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Cultivons la curiosité

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Trap

Trap
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Oh, et bien nous allons vivre un concert un peu particulier aujourd'hui. Avec l'expérience complète full VIP tout ça. Ou non. Disons que quand "Trap" est sorti, en 2024, j'avoue que j'ai failli aller le voir au cinéma. Finalement ça ne s'est pas fait, à priori sans grand regret au regard de certains retours mitigés. Le scénario, signé par le réalisateur M. Night Shyamalan avait tout pour plaire pourtant. Alors, qu'en sera-t-il réellement ? Vrai raté ou petite surprise ?

 

Sachez cependant, petite révélation, que nous ne passerons pas 1h45 à entendre un concert de Lady Raven. Si vous n'aimez pas la pop étasunienne, vous n'avez pas à vous inquiéter. Mais peut-être est-ce justement de la seconde partie de ce long métrage dont il faut se méfier ? Nous allons voir cela après la bande annonce en version française, alors que le film a été vu en version originale sous titrée en français.

Vidéo de Warner Bros. France

Alors déjà la 30000 spectateurs de la bande annonce, je ne sais pas d'où ils le sortent, dans le film ils annoncent un peu plus de 20000, mais passons. Et donc, tout débute alors que l'on suit un père, Cooper (Josh Hartnett) qui accompagne sa fille Riley (Ariel Donoghue) au concert de sa star préférée Lady Raven (Saleka Night Shyamalan). Tout le début du film nous fait ressentir ce que c'est que d'aller à un concert. Essayer de voir la star arrivant à la salle, en applaudissant à peine la porte du bus s'ouvre, quitte à être déçu·e que ce ne soit qu'un agent de sécurité. Puis l'arrivé à l'entrée de la salle. Le passage par les halls, les fans qui dansent, le merchandising, les produits dérivés pardon, la nourriture aussi. Honnêtement, cette partie est ultra réaliste.

 

Sauf une chose. La présence renforcée de policier et d'agent du SWAT. Ah ouais, il y a un paquet de force de l'ordre ici. Ceci n'est pas normal. Et la raison sera connue plus tard. Cooper s'inquiète, sans plus, de cette présence. Et donc on arrive dans la salle. Riley et son papa sont en fosse assise, et on peut dire que M. Night Shyamalan pose sa caméra à hauteur d'Humain·e, donc on ressent bien ce que ça fait que d'être dans cette salle. Le fait que la première partie voit les gradins peu remplis, mais en train d'accueillir les spectatrices et spectateurs. Rien d'anormal. Arrive la star de la soirée, là aussi on pourra être surprise et surpris de la justesse avec laquelle le réalisateur nous fait ressentir ce que c'est que d'assister à un concert.

 

Scène magnifique, décor, costume, chorégraphie. On sent que la famille Night Shyalaman a mis les bouchées doubles pour vraiment nous immerger dans ce concert. Et ça fonctionne. Les fans qui crient, qui se lèvent dès les premières notes de la chanson d'ouverture, les bracelets lumineux, les téléphones pouvant servir de loupiote pour accompagner une belle chanson. Les prises de parole de l'artiste aussi, qui explique son passé, et diffuse un joli message. Tout ceci, bah en fait, on se dit que c'est bon, on assiste à un concert de la fille du réalisateur en fait.

 

Concert beau et agréable. Saleka étant une artiste musicale peu connue, mais tout de même talentueuse comme nous le verrons ici. Arrive l'entracte, où Cooper arrive à pêcher l'info principale. Si il y a autant de force de l'ordre ici, c'est pour piéger le Boucher. Un tueur en série qui découpe ses victimes. Et on apprend assez vite que Cooper est le Boucher. Dès lors, alors qu'il passait un excellent moment avec sa fille, il n'aura qu'un but, arriver à trouver une issue, en exploitant la moindre faille dans un système pourtant parfaitement huilé et encadré.

 

Le film va basculer vers sa moitié, et si jusque-là nous ressentions de la tension, et même presque une envie de voir Cooper s'en sortir, alors que c'est le monstre de l'histoire, la seconde moitié nous offre tout autre chose. Et est malheureusement bien moins réussie que le début. Ce qui est dommage je trouve. La traque continuant, mais virant au n'importe quoi. Déjà, pendant le concert on pouvait dire que l'expérience d'un concert n'était pas non plus ultra réaliste. Genre lors du show, il y a v'là du monde dans les travées de l'Aréna. Mais genre on dirait que la moitié des spectateurs et spectatrices sont ici. Il y a aussi cette entracte longue, mais qui fait rater aux fans la reprise... pas très logique, mais ceci est pour être tatillon.

