Gamera l'héroïque

Publié le par Twinsunnien

Le DVD.

Le DVD.

Nous voilà à la fin de la quinzaine spéciale Gamera donc, enfin quinzaine, douzaine plutôt mais peu importe. Après être passé par beaucoup de sentiments contraires, nous allons voir un film sorti en 2006 qui, au premier abord, effraie, oui, le retour des enfants en tête d'affiche, un truc paraissant gamin au possible, la peur de retrouver cette époque sombre de l'histoire de la tortue géante, surtout après avoir savouré une trilogie sombre et sérieuse dans les années 90. Plus de Shusuke Kaneko donc, mais Ryuta Tazaki à la réalisation, l'histoire d'un enfant, Toru, qui a perdu sa mère et dont le père est très occupé avec son restaurant, qui va se lier d'amitié avec une petite tortue qu'il surnommera vite Toto, comme ce surnom emplit d'amour que donnait une maman à son fils. Il se trouve que Toto est en fait un Gamera, Kaiju condamner à grandir et défendre la Terre, qui à se suicider comme l'avait fait un autre Gamera en 1973 sous les yeux du père de Toru, enfant à l'époque. Scène qui ouvre de façon spectaculaire le film, nous faisant un instant croire assister à un prolongement ou plutôt reboot de la trilogie de Shusuke. Une scène qui n'annonce pas la couleur, car le récit se calmera après, mais qui rassure un minimum sur ce que nous allons voir. Un peu limite tout de même pour montrer ce film à des enfants de moins de 10, voire 12 ans. Le film va suivre cette amitié donc, mais regardons la bande annonce en VOST, comme la manière dont j'ai vu ce film, sachez qu'il existe en VF, et ne vous fiez pas au côté hyper comique et la chanson (belle certes) très JPop sucrée, le film est un parfait mélange de ce que nous ont proposé les 11 premiers films, mais bon, vidéo.

Bande annonce VOST, vidéo de SciFiMoviesTheater.

Oui, je vous dévoile mon avis sur ce film avant, il est excellent. Mais bon, voyons un peu les influences (peut être fausses, je ne sais pas), déjà, musicalement, on pense à un mélange de Disney, Looney Toons, The legend of Zelda et Uematsu période Final Fantasy. Nous avons l'impression d'être devant un dessin animé ou un jeu vidéo, marquant un peu plus le côté gamin du truc. Si en plus on prend le fait que les adultes sont en retraits, et que c'est une bande de gosses qui va sauver Gamera/Toto, on voit un côté Goonies, même carrément Spielberg, dans certains plans ne montrant pas directement l'action.

Le film, après son intro spectaculaire donc, trouve un rythme plus lent, posant Toru et ses amis, histoire que l'on s'attache à eux et.... exploit, le jeux des acteurs est juste excellent, pas de petit américain jouant comme un poisson, ni même de petite fille casse noix et encore moins d'enfant japonais qui sait tout et donne un cours magistrale aux adultes chargés de la défense du Japon, nope, ici tout y est parfaitement exécuté, on comprends la détresse de Toru qui n'arrive pas à faire son deuil (il voit sa maman l'appeler dans le restaurant à travers un flashback aux couleurs sépias du plus bel effet), en a marre que son père le traite comme un gosse (j'ai passé l'âge pour croire qu'elle est au ciel), trouve en Mai une grande sœur réconfortante, prête à lui prêter le dernier manga de Keroro et qui s'inquiètera pour Toru quand, après des recherches, elle découvrira qu'il peut s'agir d'un Gamera. Bref, ce petit village de pêcheur près de Nagoya nous offre une communauté cohérente, une bande de gosse s'entendant parfaitement, Toru forme un trio avec Ishimaru et Katshuya, qui seront un peu maladroit au début. La scène du bord de mère, quand un des deux amis fait allusion à "mère" prouve comment leur amitié est forte, Toru, vexé, voir choqué au début, pense à partir, avant de retrouver son calme et d'accepter les excuses de son ami.

