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Cultivons la curiosité

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Lee Soo-man : Le Roi de la KPop

Lee Soo-man : Le Roi de la KPop
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Je le dis souvent, mais je positionne le début de la reconnaissance de la KPop avec PSY et son "Gangnam Style", alors que bon, la volonté de conquérir le monde avec sa culture, date de bien avant 2012. Je parle de la Corée du Sud au fait. Ainsi, la KPop n'est pas réellement une musique populaire venant de Corée du Sud, mais plus une façon de produire une musique pouvant plaire au plus grand nombre.

 

Lee Soo-man fait, on peut le dire, partie des précurseurs de cette nouvelle façon de produire les artistes et groupes. J'ignore si ce qui est dit dans le documentaire est vrai, comme quoi prendre des jeunes au berceau et leur apprendre les rudiments pour être de parfaites idoles (ça sonne mal en français, je lui préférerai l'anglicisme "idol" si vous le permettez). Tu aimes bien chanter, danser, tu présentes bien ? Vient rejoindre notre agence où nous t'apprendrons tout.

 

Ainsi, Lee Soo-man a créé une des agences les plus importantes de la KPop, SM Entertainment. Bon, perso je ne connaissais que Girls' Generation et aespa, mais il y aura aussi BoA, les NCT (il y a une tonne de branche), H.O.T., Super Junior, EXO, SHINee et j’en passe. Taeyeon, ancienne membre de Girls' Generation est chez SM Entertainment. Mais elle ne sera pas dans ce documentaire.

 

Il est réalisé par Ting Poo, et sera en partie produit par Lee Soo-man lui-même. Alors qu'il est disponible depuis peu (premier semestre 2025) sur Prime Video, le tournage semble s'être arrêté vers 2023. Et on va donc plonger pendant 1h45 dans le monde de la KPop, à travers la vie de celui qui est présenté comme le précurseur et parfois "inventeur" de cette nouvelle façon de produire. Petite vidéo.

Video de Prime Video

J'ai vu ce documentaire en version originale sous titrée en français. On y entendra du coréen, de l'anglais et un peu de japonais. Il est assez facile à suivre, et on va nous expliquer chronologiquement comment ce monsieur de 70 ans (à priori on bloque une longue partie en 2022 pour mieux revenir sur 2023 et le bouleversement majeur.... que je vous indiquerai en fin de chronique) va inventer la KPop. Donc on apprend qu'il est né en 1952. Et 1952 en Corée (il n'est pas question de division en nord/sud, disons que c'est en cours à cette époque), la vie n'est pas rose. Lee Soo-man insiste bien sur le fait qu'il est né pauvre, ce alors que mon regard est rivé sur la grosse bague qu'il porte au majeur droit... J'y vois tellement de messages passer, à travers le fait qu'elle doive coûter une blinde, et qu'elle est sur son majeur. Mais là n'est pas le sujet.

 

On découvre qu'il est issu d'une belle fratrie, et que bon, rapidement il aime la guitare. Même si son père refuse que son frère n'ait une vie de bohème en devenant chanteur. Ce qui coupe un peu net les velléités de notre monsieur, alors mineur, pour devenir chanteur. Bon, la Corée du Sud, dans les années 70-80, ce n'est pas super chouette. L'Histoire de ce pays est tellement riche, violente aussi, que j'ai de plus en plus envie de la connaître. Passons, car en 1981, il part pour les États-Unis d'Amérique où il devient ingénieur en informatique. Il y découvre aussi une richesse musicale exceptionnelle.

 

De retour en Corée du Sud, il va donc lancer sa petite agence. Je vais super vite, car il est vrai qu'il a connu un joli succès dans les années 70 comme chanteur de variété, et ceci en le cachant à ses parents. Donc, il décide qu'il faut produire de façon nouvelle, et en 1989 il crée son agence, SM Studio. SM, non pas pour ce à quoi vous pensez, mais pour Soo-Man. Il va introduire la musique électronique, produire un son qui plaise aux jeunes et cartonner avec H.O.T. en 1996. Bon, rapidement il y sera déjà question des "slave contracts", contrat d'esclavagisme. Oui, déjà.

