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Cultivons la curiosité

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Zaï Zaï Zaï Zaï - Fabcaro

Zaï Zaï Zaï Zaï - Fabcaro
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Fait rarissime sur Ashou, nous allons parler d'une bande dessinée française. Car il n'y a pas que les comics strip du genre de Peanuts ou Garfield, des mangas façon JoJo's Bizarre Adventure ou Oshi no ko, comics version Batman ou Iron Man, ou bande dessinée belge avec les œuvres de Marc Dubuisson ou Peyo. En effet, en France nous avons d'excellentes personnes œuvrant dans le 9ème art. Oui, vous allez me dire que effectivement, nous avons vu ici du Valérian et Laureline, le dernier Astérix, ou même Michel Vaillant. Mais avouons que ce n'est pas mon genre de prédilection.

 

Pourtant, pourtant, pourtant, en suivant Marc Dubuisson, on finit toujours par tomber sur une petite maison d'édition de bande dessinée. Ainsi, aucun rapport, mais je tombais souvent sur des extraits de "Open Bar", une série en 2 tomes signée par Fabcaro (qui, je viens de m'en apercevoir, a aussi écrit le scénario de "L'Iris Blanc", le dernier Astérix en date). Où l'on voit une scène fixe, l'image se répétant (ou presque) le long de la page du gag, mais qui pose son humour sur le dialogue. On y constate tout le côté absurde de cet humour, où des personnes lâchent des choses décalées par rapport à ce que l'on s'attend.

 

J'avais aussi vu des extraits de "Zaï Zaï Zaï Zaï" (6 pieds sous terre, 2015). Cette histoire d'un père de famille qui se retrouve à devoir fuir les autorités car il a osé oublier sa carte de fidélité du magasin dans son autre pantalon. Une chasse à l'homme va alors débuter, marquant la population locale, les enfants ne peuvent plus sortir sereinement, les médias parlent beaucoup sans savoir, et la police semble désœuvrée devant une telle infamie. Avouez que c'est original. Sur 72 pages, l'auteur va ainsi nous exposer toute la stupidité de notre société (oui, dès 2015) à en faire des caisses.

 

Son style de dessin est... déstabilisant. Les personnages sont peu expressifs, tout juste aperçoit-on leurs yeux, et on devine si iels sont heureux/heureuses ou en colère en grande partie grâce à leur bouche. Ce "road movie" va mener notre héros, l'auteur lui-même si j'ai bien compris. En tout cas Fabrice, la quarantaine, dessinateur de BD, marié et père de 2 filles, va devoir fuir à travers l'Héraut et la Lozère, fuyant Montpellier en stop, afin de trouver refuge dans le désert qu'est le dernier département cité. Département que je connais bien vu que j'y ai fait une partie de ma jeunesse et j'y ai obtenu tous mes diplômes.

 

On passe donc de l'agression avec un poireau d'un agent de sécurité qui menace de réaliser une roulade arrière si le malfrat s'approche trop de lui, à la voiture qui fait un looping (pour offrir, allez savoir pourquoi, un violent tacle à la marque Renault). Sans oublier les retrouvailles avec une amies d'enfance... enfin, une camarade plutôt vu que Fabrice l'aimait en secret mais que elle ne se souvient que de s'être moquée de lui avec toute la classe car on voyait la raie de ses fesses en sport. D'ailleurs, passage gênant, chez cette pseudo amie, on aura droit à une scène bizarre, toujours décalée, que je vous laisserai découvrir.

 

Car l'œuvre se lit très rapidement. Pas trop, non. On a largement le temps de s'esclaffer de rire devant la stupidité de certaines chutes des dialogues. L'agent de sécurité faisant une roulade lorsqu'il est interrogé par un journaliste. Avec un hors champs hilarant. Les médias, qui parlent sans savoir, et font une tonne de suppositions. Le policier qui doit inventer un mensonge pour éviter de passer pour un gland à avoir envoyer le poireau à analyser auprès de la Police Scientifique. Les piliers de comptoir (de bar), qui ramènent tout au complotisme et font preuve d'un antisémitisme abject. Bref, toute la société y passe, le plus hilarant étant évidemment le final, épique, avec des cascades et tout.

 

La capacité qu'a Fabcaro à faire passer simplement son humour décalé et absurde est parfaite. Une forme de don. Un don de l'écriture comique, ciselée, qui fait penser à Alexandre Astier par moment, le sens de la chute aussi. Tout ceci fait que si vous débutez le livre, vous le lisez d'une traite. Il en profite pour épingler la situation déjà très complexes des auteurs et autrices de bande dessinée. Ici comparé·e·s à des, je cite : "clochards Arméniens". Les passages sur la Lozère sont aussi très drôles, tout comme ce moment en classe où la maîtresse demande ce qu'est la tolérance mais refuse de donner la parole à Malek. C'est brillant quoi.

 

Un film a adapté cette bande dessinée, et il passera tôt ou tard sur Ashou vu que j'ai le DVD, mais ça me paraît compliqué d'avoir la même justesse, le même ton, le même rythme. Surtout sur un humour absurde et décalé. Oh, et en regardant la page wikipédia, je constate qu'il existe plusieurs adaptations scéniques aussi, au théâtre, mais que surtout, ce qui m'a vraiment fait acheter la BD, c'était la publicité autour de la lecture vivante signée Nicolas et Bruno. Connu pour la fabuleuse série "Message à caractère informatif" ou la version française délirante de "Vampires en toute intimité" (Taika Waititi et Jemaine Clement, 2015). Donc voilà, si vous cherchez un humour décalé, bien ciselé, et toujours d'actualité 10 ans après, vous le trouverez pour 14€ (hors frais de port) chez l'éditeur 6 pieds sous terre, lien juste en bas. J'ai adoré et la BD les vaut largement.

 

@+

Vidéo de Message à caracère informatif

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