Cultivons la curiosité
Je suis bien contraint de vous avouez qu'aujourd'hui, je ne savais rien de ce film avant de le voir. Pourquoi l'avoir en DVD alors ? Honnêtement, je ne sais même pas comment j'ai eu ce DVD ni pourquoi je l’ai acheté. C'est volontairement que j'ai décidé d'en savoir le moins possible avant de le voir dans cette période spéciale cinéma sur Ashou. Juste je savais qu'il y avait Dustin Hoffman qui jouait dedans, et que le film avait une petite réputation au niveau de sa qualité.
Résultat, nous voilà devant un film de 2h00... wah, quand même. Il est sorti en 1976. John Schlesinger met en images un scénario de William Goldman. Une histoire ultra complexe à comprendre, qui se construira à un rythme lent. Note importante, si comme bon nombre de personnes en ce moment, vous avez oublié ce que sont des nazis et pourquoi le peuple juif ne les aime pas trop, bah révisez votre Histoire déjà, merci. Puis ayez bien en tête qu'à une période, entre 1945 et 2000 je dirai (au pif, vu que j'arrête cette période après le procès de Maurice Papon en 1998) il y avait une chasse aux nazis d'effectuée à travers le monde. Ces saloperies trouvant refuge dans une Amérique du Sud en proie aux dictatures, ce qui leur rappelait de "bons" souvenirs.
Une fois ceci en tête, on peut donc courir un marathon aussi vite que Kelvin Kiptum (qui détient le record à l'heure actuelle, avec 2h00m35s, établit en 2023). Soit la durée du film. Donc je vous laisse avec une vidéo en version originale, pour un film vu ainsi mais sous titré en français. La version de ce DVD de Paramount est plutôt pas trop mal je trouve. Avec des bonus pas vus, parce que vous verrez que le film peut laisser dubitatif.
Vidéo de Midnight Movies Club
Tout débute à New York, on suit Babe (Dustin Hoffman) qui court. Il se chronomètre, et bon, en gros, il s'entraîne. Le long de Central Park il me semble. En parallèle, on suit un vieux monsieur en Mercedes. Il sort une boîte d'une banque, la donne discrètement à un autre homme, puis rentre à sa maison en automobile. Sauf que bon, c'est la panne, les voitures allemandes n'étant plus ce qu'elles étaient vous comprenez.
Là, ça se complique, on suit un autre monsieur, âgé aussi, qui mène sa voiture chez le mécanicien, et ronchonne. Cela fait plusieurs fois qu'il l'amène, et toujours le même problème. Honnêtement, j'ai cru que c'était le même monsieur que la banque. Sauf que le deuxième vieux lui, il est giga nerveux. Et va se retrouver avec le véhicule de prêt du garage, derrière le premier monsieur. Je dis "monsieur" car soit on ne connaît pas les noms, soit je n'ai pas fait attention à ce moment là. Et là, le monsieur nerveux lui demande de dégager la route et un truc le titille. Il reconnaît la raclure de bidet face à lui, c'est le frère d'un nazi surnommé "l'ange blanc". Le frère de Szell (le nom de famille donc) se retrouve pourchassé par le monsieur nerveux qui s'avère être juif. On comprend mieux son envie d'en découdre pour le coup.
Bon, oui, c'est bien, mais ils sont tellement occupés à s'invectiver et à mal conduire, que la vie va les mener dans un camion citerne d'essence. Boum. Deux morts. On constate que Babe arrive de son footing pas loin du lieu de l'accident. Et on va désormais suivre celui qui sera notre héros. Il est étudiant d'Histoire à l'Université, et est le fils d'un monsieur qui a mis fin à ses jours car son nom a été sali. Je le reconnais à nouveau, j'ai dû louper un dialogue, car je n'ai pas compris ce qui a poussé son papa à mettre fin à ses jours, on sait que Babe était très jeune, a vu la scène, et possède un grand frère qu'il voit peu.
Justement, en parallèle, oui, encore, on va suivre Henry (Roy Scheider), à Paris. Alors que c'est la grève... sans blague... passons. Agréable de constater que ça parle bien français (en version originale donc), et qu'on ressent l'ambiance de Paris dans les années 70. Seulement, il y est question de je ne sais plus quoi, et devant Leclerc (Jacques Marin), on devine que Henry aurait peut-être dû être assassiné avant de retrouver le Français. On sent que Henry est un agent de la CIA ou un truc du genre. Qu'il essaie de retrouver des nazis notamment, car lui-même est juif.
