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Cultivons la curiosité

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Flow

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Nous voici enfin de retour au cinéma après 3 mois de disette. Et quel retour! Cherchant un film à voir à mon horaire habituel, je vis que mon cinéma diffusait un film d'animation qui semblait ma foi fort joli. L'épopée d'un chat noir solitaire mais contraint de se faire des amis. Tout ceci sort le 30 octobre 2024, peut-être une période peu propice à ce style de film. Je ne sais pas. Récompensé à de nombreuses reprises, 4 prix au festival international du film d'animation d'Annecy (une référence), et la sélection "Un certain regard" de Cannes. Sans oublier Shangai, Melbourne et compagnie.

 

Bref, le film plait à la critique et est dépeint comme une aventure riche en émotions. Le tout, sans le moindre mot affiché à l'écran, sans le moindre dialogue. Et même sans le moindre Humain. Il est réalisé et scénarisé par Gints Zilbalodis (aidé par Matiss Kaza pour le scénario). Mis en musique par Rihards Zalupe (et la musique aura son importance), le tout étant une coproduction de l'animation entre la Lettonie (pays du réalisateur), France et Belgique. Nous voici ainsi en partance pour suivre le petit chat, pendant 85 minutes. Bande annonce.

Vidéo de UFO Distribution

Donc nous sommes face à un film d'animation. Où l'eau y est pourtant photoréaliste, mais pas les personnages. Nous suivons un petit chat noir qui vogue à ses occupations, tout en esquivant une meute de chien pourchassant un lapin. On constate rapidement que cette solitude lui plaît, vu comment il semble asocial. Son petit chez lui est un cocon, où il s'endort avec joie. On devine que cette bicoque dans laquelle il vit est l'ancienne maison d'un sculpteur ou d'une sculptrice, qui aime bien les chats. Enfin, aimait, vu qu'il n'y a aucune trace de la/du propriétaire.

 

Alors que notre matou continue son train-train quotidien, un évènement va venir chambouler sa vie. Un raz-de-marée va entraîner une montée inexorable des eaux. Après une scène particulièrement asphyxiante quand on a peur de l'eau comme moi (et comme notre héros), il retourne chez lui, en compagnie d'un labrador. Le même qui suivait le lapin avec ses potes au début. Le chat n'en a que faire et retourne se pieuter.

 

Le lendemain c'est la catastrophe, sans savoir pourquoi ni comment, l'eau monte, monte, monte. Le labrador s'enfuit avec ses amis en barque (non sans avoir invité notre héros qui ne semble pas supporter les chiens). Reste que le chat va rapidement se retrouver contraint de monter en haut de la colline en forme de félin, avant d'être sauver in extremis par un bateau à la voile rappelant ceux de Hong Kong. Alors qu'il se croit sauf, un drôle de capitaine se présente à notre héros. Un capybara narcoleptique, ou juste rapidement fatigué.

 

Le voyage se fait tranquillement, et notre héros va devoir apprendre à apprécier l'eau, vu que de toute façon, elle ne cesse de monter et l'entoure. L'occasion de voir de magnifique banc de poissons, une baleine... je ne sais pas la race, mais une baleine qui vogue étonnamment bien avec peu de profondeur. L'équipage va rapidement voir s'ajouter un lémurien, le labrador du début et un serpentaire (j'ignorai le nom de cet oiseau) héroïque qui ne manquera pas de sauver notre chat d'une attaque par ses pairs.

 

Toujours sans aucun dialogue, on découvre une civilisation éteinte, que l'on suppose éteinte du moins, l'Humanité. Au loin, une gigantesque chaîne de pic montagneux (mais vraiment le pic abrupte, proche de la colonne) attire inexorablement notre équipage. Désolé, mais dès que j'ai vu ça au loin, j'en connaissais la signification, même si au final ça ne concernera pas le groupe en entier. Bref, je ne vais pas trop en dire.

