La planète des singes : L'affrontement

Publié le par Twinsunnien

Le DVD.

Le DVD.

Après avoir vu l'excellente remise à zéro, sans pour autant oublier le film de 1968, mise en scène par Ruppert Wyatt, et qui nous montrait comment les singes sont devenus assez intelligents pour se rebeller contre l'humanité, et comment cette dernière se retrouve au bord de l'extinction. Le film de 2011 était intimiste, jouant sur l'émotion et offrant de l'action dans son final époustouflant. L'action, si elle ne prédomine pas dans cette suite, sera plus marquée ici. Dans les bonus de Origine, nous avons pu voir en scène coupé, Koba apprendre à se servir d'un fusil. Ce sera le cas ici. Matt Reeves, réalisateur du dingue mais avec pleins de bêtises dedans, Cloverfield, va donc mettre en images cet Affrontement. Sur ce point je préfère les titres originaux, Rise of the planet of the Apes pour le premier, et Dawn of the planet of the Apes pour celui ci. le troisième volet qui sort là, se nomme War for the planet of the Apes, je suis un peu con, mais je les trouve plus efficace. Car oui, ici il y a affrontement, avec les prémices d'une guerre, comme le dira si bien César à la fin de ce film, une guerre provoquée par les singes, mais sont-ils les seuls à blâmer ? Car pour le précédent film, le spectateur prenait forcément partie pour les singes, maltraités, enfermés en prison, utilisés comme cobayes, et ceci va ressortir dans le personnage de Koba, impressionnant. Mais recentrons le truc. Après une introduction permettant de lier Origine avec Affrontement (on voit le virus se répandre mondialement), nous faisons un bond au début inconnu, qui s'avérera être de 10 hivers, soit 10 ans, dans le mille Émile. Les singes menés par César (premier singe parlant), ont créé une communauté, avec des règles, et en toute bonne harmonie. Le problème interviendra quand les humains rescapés tomberont sur le territoire des singes, alors qu'il n'y avait plus de contact depuis près de 2 ans si j'ai bien compris à travers le dialogue de Maurice et César. Donc les humains cherchent une source d'énergie, et voient à travers le barrage, le moyen de produire de l'électricité sans avoir besoin de faire appel au carburant qui s'épuise. Barrage situé sur le territoire des singes. Dès lors un face à face va avoir lieu, chacun luttant pour son camp, mais mon intro est un poil longue donc bande annonce.

Vidéo de FilmsActu.

Tout comme le film de 2011, je l'ai vu en VOSTFr, voilà. Oui on s'en moque mais bon, j'appréhende un peu de voir Suprématie en VF.... donc, euh, ah oui, le scénario. Dans un monde apocalyptique, où la végétation a repris le dessus (on voit des images de The last of us à travers ce San Francisco envahit par la nature), une colonie humaine tente de survivre, et de prendre contact avec d'autres éventuels survivants. Bon, nous allons suivre de façon classique une famille recomposée, avec Malcolm et son fils bidule, et sa nouvelle meuf Ellie (de comme par hasard comme la Ellie du jeu de Naughty dogs), il y a Dreyfus, qui essaye d'assoir son autorité sur la colonie, mais contrairement à César, on constatera que ce n'est pas facile, ces humains sont si cons et indisciplinés (voir la scène du mégaphone, alors que César n'a pas besoin d'artifices pour être entendu). Je tiens à préciser qu'au point de vue du scénario, je suis un peu déçu, tout y est trop prévisible, le méchant humain, le méchant Koba. Le pire étant que l'on arrive à ressentir de l'empathie pour Koba tant qu'il reste sous le giron de César, mais il est vrai que ce dernier est un peu trop aveuglé par son amour pour les humains, et qu'il lâchera du lest, en se contredisant presque, car il perçoit en Malcolm la gentillesse de son père d'adoption, le basketteur Dennis Rodman...merde non, le professeur Will Rodman, voilà, c'est la boulette. Revenons à Koba, j'estime que même quand il désobéit à son chef, il a raison, il prouve que les humains veulent exterminer les singes (en se préparant lourdement pour le conflit), et le voir faire le chimpanzé tout mignon (alors qu'il a des cicatrices de partout et qu'il est badass en temps normal), offre un différentiel le rendant attachant, même quand après avoir fait le chimpanzé rigolo il bute deux hommes, surprenant pour le coup. Ce qu'on n'arrive pas à comprendre c'est ce qu'il accomplit par la suite, c'est à travers son plan à la con que le téléspectateur que je suis a complétement abandonné l'idée que Koba avait raison de détester les humains, et qu'au final il ne vaut pas mieux. En gros quand César déclare à la fin du film que les singes ont débuté la guerre, il veut surtout dire Koba.