 

Et tatillon, il ne va pas trop falloir l'être dans la seconde partie. Ici, sans trop en révéler, ça part en sucette. Mais complétement. Le réalisateur décide d'envoyer chier la logique, et notre suspension d'incrédulité en prend un énorme coup dans le pif. Je vous assure. Alors oui, il y a un peu de tension, de stress, mais entre le coup des toilettes, de la rue, de la limousine, c'est un chat le mec... Et que dire de la révélation finale qui, pour le coup, est à chier. Ouvertement. D'où vient la faille, c'est une énorme blague à laquelle je n'ai tout simplement pas cru. Ceci me paraissait tellement gros, que je ne sais pas, mon cerveau a refusé d'y croire. J'ai même cru à une blague. Mais non.

 

Le problème de cette seconde partie est qu'elle vient complètement annihiler la première. On en vient à penser que si M. Night Shyamalan a aussi bien filmé le concert, ce n'est pas pour offrir une ambiance détendue à laquelle on peut se raccrocher, offrant une dualité avec l'impression d'être une souris chassée par les chats. Non, on a malheureusement l'impression qu'il a fait ça pour filer un coup de pouce à sa fille. Qui est très talentueuse, il n'y a rien à redire là dessus. Juste, le fait que la partie concert dure aussi longtemps nous fait dire que c'est clairement un père qui cherche à aider sa fille. Et pas dans le film. Bon, j'avoue que là j'ai choisi le truc extrême. Parce que la fin est tellement pétée au sol, éclatée au sol pardon, que l'on se demande pourquoi il a fait ça.

 

D'un point de vue personnel, j'ai adoré l'entame. Josh Hartnett joue à la perfection cette dualité du père modèle, aimant, quitte à jouer avec l'oncle de Lady Raven (qui est interprété par M. Night Shyamalan). Et le meurtrier qui est pris dans un piège, duquel il doit se sortir à tout prix sans se dévoiler devant sa fille. Cette dernière vivant sa meilleure vie en plus durant ce concert. Je n'ai pas bien compris l'embrouille avec la mère des camarades de Riley, une intrigue qui ne mène à rien, sauf à se délecter de la jalousie de la fille de cette dame un peu instable quand Riley vit son meilleur moment.

 

L'entame qui en plus nous plonge dans ce qu'est d'assister à un concert avec une fidélité plutôt bonne. On verra même les coulisses, ce qui est peu commun j'avoue. Genre les 45-50 premières minutes sont excellentes, et, contrairement à ce que j'ai dit plus haut, on pense que ceci a été fait pour mettre en avant les qualités de Saleka. Sachant que l'idée de mélanger un concert avec un thriller était commune à Saleka et son père. par contre la seconde partie est cataclysmique. Elle aurait pu... dû même, se transformer en chasse à l'homme plus classique. Mais M. Night Shyamalan a voulu innover et c'est là où le film se plante. Perdant toute la crédibilité acquise jusque-là.

 

J'estime, pour conclure, que ce n'est pas un échec. Le film se suit bien, il est captivant au début, puis part en sucette. Un peu trop selon moi, au point de nous sortir de l'histoire. Ceci est fort dommage, mais pas rédhibitoire. Car on reste tout de même pour voir où cela va finir. Il y a un peu trop de facilité dans le scénario pour remettre une pièce dans la machine à chaque fois que l'on croit Cooper acculé. Dommage, car cela aurait pu offrir un vrai film marquant, et au final on est face à un long-métrage sympa à voir, mais qui sera vite oublié. Peut-être le garderai-je en mémoire grâce à sa vision de l'expérience qu'est de vivre un concert, plutôt bien retranscrite. Mais ce sera tout pour ma part. Josh Hartnett, et même la distribution complète, joue parfaitement bien. Dans les bonus on voit le boulot énorme qu'a dû faire Saleka pour ce film, créer un album, rentrer dans la peau de Lady Raven, apprendre les chorégraphie et les chansons (qu'elle a écrit en grand nombre). Un film que je vous conseille malgré tout, mais dont la dernière partie déçoit énormément. Vous passerez tout de même un bon moment devant.

 

@+

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