 

Déjà, nous sommes face à une animation sublime. Avec une eau réaliste, une végétation sublime, mais des personnages animaliers pas réalistes. Ils se comportent entre l'humain et l'animal, c'est étonnant, mais on s'y fait rapidement. Ceci permet évidemment de s'attacher à tout le monde sans parole. On découvre comme notre héros les dangers de ce monde, ignorant souvent qui est un allié, qui est un ennemi. Il y a de nombreuses touches d'humour, le labrador agissant comme un labrador, le lémurien protégeant son trésor de voleur, le serpentaire prenant les choses en main... enfin en patte. Le capybara est aussi hilarant, quand il compte aller chercher la boule du lémurien, mais que devant le danger à venir d'une baleine, il préfère rebrousser chemin de façon nonchalante. Sa façon de s'écrouler pour pioncer aussi.

 

On ne délaisse pas pour autant l'émotion, qui intervient surtout à la fin. Il y a bien la baston entre serpentaires, au final triste (pas comme vous le pensez), mais c'est surtout cette fin, avec cette situation émouvante au sommet du pic le plus haut. Alors oui, le vrai final est complexe à comprendre, avec la baleine, mais vous y trouverez une réponse en fonction de votre façon d'analyser. Perso j'y vois que la vie est courte, et qu'il faut profiter de ses amis.

 

Mais évidemment, l'autre thème qui submerge le film, c'est la fin de l'Humanité. Par son absence, ou du moins juste à travers une maison, un outil, des constructions en ruine, on sait que l'Humanité était ici, mais a disparu. La montée des eaux qui fait écho à notre monde et ce réchauffement climatique qui va provoquer la disparition des côtes, de certaines îles, archipels ou même pays. La statue de cette homme, dont on ne voit que la tête et la main tendue qui semble dire "aidez-moi" (elle est quasiment submergée) est une sonnette d'alarme. Bon, je ne vais pas non plus évoquer ici toutes les théories, faites-vous la vôtre, c'est l'avantage de ce film.

 

Sauf immense surprise, et en sachant que je suis loin d'avoir tout vu en sortie cinéma de 2024, "Flow" est LA claque ciné de cette année pour moi. Il faut absolument le voir au cinéma, avec ses bruitages qui vous immergent dans la barque, avec la pluie notamment, le vent aussi. La réalisation aime faire tourner la caméra, mais ne nous perd jamais. C'est un film que je vous recommande. Essayez, s'il-vous -plaît, d'aller le voir, l'expérience en vaut le coup.

 

Je me permets un tout petit aparté, devant la présence assez nombreuse d'enfants pendant ma séance. Alors, je ne dirai rien sur le fait que je n'aime pas la foule, les gens, et les enfants, mais je pense que malgré l'aspect "Tout public" du film, ils auront du mal à y voir un sens. Du moins pour les plus jeunes. Ou alors vous risquez de vous retrouver face à des questions auxquelles vous ne souhaiterez pas forcément répondre tout de suite. Surtout devant la fin qui nécessite une certaine interprétation, qui varie en fonction des spectatrices et spectateurs. Je ne dis pas que les enfants sont stupides, juste qu'il faut un certain bagage pour arriver à interpréter la fin comme on le sent. Et ne pas avoir à demander ce qu'il arrive à la fin comme j'ai pu l'entendre. Désolé, c'est violent.

 

Un peu comme pour "La tortue rouge", nous sommes face à un film d'animation onirique, libre d'interprétation. Peut-être ce "Flow" est-il plus accessible que le film de Michael Dudok De Wit (qui avait aussi eu le prix "Un certain regard" de Cannes de 2016). En tout cas, ce film ne laisse pas indifférent. Sonnette d'alarme sur la future extinction de l'Humanité, importance de l'amitié inter-raciale, lutte pour sa survie, accompagnement jusqu'au bout de ses amis, on peut y voir énormément de chose. J'ai adoré et vous le conseille, c'est ce genre de film qu'il faut voir au cinéma.

 

@+

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