Green Room

Publié le par Twinsunnien

Image de www.allocine.fr.

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Le voilà, le retour du film Wuaki pas cher, grâce a un code de priceminister qui récompense les clients fidèles, j'avais dû effacé le précédent par inadvertance, car le mois dernier j'étais broucouille comme on dit dans le Champenois, enfin bon, j'ai hésité entre le film FFXV, King's glaire, ou glaive, un autre film dont j'ai oublié le nom et ce Green Room. Ainsi me voilà devant un film dit "de genre", un survival dans l'univers skinhead, raciste, de l'Amérique profonde. Réalisé par Jeremy Saulnier, ce film est sorti en 2016, dure 95 minutes, et je précise l'avoir vu en VOST, pas comme la bande annonce que je vous invite à voir maintenant.

Bande annonce VF, vidéo de FilmsActu.

Un groupe de punk parcourt les USA pour une tournée des petites salles et bars. Alors qu'un concert se retrouve annulé, remplacé par une prestation peu rémunératrice dans un bar, l'organisateur local leur trouve une date bien payée, via son cousin. Les Aren't right, oh, pardon, les Ain't right, se mettent en route, et vont arriver dans un haut lieu raciste, white power tout le bordel, les skinhead oui, et alors que le concert, qui avait débuté par un défi que le groupe lance au public, donc le concert se déroule parfaitement, les gérants sont contents, mais un truc va faire basculer le groupe dans l'horreur, l'oubli d'un téléphone portable dans la salle d'attente des groupes, ce dont Pat, le chétif du groupe, se charge. Il découvrira une scène de crime, une jeune femme, avec un couteau planté dans la tête, étendue morte. Là, ça vire au cauchemar, au début enfermé et surveillé, le groupe va vite prendre le dessus avec son geôlier dans cette fameuse chambre verte, et cette fois ci ils se barricaderont. Voilà en gros le pitch du début de ce film.

Alors oui, âmes sensibles s'abstenir, c'est un film d'horreur, un film de survie, il n'y a pas de gore à outrance comme dans les suites de Saw, mais assez de sensations pour que l'on se tienne le bras quand Pat se fait lacérer. Ou pour avoir peur quand le geôlier retrouve ses esprits et lève sa masse, restant dangereux malgré son bras pété. Le film est divisé en plusieurs points, il y a l'introduction, longue, des personnages du groupe, on y voit leurs galères (ils siphonnent de l'essence n'ayant pas les moyens d'en acheter chez Total...), mais ils ne semblent pas s'en plaindre, et sont rodés à l'exercice. Dans cette partie on entend à peine ce qu'ils chantent, et c'est bien dommage, mais par la suite nous verrons qu'ils font une musique punk à la Sex Pistols. Ensuite, on assiste à leur arrivée dans le bar reculé de l'Oregon, avec un public particulier, qui ne doit pas beaucoup aimer Barack Obama. On voit leur accueil, avec les explications, on les voit s'installer dans la salle d'attente, avec le son d'un autre groupe en train de jouer. En entendra même une partie de leur concert, avec ce défi lancé au public donc, insultant les racistes, évitant les bouteilles de bière que le public jette de désaccord, avant de continuer leur répertoire plus facile à avaler pour ce public, vu que l'ambiance y est excellente.

À la fin du concert, c'est donc la découverte du corps dans la green room, avec le début de l'horreur, au début victimes surveillées par un mastodonte, le groupe prendra le dessus afin de mieux réfléchir à la situation. On voit comment les décisionnaires évacuent la police, et on découvre le propriétaire des lieux, un homme ayant bien la soixantaine, qui prend les décisions opportunes afin d'éviter tout ennui avec les flic ou la justice. Ainsi on passe du côté des bourreaux, à celui des victimes, le tout dans une réalisation propre, on comprend tout le temps ce qu'il se passe, et surtout on ressent une méchante empathie pour les membres du groupe. Je repense à cette coupure de courant, et la grosse flippe que cela implique, alors qu'en fait non, rien ne bouge, mais qui permettra de découvrir un labo d'héroïne (la drogue pas Wonder Woman ou Catwoman), pas de sortie pour autant. Et alors que les chiens arrivent, le plan mis en place par le propriétaire prend forme, tout d'abord, mettre le matos du groupe dans le van, ensuite, trouver les clés du van, forcément dans les poches d'un des membre du groupe, d'ailleurs les voir chercher désespérément les clés sur les corps a quelque chose de presque marrant, presque. Car en fait, nous n'avons pas envie de rire, surtout quand le bar est évacué, et que le groupe se risque à sortir de la salle. Là on plonge dans une plus grande horreur encore. Déjà que le coup du bras lacéré, le fait que l'on face connaissance avec les lacets rouges, le bras pété, bref, tout ceci mettait bien l'ambiance, la sortie de la salle marque un palier supplémentaire de franchi, on entre dans l'horreur pure. Un chien est lâché et fait son job, égorgeant un des membres de l'équipe. Tout comme Dernier train pour Busan, là on comprend que nous sommes en face d'un survival, un vrai, le genre de films où tout le monde peut (et va) mourir, et la perte de 2 membres d'un coup, dont un agonisant encore avec ce dialogue horrible "- Il respire? - À peine - Laisse le agoniser, plus tard l'heure du décès est, mieux c'est", on comprend de quoi parle le propriétaire à la fin, avec la révélation du plan que l'on voit venir pourtant tôt, avec le panneau "Attention aux chiens" et la découverte du kit de... oups, je ne vais pas vous révéler ça voyons, quoique vous aurez deviné.

