Cultivons la curiosité
Que diriez-vous de se terrer bien au frais, avec de l'eau bien fraiche ? Bon, j'espère qu'il ne fait pas un temps trop frais sinon mon introduction tombe à l'eau. MWahaha, je suis trop drôle. Tombe à l'eau. Vous l'avez ? Ah, non, car vous ne connaissez pas encore le film du jour. Pardon. Parfois j'oublie qu'il y a des personnes qui n'ont pas connues le siècle dernier c'est vrai. Aujourd'hui, nous allons voir un film qui, mine de rien, a marqué ma jeunesse. Je vous refais le sempiternel même truc, à propos des films que je ne découvrais pas au cinéma, mais en vidéo, en cassette vidéo plus précisément. Je ne vous explique pas ce que c'était, en gros, c'était Netflix dans une boîte noire qu'il fallait mettre dans une autre grosse boîte souvent noire, et il fallait bien rembobiner à la fin, sinon on ne pouvait pas revoir le film.
Reste que j'ignore comment, mais très certainement via les offres chez les marchands de journaux, comment j'ai eu cette cassette vidéo. Il y a quelque temps, une cassette vidéo, ça coûtait cher. Dans les 100 à 150 francs. Punaise. Et chez les marchands de journaux, au bout d'un moment, les longs métrages pouvaient s'acheter 79 francs. Voire un peu moins. Genre, 10€ si on ne tient pas compte de l'inflation. 10€ c'est le prix d'une place de cinéma les enfants. Donc voilà. J’ai obtenu "Independance Day" (Roland Emmerich, 1996) ainsi par exemple. Donc, c'est avec grand plaisir que nous allons voir ce que donne ce film qui est aussi de 1996, réalisé par Rob Cohen (le monsieur qui va faire les "rapide et énervé" en film) et avec au scénario Leslie Bohem. Il est un peu passé sous les radars, et aujourd'hui il est difficile à voir sans payer une location ou un support physique. Alors que nous allons voir que c'est un excellent film pour passer 1h55 sympa.
Vidéo de Ciné-Concept
Le film a été vu en version originale sous titrée en français. Et j'ai eu envie de le revoir pour ce moment spécial cinéma sur Ashou, suite à la vision d'un reportage sur l'accident affreux du tunnel du Mont-Blanc en 1999. Mais donc, de quoi parle le film ? Déjà, il y a une exposition assez longue je trouve, où l'on nous présente plein de monde. Mais genre v'là le monde quoi. Le chauffeur d'un riche médecin, la jeune femme qui décide de quitter New York parce qu'elle n'arrive pas à percer et faire produire sa pièce de théâtre. Le bus de prisonniers et prisonnières. L'équipe qui gère la sécurité du tunnel entre New York et le New Jersey. Le riche homme d'affaire qui aime les sports extrêmes. Enfin bon, toute une panoplie de personnages, limite clichés, auprès desquels on peine à ressentir de l'empathie. Allez, je suis sympa, Madelyne (Amy Brenneman) qui décide de retourner à sa campagne parce qu'elle n'arrive pas à faire produire sa pièce de théâtre, elle, ça va.
Oh, mais attendez, il y a des méchants pas gentils qui vont certainement bombarder le tunnel ? Alors, non. Pas volontairement du moins. Ce sont des méchants parce qu'ils cherchent à évacuer des produits toxiques, genre ils ont vu le film "Les Tortues Ninja" (Steve Barron, 1990) et ils ne veulent pas prendre de risque ? Je ne sais pas. Mais en tous les cas, quand un ouvrier fait tout tomber en chargeant un vieux camion pourri, le mec qui paye tout en cash pour se débarrasser des déchets, il flippe et le gronde fort. On devine ainsi que si il y a, genre, une voiture qui fonce sur ce chargement, ça va faire une grosse explosion. Heureusement ceci arrive rarement. Sauf si des punks décident de voler à un monsieur, sa mallette et sa voiture. Oh, il y a des diamants dedans, cool.
Mais bon, attendez, de toute façon il faudrait déjà que la voiture qui roule vite parce que les punks ils essaient d'échapper à la police, bah qu'elle croise le chemin des camions. Puis même, mettons, si par hasard ça arrive dans un tunnel, ils ne peuvent pas se croiser car c'est à sens unique. Il faudrait aller sacrément vite et qu'une punk se décide à ramasser les diamants qui ont glissé sous les pédales du chauffard, et involontairement bloquer ces commandes d'accélération pour provoquer un accident.
