Cultivons la curiosité
Ouf, aujourd'hui ce sera un peu plus calme. Il faut dire qu'après la tempête cinématographique d'hier, difficile à comprendre mais tout de même plaisante si on accepte l'aspect désordonné de MIIKE Takashi, une petite pause sera la bienvenue. Hier, j'ai hésité. Hésité à dire que "Dead or Alive" (1999) était le meilleur de la trilogie. Pour vous faire revenir aujourd'hui ? Non. Car ma mémoire flanche. De souvenir, le bazar d'hier ne serait plus retrouvé dans les 2 fausses suites de cette trilogie.
Pensée ou non comme une trilogie, le fait est qu'entre 1999 et 2002, MIIKE Takashi réalisera 3 films marquants. Dont on pourra deviner les fins, rien qu'au titre. La mort ou la vie. La difficulté de vivre, de survivre même, ainsi que la mort qui rode. N'importe quoi. Je raconte n'importe quoi, et je ne vais pas me lancer dans une analyse finement poussée de ces 3 films. Ici, il sera juste question de ressenti. Car oui, MIIKE veut dire des choses. Mettant en scène un scénario de NAKAMURA Masa cette fois-ci, le film va pourtant conserver les 2 acteurs principaux vus précédemment. Ici, ils seront alliés, et non plus ennemis. Allez, on replonge dans le monde de la pègre, avec sa violence, ses codes, et un retour attendrissant en enfance. La bande annonce qui suit est en version originale sous titrée en anglais, alors que le film fut vu en version originale sous titrée en français.
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Ah, cool, on ne débute pas par un clip épileptique difficile à comprendre. Mieux, un personnage explique à Mizuki (AIKAWA Shô), comment les Yakuzas, en infériorité numérique par rapport aux Mafias japonaise et chinoise, sont un élément important dans la lutte des organisations illégales. Un enjeu majeur même. Les Yakuzas ont demandé à ce personnage qui joue de façon très lourde avec des paquets de cigarettes, métaphore des 3 pôles importants de la pègre, d'engager un assassin capable de créer le chaos.
Ce chaos doit intervenir en butant un membre important de la mafia japonaise, en pleine rue. Mizuki, cheveux blonds peroxydés et chemise digne du Joueur du Grenier sur le dos, va mener à bien sa mission. Pour 3 millions de yens, c'est de l'argent facile. Sauf que notre protagoniste va se faire doubler par Shu (TAKEUCHI Riki). Qui s'avérera être un ami d'enfance, avec qui il a partagé le même orphelinat. Mizuki encaisse tout de même l'argent, et va avoir les Yakuzas sur le dos. Un bon coup de parpaing plus tard (non, je ne mens pas, vous verrez), notre héros décide de trouver refuge sur l'île de son enfance.
En prenant le Ferry, on constate que Mizuki connaît très bien Shu, mais ces deux lascars ne se sont pas encore croisés, tout juste frôlés. Les retrouvailles se feront à quelques encablures de l'orphelinat. Et elles seront sympas, même si le premier contact est un peu tendu. Ils vont retrouver Kohei (ENDÔ Ken'Ichi), avec qui ils formaient un trio infernal. Se remémorant leur passé commun, les 2 tueurs vont se ressourcer. Ils constateront que Kohei est en couple avec une jeune fille avec qui ils ont aussi grandi, et qu'il attend un enfant.
Là, le film est un peu lent, car on passe une grosse partie sur l'île. Histoire de bien s'imprégner des personnages. On devine le caractère un peu pervers du trio, entre la barre à branlette et certaines interprétations choquantes de pièce de théâtre... après, rien de violent, juste des jeunes qui font les imbéciles et s'amusent. En parallèle, à Tokyo, la situation entre les 3 pôles importants de la pègre dégénère. Je n'ai pas compris qui sont les 3 gonzes, assassins hors pair qui ne parlent pas, disons, pour qui ils bossent, mais ils sont efficaces. C'est l'occasion pour MIIKE de nous montrer un gigantesque zizi flouté... pas compris aussi, mais il ne faut pas chercher.
Après s'être bien requinqués, Shu et Mizuki vont désormais faire équipe ensemble. Il faut dire que la cause défendue par ce dernier plaît au premier. L'occasion de faire quelques millions de yens pour sauver des enfants. Seulement, le trio de muet va leur tendre un piège. Qui marquera donc le début de la fin du film. Qui est nettement moins délirante que précédemment. Oh, j'oubliais, on dirait que notre duo d'assassin est la matérialisation du Yin et du Yang, l'un ayant des ailes d'Anges blanches, l'autre noires. Ils peuvent aussi se téléporter à travers un vent de plumes... Il ne faut pas chercher à comprendre, laissez-vous porter. J'ignore si c'est imagé, ou juste ainsi dans la réalité du film, mais ça offre un peu d'onirisme au film.
Le film est plus court que le précédent. De 1h44, on passe à 1h33. Pourtant, il paraît plus long. La faute au tunnel sur l'île, où nos héros se remémorent leur passé commun. C'est rigolo, touchant, donc émouvant, mais sans plus. Sans toutefois regarder la montre, on ne peut pas dire que ce passage soit super agréable. Mais on y apprend des choses simples, et une volonté de protéger les jeunes orphelines et orphelins. Il y a moins d'action, mais elle reste spectaculaire et violente. C'est nettement plus sec qu'une fusillade d'un film étasunien, ce qui rend le tout plus réaliste. La violence est brève, mais marquante.
Vous l'avez peut-être constaté·e hier, et aujourd'hui aussi, mais les chroniques sont pour le moment courtes. Disons moins longues que ce que les films méritent. C'est parce que le scénario n'a rien d'impressionnant, et qu'au final, on suit juste l'histoire de 2 tueurs à gage qui se retrouvent et renouent avec leur passé d'orphelin, ceci avant de devoir affronter un trio redoutable à Tokyo. Je résume rapidement, mais c'est ainsi. Le tout est un peu mou, mais étonnamment pas ennuyant. Malgré quelques scènes fantastiques, il n'y a pas trop de choses incohérentes, irréelles, ici. On prend plaisir à suivre le destin de ces 2 personnages. La fin est très belle par ailleurs.
Donc, ce n'est pas le plus fou des MIIKE, il est plus onirique, plus émouvant, tout en conservant une part d'action de violence. Mine de rien on s'attache aux personnages, et ceci rend la fin plus forte je trouve. Peut-il plaire au plus grand nombre ? Il faut à nouveau garder en tête que c'est MIIKE Takashi qui réalisé, donc qu'on ne comprendra pas tout, qu'il y aura de la violence, des allusions grivoises, et des choses irréelles inexpliquées. Une fois tout ceci en votre connaissance, je pense que ce film n'est pas si indispensable que ça à voir. La distribution y est incroyable par contre, on y trouvera un magnifique message concernant l'importance des enfants, mais après, rien de plus. J'ai aimé, même si je n'en garderai pas un souvenir impérissable. J'ai aimé le voir, mais je ne peux pas vous le recommander. Allez, demain on clôt cette trilogie, qui va tout recouper et nous indiquer en quoi "Dead or Alive" est bien une trilogie.
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