Alors que la lutte se fait plus intense, que les pertes ne sont que d'un côté, la tendance va changer dans une nouvelle partie, sort de revenge movie, où là ce sont les bourreaux qui deviennent les victimes. Je ne parlerai même pas de cette scène rappelant 28 jours plus tard de Danny Boyle. On se prend à compter les cartouches restantes, et on apprécie le côté futé de Emily. La peur du skinhead qui se chie dessus dans le labo exigu, et demande de l'aide pendant qu'une jeune recrue lave au nettoyeur haute pression les séquelles de la lutte du bar. Le contraste est drôle, tout comme le face à face avec les victimes, où la nouvelle recrue choisira la prison. On en vient même à ressentir de l'empathie pour lui, sans savoir pourquoi. Enfin, la dernière partie, reste sur la continuité de la vengeance, on y découvre la résidence, et le plan mis en place par le propriétaire, et les anciennes victimes arrivent comme un cheveu sur la soupe. Mais bon, l'affrontement final n'est pas aussi impressionnant et stressant que ça, dommage, c'est un des rares raté de ce film.

Oui, au niveau du scénario, c'est basique, des innocents un peu voyous se retrouvent pris dans une mécanique horrible chez des sales gros racistes, mais le tout est bien emballé par Jeremy Saulnier, c'est efficace, on se surprend à être tendu dans certaines scènes suffocantes. Car le réalisateur sait créer une empathie du téléspectateur vers les personnages, pire, on ressentira la même chose quand la situation s'inversera. Le tout est, en toute relativité bien sûr, réaliste, les personnages réagissent correctement, même si nous n'éviterons pas le fameux "We must split" digne de tout film d'horreur, ce sera assez court comme passage. Grosse surprise, j'ai retrouvé Alia Shawkat, Maeby de Arrested development, et les personnages possèdent tous leur propre caractère, il y le timide peureux, le fonceur qui fait des clés de bras digne des meilleurs catcheurs (je suis sûr que Inod apprécierait), et tous cherchent une solution. Il y a aussi une sous intrigue, avec une histoire de batte de base ball, vous verrez. Les effets sont parfaits, une fois de plus la réalisation de Saulnier y est pour quelque chose, ne nous montrant que rapidement un bras lacéré, ou en contre jour un corps égorgé, il y a du sang, mais pas des hectolitres, un bon équilibre entre ambiance et images chocs. Musicalement, euh, c'est du bon punk, rien à redire, mais après je n'ai pas souvenir des musiques d'ambiance, donc c'est efficace on va dire. Et puis voilà en fait, je crois avoir fait le tour sans en avoir trop révéler.

Efficace et très bien mis en scène, voilà les mots qui ressortent après avoir vu ce film, je regrette même de ne pas l'avoir vu au cinéma, et j'ai bien l'intension de le choper en DVD. Si vous me dites que c'est débile car je l'ai loué, je vous répondrai que j'ai dépensé 0.01€ pour le voir avec le code de priceminister, donc je peux bien l'acheter en support physique. Je pense un peu au cinéma de Christopher Smith, ce genre de cinéma d'horreur ne cherchant pas la sensation à tout prix, juste l'efficacité. Si le début peut rebuter et que le déroulement est classique, il faut se taper les premières minutes limites chiantes avant de commencer à rentrer dans le film, la suite est brillante, prenante, haletante et sensationnelle. Je n'en fais pas trop? Peut-être un peu trop si, mais je suis ressorti du film avec le sentiment d'avoir vu quelque chose de très bon, convenant parfaitement à mes goûts, je veux en revoir plus de ce genre de film. C'est pourquoi si vous aimez l'horreur, ou la petite horreur, je vous le conseille chaudement. Les âmes sensibles passeront à autre chose par contre. Oui, j'ai adoré. À voir j'estime.

@+

PS : Et c'est à la fin de cette chronique que je constate que Darcy est le propriétaire et qu'en plus il est joué par Patrick Stewart (X-Men, Star Trek The Next Generation).

Publié dans Cinéma

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