Police Story

Publié le par Twinsunnien

Le DVD.

Le DVD.

Existe-t-il un film parfait, capable de trouver l'équilibre idéal entre action, explosion, fusillade, kung-fu, humour et drame? Bon en fait non, mais quand je parlais de Rush Hour récemment, disant que c'était le meilleur film de Jackie Chan que j'ai pu voir depuis le début de ce mois spécial lui étant consacré, c'était sans compter sur le premier Police Story sorti fin 1985, oui, la même année que le pitoyable Le flic de Hong-Kong. Cette fois ci c'est l'acteur cascadeur qui réalise lui-même (comme pour Le marin des mers de Chine) et la bande annonce me fait dire que c'est ce film dont j'ai le plus de souvenir. Je l'avais vu assez jeune, et la scène introductive est marquante, sans parler du bouquet final dans le centre commercial d'une violence inouïe. Oh pardon, vous voulez voir la bande annonce, aller, en VOSTFr comme la manière dont j'ai vu ce film.

Vidéo de amaterasu44.

Le film débute par une opération de la police de Hong-Kong qui doit prendre place dans un bidon ville, un important trafiquant de drogue doit effectuer un marché, la police compte prendre Chu Tu en flagrant délit, d'important moyen sont mis en œuvre, et évidemment à un moment ça tourne mal. Dès lors on va constater que ce ne sera pas la rigolade folle de Le marin des mers de Chine, la fusillade qui s'ensuit est assez violente, ça saigne, et pire, on constate une vraie frayeur sur le visage des policiers, une scène sous haute tension et stressante. Heureusement on part vite dans l'action plus légère et spectaculaire, quand, pris en tenaille par la police, les mafieux décident de couper à travers même les maisons, qui sont situées sur le flanc d'un colline, voir ces 3, puis 4 véhicules (quand Ka Kui Chan (Jackie Chan) décide de les suivre) dévaler cette pente, sur fond d'explosion, truc ouf. Je pense à la scène à Cuba dans Bad Boys II d'ailleurs, la source d'inspiration doit être la même, sauf si c'est Police Story qui introduit cette idée (ma culture cinéphile n'est pas assez poussée pour répondre correctement), mais bon, on en prend plein la gueule, avec un changement entre plan large et plus serré, sur un montage dynamique, ouch quoi, 10 minutes de film et nous sommes déjà essoufflé. Surtout que l'introduction n'est pas finie. Chu Tu et ses hommes tentent de s'échapper avec un bus, que Chan attrapera au vol à l'aide d'un parapluie. Une fois de plus, scène de cascade époustouflante, qui se clôt façon Ryo Saeba de City Hunter, avec une classe folle.

Bon, on peut enfin récupérer nos esprits, pour voir que le commissaire n'est pas commode malgré le succès de l'opération. En effet des failles furent constatées, et là on saisit tout le côté malsain de l'administration, des têtes pensantes. Pire, un plan sera mis en œuvre mettant en danger la secrétaire de Chu Tu, ceci afin de réunir des preuves pour emprisonner le mafieux. C'est Ka Kui qui servira de garde du corps, lui même que la police érige en superflic et qui servira à la promotion de la police de Hong-Kong. Du coup le voilà parti avec Selina, la secrétaire, et il mettra au point un plan assez drôle pour que Selina livre son patron, en lui faisant croire que ce dernier veut l'assassiner. Là, tout le début de la scène fait penser à un film d'horreur, un peu comme Halloween de John Carpenter (oui, la faute au couteau), sauf que lors de l'agression, on ne comprend pas bien pourquoi l'assassin est si mauvais. On découvre que c'est le plan pour faire parler la secrétaire. Une fois de plus on assiste à une chorégraphie de combat impressionnante, avec utilisation du mobilier, et forcément ce côté plus léger quand il se sert de son ami (le faux agresseur) à moitié assommé comme un pantin.

Là nous allons retrouver une scène de combat plus sérieuse, toujours dans le spectacle de ouf, avec pare brise cassé, portière de voiture dégondée, et pirouettes impressionnantes, le tout sur le parking de chez Selina. Les coups sont violents, et finalement il se trouve que Chu Tu veut vraiment la peau de sa secrétaire. On retrouve une pause salvatrice chez Chan, qui obtient des confidences enregistrées. Selina n'ayant pas eu le temps de s'habiller, c'est un imbroglio un peu fou qui va intervenir. En effet May, la copine de Chan, attendait celui ci pour une fête anniversaire surprise, et bon, en le voyant débarquer avec un témoin féminin en petite tenue, ça la vexe et il va se manger des gâteaux façon tarte à la crème, un humour vieux comme le monde mais qui peut fonctionner. Ensuite on continuera dans la mésentente, quand May revient sans que Chan ne s'en soute et que ce dernier joue au macho devant Selina, même pas pour la séduire, juste parce qu'il ne veut pas passer pour un faible. Nous avons là passé la partie humour, ou presque puisque plus tard interviendra encore une scène humoristique, mais là nous passons donc au jugement de Chu Tu. Selina est partie dans la nuit, non sans avoir oublié de jouer un mauvais tour, que l'on se doute en plus, ce qui va permettre au mafieux de sortir libre. Ici c'est un film de tribunal auquel nous assistons, avec argumentaires et tout ce qui s'ensuit, ce qui prouve la diversité du film.

