Cultivons la curiosité
Retournons sur les rails (en fer). Ceux-ci seront frais, très frais. Dans le cycle film de train sur Ashou, il existait un long métrage intriguant. Celui qui posait des bases de trains fous, et on ne parle pas de Thomas le train, mais bien d'une machine de métal qui avance inexorablement vers un funeste destin si les humains intelligents et sains ne font rien. Certes, "Runaway Train" de Andreï Kontchalovski n'est pas le créateur du genre, mais à travers sa réalisation et son cadre, il aura inspiré pas mal le cinéma de catastrophe par la suite.
De 1985, d'après une idée de KUROSAWA Akira, et scénarisé par Djordje Milicevic, Paul Zindel et Edward Bunker, venez donc faire un voyage dans l'Alaska, sans escale, sans voiture bar, sans voiture tout court d'ailleurs (autre nom pour les wagons hein ?). Mais avant tout, regardons un trailer en version originale. Alors que le film fut vu ainsi, mais sous titré en anglais, de la superbe édition BluRay de chez ESC.
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J'avoue que voir le logo de la Cannon d'entrée, ça file des frissons. La Cannon est une société de distribution qui aimait bien prendre des risques et offrait des films parfois mauvais, parfois marquants, au public. Oh, mais attendez, on se retrouve dans une prison d'Alaska, où c'est une pagaille. On devine qu'elle est de haute sécurité et que les prisonniers sont de dangereuses personnes. Cependant, nous suivons Buck (Eric Roberts). Il est tout content. Il vient d'apprendre que Manny va devoir être libéré de ses chaînes par le directeur de la prison.
Ce dernier, Ranken (John P. Ryan) de son petit nom, est autoritaire, violent, et pense traiter le feu par le feu. Ainsi, devant l'aspect dangereux de Manny, qui s'est évadé moult fois, enfin, a essayé, Ranken a décidé de faire quelque chose d'illégal, l'enchaîner. Seulement la justice lui a signalé que ce n'était pas bien. Contraint d'accepter le délibéré (contrairement à certaines autres personnes en 2025 qui détournent des fonds publics européens, mais passons), il libère Manny, dont on voit que c'est Jon Voigt qui lui prête ses traits.
Buck est un peu simplet, mais il sait se battre. On le voit étaler un tout jeune débutant Danny Trejo dans un match de boxe. Manny compte bien s'évader, avec son frère Jonah (Edward Bunker). Encore plus quand il constate que Ranken manipule des prisonniers pour l'agresser. Pas spécialement le tuer, Ranken sait que Manny s'en sortira, mais pour le pousser à commettre une erreur et continuer à le garder dans sa prison.
Jonah refuse. Cette prison c'est chez lui, il ne serait pas bien à l'extérieur. Et donc Manny s'en va. Notons que sur les 110 minutes du film, cette introduction m'a paru longue. Je ne saurais pas dire combien de temps ça dure, mais facile 20 minutes. Lors de son évasion, Manny va devoir s'encombrer avec Buck. Passer par les égouts, survivre au froid polaire de l'Alaska, finalement atteindre un centre de je ne sais plus quoi, où il y a plein de trains.
Manny aime bien cet attelage de 4 locomotives sans wagon. Et c'est parti, ils se cachent dans la locomotive de queue. Seulement, ce qu'ils ne savent pas, c'est que le cheminot est victime d'une crise cardiaque, laissant l'attelage vaquer à ses occupations de train, à savoir, avancer. Toujours plus vite. Les freins ayant été actionnés pendant son attaque cardiaque, ils se retrouvent rapidement comme le cheminot, morts.
Sans connaître la situation, notre duo va devoir coexister, et chercher une solution. Car oui, avouons que lorsque tu percutes un wagon d'un train que tu croises en train (pardon...) de changer de voie, il est peut-être temps de s'inquiéter. Surtout que Ranken ne lâche pas l'affaire, et veut à tout prix arrêter Manny. Quitte à faire des cascades avec un hélicoptère. Mais ça c'est pour la fin du film.
En même temps, on suit les aiguilleurs, ou je ne sais pas leur nom précis, qui essayent de gérer la situation, sans éveiller les soupçons. Il y en a un qui est fier de sa création à plusieurs millions de dollars, alors que ce qui semble être son supérieur hiérarchique veut juste se débarrasser du train. Un pont risque d'être détruit si on ne fait pas dérailler le train. Sauf qu'à un poste d'aiguillage, on entend la sirène, le tchou tchou (je n'ai pas le nom, pardon) du train, ce qui veut qu'il y a une personne dedans.
Je vous laisse découvrir qui et comment cette personne s'est retrouvée là. Même si c'est complètement con je trouve. Con, le film ne l'est pas. Nous sommes plus dans une fuite en avant (d'où le Runaway du titre), d'un prisonnier qui veut gagner sa liberté, qu'autre chose. La fin est très poétique. La réalisation fait bien monter la tension, le stress. Même si au début, il paraît compliqué d'avoir peur pour juste 2 prisonniers qui s'évadent, on se retrouve tout de même happé par les images.
Le film est peut-être un peu suranné avec ses deux mâles qui s'évadent. Quoique Buck est un personnage intéressant, vu qu'il protégera la troisième personne présente dans le train. Oh, le jeu de Jon Voigt est impressionnant. Quand il prend conscience que la situation est foutue sur la fin. C'est à voir. Mais là je balance des choses un peu au pif, ce qui veut dire qu'il me faut conclure.
Quand on passe la surprise du début, où l'on reste beaucoup trop longtemps dans la prison à mon goût, même si c'est pour présenter les personnages, on tombe sur un excellent film. Dites-vous juste que ce ne sont pas 2 heures dans un train que vous allez passer. La réalisation est efficace, et nous offre des scènes bien tendues. Que ce soit entre les humains, qu'avec le train fou. Les effets spéciaux fonctionnent parfaitement je trouve. C'est donc un excellent film. Qui est présenté comme un film d'aventure, ce que je ne trouve pas. Peut-être par rapport à l'évasion ? En tout cas j'ai bien aimé. Oh, et contrairement à ce que pourrait laisser penser la jaquette du BluRay de chez ESC, il n'y a rien de fantastique ici, c'est juste le train, dont la puissance destruction est imagée par cette gueule rouge béante. Très bon film, palisant à voir, je vous le conseille.
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