Cultivons la curiosité
Allez, premier film d'animation de ce mois spécial cinéma asiatique sur Ashou. Et nous allons faire un petit retour en arrière. De 30 ans. Oui, excusez du peu. Mais pour cela il va falloir encore plus remonter le temps. En effet, "Black Jack" (à ne pas confondre avec le film de John Woo avec Dolph Lundgren, "Blackjack", de 1998) est un manga du "papa" de ce genre justement, TEZUKA Osamu. Ses surnoms varient, "Père du manga", "Parrain du manga", "Dieu du manga", choisissez, c'est tout à moitié prix aujourd'hui. Pardon. En tous les cas, TEZUKA a effectivement posé les bases du manga tel que nous le connaissons aujourd'hui. "Astro, le petit robot", "Le Roi Léo", "L’Histoire des 3 Adolph", et j'en passe.
Une des œuvre majeure de son riche répertoire, se nomme "Black Jack". Parue entre 1973 et 1983, elle existe en 17 volumes reliés et nous conte les histoires d'un chirurgien hors pair, non diplômé, Hazama Kurô. On le reconnaît facilement à sa cicatrice au visage et sa chevelure bi-ton. Pardon. L'œuvre connaîtra forcément des adaptations animées, directement en vidéo (OAV), en série, voire en film. Et c'est de ce dernier dont nous allons donc parler aujourd'hui.
Je ne vais pas vous faire l'affront de présenter à nouveau les éditions naBan, petites mais solides, et surtout proposant un catalogue atypique, limite oublié, permettant aux Françaises et Français de rattraper des grosses lacunes. Ils ont donc même édité quelques films en BluRay, dont le film du jour. C'est ainsi que votre serviteur fût assez curieux pour découvrir l'univers de TEZUKA à travers ce film. Petite bande annonce en version originale sous titrée en français, soit de la façon dont fut vu ce film. Révélation, ce qui claque moins que spoiler mais fait plus francophone, l'édition est sublime et le film ne fait pas ses 30 piges.
Vidéo de naBan Editions
Ne connaissant pas du tout l'univers de "Black Jack", c'est fort logiquement avec une petite appréhension que je lance le film. Pardon, mais j'ai encore le traumatisme de "Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'infini" (SOTOZAKI Haruo, 2021) en tête, où il fallait tout bien connaître sinon on te laissait en gare. Passons. Car ici, on assiste à une introduction qui nous montre que le héros est un chirurgien hors pair qui loue ses talents, mais dont les hôpitaux ne préfèrent pas laisser de traces de son passage. Le gonze n'est pas licencié. Donc c'est chaud. On devine qu'il vit avec Pinoko, une petite fille qui s'accommode de ces allers et venues, voire de ces longues absences (généralement 3 à 4 jours si j'ai bien pigé).
En parallèle, ce sont les Jeux Olympiques d'Été de Atlanta... Atlantus pardon, question de droits certainement, le film étant sorti la même année que cet événement sportif planétaire. Les records tombent. Mais genre, ils ne tombent pas gentiment en chouinant, non, ils explosent en vol. Un athlète franchit la barre symbolique des 7,00 mètres. Par exemple, Armand Duplantis, qui a pourtant explosé de nombreuses fois le record, est à 6,28 mètres en juin 2025.
Que dire de cette athlète Polonaise qui explose le record du 100 mètres... masculin... La nage, le lancer de javelot, ce seront 10 records qui seront explosés lors de ces Olympiades. Mettant à jour une nouvel forme d'Humain, les "Surhommes" (les femmes apprécieront, mais passons ce sexisme voulez-vous). Notre héros n'est trop intéressé par ça, contrairement à Pinoko. Seulement, lorsque qu'une de ses patientes va faire une grosse rechute, une tumeur revenant plus violente qu'avant, le chirurgien n'en revient pas. C'est techniquement impossible. Et ceci aura peut-être un lien avec les "Surhommes".
Après le décès de sa patiente, il va se retrouver alpagué par une femme, 1701 (on va dire qu'elle s'appelle ainsi car je n'ai retenu que ça, puis son nom vous révélerait un point important du film). Elle bosse pour un marchand de médoc et est une excellente chirurgienne aussi. Elle harcèle le répondeur de Hazama, car la situation est grave, les "Surhommes" se meurent. Atteint d'un mal nommé Moria, Moira, je ne sais plus, iels sont plus âgé·e·s à l'extérieur, ont des maladies de personnes âgées, alors que leurs organes sont jeunes. Comme la patiente que vient de perdre notre chirurgien.
Dès lors, il va se retrouver pris dans un complot de conglomérat, avec un virus mortel, un désert, des plantes, des fusillades, des menaces, des voitures qui tombent dans l'eau (bon ça c'est 1701 pas lui). Bref, un excellent thriller, sur fond de dopage sportif, mais aussi d'eugénisme, non, ce n'est pas ça le terme, de volonté d'améliorer les capacités physiques de l'Humanité.
Le film est réalisé par DEZAKI Osamu, et on peut dire qu'il est très bon dans ce domaine. L'animation est aussi de très bonne facture, pour 1996, mais ne paraît pas datée dans cette superbe version BluRay. Les personnages sont magnifiques, et en plus on arrive rapidement à s'attacher à tout le monde. On comprendra même la volonté de 1701, même si elle dépite un peu Hazama.
Donc, on assiste à une fausse enquête, qui s'accélère sur la fin, et surtout, on tombe sur un film médical. Avec des opération à cœur ouvert, des bistouris, des giclées de sang... Je déteste le milieu des salles d'opération, j'ai l'impression que c'est moi et je suis à la limite de hurler quand je voit un bistouri provoquer une traînée de sang, ou alors une perceuse faire un trou dans une boîte crânienne. Autant vous dire que je me suis agrippé comme je pouvais. Le film n'est pas gore, quoique quelques giclées de sang interviennent et ne sont pas trop jolies à voir. Il n'est pas trop détaillé, mais on en voit assez pour qu'une personne comme moi s'accroche comme elle peut.
Le film dure 1h33 et passe correctement. Il a quelques longueurs, et surtout va très vite par moment. Comme entre les Jeux Olympiques et le moment où Hazama voit ce que sont devenu·e·s les athlètes, il y a, si j'ai bien compris, 1 année qui s'est écoulée. Mais je n'en suis même pas certain. Dommage parce que tout le reste fonctionne. Oui, on retrouve le conglomérat, ou la grosse boîte de médoc, qui veut étouffer l'affaire, des classiques de thriller, mais ça passe.
Et nous allons conclure car j'ai peur de trop en dire. Non, en vérité je ne sais plus trop quoi dire. Nous sommes en présence d'un très bon film, qui ne révolutionne pas l'animation. Un thriller assez haletant, avec des scènes chirurgicales, de chirurgie si vous préférez, qui peuvent vous faire sentir mal, sachant qu'elles ne sont pas outrancièrement gores non plus. Il y a tout de même un peu de sang, des giclées notamment, qui peuvent impressionner. Sinon, bah c'était prenant, bien ficelé, bien réalisé, et agréable à voir. Oui, j'aurais oublié dans 2 mois, quoique, mais j'ai passé un bon moment devant, un peu crispant sur les scènes d'opération, mais sympa quand-même. Pas indispensable, mais si vous pouvez le voir, n'hésitez pas.
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