Tu ne tueras point

Publié le par Twinsunnien

Le BluRay édition Steelbook.

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Voilà, donc enfin je parle d'un film que je n'ai pu voir au cinéma en 2016 faute de programmation dans ma ville, Tu ne tueras point ou Hacksaw Ridge en VO est réalisé par Mel Gibson, d'ailleurs c'est le premier que je vois réalisé par ses soins, j'ai bien Braveheart à voir mais bon, plus tard. Donc Andrew Garfield joue le rôle de Desmond Doss, objecteur de conscience voulant tout de même s'engager pour son pays à la suite de l'attaque de Pearl Harbor. Son père, ancien soldat de la Grande Guerre, est alcoolique et possède ses bons comme ses mauvais moments. Un jour, alors qu'il se bat avec son frère Hal, Desmond manque de peu de tuer son frère, dès lors quelque chose va changer en lui, refusant au maximum la violence, il avait fixé longtemps le sixième commandement après l'incident avec son frère, tu ne tueras point, d'où le titre français. Niveau VO ce sera plus la bataille finale sur Okinawa qui sert de titre. Mais nous n'y sommes pas encore. Donc, si il est objecteur de conscience, il souhaite tout de même aider son pays à lutter contre Satan (ici les japonais), en étant infirmier. Le problème c'est que pour accéder à la formation avant le départ pour le front, il faut subir un entraînement militaire qui implique de tirer avec une arme, or notre héros refuse tout contact avec une arme, ce qui va provoquer des tensions au sein même de sa compagnie, aussi bien avec ses supérieurs qu'avec ses pairs. Regardons la bande annonce. J'ai vu ce film en VOSTFr pour info.

Vidéo de FilmsActu.

Bon, des films de guerre, ricains qui plus est, on en a vu des tonnes, forcément à la fin le héros va prendre une arme et se la jouer Rambo. Bah non. Ici le film relate l'histoire vraie et incroyable de Desmond Doss, qui n'a plus jamais toucher une arme après avoir manqué de peu de commettre l'irréparable, mais ça vous le verrez dans le film. Pourtant l'image du Rambo y est bien présente, je repense à Smitty sur le champ de bataille, mais je ne vais pas me risquer à trop vous en dire, un spoiler est si vite arrivé.

Le film dépasse allégrement les 2 heures, 140 minutes sur la balance, beau bébé, et si au début Mel Gibson nous envoie sur le champ de bataille, avec une violence inouïe, le tout se calme rapidement pour mieux nous expliquer comment Desmond a pu aller à la guerre. Ainsi nous voyons sa jeunesse en Virginie, le coin des bouseux comme le dira pour rigoler un de ses futur frère d'arme, avec son père alcoolique qui ne se remet pas du fait d'avoir survécu à la première guerre mondiale et qui ne cesse d'aller voir ses compagnons au cimetière. Pétard, j'ai failli ne pas reconnaître Hugo Weaving, impressionnant. Le cast entier est impressionnant soit dit au passage, surtout Andrew Garfield qui ira jusqu'à prendre la façon de parler du vrai Desmond Doss, dont on verra des images de 2003 en toute fin de film. Donc le début du film nous conte la jeunesse du héros et notamment ce moment où il a failli tuer son frère.

Ensuite nous voilà 1 an avant la bataille de Hacksaw Ridge, Desmond aide à nettoyer les vitraux de l'église et un accident se produit, un homme se retrouve coincé sous sa voiture, l'artère fémorale perforée. Desmond fait un garrot sauvant ainsi l'homme. Il rencontrera Dorothy, une belle infirmière (Teresa Palmer), et va chercher à la draguer. Oui, le film est dans un rythme mollasson en cette première heure, surtout que là ça se transforme en histoire d'amour, jolie, mais loin, très loin de la violence des premières images du film. Bizarrement, alors que ça peut vite me gonfler ce genre d'histoire, là je suis resté attentif, sans même esquisser un assoupissement ou une envie de bailler, nope. Surtout qu'arrive le moment de s'engager. Alors qu'auparavant nous avions vu Hal, le frère de Desmond, partir à la guerre sans que son père ne soit d'accord (la scène du repas avec le coup du beau costume est poignante), de plus Dorothy est dépitée que Desmond ne l'aie pas encore demandé en mariage (je crois me souvenir que c'était mal vu dans les années 40 de ne pas être marié ou un truc du genre, bon, je ne suis pas historien).

Et là on va basculer dans les scènes à la FullMetal Jacket de Kubrick, le militaire gueulant sur les soldats, imposant une discipline de fer, mwarf, Vince Vaughn quoi, je revois le mec dans Dodgeball à chaque fois, alors qu'ici il interprète, de façon crédible en plus, le sergent Howell. La première scène au camp offre sa dose d'humour en plus, avec Hollywood qui est quand même sacrément exhibitionniste. On verra même que des tensions se créent entre Desmond et Smitty. Pour le coup je me permets ce petit jeu de mot, nous allons assister au parcours du combattant de Desmond pour partir au front sans être armé. Subissant humiliations de ses supérieurs, maltraitances des autres soldats (allant jusqu'à le tabasser dans son sommeil), même étude psychologique à l'appui, rien n'y fera. Ce qui vaudra au jeune homme de se faire juger, il ne devra son salut qu'à son père et une connaissance importante de ce dernier. Si cette partie est assez violente, on ne se retrouve pas à haïr les supérieurs de Desmond, qui tentent tout pour lui éviter une mort qu'il pense certaine au front. D'ailleurs le sergent Howell et aussi le capitaine Glover feront preuve d'un peu plus de douceur avant le jugement, essayant de lui expliquer pourquoi ils font tout pour le faire craquer. C'est ici que l'on constate toute la détermination de Desmond.

