Baby Driver

Publié le par Twinsunnien

Image de www.allocine.fr

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Voilà un film que j'attendais impatiemment, j'avais même peur de le louper pour tout vous dire, c'est donc avec une forte attente que je me suis rendu au cinéma, il faut dire que la bande annonce laisse présager d'un film foufou sur des braqueurs de banque avec un pilote très jeune et pourtant hors norme. Oui, parfois les bandes annonce ne sont là que pour que le spectateur se bouge le cul et aille voir ce film et pas un autre. Pourquoi je dis parfois ? Je suis bête, en fait c'est le but d'une bande annonce. Le film est sorti fin juillet, et le réalisateur Edgar Wright est responsable de pépites comme Shaun of the dead ou Scott Pilgrim vs. the world, ce qui, combiné à la très bonne bande annonce, fait envie. Nous allons passer à la fameuse bande annonce donc, en sachant que niveau cast, il y a quand même Kevin Spacey et Jamie Foxx (grand frère de Megan Fox, ou non).

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La scène introductive est juste la plus jouissive du film, donc un conseil, savourez la. Ce sont les images que l'on voit avec l'Impreza rouge. Avec notamment Shane de le série The walking dead, oui, quand je vois Jon Bernthal je me dis "c'est Shane", la facilité, mais bon, on ne le voit que dans l'introduction. Et c'est parti pour une chorégraphie assez folle, avec un personnage de Baby très jeune, et ne lâchant pas son iPod (étonnant pour une distribution Sony), on découvrira plus tard les causes faisant de lui un chauffeur de braqueurs, ainsi que l'explication de l'importance de la musique dans sa vie. Mais en attendant, il faut échapper à la police, et déjà un point me fait tiquer, les gens trouveront ça génial, mais la façon d'échapper aux flics, avec le coup des trois caisses de la même couleur et ayant un toit ouvrant, euh, vous voulez pas mettre trois Impreza rouge tant qu'à y être ? Non parce que c'est abusé, et si j'apprécie le cinéma de Michael Bay pour ses abus, j'attends plus d'intelligence de la part d'Edgar Wright. Et ceci ne sera pas le seul point noir d'un film qui fût décevant pour moi.

Donc on apprend le passé de Baby, l'accident de voiture, le fait qu'il a volé la mauvaise caisse à un moment, et qu'il se retrouve à devoir rembourser Doc, un malfaiteur, limite politicien, qui possède plein de contact partout, sorte de cerveau de tous les braquages. Et en vérité, la première partie du film fonctionne bien, bon, difficile de s'attacher à un gamin peu loquace, qui est trop gentil pour être malfaiteur, mais ça passe grâce aux personnages secondaires, Buddy, Griff, Darling, ou même le tuteur de Baby. Ce dernier est sourd, et ressent les vibration des chansons en touchant les hauts parleurs, Baby s'occupe de lui, tout en promettant que son travail de malfrat est bientôt fini.

Le problème intervient quand l'amour arrive. Debora est serveuse dans un restaurant pourri, elle ne rêve que de filer à travers les USA au bord d'une décapotable qu'elle ne peut pas s'offrir. Le jeu de séduction, avec un Baby ignorant comment s'y prendre, est sympa au début, même la sorte de chorégraphie où les personnages sont unis par les écouteurs, dans un lav-o-matic, ça fonctionne. Mais ça devient lourd dès lors qu'ils sortent réellement ensemble, on devine la suite sans problème. En quand Baby, croyant sa dette acquittée, doit refaire un coup, il veut fuir avec sa belle. Ah, j'ai oublié le passage de la création musicale, qui sera moqué à la fin, passage ridicule, mais bon.