Après son échec, Chan est muté dans un petit commissariat, où les agents sont tranquilles, passant par chez eux lors de patrouille par exemple. Et là on verra la dernière scène vraiment comique du film avec l'histoire des téléphones et une fois de plus un imbroglio avec May, ce qui pourrait être lourd, mais en fait c'est parfaitement équilibré avec le reste plus grave (il y est question d'un viol.... datant d'une année!). On verra aussi le plan violent des mafieux pour se débarrasser de Selina et Chan, corrompant un flic qui rêve d'ouvrir une boutique, les mafieux tendent un piège à Ka Kiu. Profitant d'avoir récupérer l'arme de ce dernier, ils tuent l'inspecteur corrompu, faisant porter le chapeau à Chan. Ils en profitent pour endormir ce dernier, qui ne se réveillera que 20 heures plus tard constatant les dégâts. Dès lors, dans le commissariat, nous allons voir une scène d'acteur dramatique, quand Chan gueule sur un commissaire trop bureaucrate pour aider ses inspecteurs et autres agents, la scène surprend mais est d'une justesse incroyable. Finalement Chan aura l'appui du commissaire qui n'aurait pas pu l'aider dans cette affaire de meurtre. Et là on passe en mode revanche façon Orangina rouge mais en nettement plus doué.

Ka Kui devient fou et n'hésite pas à écraser un malfrat avec un chariot élévateur pour obtenir des infos. Et nous voilà à la scène finale du centre commercial. 15 à 20 minutes d'une intensité inhabituelle. Scénaristiquement parlant, on trouve une facilité dans le fait que Selina soit au même endroit et connaisse les code pour obtenir des preuves à imprimer contre son ancien chef Chu Tu. Dans le tumulte du centre commercial va débuter un immense combat, avec une violence digne de ce qu'avait filmé Sammo Hung dans Le flic de Hong-Kong, les coups portent et font mal. Que dire de ce cascadeur qui se viande les reins contre une rambarde d'escalator? Ou alors de ces chutes fracassant des stands? Les vitrines, les vitrines explosent littéralement, il y a même une scène avec une moto. Le bouquet final de ce combat mais aussi du film est cette chute vertigineuse de plusieurs étages où Chan glisse sur une barre de pompier en arrachant les guirlandes électriques, pour finalement tomber lourdement à travers un stand. La scène est tournée sous 3 angles, on nous la repasse 3 fois, et systématiquement la même impression "oh putain j'ai mal", le film se termine bien, normal, sauf que l'on y voit Ka Kui exploser, il va ainsi fracasser l'avocat mais aussi Chu Tu. Le bêtisier ou "raté" habituel des films de Jackie Chan est là, on constate que la scène du crayon n'était pas si facile (avec les téléphones), mais aussi que les mauvaises chutes et hospitalisations furent nombreuses, donnant encore plus de poids à ce que nous venons d'assister.

Enchaînant les scènes cultes à une vitesse vertigineuse, le tout équilibré par des scènes plus légères, sans que l'on ait le temps de s'ennuyer, oui, Police Story est une alchimie parfaite entre film policier noir, comédie de kung-fu et même film de tribunal, l'action est variée, et surtout, malgré l'introduction spectaculaire, monte en puissance, le dernier quart d'heure est d'une intensité, d'une violence, inouïe. Voilà LE film de Jackie Chan à voir et revoir sans concession, on regrette même sa durée (1h36) trop courte. Son scénario si il n'est pas parfait, reste lisible et bien pensé, on ne nous prend pas pour des gros cons non plus. En plus voir le héros au début tout lisse (même lors de ses entrevues avec les journalistes) et presque consensuel (nous sommes une équipe, le plan était parfait), qui devient tout l'opposé dans la seconde partie du film, allant jusqu'à braquer le commissaire après lui avoir gueuler dessus, montre aussi une évolution de celui ci. Un film à posséder. Mon Jackie Chan (acteur comme réalisateur) préféré.

@+

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