La tortue rouge

Publié le par Twinsunnien

Image de www.senscritique.com.

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Woooh, je crois bien que c'est la première fois que je me rends au cinéma pour voir un film pas forcément grand public. Genre vous me connaissez, je vais voir les blockbusters ou les trucs 'achement connus, le pire étant que j'en ressors conquis presque à chaque fois. Et il est marrant de constater que ce La tortue rouge m'avait intrigué, sorti en même temps que Ninja Turtles 2, il a mis longtemps avant d'arriver dans mon cinéma, ce qui est en fait une bonne chose, car vu la programmation affligeante actuelle, je n'avait pas trop le choix en fait, c'était ce film ou Agents presque spéciaux, dont je suis certain que j'aurai aimé... Oui, donc en fait pourquoi ça m'avait intrigué, car j'estimais que c'était dégueulasse de profiter de la sortie du deuxième film des Tortues Ninja version Platinum Dunes, bah oui, je suis un con, donc moi je lis un titre avec tortue, je pense ninja. Bon, ici, ce sera une tortue pas ninja, et même pas communiste (blague de merde dont je suis fier, oui, je suis un con, je l'ai déjà dit), nope, film d'animation de 1h20 réalisé par, sérieux? Je dois l'écrire? Michael Dudok de Wit. Je ne ferai pas de blague sur son nom, car ce n'est pas mon genre. Donc, ce film est la rencontre entre les studios Ghibli (ce nom me dit quelque chose, pas vous? ^^) et les belges et français, ce qui peut donner un produit loin d'être mauvais. Sachez que, chose rare pour être précisée, je l'ai vu en VO, la classe hein? On regarde une vidéo?

Vidéo de BlogStudioGhibli.

Pardon, j'ai honte, je me suis moqué de vous, pardon, mais en fait il n'y a pas de dialogues dans ce film, juste des cris de joies, de dépits ou de peurs, donc forcément, un peu comme Shaun le mouton le film (chronique qui arrive d'ici octobre), tout le monde voit et entend la même version. Et là, ça y est, vous vous dites que l'on comprend mieux l'échec de ce film en salle. Bon, primo, j'ai eu un peu peur, la salle prévue dans ma ville était de 90 places, et à 2, 3 minutes du début du film, j'étais encore seul dans la salle, je me suis dit que ça allait être annulé avant qu'une autre personne entre. Finalement la séance a eu lieu, et après des bandes annonces dont je me fous (sauf ptet Vahina, Vanyan, ou un truc du genre... putain j'ai cité une chanson de Dave...) le film débute. Donc, de quoi il en retourne? Un homme est pris dans une tempête, aux sons particulièrement flippant, voir étouffant, j'aime pas l'eau, alors voir le personnage perdu dans cet océan, j'ai flippé un peu. Oui, je suis con (j'ai déjà dit ça?), si le perso meurt d'entrée, pas de film, mais j'aime pas ça l'eau, j'y peu rien, alors je vous raconte pas la séquence de la grotte où il lui faut plonger, j'ai cru que j'allais mourir étouffé. Mais merde, je divague, donc on voit l'homme (il n'aura pas de nom) s'échouer sur une île déserte, il va vite constater qu'il est seul, dans la merde, et va chercher à partir en construisant un radeau. Problème, chacune de ses construction se fait détruire par quelque chose dans l'océan, et l'homme parviendra à savoir quoi, avant de l'affronter et de tuer cette chose. Dès lors il va chercher à survivre. Si vous vous demandez d'où sort la meuf de la bande annonce, je vous laisse la découverte.

Ici, nous sommes en présence d'un conte, voir d'une poésie étendue, les plans se veulent lyrique, l'animation est juste à tomber, et ce n'est pas parce que l'homme est le seul humain sur l'île qu'il n'y a pas de vie. Entre les oiseaux, les otaries, les poissons, et surtout les excellents crabes, qui apportent la touche d'humour obligatoire pour ne pas sombrer en dépression, bref, ça vie quoi. Ou vit? Oh mince, je ne sais pas. La musique accompagne parfaitement l'émotion, aidant à faire oublier l'absence de paroles en fait. Le design des personnages m'a fait penser à Hergé et son Tintin notamment, les yeux et la simplicité des traits surement. Pourtant ça n'empêche un travail gargantuesque sur les décors. Sérieux, le reflet de lumière sur l'océan, sérieux, mais comment ils ont fait? L'orage su début aussi, ouch, c'est de toute beauté, on croirait presque une vraie.... pardon, je cite La tour Montparnasse infernale, mais ceci est tellement spectaculaire qu'on en oublie le rythme lent du récit.

Le son joue un rôle primordiale aussi, comme ce grand bruit effrayant lorsque l'homme arrive sur l'île et qu'il est dans une forêt de... bambous je crois, on constate qu'il ne s'agit que d'une forte averse en fait, mais ça fait son effet. Le cris des animaux, le son de l'océan, tout est paisible. Pourtant, au 2/3 du film un évènement réellement effrayant et bruyant intervient, je ne divulgâcherai pas, mais ouch ouch ouch. La seule grosse scène d'action, mais quelle scène.

