Cultivons la curiosité
Un dernier tome est toujours un moment particulier. Dans une saga comme JoJo's Bizarre Adventure, c'est plus un marqueur de changement d'époque et de personnages, mais tout de même. On ne passe pas 16 tomes (un record à ce moment-là) avec une poignée de personnages sans avoir un pincement au cœur quand arrive la fin.
D'autant que le voyage fût long et intense. Le combat final prendra 18 chapitres répartis sur 2 tomes. Il n'en fallait pas moins pour mettre fin à plus d'un siècle de la menace Dio. Car faire le choix de reprendre l'antagoniste de "Phantom Blood" était un risque. L'autre danger résidait dans le fait d'introduire les Stands. Déjà que le principe d'Ondes n'était pas facile à comprendre pendant "Battle Tendency", ARAKI Hirohiko y arriva pourtant facilement. C'était l'occasion de découvrir Joseph Joestar, relégué au rang de personnage secondaire dans "Stardust Crusaders". Enfin, secondaire, il reste important, mais le héros est Jotaro Kujo, son petit fils.
Parfois, il est difficile de se rappeler que cette fine équipe est partie du Japon, pour un voyage dangereux de moins de 50 jours, afin de sauver la mère de Jotaro. Nous avons eu droit aux passages avec Suzie Q, femme de Joseph. Lors du tome précédent c'était le passif de Kakyoin qui était exploré succinctement. Et on a facilement tendance à oublier que ARAKI sait aussi nous faire s'attacher aux personnages. L'aspect taciturne et confiant de Jotaro va ici prendre tout son sens.
Le héros va en effet lutter seul contre Dio. Essayant de le prendre à son propre piège. Et le combat est une fois de plus d'une violence et d'une intensité parfaitement maîtrisées. Le dessin... rien à redire, chaque vignette est magnifique. Il en va de même sur les personnages, sublimés par le trait du mangaka. La mise en scène ne nous perd jamais. Et ici on aura droit à quelques gerbes de sang du plus bel effet.
On retrouve le côté verbeux de la saga, mais sans l'aspect comique. Vous savez, le fait qu'un personnage nous raconte ce qu'il se passe façon commentaire sportif. Ici c'est un jeu de bluff qui prendra pas mal de temps à lire. Dio se méfiant de Jotaro, tandis que ce dernier essaye de comprendre comment faire avant de céder à sa rage.
Sur les 9 chapitres que compte ce tome, 8 sont consacrés à l'affrontement Jotaro/Dio. Malgré cela on ne s'ennuie pas une seule seconde. En venant même à dévorer le tome rapidement. Le dernier chapitre est une sorte d'épilogue sympa, mais qui étonnamment n'introduit pas la génération suivante. Tout le long de ce livre on reste captivé·e·s par ce que l'on voit. La façon de marquer le début de l'arrêt du temps, les déplacements des personnages, leurs actions.
Un immense tome, qui envoie du lourd pour conclure une troisième partie des aventure bizarres de JoJo de fort belle manière. Souvent décrite comme la meilleure de toutes (nous en sommes à la partie 9 en 2025), on comprend pourquoi. Elle est bien construite, souvent surprenante lors de certains affrontements, et offre ce que l'on est venu chercher. À savoir de la baston, de la baston, de la baston avec un peu d'humour et d'émotion. Débuter par cette partie n'est pas une bonne idée cependant. Car elle enterre "Phantom Blood" et "Battle Tendency". Il me paraît délicat de faire machine arrière quand on a goûté à cet "arc". C'était un grand plaisir à découvrir. J'adore.
@+
P.S. : Ne vous inquiétez pas, la partie 4 des aventures bizarres de JoJo ne reviendra qu'en juin, cause de mois spécial cinéma en mai. On verra ce que donne la nouvelle génération, pour une aventure qui se déroulera en 1999.