Pas rapidement du tout, genre vers la moitié du film ou un peu avant, on constate que Henry et Babe sont frères. En effet, le second s'est fait agresser avec sa nouvelle copine Elsa (Marthe Keller), une Suisse qui parle bien le français. Donc Henry gueule un peu sur Babe quand il constate que le Master de son frère est consacré à réhabiliter la mémoire de leur père. Henry arrive même à confronter Elsa avec ses incohérences, ce qui créé un doute. Et surtout sépare les frères.
Il va arriver un évènement qui fait que Babe va justement se retrouver dans les mains du terrible ange blanc nazi, venu d'Uruguay pour récupérer ses diamants, là où nous étions au début du film, à la banque. Christian Szell (Laurence Olivier) est un expert en interrogatoire, et il se sait traqué par une agence bizarre, car ce n'est ni la CIA, ni le FBI. Passons. Le gonze est ultra froid, dangereux et capable de cacher son accent allemand. Babe qui n'a pas la carrure de son frère, va donc devoir se sortir de ce guêpier, voire même se faire justice.
Oui, le film est complexe à suivre. D'une part il me rappelle "Bullit" (Peter Yates, 1968). Le même rythme mou, qui mène vers une course poursuite (ici en courant) haletante. Sauf qu'ici le scénario nous montre des personnages, et nous explique plus tard qui ils sont. C'est dur à suivre, j'avoue, mais la fin s'avère prenante. La dernière demi-heure est excellente, car on comprend enfin ce qui se joue. Jusque-là c'était difficile à comprendre. Surtout qu'il y a des personnages qui jouent double-jeu, et ils sont un sacré paquet.
La réalisation est un peu molle, ce qui n'aide en rien à rester attentive et attentif. Pourtant, il ne faut pas louper le moindre dialogue, sinon il y a un risque d'être largué·e. Comme vous avez pu le voir, j'ai dû louper des phrases importantes, mais je suis arrivé à reprendre le cours du film malgré tout. La fin, dans le quartier juif, c'est prenant, on veut qu'il se fasse attraper ce caca. Puis le face à face final, dans le truc d'eau là, c'est tendu. Et d'ailleurs, notons que les acteurs et l'actrice (oui, il n'y a qu'un personnage féminin clairement identifié) sont bien dirigé·e·s et rendent le tout plausible. On sent la tension, la douleur même de Babe lors de l'interrogatoire. Bref, sur ce point c'est très bon.
Après, m'a-t-il marqué ? Oui et non. Disons que j'ai dû aller chercher dans mon vague savoir concernant la traque des nazis pour comprendre pourquoi les deux messieurs du début ne s'aimaient pas (j'ai dû louper une phrase là aussi, quand le monsieur énervé dit qu'il le reconnaît je pense). Le rythme est mou, en plus coupé par des changements de lieux et de personnages sans nous donner plus d'explications. Oui, c'est cool, on se sent intelligentes et intelligents, mais franchement, certaines choses ne sont plus forcément innées de nos jours par rapport à 1976.
Je pense que c'est un film que j'oublierai alors qu'il parle d'un pan important de l'Histoire. Celle de la seconde guerre mondiale et du fait que ces abrutis de nazis ont pu réchapper à leur punition en fuyant. Seulement le rythme mou et la présentation des personnages un peu trop alambiquée fait qu'il est compliqué de rester à 100% attentive et attentif devant le film. Nous faisant perdre des informations pouvant être vitales pour la compréhension des enjeux. Je n'ai pas trop aimé le début, même si tout s'explique au fur et à mesure. La fin est d'une tension impressionnante par contre, je l'ai plus appréciée. Compliqué de vous le conseiller par contre. Il peut se voir sur Paramount+, mais est trop long je pense, trop daté, pour vraiment être considéré comme agréable à voir. C'est pourtant un bon film, mais lourd à regarder je trouve. J'ai aimé moyen, et j'en garderai un léger souvenir, sans plus.
@+
P.S. : Mise à jour, le record du marathon vient de tomber ce dimanche 26 avril 2026, à Londres, établit par le Kenyan Sabastien Sawe en 1h59mn30s.