Puis intervient aussi le personnage de Jamie Foxx, Bats, qui joue le cinglé de service, en ayant des tenues improbables, je trouve que ce personnage n'est jamais inquiétant, même trop cliché, en fait il est taré, certes il bute des gens sans s'en foutre, il a ce toc de dire "cet argent est à nous" avant chaque braquage, comme pour justifier son geste. Et tout ceci nous emmène à la dernière partie du film, la plus décevante. Car jusque là ça pouvait passer, l'omniprésence de la musique, à travers une playlist moins classe qu'un Tarantino, parfois ridicule même, mais qui passe encore, non, c'est dans son dernier acte que le scénario, et le film, se pète la gueule. Déjà Doc, qui ne fait jamais appel à la même équipe deux fois de suite (sauf Baby), ré-engage Bats. Oki. Et quand ce dernier perçoit l'enculade avec les armes, on croit que Doc a voulu doubler tout le monde en les envoyant en taule, mais non, pardon, je spoile, et Doc sera absolument ridicule sur la fin, le coup du "moi aussi j'ai été amoureux" m'a scié. Je comprends ce qu'on ressentit les abrutis disant que le "Martha" de Batman v. Superman est à chier. C'est cet effet que j'ai eu là, putain, et ce qui suivra sera pire, alors qu'on croyait Bats comme le grand méchant, bah non, on se retrouve avec un combat final d'une débilité à chier, où le vrai méchant (si j'ose dire) parle trop et n'agit pas. De plus, comme je ne suis pas arrivé à aimer Baby, bah en fait je m'en foutais de son sort, c'est triste, mais je trouve le personnage trop parfait, et c'est énervant.

Si au niveau du scénario c'est par moment prévisible, avec une fin mauvaise selon moi, niveau technique rien à redire, c'est réalisé aux petits oignons, les chorégraphies sont impressionnantes, aussi bien en voiture qu'à pieds. Pour tout vous dire, il y a un moment où Baby s'enfuit en courant, et bien c'est cette scène d'action que j'ai préféré de tout le film, par contre je suis bien incapable d'argumenter du pourquoi. C'est propre, bien léché, et que dire de ces sons qui intensifient la musique, les coups de feu prenant le rythme de la musique, encore plus flagrant quand celle ci s'arrête. Ah, dernier point qui m'a bien chiffonné, le coup des vieilles technologies, ainsi Baby s'amuse avec des cassettes magnétiques, vous savez, les cassettes que l'on introduisait dans nos baladeurs pas numériques (je peux dire Walkman vu que c'est Sony qui distribue le film), et genre de comme par hasard, une fois de plus, les véhicules volés possèdent tous ce genre d'autoradio. Bon, si ce n'est pas situé temporellement, et même si le dernier véhicule est un vieux 4x4, j'ai trouvé ça bizarre.

Ce film n'est pas mauvais, oh que non, seulement je m'attendais à moins de scènes molles et plus d'action. De plus, et c'est là le pire, c'est un mélange entre un Drive du pauvre, où Edgar Wright se prend pour un mini Tarantino, avec omniprésence de la musique, sauf que le britannique a des goûts moins prestigieux et classes que son homologue américain. Par contre, l'avantage, c'est qu'il est moins bavard, c'est toujours ça de gagné. Mais en contrepartie, à l'instar du réalisateur de Pulp Fiction, Wright étale sa cinéphilie, mais pas jusque sur les bords comme aime bien le tuteur de Baby (avec ses tartines au beurre de cacahuète), non, ici ça déborde. Résultat, les fans ou étudiants en cinéma se gausseront de telle ou telle référence, mais le simple spectateur mortel ne percevra pas la moitié des easter eggs ou référence. On sent que tel plan est emprunté à quelqu'un, tel autre plan à quelqu'un d'autre, et au final, trop de clin d'œil fait mal aux yeux et provoque une nausée assez désagréable. Si dans Hot Fuzz les références étaient présentes, mais peu nombreuses, dans Baby Driver c'est un gros foutoir où le réalisateur donne tout, donne trop. Donc la combinaison "je prends le scénario de Drive mais le rend plus mignon", tout en faisant comme le grand Tarantino au niveau de la musique et la cinéphilie, plus un personnage principal dont on se branle royalement (pardon, mais je n'arrive pas à m'attacher à lui), sans compter Debora, j'aurai à redire sur elle, mais risquerai de me faire insulter par les fans du film, plus un dernier acte loupé, frôlant le ridicule (j'arriverai à me remettre du "moi aussi j'ai été amoureux" un jour), tout ceci donne un film qui m'a déçu. Je dis ça en sachant que le film est bon, seulement il n'est pas au niveau des précédents films du britannique (je n'ai pas encore vu Le dernier pub avant la fin du monde). Par contre il y a de bonnes idées, comme les coups de feu faisant le rythme de la chanson, les cascades auto, ou la course à pieds (qui reste la meilleure scène du film pour moi). Si vous n'êtes pas fan de Wright, allez le voir, vous passerez 1h50 sympa, les fans par contre, vous risquez d'être déçu, encore plus si vous avez vu Drive et que vous connaissez le cinéma de Quentin Tarantino. J'ai moyennement aimé.

@+

Le ticket.

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