Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Cultivons la curiosité

Publicité

Le syndicat du crime 2

Le syndicat du crime 2
Publicité

À l'instar de sa grande sœur étasunienne, l'industrie cinématographique de Hong-Kong aime bien surfer sur ses succès. Ainsi, à peine une année sépare "Le syndicat du crime" (John Woo, 1986) de sa suite. C'est bien en 1987 que le réalisateur reprend son poste, ainsi que la distribution. Étonnant quand on connait les événements du film précédent. Alors oui, ça risque de révéler la fin du premier film avec le retour d'un acteur emblématique dans un autre rôle.

 

Nommé "A better tomorrow" dans les pays anglophones, le film parle cantonais et un petit peu anglais. Il nous offrira, après Hong-Kong et Taipei, un passage dans une nouvelle localité. Donc, scénarisé par Tsui Hark et John Woo, "Le syndicat du crime 2" sort en 1987 et nous offre 1h40 pile d'un spectacle violent dans la triade (qui est nommée ainsi dans les sous titres de ce deuxième film, ce qui n'était pas le cas pour le premier). Vu en version originale sous titrée en français, issue du coffret trilogie dont vous voyez la pochette ci dessous, regardons une petite bande annonce, assez violente. Et qui révèle uen partie du final dense.

Vidéo de Drexl & The Movies

Donc, en fait, on reprend un tout petit peu de temps après la fin du premier film. Ho (Ti Lung) est en prison, et il repense à la mort de son ami Mark (Chow Yun-fat). En attendant Kit (Leslie Cheung), son jeune frère policier, charbonne. Il va essayer de se rapprocher de Lung (Dean Shek) en... séduisant sa fille Peppy (Regina Kent), enfin, Peggy, mais les sous titres me mettent Peppy.... Donc, Kit se nomme Billie et enquête sur Leung, car la triade est sous la surveillance de la police et doit préparer un gros coup niveau fausse monnaie.

 

Si Kit est mis sur cette enquête, c'est parce que Ho a refusé d'aider le commissaire. Dès que Ho apprend par Jackie (Emily Chu) que Kit essaye d'infiltrer ce milieu, il accepte d'offrir son aide. Plus pour éviter que son frère ne se fasse tuer qu'autre chose.

 

Et là, un peu comme le début du premier film, il faut bien suivre. Accrochez-vous. Lung, en fait, il est gentil maintenant, hors de question qu'il plonge dans cette affaire. Seulement, le chef de la mafia là, un petit con, il insiste, quitte à menacer la fille du faussaire. Mais attention, car Ko (Kwan Shan) va doubler tout le monde en faisant buter le chef de la triade pour lui piquer sa place, mais en faisant accuser Lung. Notons que le mercenaire engagé par Ko, qui n'a pas de nom et est interprété par Shing Fui-on si je ne dis pas de bêtise, pète la classe. Et ce sera le cas jusqu'au bout.

 

Ho se libère pile au bon moment pour renouer le contact avec son ancien ami Lung. Juste avant que celui-ci ne subisse le piège de Ko. Seulement, la façon dont le piège est fait, c'est hyper compliqué à expliquer, mais Lung pense vraiment avoir tiré, et que Ko l'aide. Ce qui n'est absolument pas le cas, comme on le verra un peu plus tard.

 

Lung arrive à s'expatrier vers New York, où il rencontrera un ancien ami de la triade qui est désormais prêtre. Seulement, Ko fait assassiner Peggy, et veut que Lung y passe. Attendez, car entretemps Kit découvre que Ko pue du cul, et son frère Ho va justement réclamer du boulot au nouveau parrain de la triade... Mais ce n'est pas fini, car à New York, on découvre Ken (Chow Yun-fat), frère jumeau de Mark, qui tient un petit restaurant sympa. Sauf qu'un mafieux local veut lui faire cracher 1000 U.S.$ pour sa protection.

 

Là, impossible de tout comprendre, mais Ken (ou Kenny au choix) pète un câble et manque de peu de buter le mafieux. Avant qu'un policier ne vienne tout calmer. Sauf que ce policier, on ne sait pas d'où il sort. Il doit être ami avec Ken, mais ce n'est pas vraiment expliqué. On continue, car Ken va devoir lutter contre la mafia de New York, là où, pas très loin, Lung échappe de peu à la mort. Mais voyant son ami le prêtre se faire assassiner, il est pris pour fou, et enfermé à l'hôpital psychiatrique.

 

Lourdement choqué, les médecins veulent plus ou moins le lobotomiser en lui faisant faire un truc avec des électrodes. Là, ne me demandez pas pourquoi, d'où, ou comment, mais Ken, qui vient d'échapper lui aussi à la mort, passe devant la prison capitonnée de Lung et le libère. Il va tout faire pour le sortir de son choc, en lui apprenant à manger à nouveau. Bon, ils seront aussi contraint de fuir la demeure de Ken, parce que la mafia locale, ou celle de Hong-Kong, ou les deux, bah ils ont décidé de buter Ken à tout prix.