 

Car en vérité, le documentaire s'ouvre sur le fait que Lee Soo-man élabore un tube comme une recette. Il mélange plein de trucs et ça fait un tube. Je m'en souviens car c'est illustré avec "I got a boy" de Girls' Generation. Plus tard, on nous expliquera ce qu'est le CT, qui, en vérité, fonctionne encore de nos jours. Casting et Training. Repérage et apprentissage. Souvent pour 3 ou 4 ans, voire plus. Tu ne sais pas chanter ? Pas grave, on va t'apprendre. C'est littéralement expliqué ainsi dans le documentaire. Comme aussi, avec NCT 127, le fait qu'au bout d'un moment, il fallait occuper TOUT l'espace médiatique, et qu'avec une tonne de membres dans un groupe, c'est plus facile. Dramas (séries TV), présentation d'émissions, passages dans les médias, et j'ai oublié le reste, bref, il faut faire parler du groupe pour vendre.

 

Une phrase va d'ailleurs m'interloquer. Lee Soo-man expliquera son plan, au début de la première Hallyu (vague culturelle sud coréenne, que l'on peut, sauf erreur de ma part, nommer aussi "soft power"), il ne voulait pas proposer que de la musique avec un album. Non, il voulait proposer un petit ami. Je n'arrive pas bien à l'expliquer, mais en gros, ça explique pourquoi les idols sont aussi entourées et façonnées, c'est pour avoir plusieurs archétypes de "mecs idéaux" (marche pour les femmes aussi) afin de plaire au plus grand nombre de fan.

 

D'ailleurs, par moment, il y sera question de dire que ce n'est pas naturel, et je ne sais plus comment il arrive à balayer ça, genre en assurant que non, ils donnent juste une orientation... Il y sera aussi question des "slave contracts", idem, c'est balayé comme quoi l'agence prend tous les risques et qu'elle ne peut pas perdre un·e apprenti·e qui est ici depuis 4-5 ans. Alors, il y a aussi le problème de la pression, avec 2 jeunes artistes qui ont mis fin à leur jour, c'est abordé, c'est déjà pas mal. Il y a une forme de questionnement de la part de Lee Soo-man sur comment il aurait pu éviter ça... mais ses réponses ne sont pas vraiment... franches et efficaces. Surtout quand derrière tu as la dame là, j'ai paumé son boulot, qui dit que les médias étrangers font chier à dire que c'est un problème propre à la KPop, que c'est le côté obscur, alors que bon, en fait c'est un problème mondial, enfin, surtout dans les pays asiatiques développés... Bref, le passage de la dame là, il est horrible.

 

Je parle je parle, enfin, j'écris j'écris, mais je ne ferai pas un gros résumé de ce documentaire. Déjà, important à savoir, c'est plus un documentaire glorifiant Lee Soo-man, qu'autre chose. Oui, il y a des sujets délicats qui sont abordés, mais on sent qu'il y a des choses cachées. Je ne sais pas comment le dire. On sent aussi que le monsieur est bon, il sait produire une chanson, c'est bien lui qui s'occupe de ça. Je n'arrive pas à l'expliquer. Il y a une volonté de montrer ses faiblesses, mais pas trop parce que bon, faut pas déconner non plus.

 

Disons que, d'un point de vue personnel, je trouve que le monsieur n'est pas si franc que ce qu'on veut nous faire croire. Par contre, le documentaire est ultra plaisant à voir pour constater que oui, la KPop s'inspire des États-Unis d'Amérique, qu'il avait pensé à la meilleure façon de percer les 2 plus gros marchés musicaux mondiaux (États-Unis d'Amérique et Japon), en chantant dans la langue locale. Que c'est lui qui a, à priori, pensé aux apprenti·e·s (Trainees), pariant sur une personne très (très très très même parfois) jeune, quitte à l'asservir pendant 13 ans (le contrat de H.O.T. était, si j'ai bien compris, de cette durée). Bon, maintenant en général c'est 7 ans, mais malgré tout, ces contrats restent très contraignants.

