Les 7 mercenaires

Publié le par Twinsunnien

Image de www.allocine.fr.

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Je garde un souvenir assez fatiguant du genre de film Western, assez lent, avec des plans chiants posant une intensité dramatique que je ne pouvais comprendre petit, en plus le fait qu'il n'y ai ni science fiction, ni voitures modernes m'a toujours emmerdé. Oui, j'étais petit, donc con, mais bizarrement j'ai toujours gardé une appréhension sur ce style de film. Des barbus crasseux chevauchant dans un Far West étasunien du XIXème siècle et bouffant des fayots, voilà l'image (erronée) que j'ai gardé des Western de ma jeunesse. Seuls les films parodiques, rigolos, avec Terence Hill, me plaisaient, bon, vous voyez le niveau du type du coup. Quand Tarantino a annoncé sont Django Unchained, j'ai eu cette crainte, un peu comme une peur infantile que l'on garde de ses années d'insouciances, genre le monstre dessous le lit ou je ne sais quoi d'autre, je dis pas que j'ai peur de mon dessous de lit, mais il y a toujours cette petite crainte quand on se baisse pour ramasser les moutons de poussières lors du ménage. Mais tel un chien égaré je divague, et revenons a nos.... moutons. Oki, ce n'est pas drôle, désolé. Le sixième film de Tarantino m'a permis, de faire fi de cette appréhension, et c'est donc avec bonheur que je suis allé voir en ce début d'année Les 8 salopards. Bon, voir très bon film, mais ne m'ayant pas surpris donc m'ayant laissé sur ma faim. Le désert du Mojave était remplacé par un désert de neige, et m'a montré que l'époque ne me dérangeait plus. Une bande annonce (que l'on regarde à la fin de cette introduction) bien fichue, un cast en or, des images sublimes, une ambiance Western que Red dead redemption m'a aussi aidé à apprécier, et du coup, voilà un film assez intriguant pour que je me bouge le fion pour aller le voir. Petit aparté, c'est mon premier film en salle 2, ce qui me permet de dire que j'ai fait les 6 salles de mon cinéma, voilà voilà.

Vidéo de SonyPicturesFr.

Oui, ce film d'Antoine Fuqua est un remake du film des années 60 de John Sturges avec Yul Brynner en superstar et Steeve McQueen en débutant sur grand écran. Bon, c'était déjà un remake de Les 7 Samouraïs d'Akira Kurosawa (1954, même date que le Godzilla de Ishirô Honda), il raconte l'histoire de la petite ville minière de Rose Creek, dont Bogue veut acquérir les Terres de ses habitants pour une bouchée de pain afin d'étendre son empire sur l'or et ainsi s'enrichir. À travers une très belle introduction, le réalisateur place l'ambiance, les gens veulent se rebeller mais Bogue (Peter Sarsgaard) est tout puissant et le prouve en venant interrompre le sermon dominical, euh en fait je ne suis pas sûr que ce soit un dimanche mais ça faisait classe. Là le riche homme menace tout le monde, soit ils acceptent son offre ridicule et se barrent, soit il revient dans 3 semaines et attention, ce sera panpan culcul pour quiconque voudrait se rebeller. D'ailleurs il montrera sa puissance en étouffant un début de rébellion, faisant assassiner par sa garde rapprochée des esprits n'allant pas dans son sens. Le mari de Emma Cullen (Haley Benett, ressemblant un peu à Jennifer Lawrence je trouve) succombe et la ville est désormais surveillée par les hommes de Bogue. Au passage on constate la pauvreté des mineurs, complétement exploité, maigres, fatigués, incapables de prendre les armes et étant traités comme du bétail.

Là le générique de début commence, non sans que Bogue ai mis le feu à la paroisse de Rose Creek. Et on découvre ainsi le chasseur de prime assermenté qu'est Sam Chisolm (Denzel Washington), une introduction de personnage ressemblant un peu au docteur King Schultz (Christopher Walz) du film Django Unchained. Après, j'ai oublié de préciser que je n'ai pas vu le film de John Sturges, donc je ne peux pas comparer, si cela se trouve c'était déjà le cas en 1960, enfin bon, moi j'y ai vu un rapprochement avec le film de Tarantino. D'ailleurs à l'instar de la scène finale de l'introduction (comment je complexifie les choses moi), la tension monte admirablement, et cela sera le cas dans la plupart des scènes s'achevant par un gunfight, avec un montage qui accélère les plans quand la tension monte, il me semble que cela est typique des Western, mais une fois de plus, en voyant peu, je ne puis l'affirmer. On découvre donc en même temps Farraday (Chris Pratt), l'alcoolique, le joueur, le charmeur, appelez le comme vous voudrez, lui aussi a droit a une belle introduction dans le film, dans le saloon, mais aussi quand il est menacé par les frères bidules, j'ai pas retenu leur nom, à propos de mémoire, les personnages sont tellement bien présentés, que je suis arrivé à me rappeler de tous, tous sont attachants, même Goodnight (Ethan Hawke). Le premier duo formé, il va falloir débaucher encore du monde pour assister la petite bourgade contre le prochain assaut de Bogue et ses hommes. Car Emma a décidé d'engager des mercenaires afin de les aider, lui offrant toutes les économies d'une vie (on ne saura jamais combien) afin de faire régner la justice, ou la vengeance au choix.

