andrea), Jeffrey DeMunn (Dale) et Melissa McBride (Carol), mais aussi pas mal d'acteurs connus, comme Toby Jones, etc...

Publié dans Cinéma

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