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Cultivons la curiosité

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Cabal (Director's Cut)

Cabal (Director's Cut)
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Clive Barker est ce que l'on nomme un grand nom de la littérature fantastico-horrifique. Le grand public le connait pour "Hellraiser : Le Pacte", avec le cénobite de Pinhead (Doug Bradley dans le film cité) qui a sa place particulière dans la pop culture. Personnellement, je connais Clive Barker pour sa participation au jeu vidéo poisseux "Clive Barker's Jericho" de 2007 (et disponible sur PlayStation 3, XBox 360 et Ordinateur), que je n'ai jamais pu faire tant ça dégouline de gore.

 

Mais c'est surtout avec l’adaptation par KITAMURA Ryûhei en 2008, de sa nouvelle "The Midnight Meat Train" (ou "Le Train de l'abattoir" en français). Le film avait marqué un renouveau pour moi, un retour de mon appétence pour les films de genre, alors que j'avais lâché l'affaire. C'était en vidéo, et je me rappelle encore de la claque prise (certainement vers 2009).

 

Bien évidemment j'ai vu "Hellraiser : Le Pacte" peu après, mais je n'en garde pas un souvenir impérissable, peut-être n'avais-je pas le bagage pour comprendre les subtilités de ce film. L'aspect fantasmagorique, liant horreur et luxure m'avait certainement dépassé. Comme réalisateur, le romancier ne fût pas très prolifique. 5 films entre 1973 et 1995, mais c'est surtout son travail de scénariste et producteur qui marqua le cinéma ("Candyman" de 1992 signé par Bernard Rose notamment).

 

J'ai eu 2 grosses périodes où je m'intéressais aux films de genre. Pendant ces périodes, je lisais le magazine Mad Movies. Je les place entre 2004-2008 et 2009-2012, sans en être certain. Et je voyais souvent le nom d'un film qui revenait. Comptant une fable mettant en scène des monstres, c'était évidemment "Cabal", le film que je découvre enfin en 2025. Sorti en 1990, réalisé et scénarisé par Clive Barker, j'ai toujours cru que ce serait poisseux, crade, glauque, comme dans le jeu vidéo cité plus haut, ou "Midnight Meat Train", or, il est possible que ce ne soit pas le cas. Plongeons dans la version "Director's Cut" du combo BluRay/DVD de chez ESC éditions. Le DVD contient la version cinéma, de 100 minutes, tandis que le BluRay voit le montage du réalisateur, qui dure 2 heures. C'est cette dernière que nous avons vu, en version originale sous titrée en français.

Vidéo de Otto Rivers

Oui, bon, d'accord, la bande annonce ment quelque peu. On nous annonce un film angoissant, violent, qui va faire peur. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les premières minutes du film le sont. On assiste à une chasse, entre une personne et des sortes de monstres difformes, dont on n'arrive pas à percevoir les contours. Un portail rouillé se présente au bout d'un chemin jonché de hautes herbes. C'est stressant, angoissant, la caméra ne cesse de se secouer. Bref, le malaise est là.

 

Logique, ce n'était qu'un cauchemar. L'occasion de découvrir Aaron Boone (Craig Sheffer), le héros de cette histoire. Il est avec sa compagne Lori (Anne Bobby), qui lui conseille d'aller voir le docteur Decker (David Cronenberg). On dirait que Aaron n'aime pas trop y aller, mais ses cauchemars le hantent, et il va demander conseil au docteur. Ce dernier lui fait une révélation, Aaron décrit ses cauchemars avec une telle précision lors des consultations, que Decker a pu faire le lien avec les victimes d'un tueur en série.

 

Tueur en série dont nous avons pu voir le mode de fonctionnement. Il entre dans des foyers, et assassine violemment au rasoir, ou couteau, avec un truc tranchant, quiconque est présent dans la maison. Nous sommes au début du film, et là, c'est bien un film d'horreur devant lequel on se retrouve. Seulement, le ton va changer quand Aaron va décider de partir. Partir loin, vers Midian, un lieu où les monstres se retrouvent pour éviter tout contact avec l'Humanité. C'est en effet la peur de faire du mal à Lori qui pousse notre héros à se renseigner sur ce monde alternatif.

 

Pas de bol, Decker a averti l'inspecteur Joyce (Hugh Quarshie), et notre duo retrouve Aaron à l'hôpital, après que ce dernier ait manqué de se manger un camion dans la tronche. Les pilules données par Decker ont provoqué des hallucinations, ce qui a provoqué son accident. Aaron croise un homme étrange à l'hôpital, qui invoque les démons de Midian. C'est ainsi que notre héros va savoir comment s'y rendre, son périple continuant après avoir échappé de peu à Joyce qui arrivait à l'hôpital.