 

La sortie de l'hôtel miteux, qui arrive plus tard et où Lung recouvre ses facultés, est dantesque. C'est violent une fois de plus, mais de façon décuplée par rapport au premier film. On avait cette sensation vidéoludique de personnages qui butent des dizaines d'adversaires, et bien là on atteint facilement la centaine sur tout le film. Bon, Lung a recouvré sa mémoire et ses facultés, et direction Hong-Kong.

 

De retour en Asie, on va voir une fine équipe se former. Lung, Ho, Ken et Kit, tous prêts à en découvre avec Ko, et à la faire tomber en trouvant son usine à faux billets. Avant que le quatuor ne soit formé, Ho avait dû faire ses preuves d'une façon choquante, pour gagner la confiance de Ko. Non, mais je vous assure, à un moment, le film il est hyper compliqué, mais dans l'ensemble on arrive à suivre. C'est étonnant.

 

Euh, il se passe un événement qui mènera au dernier quart d'heure. Et ces 15 dernières minutes sont ébouriffantes. On sent la mission suicide. Et cette image presque finale, des 3 sièges alignés (si vous avez vu le film, vous comprendrez), c'est ultra classe. Le déluge d'action du dernier quart d'heure enterre la plupart des films modernes sans soucis, c'est du grand spectacle, très violent, avec de belles gerbes de sang. Ici, on n'a pas vraiment une énorme maîtrise de la chorégraphie je trouve, les personnages semblant un coup anticiper, le coup d'après subir l'action, mais rendre le rouge du sang aussi artistique, c'est sublime.

 

Le film en lui-même est très divertissant, prenant même. Il n'a pas le problème de l'introduction trop rapide... sauf que ce souci de montage qui va trop vite, on le trouve le long du film. Genre quand Lung est extradé, bim, il est déjà à New York, ou un autre truc, je ne sais plus où, où l'on manque de peu d'être perdu·e.

 

Le défaut du film, c'est son montage. Il manque des transitions, pour rendre le tout plus doux et surtout facile à suivre. Son scénario est aussi trop fouilli, mais ça passe, on arrive à comprendre. L'avantage est que l'on comprend rapidement que Ko manœuvre habilement. Et on comprend pourquoi Lung se sent responsable. Sur ce point aussi, la distribution joue admirablement bien. John Woo, enfin, je suppose que ça vient de lui, dirige ses acteurs avec brio. Quand Dean Shek doit jouer la catatonie, c'est impressionnant.

 

Pourquoi je ne parle pas des actrices ? Comme malheureusement trop souvent dans ce cinéma là (d'action des années 80), les personnages féminins ne sont pas trop mis en avant. Notons que Jackie est un peu plus présente, surtout lors du parallèle entre Kit et la naissance de leur enfant (bonjour la chialade lors de cette scène), et Peggy, ou Peppy, est rapidement mise de côté.

 

Encore une fois, John Woo signe une œuvre admirable. Un film d'action spectaculaire, sanglant, artistique. Presque poétique. Les gerbes de sang qui s'étalent sur les murs blancs immaculés, je ne sais pas comment vous décrire ça, mais on sent un peintre qui conçoit une toile. Le massacre final est jouissif, et un peu plus tôt dans le film, voir Chow Yun-fat dézinguer du sbire dans un hôtel miteux de New York, à coup de fusil à pompe, c'est jouissif aussi.

 

Hormis le fait qu'il se passe énormément de chose et un montage qui aurait mérité quelques minutes de plus pour des scènes de transitions plus douces, c'est un film à voir. Après avoir vu le premier, pour mieux s'attacher aux personnages. Mais je préfère cette suite. Qui va encore plus loin dans la folie de son réalisateur. J'ai peur que le troisième ne soit un peu moins fou, Tsui Hark en prenant le commandement. Notons aussi que dans "Le syndicat du crime 2", nous avons droit à des ralentis bien sentis, bien placés.

 

En attendant de voir la fin de cette trilogie, je peux vous dire que les deux premiers films sont à voir. Si vous aimez le cinéma asiatique, le cinéma d'action, ou tout simplement les bons (voire excellents) films, n'hésitez pas. Je ne comprends pas comment j'ai pu passer à côté d'autant de pépites avant 2025. Genre "Une balle dans la tête" (John Woo, 1989), et maintenant les 2 premiers Le syndicat du crime. C'est incompréhensible pour ma part, mais j'ai bien mis longtemps à voir "À toute épreuve" (John Woo, 1992), donc ne faites pas les mêmes erreurs, regardez ces films, ils sont plus qu'excellents.

 

@+

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article