Cultivons la curiosité
Conclusion de la trilogie adaptant le manga de URASAWA Naoki, "20th Century Boys : Chapitre Final - Reprenons notre symbole", au delà de son titre à rallonge, sera aussi le plus long de la saga. 2h30, mais avec un résumé mal intégré au début, sauf si c'est un ajout de la version DVD, d'environ 10 minutes. Ceci permet de se rafraîchir la mémoire. Et ça condense même plutôt bien les 2 premiers films. Contrairement à ce qui fût dit hier, le délai de sortie des films n'est pas d'une année entre chaque chapitre, ceci est le cas pour la France, mais au Japon, seulement 7 mois séparent le film 2 de celui que nous voyons aujourd'hui. Ceci ne m'empêche pas de dire que c'est toujours mieux que seulement 6 mois, et évidemment plus agréable que 4 années.
Depuis le début de ce mois spécial trilogie cinématographique sur Ashou, nous parlons de 20th Century Boys. Sans jamais indiquer que l'œuvre tire son titre d'une chanson du groupe T-Rex, "20th Century Boy" de 1973. Elle sera pourtant jouée lors de tous les films. Et trouvera aussi son importance relative dans ce dernier chapitre. Elle introduit même la trilogie, avec un Kenji lycéen qui pirate la radio de l'école pour la passer. Cette scène introductive anodine, aura toute son importance lors de l'épilogue du film du jour, et donc de cette saga.
Les réponses seront données, parfois de façon alambiquée, mais promis, tout nous sera révélé. Plus d'action, plus d'explosion, plus d'effets spéciaux, plus de figurantes et figurants, plus de personnages. Bref, cette conclusion est plus qu'ambitieuse. Il faut avouer que pour en fonction qu'il s'agit du projet cinématographique japonais le plus couteux à sa sortie, nous n'avions pas vu les milliards de yens à l'écran. Pas encore. Car ici ils seront visibles. Et tout ceci en restant dans les scènes choquantes, violentes, émouvantes, du manga. Bref, regardez donc cette bande annonce en version originale. Propre, car sans grosses révélations, sachant que le film fut vu ainsi, mais sous titré en français, via le coffret trilogie DVD de Kazé (photo en fin de chronqiue).
Vidéo de CARLOS APOLO - TRAILERS GEEK
Après avoir passé la majorité du récit en 2015 lors du film précédent, les scénaristes FUKUDA Yasushi, URASAWA Naoki, WATANABE Yûsuke et NAGASAKI Takashi nous mènent vers 2017, ou l'an 3 après Tomodachi. Alors, je vais essayer de vous résumer rapidement l'histoire à ce stade. En 1969, une bande d'ami·e·s créée un cahier des prédictions. Une organisation de méchants va répandre un virus mortel à travers le monde, détruire Tokyo avec un robot géant, l'attaque de la Diète et d'un aéroport. Heureusement, 9 héros et héroïne se dresseront contre cette organisation.
Ce qui n'était pas prévu, c'est qu'un camarade dont on ignore encore l'identité, jalouse cette bande de potes. Et il décide de mettre en œuvre ce plan. Le cahier des prédictions se réalise à partir de 1997, et trouve son apogée le 31 décembre 2000, ou Nouvel An Sanglant. La fameuse attaque du robot géant. Stoppée par Kenji (KARASAWA Toshiaki) au prix de sa vie. C'est ainsi que s'achevait le premier film, le deuxième relatant la prise de pouvoir de Tomodachi, qui a mis à ses pieds le Japon. Son but est d'éradiquer l'Humanité, on ignore pourquoi. Petit, Tomodachi avait créé un nouveau cahier des prédictions, dont le climax, le sommet, sera l'élévation au rang de Divinité de Tomodachi. Ce n'est plus le Japon qui est à ses pieds, mais le monde.
Tomodachi a ce côté machiavélique qui fait qu'il arrive à faire accuser Kenji et ses ami·e·s de toutes les horreurs qu'il commet. Le deuxième film se concentre sur Kanna (TAIRA Airi), qui survit en 2015, et amorce un début de rébellion. On y découvrira Chôno (FUJIKI Naohito), un jeune policier pas très doué qui commencera à se poser des questions. Otcho (TOYOKAWA Etsushi) aussi sera de la partie. Enfin bon, le plus important à retenir est que Tomodachi s'empare du monde en passant pour une Divinité, et qu'il va pouvoir éradiquer tout le monde en 2017.
Ainsi, ce troisième film se concentre sur l'an 3 après Tomodachi. Nous y verrons Kiriko (KUROKI Hitomi) qui cherche un vaccin et se sent coupable. Vous comprendrez pourquoi. On reste aussi sur le fait que le plus important semble être de trouver l'identité de Tomodachi. Comme si ça pouvait résoudre tous les problèmes. Alors, je vais tâcher de ne pas trop en dire. En tout cas, vous le devinez si vous avez vu la scène post générique du film précédent, Kenji est vivant. Des indices permettront à Otcho puis Kanna d'en avoir la certitude. Une radio pirate passe parfois la chanson de notre héros, celle-ci servira de ralliement de la rébellion. Mais j’en dis un peu trop.
