Cultivons la curiosité
Ce ne doit pas être la première fois que je vous raconte ça, mais j'ai toujours eu un rapport délicat avec l'univers d'Astérix. Une sorte de fascination car c'est une des premières bande dessinée que j'ai lue. Mais en vérité, il m'était impossible de parfaitement apprécier les histoires de ces irréductibles Gaulois, car je déteste le personnage principal. Je m'identifiais plus comme Obélix, avec sa bonhommie, mais qui voyait son ami Astérix, un petit nerveux à moustache, gesticuler et s'énerver tout le temps.
En plus les prises de becs entre les 2 amis me gênaient. Oui, c'est le côté râleur du Gaulois qui ressortait, oui, c'est rigolo... mais à chaque album on y avait droit. Comme pour nous enfoncer dans le crâne que bon, c'est normal de s'engueuler du moment que l'on redevient ami après. Hors, je déteste quand ça gueule. Même dans la vie. Dès que quelqu'un s'énerve et gueule, même si ce n'est pas contre moi, je déteste ça. Bon, vous allez me dire, personne n'aime ça. Ce qui est faux, car certaines personnes adorent gueuler sur les autres, iels font ça tout le temps.
Passons cette crainte de ma part, tout ça pour vous dire que je n'aimais pas Astérix, et encore moins quand l'amitié s'effritait entre les 2 copains Gaulois. Ceci me gâchait mes lectures, et comme c'était les seules BD auxquelles j'avais accès quand je voulais, bah je lisais et relisais ces histoires. Des récits qui étaient sympas à lire, avec un humour qui fonctionne aussi bien sur les petits et grandes. Et inversement, petites et grands. Les films d'animation multi rediffusés sur M6 dans les années 90 m'ont aussi plu. Les actrices et acteurs qui prêtaient leurs voix étaient exceptionnel·le·s il faut dire.
Pour les films live, en prises de vues réelles, c'était bof. Même le plébiscité "Astérix & Obélix :Mission Cléopâtre" (2002, Alain Chabat) m'avait laissé pantois. Déçu. C'était la même histoire que la bande dessinée, avec des blagues rigolotes, mais sans plus. C'était plus "Djamel Debbouze est accompagné par Astérix et Obélix" qu'autre chose. Seul le duo Louis Clichy / Alexandre Astier arriva à me faire aimer une aventure des Gaulois sur grand écran, avec l'excellent "Astérix : Le Domaine des Dieux" (2014). Exploit que sa suite, des mêmes réalisateurs, "Astérix : Le secret de la potion magique" de 2018, n'arrivera pas à rééditer.
Bref, j'ai encore aujourd'hui des difficultés avec Astérix et ses aventures, alors que "L'Iris Blanc" (2023) avec Fabcaro au scénario et Didier Conrad au dessin m'avait convaincu. Pourtant, je n'ai ni lu, ni acheté "Astérix en Lusitanie" (2025) du même duo. Ce n'est toujours pas ça donc. Et pourtant, l'envie de faire une série rapidement me conduisit vers "Astérix & Obélix : Le Combat des Chefs" (2025) qui vit Alain Chabat réaliser une nouvelle aventure du plus célèbre Gaulois après Vercingétorix. Ainsi, nous allons enfin entrer dans le vif du sujet, mais ce sera après la bande annonce officielle en version originale, française donc, sachant que la série fût vue ainsi.
Vidéo de Netflix France
Réalisée en images de synthèses, je crois que c'est nul de dire ça maintenant, en animation 3D quoi, cette série se compose de 5 épisodes durant 30 à 40 minutes. Elle reprend le scénario de "Le Combat des Chefs" de René Goscinny et Albert Uderzo, pères d'Astérix donc. C'est le 7è album des aventures des irréductibles Gaulois, qui suit justement en 1966, "Astérix et Cléopâtre" de 1965.
On retrouve l'aspect classique, avec Rome qui a envahit toute la Gaule. Toute ? Non, car un village d'irréductibles Gaulois (et Gauloises) résiste. Grâce à la potion magique de son druide Panoramix (Thierry Lhermitte). César (Laurent Lafitte) s'énerve un peu et envoie Métadata (Anaïs Demoustier) et son oncle en mission. Sur une idée de la première, il faut trouver un Gaulois assez fort pour défier dans un combat des chefs Abraracourcix (Grégoire Ludig) afin de s'emparer, selon la tradition Gauloise, du village, et donc de la Gaule entière.
Le premier épisode nous montre le village mettre une raclée aux Romains, dans une mise en scène sympathique et dynamique. Puis on retourne en arrière, où l'on découvre Astérix (Alain Chabat) et Obélix (Gilles Lellouche) enfants. On va savoir comment Obélix est tombé dans la potion en étant petit, mais aussi comment il a permis à Panoramix de parachever sa potion magique. De plus, on constate que Aplusbégalix (Grégory Gadebois) était insupportable petit, et qu'il le sera encore plus à la botte des Romains, alors qu'il est Gaulois.
Ensuite, on retrouve le fil, Obélix fait la bêtise d'assommer Panoramix en voulant le sauver, et le village va se retrouver perdu, car les Romains ont eu vent du fait que les Gaulois n'ont plus accès à la potion magique. Va s'ensuivre une construction d'arènes en bois pour accueillir César, qui va venir voir ce combat des chefs pour montrer la toute puissance de Rome.
La série se regarde bien. Techniquement c'est beau, fluide, et malgré une animation par ordinateur, les personnages ne perdent rien de leurs traits distinctifs. TAT Productions et Xilam Animation font un superbe travail. Si vous avez peur du fait que l'histoire date de 1966, elle est parfaitement adaptée à l'ère moderne. Vous trouverez des blagues qui feront mouches, sans pour autant dénaturer l'œuvre originale. Enfin, ceci est mon avis, les fans pesteront peut-être sur le fait que c'est un peu trop moderne, ou que l'esprit n'y est pas vraiment. Une fois de plus, je ne suis pas un immense fan de cet univers, mais je le côtoie depuis longtemps, assez longtemps pour dire que cette série est plutôt bien faite.
L'épisode final, un peu plus long que les autres, est assez riche en action, en couleur, mais offre aussi son lot d'émotion. Je ne vous cache pas que l'énième clash en Astérix et Obélix m'a un peu énervé, quoiqu'il arrive dans l'épisode 4 en fait. Mais bon, on n'échappe pas à ce qui plaît (et me déplaît donc pour le coup) dans cette série. Les 2 amis doivent s'énerver l'un contre l'autre. C'est ainsi. Et, bon, grosse révélation, on termine sur un banquet... comme la majorité des BD d'Astérix en fait (je n'ose pas dire toutes, car il doit bien y en avoir une ou deux qui ne s'achèvent pas ainsi).
Au final, même si j'aurai oublié cette série dans 1 an, je suis content de l'avoir vue. Elle fait le boulot, ne m'a pas arraché de grands fous rires non plus, mais elle divertit bien, avec une histoire que je connaissais pourtant bien. Seul point noir, je trouve que Thierry Lhermitte prend une voix trop jeune pour Panoramix. Sinon, le reste passe bien, même si, une fois de plus, la série ne marquera pas non plus que cela votre serviteur. Elle est à voir, de bonne qualité, j'ai bien aimé. Et je vous la conseille donc, que vous découvriez ou non l'univers créé par René Goscinny et Albert Uderzo.
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