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Cultivons la curiosité

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Dead Zone

Dead Zone
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Stephen King est un auteur prolifique qui a, très tôt, attiré la curiosité du cinéma. Qui ne se souvient pas du "Shining" de Stanley Kubrick (1980), ou, plus simplement, de l'adaptation de son premier roman, "Carrie" (1974 aux États-Unis d'Amérique), par Brian de Palma en 1978. Suivrons d'autres adaptations plus ou moins réussies (ou carrément ratées). Il n'empêche qu'en gros 2026 que nous sommes, l'auteur du Maine (région des États-unis d'Amérique) continue de fasciner. Même celles qui ont déjà connues un passage par le cinéma ou la télévision.

 

Des films prenant les œuvres de Stephen King comme point de départ, ou même reprenant tout le récit, j'en ai vu quelques uns. Mais jamais le "Dead Zone" de David Cronenberg. Il est sorti en 1983, le scénario est écrit par Jeffrey Boam, et là, point question d'horreur. Enfin si, mais une horreur quotidienne, avec un soupçon de fantastique. C'est là que King est le meilleur d'ailleurs. Dans sa façon de rendre un simple accident, une plongée dans le monde actuel qui possède des personnes horribles en leur sein. Il y sera question de prémonitions, de politique, et d'un amour impossible. Le tout en 1h39. Le film a été vu en version originale sous titrée en français. La vidéo qui suit est aussi en version originale, mais pas sous titrée.

Vidéo de ScreamFactoryTV

Imaginez, vous êtes un professeur de littérature tout ce qu'il y a de plus normal. En lycée il me semble. C'est vendredi soir, votre collègue est aussi votre petite amie, dans une relation qui commence à prendre forme. Le week-end arrivant, vous la ramenez chez elle. Sarah (Brooke Adams) vous invite à passer la nuit. Mais c'est encore un peu trop tôt selon vous. La journée était parfaite, malgré ce mal au crâne intervenu pendant les montagnes russes. Qu'à cela ne tienne, on sent le couple soudé, Sarah est énormément amoureuse de Johnny (Christopher Walken), et ce n'est pas la pluie battante qui vient de débuter qui va vous empêcher de rentrer chez vous dans votre petite Volkswagen Coccinelle.

 

Un camion roule tranquillou bilou. Tellement tranquille que le chauffeur pique du nez. Heureusement, malgré l'accident spectaculaire, ce n'était que du lait. Et tout va bien. Sauf que Johnny il arrive en face, et la buée n'est pas bien évacuée par sa modeste monture. Il voit trop tard la remorque en plein milieu de la route, et malgré une manœuvre d'évitement, c'est l'accident. Notre héros est salement amoché. Sarah vient lui rendre visite mais il ne semble pas réveillé.

 

Bon, ça va, une fois à la clinique Weizak, portant le nom de son docteur principal (Herbert Lom), Johnny se réveille. Miraculé. Oui, il a du mal à s'exprimer, on ignore si sa mémoire est affecté (il semble reconnaître ses parents mais difficilement), mais il n'a aucune égratignures. Miraculé on vous dit. Sauf que le gonze il a pioncé pendant 5 ans. Période durant laquelle Sarah s'est mariée et a même fait plus. Ceci attriste Johnny, pour qui le mariage allait arriver sous peu. Certes, ce sont 5 années pour tout le monde, mais notre protagoniste, pour lui c'était hier.

 

Bizarre, alors qu'il transpire abondamment, et qu'une infirmière l'éponge, il lui saisit le bras et voit Amy, la fille de la dame qui s'occupe de lui, dans une chambre en feu. Et effectivement, c'était bien le cas. La petite fille s'en sort avec une grande peur, mais Johnny a une capacité de percevoir des choses, qui vont troubler le docteur Weizak. Pire, l'histoire fait grand bruit en ville. Et alors que Sarah vient prendre des nouvelles de son ex, Johnny essaie de faire bonne figure.

