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Cultivons la curiosité

Jamais plus jamais

Jamais plus jamais

Petite pause dans le marathon James Bond, qui n'est pas vraiment une pause. Nous avons vu qu'en 1983, "Octopussy" était une aventure de l'agent secret de sa Majesté assez décevante. Il se trouve que la même année, un acteur iconique de la saga reprenait une ultime fois le rôle de 007. Mais pas un agent double zéro athlétique, jeune, moderne et fort. Non. Pas tout l'inverse non plus, mais nous verrons que le scénario de Lorenzo Semple Jr. (qui n'est pas responsable de la version mise en images comme on nous l'explique dans un bonus du BluRay) joue avec l'âge avancé de Sean Connery (53 ans à l'époque). Ceci en ne cherchant pas à le cacher.

Mais tout d'abord, avant de voir le générique du film, comment un film autre que produit par la EON, mettant en scène James Bond, est-il possible ? Pour cela, il faut remonter au créateur du personnage de 007. Ian Fleming a en effet écrit une histoire avec Kevin McClory et Jack Whittigham. Quand l'auteur Britannique voulut sortir cette histoire en livre, les 2 co-écrivains demandèrent logiquement une part. Ceci, et là j'imagine le truc, ne plut pas à Fleming, qui retravailla le récit (ou non, ce n'est pas clair), pour sortir "Opération Tonnerre" en 1961. C'est ce livre qui est adapté 4 ans plus tard au cinéma par Terence Young.

Seulement, Kevin McClory arrive malgré tout à obtenir les droits cinématographiques de "Opération Tonnerre" et va s'en servir 20 ans plus tard, avec l'aide du producteur Jack Schwatzman. Ce dernier mettra tous les moyens possibles pour obtenir Sean Connery. Un gros chèque mais aussi jusqu'à remplacer le scénariste afin de rendre le film plaisant pour Sir Sean Connery. Ceci nous donne en 1983 un affrontement direct entre un James Bond Roger Moore et le retour de Sean Connery. À 6 mois d'écart pour la Grande-Bretagne, alors que ce sera juste un petit mois en France. Mais regardons donc le générique avec "Never Say Never Again" interprété par Lani Hall sur une musique de Michel Legrand.

Vidéo de Le Monde des Avengers

Vous aurez constaté qu'il n'y a pas de générique recherché avec des femmes quasiment nues. Ce qui n'est pas plus mal en vérité. La chanson est...moui, mais peu importe car voici James dans une mission périlleuse en Amérique Latine. Il délivre une jeune femme avant qu'elle ne le poignarde mortellement. Beau retour de Sean Connery en James Bond, 10 minutes d'action et une mort claire et indéniable...attendez. Ah, non, on retrouve James dans le bureau de M (Edward Fox), en train de débriefer l'exercice auquel 007 vient de se soumettre.

Malgré ses 60 ans il est toujours efficace et rapide, mais son amour des femmes le rend vulnérable si ces dernières s'avèrent avoir leurs cerveaux lavés. Passons. Car M veut sortir James de sa carrière d'instructeur. Ou tout du moins lui rendre sa superbe d'antan. Direction la cure, en Espagne. Régime stricte, sport intensif et détoxification devrait remettre James en forme. Bon, il triche et fait zizi panpan avec sa kiné, mais peu importe car quelque chose de grave se trame en coulisses.

En parallèle, une jeune femme demande à avoir accès à son coffre dans une banque suisse ou française (en tout cas ça parle français en version originale). Il s'agit d'accéder à une salle secrète dans laquelle Blofeld (et son chat), joué par Max von Sydow (Blofeld hein, pas la chat), explique le nouveau plan à ses sbires. Dont numéro 12, la belle Fatima Blush (Barbara Carrera) que nous avons suivi juste avant. Le numéro 2 de SPECTRE, Maximilian Largo (Klaus Maria Brandauer), va voler des têtes nucléaires à l'U.S. Air Force.

Le plan est impeccable. On enlève Jack Petachi (Gavan O'Herlihy), un employé étasunien, qui a accès à l'exercice de lancement de bombe nucléaire qui va intervenir sous peu. On profite de son addiction à l'héroïne, et on enlève sa sœur, afin de faire pression. Jack va se faire greffer un œil spécial, qui imite celui du président des États-Unis d'Amérique. Pile dans la clinique où James se remet en forme. C'est ici que tout ce petit monde se rejoint donc.

