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Cultivons la curiosité

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Godzilla contre Gigan

Godzilla contre Gigan
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La fin des années 60, et le début des années 70, ne sont pas trop intéressantes en terme de sorties de Godzilla. Pensez-y, nous venons d'enchaîner "Le Fils de Godzilla" (FUKUDA Jun, 1967), "Les Envahisseurs attaquent" ou "Destroy All Monsters" (HONDA Ishirô, 1968), "All Monsters Attack" (HONDA Ishirô, 1969) et "Godzilla contre Hedorah" (BANNO Yoshimitsu, 1971). La pente qualitative est plus que descendante, et pour trouver un film mettant notre monstre géant (Kaiju) préféré, il faut remonter au sympathique "Ebirah, horror of the deep" (FUKUDA Jun, 1966). Soit une éternité quand on voit à quel rythme sont sortis les films.

 

Marrant, cette chute intervient un peu après la sortie de "Gamera : Le Monstre Géant" (YUASA Noriaki, 1965). Marrant (bis), n'ayant pas eu accès à tous les films de l'ère Shôwa, faute d'une sortie française décente, j'ai longtemps cru que "Godzilla contre Megalon" (FUKUDA Jun, 1973) était le pire de la saga. Ainsi, nous voici face à un autre film de l'ère Shôwa, de 1972, réalisé par FUKUDA Jun, avec KIMURA Takeshi et SEKIZAWA Shin'Ichi au scénario. N'attendant plus rien du tout après les précédents pitoyables, la saga s'embourbant dans le ridicule à vouloir attirer un public très jeune, voyons voir ce que donne le douzième film de l'ère Shôwa. Après une bande annonce en version originale, tandis que le long métrage fût vu ainsi, mais sous titré en français.

Vidéo de GODZILLA OFFICIAL by TOHO

Un King Ghidorah chevelu, un poulet venu de l'espace, une alliance impromptue, des dialogues saisissants, et un organisme nommé "Les Enfants de la Terre" dirigé par un ado surdoué des maths, voici ce qu'il nous attend. Et là encore, la peur me saisit. Encore une histoire d'enfant, encore un principe de paix, pitié. Une chanson pas terrible, et nous voici face à ce qui s'annonce comme le pire film de la saga.

 

Tout débute pas trop mal pourtant. Nous voyons Godzilla sur Monster Island, il attend, puis petit générique avec une chanson pop bof, mais encore, ça va. Nous allons suivre Gengo "Gen" Kotaka (ISHIKAWA Hiroshi), un mangaka qui peine à vendre ses créations. Il n'arrive pas à trouver le design du monstre des devoirs. Sa copine, ou sa manager, ce n'est pas bien défini, Tomoko (HISHIMI Yuriko) lui met la pression, et le somme d'aller postuler auprès du gérant du futur parc d'attraction créé autour de Godzilla. Il n'est pas manuel pourtant, mais postule tout de même.

 

Kubota (NISHIZAWA Toshiaki) l'accueille, et lui demande juste de créer des monstres, ses idées du monstre des devoirs et de la mère autoritaire lui plaisent. Qu'il lui montre des esquisses rapidement, et il sera bien payé. Passons sur le fait que Gen est un enfulte, un adulte un peu maladroit qui a encore une âme d'enfant, ce que l'on constate quand il fait son monstre de la mère autoritaire, qui ressemble fortement à Tomoko.

 

Lorsqu'il va présenter ses dessins au siège social des "Enfants de la Terre" (je n'ai plus le nom précis, désolé), il découvre de la haute technologie (pour 1972). Une caméra autonome qui te suit, un téléphone transparent à la sonnerie bizarre, des portes qui s'ouvrent toutes seules, et surtout, Fumio (FUJITA Zan), le PDG de l'association, un adolescent de 17 ans qui résout des opérations mathématiques complexes. Avant d'arriver dans le bâtiment, Gen a croisé Machiko (UMEDA Tomoko), une jeune femme qui le bouscule et laisse tomber une bande magnétique. Fuyant devant un groupe d'hommes, elle ne peut récupérer son bien, qui sera conservé par Gen.

 

J'avance rapidement, Gen retrouve, enfin, est retrouvé par Machiko, assistée par Shosaku (TAKASHIMA Minoru). Le duo lui explique que le frère de la jeune femme a disparu, et que ça a un rapport avec l'association "Les Enfants de la Terre", dont elle a volé cette bande magnétique. En parallèle, on découvre que Fumio semble plus être un méchant de James Bond (ce dont on se doutait en voyant son bureau et son siège), qui pourrait être plus d'origine extraterrestre, qu'autre chose. Donc, Gen va lire la bande, qui joue des cris bizarres.