Bon, vous avez deviné qu'entretemps toutes les personnes présentées au début du film vont emprunter le tunnel. Vous aurez aussi deviné que... ah ouais ça fait une grosse boule de feu quand la voiture des punks va s'encastrer dans le chargement toxiques des camions. Mais genre ça fait même un mur de feu qui cherche la sortie, et éboule les entrée et sortie de ce tunnel, ainsi que les points d'accès intermédiaires. Grosso modo ça crame tout le monde, enferme les survivantes et survivants dans le tunnel, qui sont les personnes présentées auparavant. Je me moque un peu, car le scénario est prévisible là dessus, mais en attendant la scène est impressionnante, au même titre que les dégâts.
Là, on voit Latura (Sylvester Stallone), le chauffeur du médecin vu au début, qui ne peut pas entrer dans le tunnel. C'est embêtant, il n'aura pas les 50U.S.$ de pourboire car il va être en retard. Ah, non, il aide les gens. Et il semble connaître ce tunnel. Oh, bah oui, il bossait comme chef de la sécurité. OK. Et donc il propose son aide. Bon, il est gentiment remercié par le nouveau chef, mais quand ce dernier meurt comme une merde sous un éboulement, c'est donc Kit Latura qui va essayer d'aider au mieux. En se rendant dans le tunnel à travers le conduit de ventilation. Mais genre les trucs maousses quoi. Belle scène d'action, qui donne un peu le tournis j'avoue, et voilà Kit qui rejoint les survivants et survivantes. Il a juste failli y passer, le retour en arrière est impossible, mais il est là et fait le compte.
On tombe sur un jeune Viggo Mortensen enfin jeune, il a 38 ans à l'époque, mais il joue le rôle d'un riche homme qui aime les sports extrêmes, et il décide de sauver tout le monde en tentant une ascension dans un endroit dangereux. Bon, il meurt aussi comme une merde, et là on devine que le film il est prêt à faire mourir n’importe qui. On ne parle pas assez de Madelyne qui a fait preuve d'un courage incroyable pour aider les prisonniers et la prisonnière à sortir du bus. Bon, on se rend rapidement compte que Kit, si il s'est fait virer c'est qu'il a fait une connerie qui a couté la vie à une personne. Mais malgré tout, il est leur seul espoir, et quand l'eau se met à monter, elle est gelée. Il faut trouver une solution. Et je vous laisserai le soin de découvrir la suite, qui s'avère asphyxiante.
Hormis le début qui est un peu long, lourd même, on arrive sur une partie survie/aide assez exceptionnelle. Alors, c'est abusé du début à la fin, mais franchement, quand on est dans le film, ça passe bien. Et je peux le dire, il est encore efficace 30 ans après sa sortie. Plus efficace que certains longs métrages qui sortent au cinéma en ce moment. Il y a le suspense, l'action, Sly qui fait péter des trucs, qui cherche des solutions, mais qui a aussi des choix difficiles à faire. Il y a des décès, hormis le premier chef et le personnage de Viggo Mortensen, dont les morts sont ridicules, les autres décès sont puissants en émotions je trouve. Ce qui prouve que l'on s'attache aux personnages au fur et à mesure que le film avance. Même le père de famille un peu casse bonbon s'avèrera touchant.
Sans parler des effets spéciaux, qui fonctionnent bien je trouve. OK, la façon de faire la fumée n'est pas très convaincante, mais ça passe. La réalisation est efficace, et seul le scénario est un peu trop prévisible (vous comprendrez avec le chien), mais ça ne gâche rien du tout. Sly, du haut de ses 50 ans en 1996, est, je trouve, plus impressionnant que jamais. Il joue un rôle assez complexe, du monsieur musclé qui veut sauver tout le monde, mais capable de faire des choix très difficiles, voire de se sacrifier, tout en se faisant critiquer par certaines personnes.
Tout ça pour vous dire que oui, j'ai à nouveau adoré revoir "Daylight" (je n'avais jamais cité le nom du film mis à part dans le titre de cette chronique). Et oui, je vous le conseille. Il a eu un succès d'estime, bien en deçà des attentes que l'on pouvait faire d'un film à gros budget avec une tête d'affiche telle que Sylvester Stallone. Par contre oui, il faut aimer l'exposition trop longue, les personnages clichés, les morts au début ridicules. Ainsi qu'un scénario trop prévisible. Mais sinon, c'est un excellent divertissement, on finit par s'attacher aux personnages, on pardonne les trucs trop gros, improbables, et on passe donc un excellent moment. Je vous le conseille. L'idéal étant de le voir quand il sera disponible sur une des plateformes de contenu vidéo. Il se trouve pour 4€ d'occasion en DVD, un prix que je juge correct. J'ai adoré en tout cas.
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