Fatima va s'occuper personnellement de Jack, et s'assure de sa totale soumission à SPECTRE. L'opération les larmes d'Allah fonctionne correctement jusqu'à ce que l'agent secret Britannique remarque une scène violente dans la chambre d'en face. Fatima s'assure que Jack travaille correctement et se soumet totalement à l'agence terroriste, de façon un peu brutale on va dire. Ce désordre intrigue Bond, qui va jeter un œil et se faire repérer.

La numéro 12 de SPECTRE va donc demander à ce qu'un sbire vienne se débarrasser de l'agent. Il pourrait être gênant. Ici, nous avons droit à une scène de baston longue et destructrice. On se croit face à un Jackie Chan en plus pataud cependant. Irvin Keshner (j'ai oublié de citer le réalisateur, désolé) met brillamment en scène ce combat asphyxiant. James morfle et finit par vaincre son ennemi grâce au liquide d'un bocal qui s'avère être son échantillon d'urine. Classe. Sauf qu'en fait son adversaire s'était embroché sur un tube à essai en verre, ce qui provoqua son décès. Une touche humoristique simple mais diablement efficace je trouve.

007 se prend une soufflante par M, mais pendant qu'il luttait pour sa vie, Largo a réussi son plan. Il a volé 2 têtes nucléaires aux USA, et James est donc le seul capable d'empêcher une catastrophe. Surtout que SPECTRE demande une somme exorbitante à l'ONU (l'Organisation des Nations Unies), et il faut réagir. Notre héros va aller aux Bahamas. L'occasion, avant ce voyage, de voir Q (Alec McCowen), qui est tout content de revoir James prendre du service. Action, sexe et je ne sais plus quoi vont forcément intervenir avec James. C'est un discours assez drôle et ironique, forme de pique à EON et son James lisse. Nous avions aussi vu Miss Moneypenny (Pamela Salem), plus jeune que celle de EON.

On retrouvera donc les scènes sous marines de "Opération Tonnerre", avec une lutte contre des requins. Fatima va s'offrir un moment sympa avec James, dans une scène ridicule. Ceci avant d'essayer de le faire dévorer par les squales. D'ailleurs, j'ai totalement oublié de vous parler de Nigel, le contact de James aux Bahamas. C'est un agent peu accueillant et pas du tout discret qui est joué par Rowan Atkinson.

007 sait que Largo est en couple avec Domino (Kim Basinger), la sœur de Jack, et il va donc tout faire pour prendre contact avec elle. Direction le sud de la France (la Corse même il me semble), pour un face à face avec Maximilian. Dans un hôtel particulier, au casino, nous aurons droit à un combat à travers un jeu vidéo qui ressemble à une bataille navale, mais dangereuse. Le jeu de la domination. Les grokikis sont de sortis ici, et la partie est assez violente et même bien jouée.

James peut d'ailleurs compter sur son ami de la CIA, Félix (Bernie Casey) afin d'avoir un soutien en homme et arme. En Corse nous allons assister à une course poursuite impressionnante entre Fatima, les hommes de SPECTRE et James. Ce dernier est sur la moto modifiée par Q, dont nous avions vu le cadre un peu plus tôt dans le film. J'ai forcément pensé à la série "Tonnerre Mécanique", ayant le générique en tête. Ce show est une sorte de "K2000" ou "Supercopter", mais à moto. Tout comme la scène de combat dans la clinique, la course est longue, prenante, haletante même. Et cet affrontement final face à Fatima. Ouah. C'est excellent et me remémore une fois de plus certains films avec Jackie Chan.

Après s'ensuit l'opération infiltration dans le Flying Saucer de Largo. Un immense yacht en fait. James sera assisté par Félix. Les deux agents seront séparés, 007 se faisant capturer par Largo. Qui l'accueille avec un malin plaisir sur son yacht. Quitte à ce que l'agent secret Britannique ne découvre tout. Et James va se servir de Domino pour obtenir des infos précieuses sur la destination du Flying Saucer. Palmyre, quelque part en Afrique du nord. Dans une magnifique forteresse à la garde renforcée, James, qui avait joué avec les nerfs de Largo en embrassant Domino, se retrouve bien reçu. Direction le cachot des vautours. Les oiseaux. Avec plein de squelettes qui laissent présager du sort funeste qui attend notre héros.

