Cultivons la curiosité
Essayer d'avancer dans sa pile de BluRay/DVD, c'est parfois se souvenir que l'on a un film uniquement parce qu'il nous a marqué la première fois que nous l'avons vu. "Hudson Hawk, Gentleman & cambrioleur" (Michael Lehmann, 1991) en est un parfait exemple. Le film du jour aussi. Je me souviens l'avoir vu avec mes parents. J'ignore si il avait été enregistré sur cassette vidéo suite à son passage à la télévision, ou si nous l'avons vu directement sur une des 5 chaînes disponibles en clair. En vérité je ne me souviens que de Dustin Hoffman dire "Ho ho, pété". Enfin... Dustin Hoffman, plutôt le comédien Dominique Collignon-Maurin qui lui prête sa voix en français.
Et en fait, après avoir revu ce film, la musique aussi m'avait marqué. La petite flûte de pan là. La chanson "Iko Iko" aussi. C'est pourquoi je l'ai en DVD. Dans le but, un jour, de le revoir. Ce jour est donc arrivé. Sorti en 1988, réalisé par Barry Levinson, avec au scénario Ronald Bass et Barry Morrow (notons que le film s'inspire d'une histoire de ce dernier selon wikipédia). Il dure environ 2h08, et je vous laisse découvrir la bande annonce pour Arte, en version française (avec Patrick Poivey prêtant sa voix à Tom Cruise). Sachant que je l'ai vu en DVD, en version originale sous titrée en français, et qu'il est disponible sur Netflix au moment où j'écris ces lignes (en février 2026).
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Charlie Babbitt (Tom Cruise) est introduit alors qu'il est en train de recevoir des Lamborghini. On devine assez rapidement qu'il est importateur de véhicules européens prestigieux. Seulement, sa boutique tient plus du hangar peu accueillant que d'une belle concession. Il lance son commerce avec Lenny (Ralph Seymour) et Susanna (Valeria Golino). Cette dernière est aussi sa compagne.
Donc, le commerce de Charlie est un peu tendu. Il a emprunté pas mal d'argent, et doit gérer un problème pour faire homologuer les voitures. Les clients (forcément des gros riches) ne sont pas contents, la banque non plus. Bref, c'est la merde et notre protagoniste doit pourtant continuer d'avancer sinon c'est la banqueroute. Alors qu'il désire se rendre à un événement dans un lieu huppé, pour faire du business et faire plaisir à Susanna (même si cette dernière est hésitante), il apprend la mort de son père.
Le voilà contraint de partir à l'autre bout des États-Unis d'Amérique, afin de tout régler. Bon, soyons honnête, il était en froid avec son père, donc peu importe. Charlie veut juste régler le truc pour revenir et essayer de sauver son business. Ce retour dans la maison où il a grandi permet à Susanna d'enfin en savoir plus sur son compagnon. Une mère décédée tôt, un père incapable d'éduquer avec amour son fils, ceci a provoqué un clash, qui fera rompre les ponts entre le père et le fils.
Charlie est malgré tout content, il hérite de la superbe voiture, celle-là même qui avait marqué la discorde. Les rosiers, peu importe. Par contre, il n'aurait pas été contre le fait de toucher les 3 millions de dollars. Ceux-ci vont vers une personne que Charlie ne connaît pas, dans un institut... Notre protagoniste va découvrir qu'il a un grand frère, Raymond (Dustin Hoffman). Ce dernier souffre du syndrome du spectre de l'autisme, dit l'autiste savant, ou le syndrome du savant. En gros, il est très intelligent, capable de calculer et compter rapidement, mais est incapable de communiquer normalement, et se rassure dans des gestes répétitifs, des rituels.
Charlie va rapidement faire parler sa nature de gros connard, et décider d'enlever Raymond, afin d'en devenir l'unique tuteur légal (après tout, il est de sa famille) afin de toucher la moitié de l'héritage (notons qu'il ne cherche pas à garder les 3 millions pour lui). Ceci provoquera une dispute avec Susanna, qui juge sa façon de faire dégueulasse (et elle a raison), et voilà nos deux frères contraint de traverser les États-Unis d'Amérique dans la voiture léguée par leur père.
Ah, oui, parce que Ray déteste l'avion, trop de mauvaises statistiques. Il ne supporte pas d'être dans un lieu inconnu, et de ne pas respecter ses repas, ou de ne pas voir ses émissions préférées à la télévision. Sans parler du bruit, ni même de la pluie. Ceci retarde fortement Charlie. Cependant, ce road trip, voyage routier (et pas autoroutier car trop dangereux selon Raymond) va forcer notre protagoniste à s'adoucir, et aussi montrer du pays à Raymond, ce dernier n'étant jamais sorti de son hôpital.
On va découvrir Charlie, le golden boy typique des années 80-90, même si il est riche de l'argent des autres. Cependant, il n'arnaque pas, il essaye juste de lancer son business sur les sous des autres. Et ça ne marche pas trop. Ensuite, on découvre, à la fin des années 80, ce qu'est être autiste. Aujourd'hui, on arrive à en parler librement, mais à l'époque, les gens étaient pris pour des "retardés". Notons que la performance de Dustin Hoffman lui vaudra un Oscar, mais celle de Tom Cruise n'a rien à lui envier. Ce jeune premier qui fait tout pour se lancer, capable d'enlever un frère dont il ne connaît rien pour toucher 1.5 million de dollars, qui va s'attendrir au fur et à mesure qu'il commencera à comprendre son frère, c'est beau. Surtout pour lui qui n'a jamais vraiment eu de famille.
Le film est sur un rythme lent. Il y a des scènes de crises qui peuvent marquer, et d'autres qui sont très touchantes. Beaucoup ne retiendront que la scène du casino, mais personnellement je ne la trouve pas excellente, et même un peu longue. Le film fonctionne encore aujourd'hui je trouve. La réalisation est efficace, et évidemment que l'on en connaît la fin. Une fin un peu abrupte.
Entre la scène du casino et les photos finales, on voit immédiatement de qui "Very Bad Trip" (Todd Philips, 2009) s'inspire. Pour le casino je le savais, pas pour les photos. Et sinon, que dire de plus, ah si, la bande son est superbe, mais bon, c'est Hans Zimmer aussi, donc il ne pouvait pas en être autrement. Et pour en finir, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original ainsi que meilleur acteur, 4 statuettes pour le film aux Oscars 1989, excusez du peu. J'avoue que c'est amplement mérité.
Alors, le voir, ou non ? La question mérite d'être posée. Il faut aimer le film posé, qui offre un mélange entre un road trip, buddy movie, et drame. L'histoire est superbe, le duo fonctionne parfaitement, la distribution joue bien, la réalisation est propre. Non, c'est un film à voir je pense. J'ai beaucoup aimé le revoir, même le redécouvrir. Seulement, je ne pense pas le revoir. C'est typiquement le genre de film que l'on ne voit qu'une fois, et c'est bien. Là, je l'ai revu parce que ma découverte a été faite quand j'étais petit, et je n'avais pas tout compris au message du film.
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