Si Goodnight et surtout Billy (Lee Byung-Hun), sont tout aussi bien introduits, on sent que ça commence à fléchir en terme de temps de présentation, juste une scène de combat dans laquelle on constate que Billy est ultra rapide et doué avec des lames ou des pics à glace. C'est Farraday qui est chargé de faire passer le message à Goodnight de la part de Sam. Celui ci va recruter un personnage surprenant, le mexicain Vasquez (Manuel Garcia-Rulfo), le hors-la-loi, avec son intro assez dégueulasse en fait et son humour simple mais un peu efficace "il ne ronfle pas", on compte donc 5 membres. Le prochain est une sorte de, euh, oui ours, Jack Horne (Vincent D'Onofrio) et sa puissance, est introduit de façon hilarante, alors que 2 types se vantent de l'avoir tué, enfin bon, vous verrez comment il arrive, c'est franchement drôle, et en plus c'est un homme d'église qui fait des choses pas du tout catholique, un personnage attachant d'entrée. Il ne manque plus que Red Harvest (Martin Sensmeier), le natif (native en anglais), l'amérindien, ce qui surprend avec Red Harvest, c'est la peur qu'il inculque auprès des autres membres, alors qu'il est seul et que Sam taille la bavette avec lui (mwahahah je suis content de cette vanne, que vous comprendrez en voyant le film). Bref, voilà notre fine équipe au complet si l'on suit le titre du film.

Leur arrivée à Rose Creek sera superbe, les hommes de Bogue y étant et demandant à Chisolm et Billy (seuls au début) de déguerpir ou de rendre les armes, la tension monte vraiment progressivement avant un déluge d'action superbe, ah, quel pied. Je passe vite cette scène pourtant géniale, pour vous dire que nous allons passer en mode Agence tous risques, ou A-Team, comme vous voulez, avec une ville à défendre en dressant des pièges, en entraînant les locaux (dont certains préfèrent fuir), là oui, j'ai pensé à cette série des années 80 que j'adore, alors il est à noter que très certainement, L'agence tous risques s'inspirait déjà des western et de cette notion de siège.

Tout ceci se déroule sans temps morts, on ne s'y ennuie jamais devant, le film dure quand même 2h15, mais le rythme est maîtrisé à la perfection, les images sont sublimes, voir des canassons et leurs cavaliers traverser au galop la pampa, euh, le désert nord américain, c'est superbe. On alterne les gros plans typique du Western, avec un cadre changeant en fonction de la détermination du personnage, on voit que Goodnight est différent des autres, il semble avoir un problème, comme des démons intérieurs. Bon, le film se clôt sur un déluge de gunfight, ce qui me paraît bizarre c'est la quantité de cavaliers de Bogue, ils ne semblent pas si nombreux sur le plan large et pourtant dans la ville les corps s'entassent et la fine équipe semble perdre pied. Euh, je vais pas vous faire tout le film non plus, mais le duel final est un peu décevant je trouve, de plus, certains personnages sont mieux lotis dans la mort que d'autres, un poil décevant. Mais le pire restant cet antagoniste qu'on veut nous présenter comme ultra charismatique, qui se retrouve à se chier dessus lors du duel final. Décevant. Tout comme cette Gatling étonnamment précise, mais bon, ça passe dans la bataille.

Oui, j'ai adoré, entre le rythme, l'empathie que l'on ressent pour les personnages, je vais spoiler un peu, mais quand le premier meurt c'est un vrai déchirement, même si sa mort est un peu trop mise en scène mais bon. Non, le film n'est pas parfait, un méchant pas si balèze que ça, des petits points sombres de ci de là, une fin durant laquelle le réalisateur insiste sur les enfants, oui oui, c'est l'avenir tout ça, on a compris, et cette même fin un peu trop joviale devant le lourd tribut payé par tous. Mais les images sont sublimes, le récit classique est parfaitement mené par Fuqua, et en fait c'est juste du bonheur à voir. J'en suis même venu à pardonner à mes voisins de la rangée de derrière qui, par je ne sais quel miracle, arrivaient à s'appuyer sur mon dossier (y'a de la place pourtant), ou encore les espèces de connards de hamsters faisant crunch crunch sur la rangée de devant, et pourtant la salle était loin d'être pleine, mais bon, malgré ça je suis arrivé à être dans le film, trouvant parfois l'humour pathétique (mais ça semblait fonctionner sur la salle), d'autre fois un humour plus drôle (du moins pour moi, car j'étais le seul à me marrer à certaines vannes), un film à voir quoi, vous ne vous y ennuierez pas un seul instant. J'ai adoré donc.

@+

Le ticket avec enfin la Salle 2!

Le ticket avec enfin la Salle 2!

Publié dans Cinéma

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