 

D'ailleurs, notons, je viens de m'en souvenir, que ce monsieur là, il est bien gentil, mais quand on lui reparle des "slave contracts", il dit que la justice ne l'a pas condamné (alors qu'il y a eu un accord entre les 2 parties), et qu'aujourd'hui encore ce type de contrat existe toujours et est légal. Si en plus on ajoute son enthousiasme avec sa nouvelle agence A20, de faire de la musique et de générer des chants avec l'Intelligence Artificielle (IA), on a un bon topo de l'état d'esprit de ce monsieur. Certes il aime la musique, mais il préfère l'argent je pense. Ceci reste mon jugement hein, et je peux avoir tort.

 

Ah, oui, car le fait rigolo est qu'il s'est fait virer en 2023, juste après son acte caritatif pour replanter des arbres. Le passage est hilarant, avec les artistes de SM Entertainment qui chantent une chanson nous disant de replanter des arbres. Alors que le mec juste après, il se fait virer, et il utilise l'IA qui elle demandera de replanter v'là la quantité d'arbre pour compenser son empreinte carbone. Enfin bon.

 

Alors, au final je ne vous ai pas dit grand chose en fait. Disons que sur l'aspect comment ce personnage s'est retrouvé à créer une des plus grosse agence de KPop, c'est intéressant. Le processus de création, et même, on va dire, son point de vue (parfois totalement pété) sur certaines polémiques. Il faut juste savoir que c'est un documentaire qui le met en valeur. Qui peut ennuyer si vous n'aimez pas ce monde là aussi. Personnellement, je l'ai trouvé intéressant à voir, parfois énervant quand on le sent pas franc du tout, ou incapable de prendre ses responsabilités, incapables de reconnaître que bon, oui, les contrats sont parfois trop du côté de l'agence, qui profite des rêves d'enfants pour les asservir pendant des années, mais bon, il faut bien manger ma p'tite dame.

 

Si l'autre dame là, elle n'aime pas que l'on parle du côté sombre de la KPop, paradoxalement, en lisant à travers les lignes, ce documentaire à la gloire du "créateur" de ce genre nous en apprend beaucoup. Comment les jeunes sont pressé·e·s pendant des années, à apprendre à tout faire. Comment iels doivent rendre des comptes une fois cet apprentissage terminé. Certes, je le redis, il faut lire entre les lignes, car rien n'est indiqué explicitement, mais il est marrant de constater comment on nous avoue tranquillement ne pas savoir quoi faire contre les suicides, à part une thérapie pour tout le monde. Comment l'industrie (oui, j'extrapole de SM Entertainment à l'Industrie complète de la KPop) est incapable de se remettre en question sur la gestion des consommateurs et consommatrices... pardon, des fans, j'ai ripé (je pense aux harcèlements que subissent les idols de la part de ces "fans") . Sur l'accompagnement des jeunes artistes qui voudraient peut-être un tout petit peu plus de liberté. Et j'en passe.

 

Donc. Euh. J'aimerais bien sortir une jolie conclusion. Certes Lee Soo-man est effectivement présenté sous un bon jour ici. Laissant transparaître de "fausses" faiblesses (entre guillemets car je n'en sais rien, juste une intuition), on constate que tout le monde semble l'aimer, et que c'est une personne importante du "soft power" sud coréen, et il serait même le créateur de la KPop. Effectivement, il est important. Problème, quand on regarde entre les lignes, que l'on pousse un petit peu plus sur ce personnage, on peut y voir une personne assez rude, et qui ne cherche que rarement à se remettre en question. Le plus bel exemple étant qu'en 2022 il dit à tout le monde de planter des arbres, et un an après il se lance dans l'IA générative (ultra polluante pour info). Cependant, le documentaire se regarde, si possible avec un œil critique et non pas naïf. Et là on tombe sur 1h45 intéressantes, qui nous en apprennent beaucoup plus que ce que voudrait dire Lee Soo-man. C'est intéressant, imparfait car parfois hypocrite, mais on apprend pas mal de choses, j'ai bien aimé le voir malgré un aspect ultra égocentré sur Lee Soo-man.

 

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