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Cultivons la curiosité

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Detroit Rock City

Detroit Rock City
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La fin du XIXè siècle marque l'arrivée de films dit "teen-movies" particulièrement marquant. Plus axé sur la pression de ne pas finir le lycée vierge (et je ne parle pas du signe astrologique), la fin de l'insouciance de l'adolescence, presque un début de vie d'adulte avec les études supérieures. Ainsi, "American Pie" (Paul et Chris Weitz, 1999) sera le film à l'origine (car ayant connu un gros succès) de toute une série de copies plus ou réussies. La plus efficace étant "The Girls next door" (Luke Greenfield, 2004) selon moi. La plus trash, mais drôle, "Supergrave" (Greg Mottola, 2007) toujours selon moi.

 

Seulement, ces films parlent de problèmes modernes des jeunes. On y retrouve les préservatifs, une bande son proche de la sortie du film, et même des technologies de leur temps. Avant "American Pie", ce qui s'était fait de plus proche de la vision adolescente de ce passage à la vie adulte (à travers la fin du lycée), était l'excellent mais sage "Breakfast Club" (John Hughes, 1985). Du moins, ceci se base selon les différents films que j'ai pu voir (je suis loiiiiin de tout connaître).

 

KISS est un groupe de glam-rock au son très métal, qui a su se démarquer par une scénographie impressionnante, notamment grâce à leur maquillage et leurs tenues exubérantes. Mais aussi pour leur volonté de choquer en prenant un aspect démoniaque, voire satanique. Ce qui leur vaudra d'immenses reproches par la branche conservatrice (encore plus influente dans les années 70 qu'actuellement, c'est vous dire), notamment religieuse.

 

En 1999, Adam Rifkin va mettre en images un scénario de Carl V. Dupré. Rien de foufou, vous allez voir, quoique l'idée de revenir en 1978 et de centrer le récit sur des jeunes fans du groupe KISS et très originale, même encore aujourd'hui. Le film s'offre une bande son exceptionnelle, incroyable, au point que je songe à essayer de la trouver en CD, Vinyle ou version dématérialisée. Un peu comme "The Faculty" (Robert Rodriguez, 1998) ou "Sexe Intentions" (Roger Kumble, 1999) avaient su me plaire lorsque j'ai découvert ces 2 films en DVD en 2000 (ce sont mes 2 premiers DVD achetés pour info, et je n'ai plus que "The Faculty"). Donc, regardons la bande annonce en version originale, alors que j'ai vu ce film ainsi mais sous titré en français.

Vidéo de Warner Bros. Rewind

Nous voici parti·e·s pour 95 minutes d'une journée folle dans la vie de 4 amis. En effet, Hawk (Edward Furlong), Jam (Sam Huntington), Trip (James DeBello) et Lex (Giuseppe Andrews) aiment KISS, ce qui est à contre courant de la vague disco qui envahie le monde à la fin des années 70. Peu importe, les 4 potes sont au lycée, pas très doués, mais possède un petit groupe et font des reprises (ou covers) de leur groupe préféré au fond du garage d'un des adolescent.

 

Le film s'ouvre cependant sur madame Bruce, la maman de Jam, jouée par Lin Shaye, qui s'apprête à lancer son vinyle préféré de The Carpenters. Seulement, dedans, c'est l'horrible musique bruyante et satanique de KISS qui se lance. Très croyante et donc conservatrice, la mère de famille s'en va violemment rapatrier son fils illico à la maison, et le punir d'une année sans sortir.

 

Le lendemain, c'est la panique. Alors que les 3 potes restants ont dormi dans le garage (bien aménagé ne vous inquiétez pas), les billets pour le concert de KISS à Detroit ont disparu. Heureusement, c'est Jam qui, en se trompant de veste, les a dans sa chambre. Ah, oui, mais sa mère décide qu'il faut qu'il arrête avec ces habits trop moulant, ces trucs en Jeans ne sont pas assez prudes. Et la veste restera dans la chambre de notre protagoniste.

 

On devine que la vie au lycée n'est pas aisée, mais peu importe, les 4 amis ne renient pas leur amour pour le rock, quitte à se moquer des fans du disco. On devine qu'ils ne sont pas ultra doués à l'école. Et on constate que Jam et sa voisine de table en classe ont le béguin l'un pour l'autre, sans vraiment se le dire. Mais à nouveau madame Bruce vient tout gâcher et humilie Jam devant tout le lycée en beuglant à travers les hauts parleurs de l'école comme quoi elle a trouvé les billets de KISS, et qu'elle va le punir dignement pour ceci.

