Cultivons la curiosité
C'est bien beau de faire les anniversaires là, mais reprenons avec les films s'il-vous-plaît. Nous avons une pile de DVD et BluRay à vider là. Oh, et aujourd’hui nous allons retrouver un rendez-vous manqué au cinéma. Je ne sais même plus pourquoi je ne suis pas allé voir le film du jour dans les salles obscures. Alors que bon, c'était l'an dernier tout de même. Passons sur mes défauts de mémoire, dus à l'âge très certainement, et voyons voir comment nous allons débuter le mois d'août 2026. Avec un film dérivé d'un univers que j'adore, celui de la saga mettant en scène John Wick.
"Ballerina" est scénarisé par Shay Hatten, réalisé par Len Wiseman... attendez, pourquoi ce nom m'effraie-t-il ? Ah, le réalisateur de "Die Hard 4 : Retour en enfer" (2007) et de la révision de "Total Recall : Mémoires programmées" (2012). J'ai vu le premier cité, et j'avais bien aimé. Oui, je sais, beaucoup le déteste, mais ça passait pour ma part. Après, je ne l'ai pas vu depuis longtemps (au moins 12 ans sinon je l'aurais fait sur Ashou). Et pour le second film, bah pas vu. Mais il a mauvaise réputation. On jugera en temps voulu car je crois l'avoir en dématérialisé. Oh, le film du jour est sorti en 2025, fût vu en version originale sous titrée en français, et je vous laisse avec une vidéo en version originale sous titrée en anglais. Attention, elle montre certaines choses bien jouissives, comme une certaine arme. Si vous ne voulez pas le savoir, ne regardez pas la vidéo.
Vidéo de Lionsgate Movies
Bon, il m'a fallu lire le début de l'article sur wikipédia pour comprendre où situer "Ballerina" dans l'univers de John Wick. En même temps que "John Wick Parabellum" (Chad Stahelski, 2019) donc, alors que je le pensais intercalé entre "John Wick" (Chad Stahelski et David Leitch,2017) et "John Wick 2" (Chad Stahelski, 2014). Comme quoi. Enfin bon, parlons un peu du film du jour.
Tout débute par une Ballerine sous cloche, qui joue du... comment ça s’écrit, Tchaïkovski... Voilà. Une petite fille ensanglantée (pas trop, ne virez pas de l'œil tout de suite) attend sur un banc. Et on revient en arrière. Elle est tranquille avec son papa, Javier (David Castañeda), mais un truc paraît bizarre dehors. Une unité d'élite avance à pas feutrés, et vient enlever Eve (Victoria Comte) tout en cherchant à tuer son papa. De quoi offrir une belle scène d'action, où Javier improvise tout en protégeant sa fille.
La jeune fille a tout juste le temps de constater que l'unité qui attaque son papa a une cicatrice en forme de croix sur le poignet droit. Elle va aussi faire la connaissance du Chancelier (Gabriel Byrne). Qui veut à tout prix ramener Eve qui a été substituée à sa communauté par son père. Ce qui a provoqué la mort de la maman de la jeune fille. Reste que Javier a de la ressource et arrive à la sauver, au prix de sa vie. C'est là que nous revenons sur le banc avec la Ballerine qui danse sur du Tchaïkovski.
Winston (Ian McShane) arrive et va s'occuper de Eve. Il va lui confier une des pièces qui donne certains droits. Oui, parce que Winston c'est le gérant du Continental de New York. Il va la confier à la Directrice (Anjelica Huston) de la Ruska Roma. Sous couvert d'école dure pour former les Ballerines, ce sont en fait des assassines professionnelles qui sortent des bancs de cette école. Avec une éducation rude. Puis, 12 ans après, Eve (Ana de Armas) fait ses preuves. Avec une étape finale que... waouh. Ça va super vite et c'est radical. Vous verrez. Bref, elle obtient de droit de faire sa première mission. Protéger Soo-young d'un méchant monsieur qui veut l'enlever. Non, attendez, protéger Katla, incarnée par l'idol notamment connue pour faire partie du groupe Girls' Generation (ou SNSD comme vous voulez), Choi Soo-young. J’ai un peu bugué en la voyant ici, mais bon, c'est un peu décevant car elle n'apparaît même pas 5 minutes.
En tout cas, après une scène mémorable là aussi, où vous ressortirez avec plein de bleus et mal partout, Eve devient Kikimora. Une protectrice en gros. Puis, 2 mois passent... oh, elle rencontre John Wick (Keanu Reeves), de passage à la Ruska Roma pour obtenir de l'aide (donc dans le troisième film John Wick). Alors, je ne sais plus si c'est avant ou après sa mission. Mais passons. Ceci fait le lien pour positionner l'action dans cet univers. Même si personnellement, comme dit au début, je me suis trompé. Mais donc, 2 mois après sa première mission, alors que l'on constate que sa mission actuelle est un carnage dont on n'assiste qu'aux résultats, avec des corps de partout, des armes, des bris de glace... bref un truc de malade, elle va se retrouver face à un étrange personnage.
