Le roi Arthur : La légende d'Excalibur

Publié le par Twinsunnien

Image de www.allocine.fr.

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Voilà le premier film de Guy Ritchie que je vois au cinéma. Pourtant j'aime sa façon de réaliser, Snatch est un bijou à voir, et les Sherlock Holmes ne sont pas si mauvais que cela. Donc en mai 2017 sort une nouvelle interprétation du mythe d'Arthur, roi de Bretagne. Si on connait tous vaguement l'histoire, Camelot, Excalibur, Uther Pendragon, Dame du lac, Merlin, épée dans le rocher, et tutti quanti, ici le réalisateur se permet quelques divagations, ou libertés plutôt avec le mythe bien connu. Ce n'est plus un fermier qui éduquera Arthur, mais une maronne, euh, c'est quoi le nom d'une femme qui gère un bordel? Enfin, le petit Arthur atterri, ou flotte plutôt, jusqu'à des filles de joie habitant Londunium, ville que l'on suppose occupée par Rome il y a peu, vu les constructions en ruine suite à la lutte des bretons contre l'empire romain, on y voit une arène, un aqueduc aussi, mais pas un seul mec en jupette, ce qui nous fait dire que la puissance italienne a été chassée de l'île. Hein? Je vais vite en besogne? Vous voulez voir la bande annonce? D'accord.

Vidéo de Warner Bros. France.

En fait on débute le film par Uther, et sa lutte contre un mage ouf, j'ai plus son nom, mais le mec possède des éléphants qui sont immenses, ainsi le film débute par une bataille de malade mental, non mais la taille des bestiaux. Bon, par contre on va d'entrée voir le gros défaut du film, le retour du cadreur se masturbant. la caméra qui gigote pour rendre l'action dynamique, ça le fait pas. La première scène est affreuse pour cela, après ça se calme, mais par moment on tombe sur des combats filmés avec les pieds, sauf avec certains ralentis, qui calment l'action et sont super propres, pas chiant comme chez Zack Snyder, nope, ici ils sont bienvenus (chez oim), et transpirent la classe.

Mince, je suis parti loin là, donc on voit l'évolution d'Arthur depuis son, euh petit problème de vocabulaire, vu que recueillement ne se dit pas? Si? Depuis son recueillement chez les prostituées, jusqu'à sa majorité. Là on reconnait le style de Guy Ritchie, moi je kiffe, ça va vite, et pourtant on comprend que le personnage se fait un pécule, des amis, aime se battre et apprend en regardant un personnage (que l'on connaîtra sous le nom de Georges ou Kung Fu man) et ses disciples. Son mode opératoire aussi, il n'encaisse jamais l'argent directement, à travers les années et sur une musique aux sonorités celtes mais avec des grosses percussions, on le voit donc évoluer, grandir. Oui, dès le début on sent que la réalisation moderne de Guy Ritchie est là, et le phrasé des personnages, est lui aussi moderne.

C'est plus fort que moi, je dois comparer avec Kaamelott, si la série de Alexandre Astier est plus fidèle au mythe que ce film, les deux possèdent le même genre d'humour décalé. Pourtant ici point de Franck Pitiot pour rendre Perceval étincelant, mais ça fonctionne. Une fois de plus les dialogues sont modernes, et pourtant l'univers est bien médiéval, heroic fantasy même. Putain le passage pour maîtriser Excalibur dans le monde obscure, avec ses monstres effrayants, qui est introduit avec une façon que le réalisateur britannique maîtrise. Je vais avoir du mal à expliquer, mais le mec nous raconte une histoire en jouant avec le temps.

J'explique. Donc en fait le personnage (souvent Arthur) détaille une situation à venir (ça me rappelle Sherlock Holmes), on débute donc sur Arthur entamant son récit, puis on passe à ladite scène (qui aurait lieu dans le futur), toujours avec l'explication du héros, et on passe ainsi entre la scène imaginée, et celle où il explique à ses alliés comment ça va se passer. C'est difficile à expliquer, mais quand on regarde, ça fait bizarre, on est un peu perdu au tout début, puis on pige rapidement, et là c'est excellent. Si vous avez vu le début du premier Sherlock Holmes, vous avez compris je pense. Ce genre de scène arrive à deux reprises il me semble.

Donc, le scénario n'est que peu inspiré de la légende, ce qui décevra les gros fans, je trouve que ça passe sans problème en fait, surtout avec le côté moderne des dialogues. Ce premier film (il y en a plusieurs de prévus), se concentre surtout sur la maîtrise d'Excalibur par Arthur. Le futur roi doit affronter sa peur, ouvrir les yeux sur une chose qu'il a refusé de voir petit, c'est évidemment la mort de son père qu'il se doit de, euh, reconnaître, ou accepter plutôt. Avec cette image du grand méchant, impressionnant, image vidéoludique, rappelant Ganondorf dans The legend of Zelda : Ocarina of time, mais encore plus badass le keum. Les idées issues du jeu vidéo sont très présentes. Le combat final est une arène, où le bien affronte le mal, il ne manque que les barres d'énergie et de coup spécial, une manette, et on se croirait devant un Soul Calibur, mais encore plus puissant.