Puis vient le moment de partir au front, sur l'île d'Okinawa. Ah, dernier détail, dans une scène coupée, on comprend un petit peu mieux le déclencheur de passage à tabac de Desmond par ses pairs. Un jeune soldat manquant de faire une attaque cardiaque à la suite d'une punition collective due au fait que Desmond refuse de porter une arme. Les autres scènes coupées ne sont pas ultra importantes mais sympas à voir tout de même. Donc, l'arrivée à Okinawa. Et là, putain, les jeunes soldats fringuant croisent la route de la 96è, repoussée pour la sixième fois de Hacksaw Ridge. Entre les cadavres empilés au dos d'un camion, et les blessés au regard vide. Le regard vide qu'ont aussi les survivants, sales, groggy, vomissant juste avant une nouvelle attaque. Putain ça marque, la rencontre avec les survivants de la 96è qui retournent au combat marque. Tout comme ce qui va suivre.

Après un déluge d'artillerie de la Navy sur le plateau, les soldats américains doivent gravir, escalader plutôt, un pan abrupt montagne. Avant d'arriver sur le champ de bataille. Ce n'est pas 1 heure d'action non stop qui nous attend, mais ça va quand même marquer vos sous vêtements croyez moi. Le premier assaut voit les soldats des 2 camps tomber comme des mouches. Et alors que les américains pensent avoir conquis Hacksaw Ridge, et après une nuit bien tranquille, un autre assaut est donné par les japonais, encore plus violent que ce que nous avons vu précédemment. Il vous sera impossible de respirer tant on se croit sur le champ de bataille. Mel Gibson dira vouloir montrer aux spectateurs la guerre à travers les yeux de Desmond, et bien c'est réussi. Le réalisateur ne nous épargne rien, membres arrachés, ou en lambeaux, gerbes de sang, explosions violentes, cadavres jonchant le sol, ouaip, c'est encore plus violent que le débarquement de Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg (qui m'avait déjà bien marqué), d'un réalisme effrayant. Le pire étant que les soldats fuient, sauf Desmond qui reste sur le champ de bataille, et décide de sauver les blessés que les japonais essayent d'achever. Après le déluge d'action des 2 assauts, on se retrouve en face d'un film plus d'infiltration. Avec cette volonté de sauver tout le monde, chose que notre héros avait déjà montré lors du premier assaut en disant aux autres infirmiers qu'il n'y a pas de cas désespéré, que tout le monde peut être sauvé.

Là on retrouvera une petite touche d'humour avec le nœud "soutif" qui avait valu une réprimande à Desmond lors de sa formation militaire. Mais qui permet à ce dernier de faire descendre la falaise aux blessés. Il y a aussi ce plan presque comique des 2 soldats restés en surveillance au pied de cette falaise, et en arrière plan on voit un blessé descendre lentement avec la corde. Et ça va continuer comme ça tout du long, allant même jusqu'à aider son ennemi, d'abord dans les tunnels, puis en cherchant à sauver tous les blessés, peu importe son camp "il a même sauvé deux japs qui n'ont pas survécus". Enfin bon, le film s'achève avec la scène d'ouverture, et aussi une mise en scène assez biblique je trouve, quand le brancard descend la colline. Enfin c'est pas une colline mais bon. Tout à la fin, on prend dans la gueule les images des vrais personnages, de très courtes images, d'abord avec photos et vidéos d'époque, puis des entrevues plus récentes. On y apprend que Desmond a sauvé 75 vies à Hacksaw Ridge, tout ça sans porter la moindre arme, voilà qui force le respect.

Qu'est ce que vous voulez que je vous dise après ça, si le début est un peu mou, il prend le temps de présenter les personnages, et permet de mieux saisir la personnalité de Desmond, qui a dû lutter contre sa famille, puis l'armée, afin d'aider son pays sans porter la moindre arme. J'aime Smitty ou Howell quand ils disent "je ne me serai jamais autant trompé qu'avec toi". Les personnages ne sont pas haïssables comme ce que l'on pourrait croire, les chefs montrant une part d'humanité, même le père de Desmond arrive à avoir notre empathie par instant. Mel Gibson ne semble jamais juger ses personnages, il nous montre la situation telle qu'elle est. Ce que l'on retient le plus c'est la violence des scènes de combats, ainsi que ce côté brut, cru, rien n'est épargné au (télé)spectateur. Une excellente expérience, brillamment mise en scène et interprétée. Je considère ce film comme étant le meilleur de 2016, passant devant Dernier train pour Busan, c'est dire l'exploit. J'ai tout simplement adoré, un film à avoir.

@+

Publié dans Cinéma

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