 

Sur l'île d'Ogasawara, alors que l'on a vu que tout le monde était là, et que Godzilla n'est pas blessé comme c'était le cas lors du film précédent, celui-ci papote avec Anguirus. Façon bulle de bande dessinée, comme vous l'apercevez dans la bande annonce. C'est très bizarre, surtout que Godzilla envoie son ami voir d'où vient ce bruit, histoire de dire aux voisins de baisser le son un peu. Anguirus se met en route, traverse l'océan, et sera accueilli par les forces de défense du Japon, qui lui éclate la tronche. Las, le monstre va faire son compte-rendu à Godzilla, qui décide d'aller voir ces méchants humains avec son poto.

 

Entretemps, je passe rapidement, mais Gen retrouve Takashi (MURAI Kunio), le frère de Machiko. Il est bien retenu prisonnier par l'association. Pire, après enquête, ce petit monde constatera que Fumio et Kubota sont morts il y a un an. Des extraterrestres auraient donc pris leur enveloppe corporelle. Afin de répandre la paix sur la Terre, ce qui passe par éradiquer l'Humanité, en commençant par le Japon. Alors que Godzilla et Anguirus sont en route pour gronder le Japon, Fumio va invoquer King Ghidorah et Gigan. Afin de faire régner la paix, et de pouvoir permettre à son peuple de se reconstruire.

 

En effet, le plan de Fumio et d'éviter que l'Humanité ne commette la même erreur que son peuple. Ce dernier a pollué à outrance sa planète et s'est retrouvé à fuir. Notons ici l'emploi de stocks shots du film mettant en scène Hedorah. Très rapides. Et notons surtout qu'ici le message est bien plus explicite, compréhensible, mieux mis en scène, alors que l'explication ne dure même pas 5 minutes.

 

Bon, on devine ce qu'il va se passer, un commando d'élite (non) va libérer Takashi, avec un plan foireux, qui marchera. Tomoko étant forte en karaté, ou judo je ne sais plus, c'était bien pratique. Et on aura droit en parallèle à une baston à 4 Kaijus, au début à Tokyo, qui s’achèvera dans le parc d'attraction. La baston finale est longue, entrecoupée du plan de sauvetage, ce qui permet de respirer un peu.

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que si il n'est pas parfait, ce film est réjouissant. Déjà, la musique redevient cohérente, merci le retour de IFUKUBE Akira. La réalisation est claire, merci FUKUDA Jun. Le montage aussi. Disons que le montage paraît magnifique après le pitoyable "Godzilla contre Hedorah". Le jeu des actrices et acteurs, sans être bon, s'avère meilleur que ce que nous offrait la saga depuis quelques temps. Bref, on retrouve un Godzilla classique, avec destruction de maquette, explosion, prise de catch, et même quelques gerbes de sang étonnantes.

 

Passons le design des monstres, Gigan est ridicule, empruntant à Cyclope des X-Men, sa monolunette rouge. King Ghidorah est chevelu, quel sale hippie! Anguirus sert à la fin, mais sinon il se fait martyriser tout du long. Le scénario est prévisible, on devine d'entrée que le parc d'attraction va finir éclaté, notamment l'immeuble copiant Godzilla. Mais quel plaisir quand ça arrive. Si, je lui trouve un défaut, la réalisation des combats, qui zoome trop par moment, et nous perd un peu. Mais cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu un vrai Godzilla, que je m'en suis accommodé.

 

Je ne vais pas m'étendre plus. Malgré un scénario prévisible, malgré une réalisation pas top, mais efficace, et bien ça fait plaisir. J'ai aimé ce film après les purges précédemment infligées par la saga. Pas de gosse énervant, pas de musique inappropriée (allez, peut-être le thème final, et encore, c'est proche de Gamera donc on pardonne), et une partie Humaine étonnamment prenante. Oui, en terme cinématographique c'est nul. Mais j'ai aimé. La baston finale, quoique trop zoomée, fonctionne, elle est ultra longue. Il y a des explosions (on ne remercie jamais assez les cascadeurs dans les costumes, qui font un boulot dangereux), un peu d'action, de l'humour pas trop drôle, mais ça passe.

 

J'ignore si c'est parce que les précédents films étaient vraiment trop mauvais, mais j'ai beaucoup aimé celui-ci. J'ai vu ce que je voulais voir, de la baston, de la destruction. OK, la partie Humaine reste la plus faible, mais pourtant, un semblant d'empathie se créé avec les personnages. Bon, c'est vite dit, et d'un œil externe, ce film est faible. Mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver un classique "je détruis, je casse, je me bastonne", et ce même si l'introduction d'un dialogue entre Anguirus et Godzilla est plus ridicule qu'autre chose. Comme les précédents films, il m'est impossible de vous le conseiller, mais sachez qu'il reste à voir si vous aimez la franchise.

 

@+

 

P.S. : La version The Criterion Collection en photo ne possède pas de sous titres en français, ce fût vu sur un autre support que celui-ci, mais le coffret est trop beau, donc illustre cette chronique, désolé pour l'éventuelle confusion.

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