Les figures de l'ombre

Publié le par Twinsunnien

Image de www.allocine.fr.

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Petit programme exceptionnel en ce dimanche, parce que je me retrouve avec trop de films à faire, et que j'ai déjà le programme du mercredi chargé, voilà donc le film Wuaki.tv, avec mon code me permettant de le voir à 1 centime d'euro, oui en SD, mais ça suffit je trouve. Et donc j'ai choisi sans hésitation (vaccination) Les figures de l'ombre, un film dont j'ai vu la bande annonce dans mon cinéma, sans pour autant le voir en salle obscure, l'ai-je loupé ou ne fût-il pas diffusé chez moi ? Je ne sais pas, mais voici une séance de rattrapage donc. Nouveauté assez récente sur la plateforme de VOD, la VOSTFr n'est pas parfaite, les sous titres apparaissant 1 ou 2 secondes avant le dialogue, j'avais eu un soucis similaire avec Le fondateur, donc ça reste à parfaire, ceci dit je n'ai pas lâché, et j'ai réussi à comprendre tout, mieux, ça me poussait à tendre l'oreille pour savoir quand le dialogue passait, et même si je n'ai pas tout entendu, j'en ai compris une bonne partie, bien content. Oui, c'était un passage inutile dans cette chronique, mais comme ça, ça fait une grosse introduction, passons à la bande annonce. Ah, fait exceptionnel, le film cité est prévu pour le 16 août 2017, du coup temporellement ça fout un merdier monstrueux, veuillez m'en excuser.

Vidéo de FilmsActu.

Nous sommes en 1961, être noir est mal vu aux USA, et pourtant 3 femmes (!!!) noires (!!!!!!!), par leur intelligence, vont permettre à la patrie de l'oncle Sam de combler son retard auprès des cocos de ruskoffs. Chronique sous le signe du racisme oui, il faut savoir qu'aux États-Unis, au début des années 60, il y a cette crise raciale qui mine le pays. Et je ne parle même pas des conditions des femmes, plus bonnes à utiliser un four qu'autre chose, du moins c'est ce que pense l'américain à cette époque (on sait tous qu'elles savent aussi faire le ménage et éduquer les enfants..... et plus évidemment.... C'était juste pour rigoler, même si ce n'est pas drôle, excusez-moi mesdemoiselles et mesdames). Du coup nous allons suivre 3 figures, 3 têtes, importantes de la NASA, reléguées au quartier Ouest, entre gens de couleurs, ce sont tout d'abord des Computer (Colored Computer pour être plus précis, comme si il y avait une différence!), ou calculatrices. Il faut aussi savoir qu'à l'époque l'informatique n'est pas micro, le futur ordinateur IBM que doit recevoir la NASA nécessite une grande pièce, tellement grande que la porte est trop petite et qu'il faut péter le mur pour faire rentrer le précieux cerveau électronique dans sa salle.

Donc nous allons suivre Katherine Johnson (Taraji P. Henson), Dorothy Vaughn (Octavia Spencer) et Mary Jackson (Janelle Monáe) dans leur lutte pour s'imposer, pour prouver qu'une femme (noire qui plus est) peu être aussi intelligente, voire plus, que les hommes. Le film de Theodore Melfi est une adaptation d'un livre de Margot Lee Sheterly, lui-même inspiré de faits réels, et ceci surprend. Déjà, pour la ségrégation raciale, si les 3 femmes le prennent presque à l'humour (sauf Mary qui est plus nerveuse sur le sujet), je crois que c'est la première fois que je constate qu'il y a des fontaines pour gens de couleurs, le coup du bus et des toilettes ça j'avais vu, mais la fontaine non. Ce qu'il faut savoir (non parce que je ne vais pas vous résumer le film) c'est que la lutte raciale est légèrement abordée, à travers un discours de Martin Luther King à la télé, ou une manifestation dans la rue, ça ne dure pas longtemps, mais nous montre la tension de l'époque. Il en va de même pour le féminisme, un peu abordé, subtilement je dirais, même si il est un peu plus présent que le racisme dont sont victimes les femmes.

Ah, pour être complet niveau cast, nous retrouvons Kevin Costner en responsable du programme spatial, il est aussi l'acteur d'une scène marquante que l'on voit dans la bande annonce, le coup des toilettes pour gens de couleurs, et cette phrase "Ici on pisse tous de la même couleur". Les sales geeks auront aussi reconnu Sheldon de The big bang theory, Jim Parsons y joue le rôle du responsable des calculs qui en fera un peu baver à Kate, ne cessant de la réduire à son statut de "calculatrice", ces scènes où il arrache la première page d'un rapport "Une calculatrice ne signe pas!", et enfin Kirsten Dunst, au début je me suis dit "C'est marrant, elle ressemble vachement à Kirsten Dunst, mais vieille", puis le générique de fin a bien confirmé ce que je pensais. Elle y joue le rôle d'une responsable des femmes blanches qui travaillent pour la NASA, si elle a une sorte de racisme latent, à la fin elle changera d'avis, voyant en Dorothy une femme forte, dont l'abnégation permettra aux femmes de s'émanciper.

