Cultivons la curiosité
Oui, nous en avons enfin terminé avec le cinéma sur Ashou. Euh, non en fait, car voici le mois spécial cinéma horrifique. En Octobre. C'est original. Genre il y a 3 mois qui ont un vendredi 13, et pas une seule trace de Jason. D'ailleurs, je vous réserve une désagréable surprise pour le 13 Novembre 2026. Désagréable si vous vous attendez à revoir Jason. Mais là n'est pas le sujet de ce mois. Enfin si. Car, toujours dans le but de voir les films que j'ai en support physique, nous allons voir 31 films du cinéma de genre horrifique. 31, comme le titre du film qui ouvre le bal. C'est bien fait des fois.
Rob Zombie tient une place particulière dans mon petit cœur de fan de peloches horrifiques. Peloches pour pellicules, petit surnom des films, parce que avant c'était pas tout numérique... mais passons. Donc, Rob Zombie a une façon de faire des films, qui est à la fois répugnante et enthousiasmante. Le mec sait manier une caméra, mettre en avant des gens un peu fous, et des meurtres qui vous font bobo à coup sûr. Le tout, sans vous faire vomir, ou partir dans une surenchère qui provoquera des fous rires. Non, le mec manie parfaitement l'horreur sympa à voir, qui fascine, sans pour autant faire n'importe quoi ou virer dans le film de série B voire Z.
Ainsi, je ne sais plus quand, j'ai acheté ce BluRay. Qui contient aussi son huitième film, "The Lords of Salem" (2013). Pas encore vu j'avoue. Mais regardons donc son neuvième film, sobrement intitulé "31" (2016). C'est parti pour 1h38 d'un spectacle violent, délirant, fascinant, prenant, le tout emballé dans un budget ridiculement bas, et au résultat exceptionnel. Je vous révèle un peu mon avis sur ce film, mais il m'a un peu rabiboché avec l'horreur, et me permet d'aborder sereinement les 30 films à venir, même si il y en a des gratinés. Mais petite bande annonce en version française, tandis qu'il fut vu en version originale sous titrée en français.
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Le film débute par une arrivée marquante, en noir et blanc. Une silhouette longiligne, inquiétante, s'approche de nous. On découvre Doom-Head (Richard Brake) qui sort un monologue effrayant. On devine qu'il fait partie d'un groupe de psychopathe, payé par d'autres psychopathes, pour faire un truc. Et ce truc, il le fait bien. Rapidement, on se rend compte que nous sommes à la place d'une victime. On ignore son visage pendant un temps assez long, et arrive l'horreur après une montée lyrique effrayante.
Puis on tombe sur un générique simple, en Super 8 (ou du moins en format 4/3 avec des couleurs délavées). Nous sommes en 1976, proche du 31 octobre, et nous allons suivre un groupe de personnes vivants au jour le jour dans un camping car délabré. On découvre Charly (Sherry Moon Zombie), Venus (Meg Foster), Panda (Lawrence Hilton-Jacobs), Roscoe (Jeff Daniel Phillips) et Levon (Kevin Jackson). Sauf erreur de ma part, deux femmes présentent dans le camping car ne sont pas connues plus que cela.
Bon, je vous passe la présentation des personnages principaux, plutôt sympa, avec une bonne représentation des années 70. Intéressons-nous au fait que notre petit groupe va tomber sur un endroit très bizarre, effrayant, et se retrouver prisonnier d'un jeu macabre. 31 est son nom. C'est un jeu de survie, dans une sorte d'usine désaffectée. Le tout est mené par un maître du jeu, le père Murder (Malcolm McDowell), qui a invité 2 de ses amies à parier sur qui va mourir en premier entre numéro 1, 2, 3, 4 ou 5. Je sais que Charly est numéro 5, la plus faible, et les autres je ne me souviens plus de l'ordre, désolé.
Notre groupe va se retrouver éparpillé dans cette usine, et a 12 heures, le 31 octobre 1976, pour survivre. Mais bon, là, vous vous dites qu'il n'y a rien d'effrayant. Sauf que des personnages haut en couleur et cinglés vont venir les courser. Au début, c'est Sick Head (Pancho Moler) qui s'y colle. Atteint de nanisme, il n'en demeure pas moins redoutable et effrayant dans sa fascinant qu'il a pour le moustachu énervé dans les années 30 et 40. Si vous voyez ce que je veux dire.
Viendront les frères tronçonneuses, et d'autres meurtriers ainsi qu'une meurtrière. Avant que finalement Doom Head ne soit sorti de sa partie de jambe en l'air, alors qu'il avait bien indiqué ne pas vouloir participer cette année. Sa préparation pour participer à ce "jeu" est excellente. On pense forcément au Joker. Et le personnage est terrifiant, mais aussi un peu fascinant.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le film, qui commence par le monologue effrayant de Doom Head sur une victime du 31 octobre 1975, s’apaise rapidement. On apprend à connaître le groupe des 5 qui va souffrir. Certes iels n'ont pas inventé l'eau chaude, mais nous non plus. Donc on s'attache rapidement à elles et eux. Pour sombrer rapidement dans l'horreur. La scène du repas est prenante aux tripes. Mais ce n'est rien à côté du déluge sanglant qui nous attend avec les frères tronçonneuses. Petit défaut, on sent que Rob Zombie secoue beaucoup sa caméra pour palier un manque de budget dans les effets.
Quoique ceci offre un charme au film. Ce manque de budget force à jouer sur la photographie (signée David Daniel, elle est excellente), et le sang coule malgré tout à flot. Bon, j'avoue que je n'ai pas gardé grand chose de la musique, mais une bande son qui s'oublie n'est-elle pas justement bonne ? La distribution s'en sort haut la main, et le tout nous offre un film qui ne paye pas de mine, qui fait penser aux grands films d'horreur des années 70, mais avec la touche moderne du survival. On pourra s'étonner que les 3 aristocrates qui s'amusent, voient tout, entendent tout. Mais dans le film ça passe.
Oui, il faut malgré tout ne pas être ultra sensible. Le film est sanglant, et surtout ultra violent. On ne verra pas d'éviscérations, mais des coups de poignards, de tronçonneuses, de battes, qui font vraiment mal. On souffre en même temps que les victimes, et on ne se retrouve jamais écœuré·e·s. Rob Zombie et son monteur Glenn Garland arrivent à offrir un excellent rythme. Les 68 minutes passent vite et nous offrent un spectacle qui plaira aux fans d'horreur. Même si, honnêtement, on n'a que trop rarement peur j'ai trouvé. La faute à un scénario trop prévisible, mais efficace.
J'ai donc beaucoup aimé ce film, et je vous le conseille si vous aimez les films d'horreur. Rien ne vous surprendra ici, mais vous allez tout de même souffrir. Sans pour autant provoquer de la peur, on a mal en même temps que les victimes. Ceci malgré un budget limité et une réalisation qui secoue un peu trop la caméra à mon goût. Attention, c'est vraiment à réserver à un public averti. Un mélange de "Running Man" (Paul Michael Glaser, 1987) avec du "Hostel" (Eli Roth, 2005), prenant et offrant son lot de sensations. J'ai adoré.
@+
P. S. : Je découvre que Rob Zombie a fait participé les fans à ce film avec un financement... participatif. Faites ce que vous voulez de cette information, moi je trouve ça cool.