 

L'aspect délicat maintenant, est de vous en dire plus ou non. Oui, je vais pousser un peu. Aaron trouve Midian, un cimetière assez glauque. Mais il sera pourchassé par un monstre qui le mordra. Je n'ai pas saisi son nom désolé. En sortant péniblement de Midian, Aaron retrouve un troupeau de policiers prêts à l'abattre. Ainsi que Decker. Ce dernier indique que Aaron est armé (ce qui est faux), et voici notre héros mort d'une pluie de balle, dès la première demie-heure achevée.

 

Alors qu'il s'apprête à être autopsié, le corps, non, Aaron lui-même, recouvre la vie et s'échappe. Cette fois-ci notre héros va pouvoir découvrir ce qu'est vraiment Midian, un lieu paisible où les "Freaks" (monstres en résumé) essayent de vivre loin de l'Humanité. En parallèle, Lori décide de retrouver le corps de son petit ami, qui donc pourrait commettre un tel sacrilège ? Ah, non, en fait elle veut finir son deuil en se rendant sur le lieu du trépas de son compagnon. Ce qui va la mener à Midian.

 

Là je n'irai pas plus loin. Nous apprendrons pourquoi les monstres se terrent ainsi, et à travers les yeux de Lori, nous découvrirons ce lieu fantastique qu'est Midian. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en terme de décor, costume et maquillage, c'est magnifique. Grandiose même. Sachez que si les monstres qui parsèment les sous sols du cimetière peuvent impressionner, hormis les Bersekers, ils ne semblent pas trop dangereux.

 

La chose qui impressionne le plus, c'est ce final, où l'Humanité menée par Decker et un Shériff totalement ravagé par la haine, décide de tout faire péter et veut commettre un génocide. Éradiquer TOUS les monstres. On se retrouve même avec un prêtre alcoolique qui supplie les forces de l'ordre d'arrêter le massacre. Heureusement Aaron (désormais transformé en Freaks) s'avère être le héros de la prophétie, celui qui provoque la fin de Midian pour mieux la reconstruire ailleurs et sauver au mieux les monstres.

 

Je ne suis pas très clair dans mes propos, j'avoue. Alors je vais vous dire ce que j'ai pensé de ce film. Si le début laisse à penser que ce sera un film d'horreur classique, rapidement on se retrouve plus sur une fable, où les monstres sont contraints de se cacher des humains. Les vrais monstres de l'histoire ne sont pas ceux que l'on croit. La fin est un déluge de violence, où l'Humanité laisse parler sa haine. Les hommes présents haïssent les monstres, alors que bon, au final, on ne sait pas pourquoi. Bon, si, on sait, c'est grâce à la manipulation de Decker, mais je vous laisse découvrir ce qu'il en est.

 

Nous sommes plus proche de la fable fantastique teintée d'horreur, que d'un pur film horrifique. Oui, il y a du sang. Oui, les costumes et maquillages peuvent effrayer et marquer les âmes les plus sensibles. Mais quand on y regarde bien, ce qui effraie le plus ici c'est le comportement des hommes. Les seules femmes présentes cherchent à sauver ce qui peut encore l'être. Quitte à passer outre certaines peurs. Lori est un personnage impressionnant, qui va littéralement s'enfoncer dans les limbes d'un cimetière par amour pour Aaron.

 

Si vous chercher à avoir peur, seules les premières minutes y arriveront. Le reste n'est ni effrayant, ni dégoûtant. Oh, si, on peut voir dans le déluge final une peur de l'Humanité, mais ceci n'arrive qu'à la fin. Et ça part tellement dans l'action que la peur ne monte pas vraiment. On se réjouit de la réponse des monstres contre les armes surpuissantes des adversaires. Sans avoir énormément de gore. Attention, c'est violent, mais je n'arrive pas à dire pourquoi, je m'attendais à plus, à pire.

 

Fable fantastique qui parle évidemment de racisme, de la stupidité de l'Humanité, de l'horreur que les hommes sont capables de commettre, "Cabal" est un film intéressant à découvrir. Très propre dans sa version ESC éditions, il ne fait pas ses 35 ans. Les effets visuels (décors, costumes, maquillages) sont incroyables. Rien que pour ça, il doit être vu. Par contre, je doute du fait qu'il soit agréable à revoir. Une fois la surprise passée, une fois la fin (ouverte) connue, je ne suis pas certain que ce soit nécessaire.

 

Un très bon film avec des monstres, mais qui cherche plutôt à alerter sur la violence dont l'Humanité est capable. Je suis très content de l'avoir vu, il est marquant, et je vous le conseille. Attention, si il n'est pas aussi gore et violent que j'aurais pu le croire, des scènes et costumes peuvent impressionner les plus sensibles. Ce n'est pas un film d'horreur à proprement parler, mais il a des images qui peuvent choquer. À voir si vous aimez les films de genre.

 

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