Après ce que je n'aime pas trop, ce sont les coïncidences, genre la meuf de César se chope une pneumonie, ou un truc du genre, et de comme par hasard quand Malcolm a besoin de prouver que César peut lui faire confiance après le pétage de plomb d'un de ses hommes, bim, la carte Ellie est médecin et a des antibiotiques, parfait, trop parfait. Non, la perfection aurait été qu'elle soit véto, là ça m'aurait encore plus fait péter un câble, mais bon. Il y a aussi quand Malcolm fait péter le bouchon du barrage sans se soucier du fait qu'il va peut-être y passer, quel con. Ou alors à la fin quand la tour est censée s'écrouler (Dreyfus pète un gros câble pour le coup) et que Malcolm s'en sort. Le truc typiquement américain et un peu énervant car prévisible. Et en règle générale le scénario manque cruellement de surprise, il en subsiste quelques unes, mais le film est décevant sur ce point.

Niveau acteurs et réalisation, je dirai qu'une fois de plus, même sous une tonne d'effets CGI, Andy Serkis crève l'écran. Les singes en général crèvent l'écran, Koba aussi, que dire de Maurice aussi, ou même de yeux bleus, le fils aîné de César, avec la scène de l'ours qui envoie du bois dès le début. Il y a aussi de belles idées de mise en scène, le coup du plan séquence de la tourelle, impressionnant. Tout comme le combat final en haut de la tour. Quand les singes, allez je spoile un peu, sous le commandement de Koba, attaquent la colonie, c'est une scène de guerre, on y perçoit toute l'horreur du conflit, et putain sa mémé, Koba pue la classe quand on le voit à cheval avec le mur de flamme derrière lui, je repense à Ganondorf dans The legend of Zelda : Ocarina of time ou Sephiroth dans Final Fantasy VII, l'image est iconique, magnifique, et vous fera mouiller le slip, la culotte, le boxer ou rien du tout.... je m'égare. Par contre, toujours dans cette scène, voir Koba avec deux mitraillettes en mode Rambo est un peu ridicule, mais ça passe, un brin de rigolade dans cette scène très violente.

Ainsi la partie du film où les singes prennent le pouvoir et traquent les humains fait penser à la seconde guerre mondiale quand l'autre gros connard traquait les juifs, avec les humains enfermés dans des cages. Ici point de chambre à gaz heureusement, mais ça fait penser à ces heures sombres de l'humanité. Niveau scène choquante, paradoxalement, ce ne sera pas l'assaut des singes ou la déportation des humains, je trouve que la scène la plus choquante a lieu entre Koba et Ash. Je ne la révèle pas, mais ouch, il faut l'encaisser et je reconnais que c'est une des rares fois où le film est arrivé à me surprendre.

Je vais tâcher de faire court, mais ce film joue tout autant sur l'émotion que le premier, en ajoutant une dose d'action pas trop dégueulasse je trouve. Et si au début on prend à nouveau le parti des singes, on se retrouve à changer de camp comme un collabo sous Vichy, oui, ma comparaison est horrible, mais en ayant d'un coup peur pour les humains j'ai eu l'impression d'être un bel enculé. Si César essaie par tous les moyens de garder la paix, Koba possède trop de rancœur pour laisser pisser, et si il aura raison au début, la méthode par laquelle il mènera les singes au combat est dégueulasse je trouve. Le film est plus long que le premier (2 heures contre 1h40), mais offre plus d'action. Les effets spéciaux, aussi bien normaux ou qu'entre les interactions Humains Singes, sont impressionnant, je le redis encore et encore, mais oui, Andy Serkis arrive à faire passer une forte émotion à travers César, par ses expressions, son comportement et son regard, un gros plan sur ce regard termine le film de façon impressionnante. La vache, je dis beaucoup "impressionnant" moi. Si le film me paraît moins bon que Origine, il n'en reste pas moins très bon, prenant, quoique trop prévisible dans ses grandes lignes. Un film à voir, si possible après Origine, les clins d'œil étant trop parlants pour les louper (le signe que fait Yeux Bleus sur le bus, la vidéo avec Will et César). Un film à voir donc, que j'ai adoré, moins que le premier mais adoré quand même. Normalement on se dit à tout à l'heure pour Suprématie, si je ne déconne pas. La biz.

@+

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