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Cultivons la curiosité

Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'infini

Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'infini

Là, je vous entend d'ici me reprocher d'avoir dit que je ne ferai pas le film que nous voyons aujourd'hui. Parfois, des possibilités se présentent à vous, et il est difficile de passer à côté. Ainsi, j'ai parlé de la version française de "Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'infini", mais pas de sa version originale sous titrée. De plus, "Mandibules" m'a permis de retrouver goût aux salles obscures. De toute façon, niveau timing, ça s'est présenté ainsi : "Mandibules" le jeudi soir, et le film du jour en VOSTFr le lendemain. Voilà.

Après, j'avoue que le long métrage du jour, avec un nom à coucher dehors à cause de sa longueur, et bien j'ai hésité. Longtemps hésité. Trouvant n'importe quel subterfuge pour ne pas aller le voir. La bande annonce en version française me faisait dire qu'il serait délicat de le voir ainsi. Puis je ne connais pas l'univers, et la crainte d'être paumé était prégnante dans mon petit cerveau.

Normalement, une série, qu'elle soit avec des acteurs et actrices ou animée, lorsqu'elle passe au cinéma, son scénario ne fait pas avancer l'histoire, encore moins évoluer les personnages. Mieux, on nous présente les personnages, et le scénario s'avère souvent simpliste, mais au moins on passe un bon moment que l'on connaisse ou non l'œuvre originale. Et bien je ne vais pas y aller par quatre chemins, ici ce n'est pas le cas. Nous sommes plus face à un "Final Fantasy VII : Advent Children" (dans sa version "complete" ou non). Un film pour les fans qui suivent l'œuvre.

Résultat, mon avis sur ce film sera malheureusement mitigé. Je ne peux pas partager l'euphorie, que ce soit en France ou au Japon (où l'anime, le manga et le film ont cartonné). Je me suis présenté au cinéma avec juste le premier chapitre du manga lu il y a quelques temps déjà, et ce fût là une erreur. En parlant d'erreur, on ne peut pas omettre le "défi" que les adolescents se lancent au cinéma. Un truc concernant du noir et Eren Jager, le héros de "L'attaque des Titans" (qui entretemps a pris le nom de "Attack on Titans" avant de désormais se faire pompeusement nommer "Shingeki no Kyojin"). Quand tu constates que la salle voit quelques adolescents venir et commencer à préparer le truc, tu te dis que c'est mort, la séance va être nulle. Puis finalement, le jeune se fait méchamment rabattre son caquet (je n'ai pas osé dire fermer sa gueule) et ça se passe pas trop mal.

Je reste tout de même surpris de l'aisance avec laquelle une minorité se permet de parler fort, de réagir exagérément. Car ce même groupe d'ado n'hésitera pas à commenter, à s'exprimer, à voix haute, notamment lors de passages plus calmes, censés être tristes. Oui, quand tu es jeune tu as le droit de vivre, et c'est vrai que quand tu es chez toi, tu réagis aussi. C'est juste que ça me surprendra toujours qu'il existe des gens capables d'être comme à la maison en public. En attendant voici la bande annonce de ce film en VOSTFr, comme la façon dont j'ai vu ce film.

Vidéo de Wakanim

Tout débute dans une gare, de nuit. Une rutilante locomotive à vapeur s'apprête à quitter la gare de Tokyo, direction l'infini (voire l'au-delà). On découvre le trio de héros, Tanjirô, Zen'itsu et Inosuke qui embarque in extremis dans le wagon de queue. Ils doivent retrouver un "pilier" du nom de Rengoku. On devine plus tard qu'ils sont apprentis "pourfendeurs". Donc notre trio se compose de Tanjirô, un jeune garçon bon, Zen'itsu, plus timide, et Inosuke, à l'accoutrement bestial car il se promène torse nu (ce qui dévoile son imposante musculature) avec un masque de sanglier sur la tête.

Nos héros trouvent finalement Rengoku, un "pilier", qui doit les aider à avancer dans leur apprentissage. Il est toujours souriant et se prend d'amitié pour Tanjirô. Seulement, si ils sont là, c'est parce que ce train voit de nombreuses attaques de démons avoir lieu. Oui, au fait, nous sommes dans un monde qui se déroule au début du XXè siècle. D'où la locomotive à vapeur et l'absence de technologie moderne. Ici, il existe des démons dont le but est de faire souffrir l'Humanité. Ils ont des Êtres supérieurs, nommés "lunes" si j'ai bien compris.