Donc, on va voir l'homme finalement trouver une compagne et fonder une famille, avec une évolution de son fils assez rapide. On constate d'ailleurs le lien fort entre les tortues de Galápagos, la femme et le fils, regardez bien leurs façons de nager. Euh, donc, oui, on peut aussi prendre ce film comme un conte écologiste, mais bon, je crois que c'est aussi une belle histoire que l'on peut interpréter de différentes manières. Sans spoiler, on ne sais pas si l'homme rêve, est mort ou vie tout ceci, on se fera sa propre opinion, et chacun analysera comme il veut. Dans le cas où c'est réel, il faut accepter le côté surnaturel du truc, oui, bon, ce n'est un monstre ou un fantôme, mais il ne se passe qu'une chose de surnaturelle et ceci me fait dire que c'est juste l'homme qui est devenu fou après son "combat" contre la chose qui brisait son radeau, et donc il s'imagine tout ce qui vient après. Attention, je ne dis pas avoir l'analyse correcte, c'est juste ma vision de ce conte. Pour palier le fait qu'il va rester seul sur cette île et s'amender du meurtre de la chose, il va se créer une vie imaginaire. Bon, là vous ne me prenez plus pour un con, mais pour un fou, une fois de plus ceci est très subjectif, chacun l'analysera comme il le souhaite.

Il me faut vite conclure avant de trop en révéler, donc malgré un rythme mou, ce conte, cette poésie, bref ce film est captivant, on ressent énormément d'émotion, bon, pas au point de pleurer, mais quand même, la grosse scène des 2/3 du film est effrayante et spectaculaire. La survie façon Lost les disparus ou Koh Lanta est bien retranscrite, sans artifices. Le message écolo n'est pas trop lourd, en fait c'est plus sur le personnage de l'homme que notre intérêt sera total, son geste horrible contre "la chose", qu'il regrettera par la suite, montre toute sa frustration de ne pouvoir quitter l'île. Et si l'on peut évidemment y voir une métaphore sur l'humanité qui détruit la planète et chercher à réparer ses conneries derrière alors qu'il est trop tard, ça n'est pas trop lourd, en fait c'est surtout à la fin du film qu'on réfléchira au message de ce film, sur le coup on enrage contre l'homme avant de le voir perdre sa santé mentale (oui, c'est ainsi que je l'analyse, j'en ai déjà parlé plus haut). Techniquement, si ce n'est pas ultra détaillé et si ça ne donne pas de grosses cartes postales comme peuvent le faire un HOSODA Mamoru ou HARA Keiichi, on reste bluffé par la qualité de l'animation, le choix de la palette de couleur, le mouvement naturel des animaux, le déplacement des humains. De plus vous vous attacherez à ces cons de crabes qui apportent la soupape nécessaire afin de sourire un peu. Le son, à travers les bruitages ou les cris d'animaux, participe à l'ambiance du film de façon spectaculaire (je ne me remets toujours pas de cette averse que l'on entend venir au loin), les musiques sont discrètes mais augmentent, assistent, l'émotion, et vous allez en ressentir des émotions, sans aller jusqu'à verser des torrents de larmes, vous allez étouffer, être déçus, tristes enfin bon, c'est impressionnant comment en 80 minutes pourtant lentes, on arrive à être conquit à ce point. Allez, petit point noir, on devine rapidement comment ça va se finir, pas de surprise là dessus, mais ça n'abîme en rien la qualité du film. Dommage que les français ne se soient pas bouger le cul pour aller voir un film aussi superbe, achat en vidéo impératif, et merci à mon ciné de l'avoir proposé malgré le peu d'intérêt que lui voue le public français. Si ce n'est pas le meilleur film que j'ai vu au cinéma, c'est le film le plus intelligent que j'ai vu en salles obscures (le premier qui dit "en même temps vu ce que tu vas voir ce n'est pas compliqué" est méchant pas gentil), je l'achèterai en BluRay certainement. Tous les fans d'animation se doivent de le voir, même si ce n'est pas un japonais ou un étasunien à la réalisation!

@+

PS : Dernier point, l'échec du film vient surement du fait qu'il a le cul entre plusieurs chaise. Ce n'est pas de l'animation japonaise malgré le Studio Ghibli indiqué au début. Ce n'est pas de l'animation type Disney. Ce n'est pas pour les adultes, pas de sang, pas d'action ni même de sexe. Ce n'est pas pour les enfants, le côté lyrique du film étant complexe je pense. En gros, le public est vraiment petit, les fans d'animations, les poètes et les curieux (comme moi)... alors un enfant peut le voir, mais aimera-t-il? Un ado aussi? Un adulte doit pouvoir aimer, tout dépend de sa sensibilité. Un film compliqué à classer en fait.

Le ticket.

Le ticket.

Publié dans Cinéma

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