Alors que Toto grandit vite à la lumière de la lampe de chevet de Toru, il découvre ses pouvoirs, comme le fait qu'elle peut voler, ce qui inquiète Mai, sa voisine. Elle lui conseille de remettre Toto dans son habitat naturel, mais la tortue géante encore petite ne lâche pas l'affaire, et alors qu'elle manque de se faire écrabouiller par une camionnette, Toru la sauve. Le début d'une très grande amitié, même d'une puissante amitié. Au bout d'un moment, il faut lui trouver un abris, Toto a pris du poids et une taille conséquente, résultat les enfants la cache dans leur cabane. Et alros que tout suit son cours, Toru apprend que Mai doit se faire opérer, j'ai pas pigé de quoi, du cœur je pense, enfin bon, une opération délicate, qui effraie la jeune fille ainsi que ses parents (son père essaie d'être rassurant, mais on sent qu'il n'y croit pas), du coup, pour lui donner du courage, Toru lui offre le socle sur lequel il a trouvé l'œuf de Toto. Et nous verrons que ce geste anodin, va offrir une scène d'une émotion inégalée dans un Kaiju Eiga. Nous n'y sommes pas encore. DOnc Mai part se faire opérer à Nagoya, pendant que quelque chose semblait se tramer dans l'océan, des bateaux disparaissent inexplicablement, et pire, dans le même temps, le gouvernement japonais dissout les forces Inhabituelles, sorte de section X-Files du FBI mais au Japon, car il n'y a plus eu de phénomène délicat depuis 1973, soit 33 ans, et ce sont les forces de défense qui prennent le relai.

Un soir, Toru sent Toto attentive a une chose lointaine, vers l'océan, et le lendemain il ne retrouve plus son ami.... et on comprend vite pourquoi, un reptile géant débarque dans le petit village de Toru. Plus fin mais se rapprochant d'un Gojira dans sa façon de se déplacer, peut on y voir un clin d'œil à la saga initié par Ishiro Honda, ou une envie de démontrer qu'un Gamera est plus fort? Je ne sais pas, en tout cas, Zedus (petit nom donné au monstre par le gouvernement japonais) fait d'immense dégâts, mangeant les humains se présentant face à lui. La scène de destruction est plus que spectaculaire, car jusque là, nous étions sur un rythme tranquille, avec cette vie paisible qui sombre dans l'horreur (on voit du sang dans la gueule de Zedus), avec destruction de maquette, un costume magnifique et surtout, une première bataille entre Zedus et Gamera encore jeune (2 fois plus petite que le saurien), mais qui grâce a son intelligence arrivera à repousser Zedus, non sans pertes côté humain. Pire, l'ancien chef des forces Inhabituelles capture Toto, histoire de faire des analyses, et il l'emmène à Nagoya. La scène d'adieu entre Toto et Toru (courant le long de la route) est sublime d'ailleurs.

Alors que le village essaie de se remettre de l'attaque de Zedus, les réfugiés se retrouvant dans le gymnase municipal, Toru et ses amis savent qu'il leur faut agir, il faut qu'ils aillent à Nagoya en mission commando, même si l'un d'entre eux fût blessé pendant l'attaque, il sera du voyage. Une fois de plus ce côté Spielberg, avec des enfants sachant ce qu'il faut faire alors que les adultes se rattachent à la science, des enfants courageux, forcément. Et ceci suite à un coup de téléphone de la maman de Mai, qui disait dans son état somnolent qu'il fallait donner le rubis à Toto. Donc voilà nos 3 mousquetaires en partance pour Nagoya, grande ville dans laquelle il demande leur chemin. Et là, nous allons voir une excellente scène, toute en retenue, on y découvre les scientifique en train d'essayer de faire de Toto un Gamera puissant, sans succès, il semble que Zedus débarque en ville, une sirène retentit et d'un coup, le bâtiment abritant un Toto qui commençait à s'agiter, s'éventre, dévoilant Zedus qui nargue Toto, comme pour l'inviter au combat.

Nous avons passé l'heure de film, il reste une demi heure, une demi heure qui va nous offrir nombres d'émotions et de destructions.Nos jeunes héros cherchent l'hôpital, sans avoir que celui ci fût évacuer. Arrivé là bas, personne, et c'est là que le père de Toru le retrouve, essoufflé, et lui passe une soufflante, essayant de lui expliquer que Toto n'est plus la petite tortue que Toru a connu, mais qu'il devient un Gamera, comme celui de 1973, et que la fin risque de pas être jolie à voir. Peu importe, Toru connaît Toto, et jamais il ne se ferait exploser, c'est sûr.