En face, les Humaines et Humains ne se laissent pas faire. Et des "pourfendeurs" équipés de sabres et techniques élémentaires, se chargent de tuer ces démons. Au sommet des "pourfendeurs" il y a les "piliers". Sorte d'opposé aux "lunes". Tanjirô a une particularité qui est plutôt bien montrée dans le film, même si c'est chaud à comprendre de premier abord. Il a vu sa famille assassinée par un démon. Pire, sa petite sœur Nezuko en est devenue une (ou un, je ne sais pas). Seulement elle possède la même bonté que son grand frère, et va donc se battre à ses côtés.

Ce qu'il y a d'intéressant ici est que Tanjirô et Nezuko sont entre deux en vérité. Chassés par les "pourfendeurs" et les démons. Enfin bon, ceci ne les empêchera pas d'avoir Zen'itsu et Inosuke en amis. Ah, dernier point, les démons meurent au Soleil, un peu comme des vampires. Donc, bon, pour Nezuko, on ne la verra que tardivement, étant enfermée dans une boîte que transporte Tanjirô. En attendant tout le monde fait connaissance, puis arrivent les démons. Que nos héros pourfendent de façon plutôt classe j'avoue. On voit la puissance du pilier Rengoku.

Seulement, ceci n'est peut-être qu'un rêve, un piège tendu par le numéro six apprenti "lune" nommé Enmu. Maître des songes, il a endormi tout le monde dans le train, et demande à des enfants malades d'assassiner d'une façon spéciale les pourfendeurs et le pilier présents ici. Les jeunes enfants vont devoir aller dans les rêves du quatuor, et poignarder leur bille de vie. J'ai paumé le nom, désolé.

Alors que tout le monde est profondément enfuit dans leurs rêves, qui montrent ce qui les rendrait les plus heureux, le danger se précise et il est délicat de savoir comment ce petit monde s'en sortira. Je m'arrête ici pour plusieurs raisons. Déjà, j'explique et résume mal, c'est effrayant. Ensuite car il ne faut pas trop en révéler. Ce serait dommage.

Donc passons à la technique. Le film est issu des studios ufotable, en charge de la série. Il est réalisé par SOTOZAKI Haruo, et comme me l'a fait remarqué @BadStrref sur Twitter, le scénario prend place entre les saison 1 et 2 de l'anime. Adaptant ainsi l'arc des tomes 7 et 8 du manga de GOTÔGE Koyoharu. Nous sommes ainsi face à un moment charnière dans l'histoire, Tanjirô découvrant la lourde tâche qui l'attend, avec des ennemis ultra puissants. Le film dure presque 2 heures, et franchement, elles passent bien.

Il se compose de plusieurs parties, la première plus calme, un milieu qui voit Tanjirô lutter contre Enmu, et un combat final qui fait office de climax étonnant. L'animation est de bonne qualité, tout comme les doublages assurés par HANAE Natsuki, KITÔ Akari, MATSUOKA Yoshitsugu, SHIMONO Hiro, HINO Satoshi et HIRAKAWA Daisuke. Ce dernier offrant un Enmu calme mais dangereux. Ce qui ne veut rien dire. En terme d'animation, c'est donc propre. On mélange une forme de 3D avec l'animation assistée par ordinateur (je suppose). Les techniques détonnent. Elles semblent faire fi de la photographie ambiante. De la lumière ambiante on va dire. Comme si elles étaient dessinées par dessus. Ceci offre un bel effet je trouve.

Après, mettons que le film impose de suivre la série. Il devrait malgré tout donner envie d'en savoir plus. Et c'est là que j'ai un souci en vérité. Notamment avec le combat final, mais j'y reviendrai. Déjà, on sent le côté pour ado. J'ignore si c'est parce que je vieillis, mais le coup de changer d'animation d'un coup, de balancer de l'humour (pas vraiment drôle en plus), ça fait bizarre. Je ne sais pas si ce sont les effets qui sont trop "modernes", mais ces brusques changement, propre à l'animation japonaise, ne m'ont pas trop plus ici. Ensuite, il est difficile de s'attacher à Rengoku. Alors que pourtant le personnage est intriguant, son histoire est belle, mais ça ne marche pas sur moi. Attention, je suis le premier à ressentir quelque chose dans "One Piece" ou même le plus récent "L'attaque des Titans", mais ici, quand il faut pleurer, cela m'est impossible.