 

Alors qu'il essaie de recouvrer l'usage de ses jambes, difficilement, Johnny rentre à sa maison, non sans avoir donné une conférence de presse pour être tranquille. Afin que la presse le laisse peinard. Seulement une élection pour le Sénat arrive bientôt, et il y a un fort battage médiatique autour de la campagne. Stillson (Martin Sheen) est un homme politique qui ambitionne de devenir président, et ça commence par gagner le poste de Sénateur dans le Maine.

 

Alors que je raconte très mal, désolé pour ça, le Shériff Bannerman (Tom Skerritt) est désespéré. Il aimerait pouvoir tout essayer pour capturer le tueur en série qui sévit dans la région. Ne s'attaquant qu'à de très jeune fille, il est inarrêtable depuis 3 ans. Résultat, pourquoi ne pas voir si Johnny peut aider, histoire de faire avancer l'enquête.

 

Comment je peux continuer ? Qu'est-ce que je peux ajouter en vérité ? L'histoire contient en fait plusieurs petites histoires, et évidemment, le moment le plus intéressant est le final, quand Johnny découvre le futur de Stillson. Dès lors il a un choix à faire, délicat. Et on peut dire que le long de ce film, on ressent bien l'écriture de King. Qui fait basculer une vie normale dans une horreur, mais pas le truc dégueulasse, juste on a Johnny qui a tout perdu, boulot, fiancée, même l'usage normal de ses jambes, et qui en plus se paye un don dont il ne veut pas. Un don qui augmente ses migraines. Des visions qui le tuent à petit feu. Ce qui le force à rester cloîtrer chez lui.

 

Le peu qu'il sort, il tombe sur un riche père qui veut aider son fils, le dit bloqué dans un cocon, alors qu'en fait il ne communique juste pas avec lui, s'énervant dès que son enfant ne va pas dans son sens. Il y a cette histoire de tueur en série, qui offre un moment intense et tendu dans une maison. Vous verrez quoi, mais oui, il faut s'accrocher, d'autant plus que c'est ici que l'on tombe sur une scène sanglante (mais pas trop rassurez-vous). Il reste cet homme politique, aux dents très longues. Et si les histoires précédentes restent intéressante, celle de Stillson trouve une résonance dans notre monde moderne, qui prouve que même en 1979 (date de sortie du roman de King) ou en 1983, les hommes politiques sont prêts à tout pour se faire élire et sont en fait les pires fumiers.

 

Le défaut majeur du film est son rythme. C'est assez lent, ça parle beaucoup. Mais heureusement Christopher Walken est exceptionnel dans le rôle de Johnny. Il porte limite le film sur ses épaules. Une fois de plus, si vous aimez l'écriture de King, vous serez en pays connu. Les autres trouveront le long métrage un poilet mou, mais captivant par son histoire, et surtout sa fin exceptionnelle. Il n'y a pas de grandes scènes spectaculaires... oh, si, l'incendie de la maison et le passé du docteur Weizak, elles arrivent très tôt d'ailleurs, et sont les seuls moments impressionnants. Le reste est plus tranquille, plus à hauteur humaine.

 

Non, ce n'est pas un film exceptionnel. J'ignore tout du roman de Stephen King, mais de ce que je connais de l'auteur, je pense que c'est une bonne adaptation. À travers les sujets évoqués, dont certains sont encore d'actualité. La façon dont tout bascule aussi. Dont un la vie peut changer du tout au tout en peu de chose. Refuser de passer la nuit chez sa petite amie par exemple. En tous les cas j'ai apprécié le voir. Mais juste une fois. Si la réalisation est solide, le rythme un peu lent peut rebuter. J'ai aimé, mais ne le reverrai pas. Si vous connaissez le roman, à priori le film va moins loin, mais reste intéressant à voir. Tout comme si vous aimez Stephen King. Un bon film, à voir une fois si on y a accès facilement.

 

@+

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