Et c'est là que va intervenir la scène la plus émouvante de toute la saga Gamera, et même de tous les Kaiju Eiga, une chaîne d'enfant va se mettre en place, avec juste ces mots "il faut donner ça à Toto", car Mai, trop faible, ne peut le faire, dès lors voir ses enfants, ne se connaissant pas, se relayer le socle qui semble indispensable pour que Toto obtienne la force nécessaire pour vaincre Zedus, au début on trouve ça abusé, puis un policier empêche un porteur du rubis d'aller vers le danger, il se retrouve relayer par un autre enfant, pareil quand la plus grande fille commence à faiblir et se retrouve à donner la pierre à une plus petite fille mais qui est plus rapide. Ah, je suis en train de spoiler, pardon, mais cette scène est d'une puissance émotionnelle, d'une force, argh, c'est à voir. Ceci se termine avec Toru, ses 2 amis et son père. Toto a eu beau lutter, rien n'y a fait, elle/il se retrouve bloqué/e dans un immeuble, et Zedus veut en finir.

Finalement conscient que son fils ne changera pas d'avis, n'abandonnera pas, comme Toto, le seul adulte que l'on suit depuis le début va accompagner Toru, si ceci peut paraître inconscient, je pense que le père se dit que de toute façon Toru est sa seule famille et qu'il trouvera un moyen d'aider Toto quoiqu'il arrive, c'est plus par dépit que par confiance je pense, la confiance du père pour ce que dit son fils n'interviendra qu'à la fin. Allez, je tâche de ne pas spoiler, et vous laisse découvrir le final, spectaculaire à souhait de ce film pas si mauvais.

Car si la bande annonce, la musique, et la demi heure suivant l'intro, laissent présager un film pour gosse, il n'en ai rien, c'est une sublime histoire d'amitié, offrant son lot d'émotions (je ne me remets pas du relais des enfants), mais aussi des scènes d'action et de combats digne du meilleur Kaiju Eiga. Si Shusuke Kaneko aimait filmer ces combats de nuit, donnant un côté spectaculaire aux explosions, ici, des explosions il y en a moins, mais on détruit de la maquette, la photographie et les effets sont excellents, et si Gamera : L'héroïque n'est pas le meilleur film de la saga (Gamera 2 : Attack of Legion reste immense, car basé sur l'action), il fait parti de ces films marquants, géniaux, et bien conçus. Débuter les Kaiju Eiga par lui peut être une bonne idée. Ici, on en nous prend pas la tête avec des tentatives d'explications, tout juste aperçoit on les forces de défenses intervenir sur la fin, sans pour autant chercher à lutter contre Zedus, comme si le Japon avait abandonné tout espoir de gagner, et se retrouve contraint de s'en remettre à une tortue élevée par un enfant. En gros, on prend le meilleur des 11 films et on le met ici. Paradoxale je sais, car j'ose dire qu'il n'est pas le meilleur film Gamera, un peu trop mou en son début, même dans sa première moitié il faut reconnaître, une moitié qui offrira des gags absolument dégueulasses pour les fans de Kaiju Eiga, sur une musique guillerette indigne de ce genre de film, si le coup du wok fera marrer les gosses, il est clair que l'on prendra peur du côté enfantin de ces scènes, qui font que le film n'atteint pas la perfection. Pourtant, ces moments désagréables, passent et on les oublie devant la puissance de la seconde partie du film. Un film à voir, sans hésitation, j'ai adoré, même si la scène de combat du début semble être là pour dire aux moins gamin des téléspectateurs de rester, de s'accrocher pour la demi heure suivante.

@+

Ah non, pas @+, petit bilan de ces 12 films. Bah il y a du très mauvais, surtout les films entre 1969 et 1980, le premier film est excellent, les suivant vont pas trop mal, c'est surtout la trilogie des années 90 qui offrira ses lettres de noblesse à la tortue géante, qui s'achève en 2006 par un très joli film, émouvant et finalement assez adulte (si l'on oublie le début). Je peux dire qu'il y a 5 films excellents, Gamera 1965, la trilogie de Shusuke Kaneko et celui de 2006, les suites de 1966, 1967 se regardent, celui de 1968 peut énerver, et les 4 autres sont des purges. Qui ne vous empêcherons pas d'acheter ce coffret indispensable pour ceux qui aiment le Kaiju Eiga, mais aussi ceux qui recherchent des films spectaculaires et divertissants. Je ne causerai même pas des pseudos fans du Japon, qui se doivent de voir ces pans du cinéma japonais, voilà aussi une jolie idée cadeau. Bilan, meilleur film à mes yeux, Gamera Attack of Legion, car fortement action, époustouflant, en sachant que la trilogie est excellente, le pire, le Gamera de 1980, une plait, pourtant hilarante à voir si l'on aime les nanards.

@+ (pour de bon)

Le coffret.

Le coffret.

En bonus un superbe trailer de ce que donnerai un Gamera de nos jours, vidéo de Ethor maldonado.

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