Autre point gênant, le côté brouillon des combats. On ne comprend rien. Pas à cause des techniques à base de mouvements, ça, ça va, mais parce que ladite technique va prendre tout l'écran d'un coup, et ça tourne dans tous les sens, puis on aperçoit un bout de personnage. Bref, par moment on est perdu, mais genre vraiment perdu, on ne sait plus où sont les personnages. Une fois de plus, c'est certainement moi qui déconne, mais je l'ai ressenti ainsi.

Puis arrive le combat final. Qui joue à mort sur les poncifs du nekketsu. Du toujours plus. Là où un "One Piece" est efficace, car on a appris à aimer le personnage qui se bat (peut importe que ce soit Nami, Luffy ou Zoro), ici ça ne fonctionne pas. Le manque d'empathie que dégage le pourtant sympathique Rengoku est en partie responsable de l'échec de ce combat. Pourtant épique. Rien à redire là dessus, mais il s'avère lourd. Le pire étant que c'est ici que l'on se rend compte que la série a l'air hyper longue et complexe. Tanjirô étant complètement ravagé par la tâche qui se présente face à lui. Et là, normalement, on aurait dû avoir envie d'en savoir plus, mais on constate un effet à la "Bleach", à savoir que cela n'en finira jamais. On découvre toujours un ennemi plus puissant.

Je sais que c'est propre au shônen et au nekketsu, mais dans "One Piece" ça fonctionne. Dans "Bleach" ça lasse. Et bien ici ça effraie. Je n'arrive pas bien à l'expliquer, mais on sent que l'univers de "Kimetsu no Yaiba" (oui, je fais mon pompeux) est immense. Qu'il regorge d'ennemis toujours plus puissants, dont on ne comprend pas bien la hiérarchie d'ailleurs. Je me rappelle aussi le début de l'affrontement, à base "endors-toi" absolument risible. Le truc le plus pété du monde je trouve. Que dire aussi de la musique qui sert de thème au boss final. Cette guitare électrique qui n'est là que pour faire classe mais ne fonctionne pas du tout. Bizarrement, j'aime bien quand il y a de la guitare électrique, que ça cherche à faire classe, mais ici, comme tout le long du film en vérité, on sent que ça appuie fort sur un bouton, ici c'est le bouton "c'est classe hein ?".

À trop insister sur les émotions, le film en oublie d'en transmettre. Surtout si l'on ne connaît pas ou peu l'œuvre originale. J'ai toujours entendu qu'un film, ou du moins une adaptation cinématographique, devait attirer les fans comme les personnes ne connaissant pas la série. Ici, ce dernier point est raté. Nous sommes effectivement face au côté "pour les fans" d'un "Final Fantasy VII : Advent Children", plus qu'un film à part entière. Et encore, dans ce dernier, on pouvait se réjouir d'une réalisation dingue et divertissante, mais dont le scénario n'excluait pas les nouvelles et nouveaux venu.e.s.

De plus, quand on regarde où débute le film et il se clôt, on constate que le chemin parcouru n'est pas si long que cela. On voit divers lieux, mais surtout en songe. L'action se déroulant essentiellement dans le train. Donc normalement, ça aurait dû pouvoir intégrer les personnes ne connaissant rien à la série. Ce n'est pas le cas. Donc oui, c'est joli, c'est propre, quoique certains combats me paraissent brouillons (purée, je dis tout et son contraire...), mais c'est un film pour les fans de la série et du manga. Ne comptez pas dessus pour débuter correctement la saga. Il vous faudra bien revenir au début de l'œuvre quoiqu'il advienne. Et ceci est un pari (payant vu que le film est un carton monstrueux) qui m'a malheureusement exclu. Je n'ai pas aimé, je n'ai pas détesté. Peut-être le trouverai-je exceptionnel après avoir vu la saison 1 de l'anime, ou lu les 6 à 8 premiers tomes du manga ?

En attendant, si je ne regrette pas de l'avoir vu car c'est important de montrer au cinéma qu'il faut sortir de l'animation, notamment japonaise, en France, je n'en garde pas un souvenir impérissable. Tenez, "Lupin III : The First" lui est largement supérieur alors que je ne connaissais quasiment rien à la série originale. Donc oui, le film ne m'a pas plu, et ceci n'est que mon avis. Cela n'enlève en rien le fait que les fans vont surkiffer, c'est juste que j'ai eu l'impression que ce n'était pas pour moi et c'est en ça que le film m'a déçu.

@+

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