Heureusement, il a pu avertir M. Mais combien de temps tout ce petit monde mettre-t-il à trouver Palmyre ? En attendant il faut improviser. James profite d'être en position de faiblesse pour faire dire à Largo où sont les bombes nucléaires. Il n'obtiendra que la position de la première, c'est dire comment le méchant n'est pas malin et trop confiant. Maximilian en profite pour laisser sa belle blonde aux autochtones, et fuit avec la seconde bombe.

Suite à une autre scène d'action assez dingue, James s'échappe avec Domino à dos de cheval. Je vous assure que c'est impressionnant ici aussi. Kershner étant très bon réalisateur, on arrive à tout suivre. La chute du cheval fait peur, mais heureusement tout le monde s'en sort indemne. C'est alors que les autochtones décident enfin d'user de leurs fusils que Félix arrive avec un p**ain de sous marin. C'est franchement drôle à voir.

Le sous marin poursuit le yacht de Largo, et la bombe est trouvée et désamorcée dans la capitale étasunienne. C'est allé vite dites-moi. Peu importe car le bijou offert par Largo à Domino s'avère révéler le lieu de la cache de Largo. Nous voici dans un final qui va nous montrer un lieu qui ressemble à l'Égypte antique. Les décors sont magnifiques. Et la lutte sous marine entre James et Largo est excellente. Lente, mais bien mise en scène, elle s'avère palpitante. Par contre, je n'ai pas compris ce que faisait Domino ici avec un harpon (elle accompagne le commando de la CIA mené par Félix).

On finit par un petite scène sympa, où James Bond qui dit ne plus jamais vouloir reprendre du service. C'est un peu comme si Sean Connery indiquait sa volonté définitive de ne plus endosser le costume de l'agent 007. Et ça nous donne le titre du film "ne jamais dire jamais" (grosso modo).

Cette histoire est connue. On retrouve des similitudes avec "Opération Tonnerre". Des noms, le plan de SPECTRE. On retrouve les personnages, les déplacements, les gadgets et l'action d'un James Bond. Mais avec un jeu malin et subtil concernant l'âge de son interprète. Moins vaillant, mais toujours aussi charismatique, l'histoire est bien rythmée, on ne s'ennuie presque pas le long des 2h15 du film. Mieux, l'humour est subtil. Parfois lourd c'est vrai, mais au final on ne retient que les petites phrases malignes, très britanniques, style pince-sans-rire. L'antagoniste est bizarre. Klaus Maria Brandauer n'a pas la carrure de Sean Connery, mais il dégage aussi quelque chose. Même si c'est plutôt Barbara Carrera qui éblouit tout le monde.

L'interprète de Fatima Blush, la "Bond Girl" ennemie, arrive même à éclipser la pourtant très jolie (mais timide) Kim Basinger (c'est un de ses premiers rôles importants au cinéma). Carrera dégage un charisme, une classe, une prestance, qui ravit. Elle est une femme forte, qui sait s'y prendre. L'arrogance de son personnage la mènera à sa perte, dans une scène assez gênante pourtant (l'arme de Q ne fonctionnant pas de suite).

J'ai énormément aimé cette version. Plus cinématographique je trouve. Avec une mise en scène belle, qui est loin du cartoon que la saga de EON prend dans ces années-là. Pourtant, c'est bien "Octopussy" qui gagnera ce match des sorties ciné. Ce "Jamais plus jamais" mérite largement sa place si vous aimez la saga de 007. Le jeu sur l'âge du personnage (et par extension de son interprète), la mise en scène, les décors, les cascades, tout fonctionne. Il y a bien quelques défauts, la scène de coucherie entre James et Fatima, absolument ridicule, un antagoniste moins effrayant que son bras droit (Fatima Blush), une blonde maltraitée et forcément sauvée par le mâle qu'est James. Mais il vaut largement le coup d'œil.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un excellent film mettant en scène James Bond. "Moonraker" étant sympa, mais bancal, tout comme la filmographie "Bondesque" de Roger Moore en vérité. C'est "Opération Tonnerre" modernisé aux années 80, toujours parfaitement visible de nos jours. Je l'ai déjà dit, mais j'ai adoré. À voir j'estime.

@+

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