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Cultivons la curiosité

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Ah oui, c'est vrai, nous n'avons pas vu un seul film d'horreur (de vraie horreur je veux dire) en ce mois spécial cinéma asiatique sur Ashou. Allez, je vous ressors le classique "à la fin des années 90 et début 2000, le Japon offrit une vague de film d'horreur qui marquera à jamais le paysage cinématographique mondial". Ceci est une citation sortie de mon arrière train, que je viens d'inventer. Il est vrai qu'à cette période, enfin, plutôt au début des années 2000 en occident, le temps que les distributeurs hors Asie s'intéresse à cette vague, et bien nous avons eu pas mal de films bien flippants.

 

"Ring" (NAKATA Hideo, 2001 en France, 1998 au Japon) notamment, sans compter sur MIIKE Takashi et son "Audition" (1999 au Japon, 2002 en France). Et j'en passe. Des films d'horreur venant d'autres pays asiatiques sortiront, mais passerons difficilement les frontières de ce continent. Parmi eux, "phone" de Ahn Byeong-gi, arrivera en 2002 en Corée du Sud, 2003 en France (on sent bien que la vague de J-Horror était à son sommet). Avant de plonger dans les 1h42 du long métrage, où les plus jeunes d'entre vous flipperont plus sur la tronche des téléphones portables qu'autre chose, regardons un petit trailer de mauvaise qualité (pardon). Il est en version originale tandis que le film a été vu ainsi, mais sous titré en français.

Vidéo de Previous HDRT

Car oui, il va certainement falloir beaucoup d'imagination à la génération Z (et Alpha qui sait lire depuis un bail, coucou à vous), pour croire qu'avant (ou au moment) de leur naissance, les téléphones portables faisaient des bruits insupportables, et les SMS étaient partagés sur des écrans monochromes qui pétaient les yeux. Et encore, ici nous sommes dans un film Asiatique, donc dites-vous que la téléphonie était en avance, qu'en 2002 j'avais la brique sans clapet en téléphone portable. Le Nokia 5410... Ah, non, j'avais peut-être la mini briquette Nokia 3110 à ce moment. Passons.

 

L'introduction nous présente une jeune femme qui reçoit un coup de téléphone. La sonnerie est une horreur, vous savez, le truc qui vous réveille à coup sûr. Elle répond, s'énerve, on sent qu'elle est persécutée par la personne qui l'appelle. Seulement, la madame est dans un ascenseur, et un bruit horrible sort du haut parleur de son téléphone, avant que l'élévateur ne se décide à partir dans l'autre sens. On devine que la madame ne s'en sort pas, et on va passer à quelqu'un d'autre.

 

Ji-won (Ha Ji-won) est une journaliste qui vient de sortir un papier accusateur contre plusieurs hommes profitant d'un réseau de pédophilie, ou de prostitution de mineure, bref c'est pareil. Elle est la cible des personnes qu'elle a accusées, mais genre menacée de mort et tout ce qui s'ensuit. Quelle plaisir de constater que les hommes étaient déjà des gros sacs à merde en 2002. Elle va trouver refuge auprès de sa sœur, ou son amie, Ho-jeong (Kim Yu-mi). Oh, ben ça tombe bien, elle et son mari ont une énorme demeure dans un quartier de Séoul, et iels ne veulent pas y aller tant que leur fille, Yeong-ju (Eun Seo-woo) n'est pas plus grande.

 

Seulement, Ji-won, dans cette énorme maison, va commencer à recevoir des appels bizarres, mais aussi voir son ordinateur portable (immense brique de 10 kilogrammes...) lui afficher des chiffres. Elle va donc chez Orange le lendemain (oui, bon, ce n'est pas Orange, c'est son opérateur de téléphonie), pour changer de numéro, et il se trouve qu'on lui en propose un qui se termine par les 4 chiffres qui étaient affichés sur son ordinateur la veille. Peu importe, elle le prend et va désormais recevoir des coups de fil inquiétants, sans comprendre ce qui se passe de l'autre côté.

 

En même temps, la fille de son amie commence à se comporter bizarrement. Elle agresse sa mère, et devient très câline avec son père (elle a genre 4-5 ans, gros malaise donc). On va nous en apprendre plus sur la façon dont cette fille est apparue dans le couple (via fécondation in vitro), d'où vient l'œuf qui a permis de palier à la stérilité de Ho-jeong. Mais surtout, d'où viennent ces étranges coup de téléphone, et qui pourrait posséder la petite fille ?

 

Très compliqué de vous donner envie de le voir sans trop en dire. Déjà, on a 2 intrigues. Le harceleur de Ji-won, qui est bien flippant. Il va pousser la journaliste à s'installer à l'écart. Et vous verrez qu'un affrontement entre les 2 tournera court grâce à un élément surprenant. Ensuite, il y a toute une histoire complexe, pour savoir qui passe ces appels à ce numéro précis. Infidélité, détournement de mineure, meurtre, enfin bon, beaucoup de choses en résumé.

 

Le scénario de Lee Yu-jin et Ahn Byeong-gi est bien ficelé. Au point que lors de la révélation sur le "fantôme", on peine à y croire. Il y a évidemment une part de surnaturel, et comme Ji-won, on remontera le fil de l'histoire, avant d'en avoir la révélation à la fin. Un récit assez triste au final, dont la faute vient effectivement d'un homme (quelle surprise dites-moi). La réalisation de Ahn Byeong-gi est efficace dans les moments de tension, mais il manque un truc lors des flashbacks.

 

Il faut en effet bien s'accrocher pour suivre, aucune distinction entre le présent et le passé n'ayant lieu. Pourtant la photographie de Mun Yong-shil est sublime, mais personne n'a eu l'idée d'en changer lors des retours en arrière. Pour le coup, comme téléspectatrices et téléspectateurs, on se sent valorisé·e·s, mais il faut vraiment s'accrocher pour tout comprendre.

 

Les moments terrifiants sont là. Je vais dire un truc raciste, mais c'est à l'asiatique. En gros, plans chocs rapidement montrés, jumpscare réellement efficaces, et une peur qui vient à la fois de ce fantôme, mais aussi des Humains et Humaines. Le professeur qui veut faire la peau à Ji-won parce qu'elle a révélé ses conneries est bien flippant. Sans parler de la personne qui est la principale fautive dans cette sorte de malédiction du numéro de téléphone.

 

Oui, au final on passe un excellent moment, bien tendu même. La distribution est parfaite, mention spéciale pour la petite fille actrice qui arrive à bien effrayer, un peu comme Linda Blair dans "L'Éxorciste" (William Friedkin, 1973), voire même plus, car ici il n'y a pas d'artifices effrayants, juste un regard, un sourire, une posture. J'en ai encore des frissons.

 

On tombe ainsi sur un film où l'on suit l'enquête d'une journaliste sur cet étrange phénomène, alors qu'elle-même doit se protéger d'un homme qui veut sa peau. Les révélations auxquelles elle aura droit sont effrayantes, et brillamment contées par le réalisateur. Même si j'aurais préféré une meilleure distinction entre flashback et présent. Un film au scénario bien ficelé, qui force à tout suivre. Offrant son lot de scènes effrayantes, même si vous ne ferez pas dans vos pantalons (ou tout autre vêtement) pour autant. J'ai adoré le voir et vous le conseille, surtout si vous aimez l'horreur venue d'Asie.

 

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