Le film dure 2h07, et pourtant ça passe hyper vite. Nous sommes dans un brillant mélange entre comédie, romance, lutte raciale, lutte féministe, course à l'espace, enfin bon, il y a plein de chose ici. C'est dans un contexte tendu, qu'à leur manière, ces 3 femmes vont lutter contre le racisme et ce machisme latent. Kate va devoir s'imposer dans un monde d'homme, heureusement elle aura en Al Harrison un homme compréhensif et qui se moque du sexe ou de la couleur de peau, du moment qu'il y a un résultat. Le coup des toilettes est le plus marquant, et son explosion devant tout le monde, n'en pouvant plus d'avoir une cafetière à part, de devoir courir à l'autre bâtiment (situé à 1 kilomètre) pour faire pipi, de ne même pas pouvoir se servir d'un vélo, c'est son coup de gueule qui va provoquer la scène du panneau des toilettes de couleurs. En même temps, alors qu'elle élève seule ses trois enfants (avec sa maman, sachant que Kate est veuve), elle retrouvera l'amour. Pour Dorothy c'est l'ascension sociale qui lui est refusée, elle s'occupe du groupe des Colored Computer, mais personne ne veut lui donner le titre de responsable, une noire avec des responsabilité, impossible à penser, elle sentira le vent tourner en voyant l'IBM, allant jusqu'à voler un livre interdit aux noirs à la bibliothèque pourtant dites publique. La scène hilarante quand elle fait la morale à ses enfants, comme quoi il faut rester dans le rang, ne pas faire de vague (nous avons vu une manifestation contre la ségrégation juste avant) et qu'elle sort le livre qu'elle vient de voler, et de la voir se justifier avec aplomb devant ses enfants, hilarant. Dorothy aura comme lien Vivian Mitchell, au début froid, puis respectueux à la fin. Enfin, Mary se battra à sa façon, elle est envoyée chez les ingénieurs du bouclier de la nacelle chargée de ramener l'astronaute de son voyage spatial. Quand son supérieur lui demandera si elle veut être ingénieur et qu'elle dit "Je ne crois pas en l'impossible", la réponse est dans la bande annonce, ce qui va motiver la jeune femme à intégrer les cours du soir d'une université interdite aux noirs (et même aux femmes quand on voit la classe). Elle luttera donc à sa manière pour obtenir ce droit, je repense à la guichetière quand elle va poser son dossier de demande, qui lui précise bien que les gens de couleur se placent au fond.

Et tout ceci donc, lutte féministe et raciale, n'est qu'une petite partie en fait, c'est surtout la lutte spatiale contre les russes qui prédomine, et on se retrouve dans un film historique classique, même si il n'y a pas beaucoup d'image concernant le programme spatial, on en voit assez pour être happé par cette histoire, d'autant plus trouante (mot nouveau je sais) qu'elle est réelle, et les petites phrases finales sont là pour nous le rappeler, avec, comme d'habitude, les "Que sont-elles devenues ?" et les photos comparatives.

Oui, dans mon introduction j'ai dit que le film abordait rapidement les luttes raciales et féministes, or je me rends compte que si, ils abordent ces sujets, mais de façon parfaitement intégré au récit, ce n'est pas une lutte violente, c'est ce que je voulais dire dans mon introduction, je pense m'être mal exprimé. Ce film est juste excellent, un bijou d'humour et de réalisation, même si je regrette un peu l'absence de tension sur le retour de Friendship 7 à la fin, la faute aux sous titres s'affichant 1 ou 2 seconde(s) avant je pense. La force de ce film est de mélanger beaucoup de choses sans jamais perdre le téléspectateur, pire, les personnages sont ultra attachants, ainsi on se surprend à soutenir Kate dans son coup de gueule, Dorothy dans sa volonté d'ascension sociale ou Mary dans ses études. Il n'y a juste rien à redire sur ce film, à voir. Mieux, tout le monde appréciera (sauf les merdes de racistes, mais on s'en passe), la romance, la conquête spatiale, la lutte féministe ou/et raciale, le tout parfaitement équilibré dans son écriture. J'ai adoré, à voir absolument, même pour 4€ en VOD, ce film le mérite.

@+

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