Je suis contraint de reconnaître que j'ai envie de dire plein de choses, mais je sais que ça révélerait de belles surprises, le coup de la tentative d'assassinat du roi, à la fois drôle et engageant une course folle dans les rues de Londonium, il y a la préparation de cet attentat qui est drôle. Donc notre nouvelle équipe (composée de rebelles au roi et des amis d'Arthur) cherche un archer capable d'être précis à 175 mètres, tout le monde déclare pouvoir atteindre 75 mètres, mais pas 175. Sauf l'ami de Bédivère, Bill graisse d'oie, qui décide de montrer à ses nouveaux compagnons que c'est possible. On voit donc Bâton mouillé et Fesse d'huître porter une cible et se poser la question si ils sont à distance, ne voyant plus leurs amis, ils sont surpris quand une flèche vient atteindre la cible. Les compères râlent, disant que c'est dangereux, et Bill de décocher une seconde flèche, de crainte que tout le monde ne prenne sa première flèche comme un coup de chance, seconde flèche faisant mouche mais effrayant les 2 amis d'Arthur, qui crient, ce que ne manque pas de relever Bill. Expliqué ainsi, ça peut paraître pas terrible, mais c'est efficace dans le film, et ça provoque l'hilarité, du moins chez moi. Et il y a plein de petites touches d'humour comme ça.

Ah, aussi, je vais juste vous raconter une scène du début (quand Arthur est adulte), lorsqu'il doit expliquer le début de sa journée au chef de la garde des euh, culottes noires. Ainsi le héros raconte, mais est contraint de revenir en arrière à plusieurs reprises, et tout ceci s'imbrique aussi bien que le jeu de construction danois, maîtrise narrative et de la réalisation ici, toujours avec ce rythme rapide, soutenu, gardant en haleine le spectateur.

Puis il y a la direction artistique, les décors, la photographie et aussi les costumes, tout est magnifique, cohérent, et pourtant nous sommes bien dans un monde d'heroic fantasy, où la magie est bannie par le nouveau roi, oncle d'Arthur. Je pense à l'instant que j'ai oublié de vous parler de la manière dont le héros retire Excalibur, mais vous verrez bien. Niveau costume, je pense que l'armure de Vortigern est magnifique. Camelot (ou Camelote je ne sais pas comment l'écrire) est impressionnante aussi ou impressionnant, je ne sais pas, avec ce pont rappelant une fois de plus un jeu The legend of Zelda (ici Twilight Princess), décidément. Et les inspirations ne s'arrêtent pas là, vu que l'œuvre de Tolkien est citée à travers les deux tours, humaine et des mages, ou aussi les éléphants du début. Si on atteint jamais la puissance et le côté épique des batailles immenses comme a pu le mettre en image Peter Jackson sur les 2 derniers films du seigneur des anneaux, c'est tout de même assez impressionnant, disons que mise à part la première bataille, Uther contre Mordred, rien d'épique, de démesuré, les autres luttes sont à taille humaine, allez, un peu sur la fin, entre la garde du roi et la rébellion, mais sinon ce sont surtout des petits groupes s'affrontant. Je repense à cette fuite de Londonium après l'attentat et cette caméra style Go Pro filmant les visages des personnages courant, ça aussi ça impressionne.

Que dire aussi de la surpuissance d'Excalibur. Rien. C'est impressionnant. Encore. Oui, on en prend plein la tronche, avec cette bataille qui semble perdue d'avance. Il y a aussi la musique, superbe, Daniel Pemberton modernise une musique d'inspiration celte je pense, mais avec des percussions qui vous transpercent, quelle bonheur. Ce n'est pas tout le temps que je parle de la musique dans mes chroniques de film, mais là elle est marquante. Je compte même me prendre le score en CD, c'est dire comment j'ai aimé.

Je crois bien que je commence à tourner en rond, et je ne voudrai pas vous dégoûter d'aller le voir. Si vous êtes un immense fan de la légende d'Arthur, aïe, ça va coincer, car c'est juste inspiré, on retrouve des personnages, mais le déroulé est complétement nouveau. Si Kaamelott jouait avec la légende tout en la respectant et la modernisant, ici, c'est moderne, mais il n'y a pas cette volonté d'être fidèle, donc les vrais fans n'aimeront pas. Les autres, allez-y, sauf si vous détestez les films de Guy Ritchie (dommage pour vous, mais je reconnais que c'est possible), le seul gros défaut de ce film est les scènes de combats parfois mal filmées, secouant la caméra pour être dynamique, heureusement à partir d'un moment le réalisateur intégrera des ralentis dans les scènes d'action, permettant de rendre le tout plus lisible. La photographie, la bande son, les costumes, les effets spéciaux, tout est excellent, un régal. J'ai absolument adoré, j'espère que le film attirera assez de monde pour avoir des suites. Si en plus vous avez l'habitude des jeux vidéo, vous reconnaitrez quelques codes ou idées issues de ce média. Dernier point, ne vous fiez pas au look de footeux de Charlie Hunnam, si, pour la coupe de cheveu, donc ne vous fiez pas à ce look, il est crédible, dans ce rôle qui au début refuse une telle responsabilité. D'ailleurs le nom du film, débutant par Le roi Arthur, n'est pas totalement vrai, vu que Arthur, je spoil, n'est roi que durant les toutes dernières minutes, peut-être le nom Arthur, ou la légende d'Arthur aurait été un meilleur titre, mais ceci n'est pas grave. Ah oui, c'est un grave spoil, mais le titre vous révèle ceci donc ce n'est pas ma faute. Un film à voir absolument, une belle claque dans ma gueule, les 2 heures passent à une vitesse monstrueuse.

@+

Le ticket.

Le ticket.

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