Cultivons la curiosité
Le 19 Octobre 2022 l'éditeur Hi Comics continuait de faire paraître sa gamme "classics" des Tortues Ninja. Avec un quatrième tome qui marque le début d'un arc fort. Celui de "New York, ville en guerre", ou "City at War" en version originale. Ainsi, nous sommes face non pas à une intégrale de la première version des Tortues, mais bien à une anthologie. Où les meilleures histoires sont regroupées dans cette collection "classics".
Une fois la déception passée de ne pas se retrouver face à une intégrale, on ne peut que saluer le travail de Hi Comics, qui offre un gros pavé, avec des belles couleurs, une couverture en carton solide, et du papier de très grande qualité. De quoi justifier les presque 40 euros demandés. Avec des pages bonus où Kevin Eastman et Peter Laird (les créateurs des Tortues Ninja) tentent de se remémorer leur façon de travailler du début des années 90. Car les 8 chapitres qui forment ce tome furent originellement publiés entre juin 1992 et janvier 1993. Oui, en pleine Tortue-mania, les 2 premiers films "live" étant déjà sortis, le troisième arrivant en 1993 (et marquera un peu le tassement de la licence au cinéma).
D'ailleurs, vous noterez que les 2 premiers chapitres de ce tome ne sont pas vraiment dans l'arc "City at War". Cependant, on nous explique dans les bonus qu'ils servent d'introduction au gros arc à venir. Casey va accidentellement commettre un acte qui va remettre en question sa vie. Au point de se faire arrêter par Nobody, un personnage que soit j'ai oublié, soit je n'ai jamais vu. Je ne sais plus. En tout cas Casey va prendre une grande décision, qui va modifier sa vie.
Il en sera de même pour April, qui sera limite chassée par Splinter. Ce dernier décidant de ne pas suivre ses fils qui retournent à New York. Splinter va chercher une chose, à travers la méditation, et, à la toute fin du tome, va rencontrer un personnage que l'on connaît si la licence vous est familière. Pendant ce temps April retourne chez sa sœur, Robyn, à Los Angeles. Elle aura du mal à se faire à cette vie sur la côte Ouest, où tout n'est que paraître. Mais elle essaie tout de même de s'en sortir et d'oublier sa tumultueuse et dangereuse vie passée. Casey partira sur les traces d'April, mais va se retrouver coincé dans son périple, et il fera lui aussi une rencontre qui pourrait changer sa vie, et lui permettre de se poser.
En parallèle, on assiste au chaos total laissé par Shredder. Le clan Foot s'est scindé. Une partie est gérée par une étrange femme Japonaise, qui finira par arriver à New York pour dominer la ville. Une autre est plus ou moins libre et décide de venger Shredder. Avec des soldats d'élite particulièrement ardus à vaincre, comme l'expérimentera Raphaël en toute fin de tome. Mais ce qui marque le plus, c'est cette interrogation existentielle des Tortues. De Leonardo surtout. Nos héros perdent le goût à faire régner la paix, car ils ignorent par où débuter. Sans leur maître Splinter, et avec un leader, Leonardo, déboussolé, c'est très compliqué.
Il y a un changement de dessinateur, avec Jim Lawson et Keith Aiken. Plus sobre, on trouve des personnages carrés, ce qui surprend un peu. Surtout que l'on retrouve Eastman et Laird au dessin à un moment, avec ce style crayonné lourd, ce qui permet de voir la différence entre tous. Honnêtement, le nouveau style passe bien, et on reste scotché par le scénario. Captivant. Avec un chapitre quasiment muet, le 50, celui qui introduit "City at War". On y suit 4 histoires, Casey, April, Splinter et les 4 Tortues. Parfois il y a de l'action, parfois c'est plus calme.
On devine aisément que le monde est en mutation, entre la chute de l'union soviétique ou la guerre en Yougoslavie (d'actualités en 1992), mais à New York, cela semble aussi horrible. Entre attentats à la bombe, divisions du clan Foot, robots attaquants les anciens membres du clan. On aura droit à une bataille féroce, et un peu bordélique (pardonnez l'expression vulgaire). Les Tortues se retrouvant dans une guerre violente en pleine rue. La scène est grandiose, mais un peu désordonnée je trouve. Ne vous inquiétez pas, on arrive tout de même à suivre, mais il faut y aller doucement.
Sur les 13 épisodes que compte "City at War" (15 avec les 2 chapitres introductifs "Shades of Gray"), on peut dire que la mise en place prend son temps, mais est savoureuse. Il faudra attendre le tome 5 pour en voir la fin. Notons que le tome 6 semble se concentrer sur les épisodes manquants, sans que j'en sois certain. On en reparlera, donc ne vous inquiétez pas pour ça. Donc oui, malgré un changement de style graphique, l'histoire qui débute ici est passionnante. Arrivant à prendre (peut-être un peu trop par moment) sont temps, on savoure la moindre petite information offerte. Qui sont agréables à découvrir par soi-même ou avec les bonus de fin d'épisode de Kevin Eastman et Peter Laird.
J'ai adoré lire ce tome, qui impose tout de même de se plonger rapidement dans le suivant. Ah, et par moment, l'action est un peu... désordonnée, mais je dis ça pour chipoter. Si vous aimez les Tortues, il vous faut au moins lire ce tome. Si vous le pouvez, il vous faut l'avoir. J'ai adoré.
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