Le nouveau plan de Tomodachi, qui suit toujours le nouveau cahier des prédictions, est l'invasion extraterrestre, qui va répandre un virus encore plus virulent et mortel. En 2015, 2 milliards d'Êtres Humains ont péri à cause de Tomodachi et son virus. Pendant que ce dernier mettait le monde à ses pieds à travers une résurrection pipée du début à la fin. Un Manjôme (ISHIBASHI Renji) vieux et fatigué dira tout à Kenji. Les tours de passe-passe, le fait qu'il connaît Tomodachi depuis 1969. Enfin bon. Un évènement reviendra en mémoire de Kenji d'ailleurs, le déclencheur.
Je vous laisse découvrir ce qui a créé Tomodachi. Vous verrez que l'on peut croire à une farce tellement c'est futile. Cette fin, qui est à peu près similaire à celle du manga, est bizarre. Si on n'y regarde pas mieux, on se dit : "Tout ça à cause de ça ???". Mais en y regardant mieux, on peut y voir le battement d'aile du papillon. Un évènement puéril, stupide, va provoquer des énormes catastrophes plus tard. D'où l'importance de ne pas voler, ne pas mentir, et surtout, surtout, prêter attention aux autres. Le coup du "il est mort, mais en fait non, il n'est pas mort, c'est juste une mort sociale" est assez complexe à appréhender et à comprendre j'avoue.
On y voit aussi le harcèlement que peuvent subir les enfants. Entre eux en plus. Si tu es un peu hors norme, on te considère comme bizarre, comme un rebus. Ces traumatismes d'enfance peuvent ressurgir plus tard et, en quelque sorte, créé un des plus grand méchant de l'histoire de l'Humanité. Le fait ne pas aider telle personne lors de son enfance, peut avoir de grave répercussion après. Ceci aura créé une haine de l'Humanité auprès de Tomodachi, dont l'identité sera révélée. Et encore, là aussi on se joue des spectatrices et spectateurs. On te donne un nom, mais en fait non, c'est pas ce nom, parce que ci, parce que ça.
La fin est inutilement alambiquée, et il faut garder son attention aux aguets, ce qui ne veut rien dire désolé, il faut rester attentive et attentif pour ne pas être largué·e. Comme prévu, on nous sort un lapin d'un chapeau, ce qui fait qu'il était quasiment impossible de savoir qui était Tomodachi. Le pire étant ce jeu de dupe, dont Sadakiyo (SANTAMARIA Yusuke) du film précédent est un parfait exemple.
Je pourrai vous parler de l'aspect totalitaire du règne de Tomodachi, le fait qu'il asservisse la population de façon non violente, en lui montrant de façon fallacieuse un monde chaotique. On pourrait faire le rapprochement, en 2025, avec notre société actuelle, et la montée des extrêmes droites un peu partout. Tomodachi créé le terrorisme, mais accuse d'autres personnes pour mieux appuyer son pouvoir. Le fait qu'il dise que les personnes ne croyant pas en lui périront, sans indiquer qui précisément, lui confère aussi un statut Divin. On peut même y voir une critique de la religion, et ce, malgré la présence d'un prêtre dans la rébellion.
Effectivement, j'ai omis tellement de choses, que j'ai un peu honte. Car c'est plus qu'une prédiction d'enfant, montrant des robots géants notamment, qui se réalise sous nos yeux. Le harcèlement (pas forcément scolaire), la méchanceté de certains enfants entre eux, le fait de devoir rester une équipe soudée, font partie des thèmes abordés dans cette trilogie. Il y aussi cet aspect retour du son rock des années 70, un son un peu rebelle comparé aux chanteurs traditionnels. Namio Haru (FURATA Arata) est le parfait exemple de cette dualité, vous comprendrez en voyant les films (il arrive vers la fin du deuxième).
Ce film est, je pense, le mieux maîtrisé en terme de rythme. Il nous offre toujours des fusillades bizarres, où l'on voit les balles laisser une trainée derrières elles, mais ça passe. Le festival final est magique, plus long que dans le manga il me semble. Après, il y a cet épilogue. Arrivant après le générique de fin, il est délicat à appréhender. On y voit la raison qui a créé Tomodachi, mais pire, le fait que tout le monde se connaissait. La toute fin, on ignore si c'est vrai ou si c'est le côté virtuel. On sait que pour le vol réparé, c'est faux, c'est ce qui aurait dû être fait. Mais le coup de tomber le masque et d'être amis, ça reste une énigme. Est-ce arrivé lors des années Lycée de Kenji ou non ? Moi je pense que c'est arrivé, le héros perdant fréquemment la mémoire.
Ce film, et par extension la trilogie qu'il conclue, s'avère très bon. Ce n'est pas excellent, la faute à un défaut de montage et de rythme lors du premier film, mais le reste est prenant. Les personnages restent attachants. On regrette la mise en retrait de Yukiji (TOKIWA Takako) et Kyoko (KINAMI Haruka), qui fait que l'aspect féminin se contente d'une très grande Kanna. Sinon, le reste passe très bien. J'avoue que le récit va parfois un poil trop vite, puis trop lentement. Mais il offre sa dose de réflexion, d'émotion, et même de scènes spectaculaires. Ce troisième film est le meilleur, mais il est difficile à appréhender si on n'a pas vu les précédents. Malgré un résumé de 10 minutes qui condense correctement le tout. J'ai apprécié cette trilogie et je vous la conseille, même si vous ne connaissez pas le manga.
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