 

C'est là qu'elle va brûler les tickets, annihilant tout espoir pour les 4 potes de voir leur groupe préféré. Ils refusent de rater pour la troisième le passage de KISS dans la région, et dès lors, il faudra coûte que coûte trouver des billets. Ce que Trip arrivera à faire en les gagnant à la radio. Maintenant, il faut récupérer la voiture de la mère à Lex, partir chercher Jam (désormais dans une école hyper catholique), et direction Detroit pour vivre la soirée de leur vie.

 

Ceci n'est que le début du film, et on peut déjà dire qu'il est dynamique, drôle, et les personnages tiennent la route. Des adolescents un peu paumés qui veulent à tout prix voir leur groupe préféré, même si les adultes n'aiment pas ça. Même si leurs camarades sont à fond sur le disco. Comme tout bon teen movies, on y trouve consommation de marijuana, mais bizarrement pas d'alcool. On le verra pour Hawk, le groupe d'ami n'a absolument pas pour habitude de boire de l'alcool. La beuh leur suffit.

 

À ce propos, le personnage de Trip est assez... clivant. En fait, il est le stoner ultime. Le mec toujours défoncé, qui, je trouve, n'apporte pas grand chose. Pire, c'est lui qui parle de pornographie quand ils prennent une femme en stop, qui lui demande même quand est-ce qu'elle leur fait une fellation. C'est lui qui veut braquer une supérette et racketter les plus faibles. Bref, la majorité du film, on le déteste si on ne se reconnaît pas en lui. Et pourtant, c'est là la surprise, on sent qu'il ressort de son expérience à Detroit avec une envie de changer, même un début de réflexion quand il arrive à sauver la situation tout à la fin. Vous comprendrez pourquoi en voyant le film.

 

Car la bande d'amis montre que l'on peut s'apprécier en ayant pourtant des caractères différents. Même si sa mère est cool, Lex a l'impression d'abuser tout le temps et est effrayé par l'idée d'abîmer sa voiture. Trip obtient ses substances illicites grâce à sa mère, est-ce une bonne chose ? Je ne saurais le dire. Pour Hawk, on ne sait pas trop. Seule la mère de Jam est une conservatrice chiante, mais qui prendra ses 4 vérités dans la gueule à la fin.

 

Pardon, je parlais des caractères. Trip est tête en l'air, mais tranquille, un peu bagarreur aussi. Tout comme Hawk, mais ce dernier, bien que leader du groupe, est timide et n'ose pas monter sur scène devant des gens. Lex est anxieux, mais futé. Et Jam lui n'arrive pas à tenir tête à sa tortionnaire de mère. À un moment, à Detroit, on sent un début de clash, et les 4 amis se séparent, devant trouver chacun sa solution pour rentrer au concert. Avant de se réunir au carrefour à une certaine heure.

 

Déjà que de pouvoir sécher l'école était une aventure, chercher Jam dans son pensionnat aussi, la route vers Detroit je n'en parle même pas. Mais alors le film, qui était jusque là excellent, gagne encore en qualité. Nos 4 adolescents vont connaître diverses aventures, seuls. Hawk va braver sa peur de se montrer en public, grâce à l'alcool. Alors... dit ainsi c'est bizarre, mais ça ne fait pas l'apologie de l'alcool, au contraire même. Jam va retrouver une vieille connaissance et tenir tête à sa mère. Trip va apprendre à ses dépends que vouloir taper plus petit que soi ne fonctionne pas. Et Lex va s'offrir une aventure sympa dans les coulisses du concert, avant de pourvoir jouer les héros sauveur de princesse (et de voiture) grâce à des amis à quatre pattes.

 

Ils ne seront plus jamais comme avant cette journée. Et si on ne connaît pas leurs sorts respectifs à la fin du film, les 10 dernières minutes sont une ode à KISS. Peut-être avec un montage un peu trop rapide (et c'est un fan de Michael Bay qui dit ça), qui fait que l'on n'arrive pas à apprécier la prestation scénique exceptionnelle du groupe. Et donc au final, et bien nous sommes face à un film réjouissant. La bande son est magnifique. Si l'aspect "1978" vous effraie, hormis le sexe non protégé et un certain laxisme dans la vérification d'identité, on ne se croit pas du temps dans ces années-là. Il pourrait avoir lieu en 2025 que ça ne choquerait pas (sauf pour les points dit avant).

 

J'ai vraiment adoré et vous le conseille, encore plus si le genre "American Pie" vous plait. Ce n'est pas violent, il y a une scène de vomi gênante, peut-être même la façon dont Trip parle à Christine (Natasha Lyonne) dans la voiture, mais c'est désamorcé par la répartie du personnage. Ce fût donc une grosse surprise pour ma part, un film qui pourrait devenir un long métrage doudou pour ma part, alors que je ne suis pas adolescent, pas fan de KISS, et que je n'ai même pas vécu dans les années 70. Je le répète, mais j'ai adoré. À voir je pense, si vous aimez les comédies adolescentes pas prise de tête.

 

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