En effet, elle se retrouve attaquée par un membre de la communauté du Chancelier. Elle prélève la main, pour montrer la croix sur le poignet de son assassin à la Directrice. Coup de froid. Eve a pour ordre de ne pas entamer de vengeance avec cette secte. Une paix est instaurée depuis des siècles entre les 2 blocs d'assassines et assassins, il s'agirait de ne pas tout mettre en l'air. Forcément, Eve va enquêter, contre l'ordre de sa directrice, et elle va se retrouve au Continental. Quel plaisir de voir une dernière fois le regretté Lance Reddick dans son rôle de Charon à l'accueil de cet hôtel spécial. Elle vient pour Daniel Pine (Norma Reedus), mais ne le dit pas. Et il se trouve que ce dernier est surveillé par les membres de la secte. Il a voulu sauver sa fille, comme Javier l'avait fait un peu plus de 12 ans avant pour Eve.
Dès lors il va s'agir de s'échapper sans enfreindre les règles du Continental. Une fois de plus, giga grosse scène d'action. Après, on constate que par rapport à John Wick/Baba Yaga, Eve est moins efficaces, mais arrive tout de même à s’en sortir. Même si là c'est de justesse. Elle va devoir s'équiper et va jeter un œil à l'armurerie secrète tenue par Frank (Abraham Popoola), avec une blague hilarante sur son prénom en version originale. La secte est prête à tout pour tuer Eve, car ils pensent qu'elle veut récupérer la fille de Daniel. Ella (Ava McCarthy) a en effet été enlevée par la secte, et s'avérera être la petite fille du Chancelier.
Bon, à nouveau grosse scène d'action, à base de grenades cette fois-ci. Avec des protections in extremis contre des portes ou des tables renforcées. Que dire de ce moment où Eve crée une ouverture dans le mur sans vraiment le vouloir. Bref, tout est fluide, tout se suit bien. Alors oui, nous sommes dans l'univers de John Wick, donc tout est abusé à l'extrême, mais ce n'est pas fini. Car Eve veut à tout prix tuer le Chancelier par vengeance. Ceci va provoquer une tension entre la secte et la Ruska Roma, au point d'envoyer Baba Yaga faire le ménage. Et là, une fois de plus, on va tomber sur un autre passage dingue. Avec des révélations, des fusillades et une baston qui aurait dû être ridicule avec une arme un peu spécifique (que vous voyez dans la bande annonce).
Ce film est excellent. Dans la veine des John Wick. Avec peut-être une action moins maîtrisée, mais pourtant toujours aussi spectaculaire. Tout s'avère clair, et on note que Eve n'a pas du tout le niveau de John Wick. Ce dernier nous offre une petite étendue de ses talents sur la fin, sans prendre toute la lumière du film. Et ça c'est bluffant. Désolé pour la révélation, mais on pense que John et Eve vont s'allier pour buter le village, mais non. OK, il lui donne du temps, un tout petit coup de main. Mais ça ne va pas trop loin. Par contre quand les membres de la secte se chient dessus parce qu'iels doivent attaquer Baba Yaga, c'est trop drôle. Disons que ce petit instant permet de voir la maîtrise de John Wick contre l'aspect plus improvisé de Eve. Qui ne fait pas toujours mouche, prend ce qui lui vient sous la main un peu au hasard, mais reste efficace. Tout en morflant il faut avouer.
Et bien nous voilà face à un film que j'ai adoré. Dans un style différent, nous sommes face à un personnage attachant, qui arrive à nous faire souffrir quand elle prend ou met des beignes. Une fois de plus, ça virevolte, ça brise des portes, des fenêtres, utilise différent type d'arme. Le seul problème de ce film, il est identique à celui des John Wick, c'est extrêmement difficile de croire qu'elle arrive à faire tout ça seule. Difficile à croire que ses blessures, qui semblent profondes, lui permettent de continuer à se mouvoir aussi facilement. Mais dans l'ambiance du film, ça passe. Parce que l'on ne vient pas voir une performance réaliste, mais bien des scènes qui font mal et impressionnent. Et c'est réussi.
Autres défauts, nous avons Anne Parillaud qui est dans la distribution, mais absente de cette version. Il faut voir la version longue pour voir l'actrice coupée au montage, et ça c'est dommage. J'ignore aujourd'hui comment on peut voir cette version... et c'est triste. Pour une question de rythme, OK, le film dure 2h05, mais au moins un petit caméo quoi... Passons. L'autre soucis, le principal je dirai, c'est la flemme du scénario. Un quasi copié/collé des autres films de la saga. Notamment la fin, similaire à celle de "John Wick 2" je trouve. Oui, Eve ne se retrouve pas exclue de partout, mais tout de même, son nouveau statut, ce qui lui arrive, ça sonne le déjà-vu. Dommage.
Sinon, pour le reste, vous pouvez foncer. Je ne trouve pas que ça s’essouffle, car l'action proposée est de qualité, il y a tout de même quelques changements si on compare aux John Wick, et j'espère qu'il y aura une suite, ou peut-être dans un éventuel "John Wick 5" (pitié non, pas de cinquième film, mais un deuxième "Ballerina" on prend). On attend et on voit, wait and see comme ils disent en anglais. Un film à voir si vous aimez l'action, par contre pitié, ne cherchez pas la petite bête. Si vous êtes du genre à être tatillon ou tatillonne, ne regardez pas ce film, vous n'allez pas aimer. Mais après, si vous êtes de ce genre, je ne vois pas quels films peuvent vous plaire (oui, je vous juge fortement alors que je suis mal placé pour ça). J'ai adoré, à voir.
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