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Cultivons la curiosité

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Chernobyl

Chernobyl
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Le 26 avril 1986 marqua l'une des catastrophe du nucléaire civil les plus violente jamais vue. Plus récemment nous pouvons la comparer avec celle du Sendai, avec le séisme qui déclencha un raz-de-marée provoquant une nouvelle horreur le 11 mars 2011 (et les jours suivants). Vous avez certainement déjà vu ces images des journaux télévisés français indiquant que le nuage radioactif de Tchernobyl s'est arrêté aux frontières de la France, grâce à un gentil anticyclone. Ceci prouve la méconnaissance totale que nous avions dans les années 80 vis à vis du nucléaire dit civil.

Si en plus vous ajoutez la guerre froide que se livre les États-Unis d'Amérique avec l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (U.R.S.S.), on tombe sur une catastrophe encore plus violente, entre mensonge, tentative de sauvetage d'honneur, et volonté de minimiser l'horreur du côté du bloc de l'Est. La série de 2019 créée par Craig Mazin va nous plonger au cœur de cette région d'Ukraine. Pendant 5 épisodes dont les durées varient entre 1h et 1h10 environ, nous allons suivre la gestion de cette crise, de l'intérieur, avec un réalisme terrifiant. Bande annonce.

Vidéo de HBO

Série diffusée sur HBO, c'est fort logiquement qu'elle fût diffusée en premier en France par OCS. Orange perdant le catalogue de la chaîne privée étasunienne, c'est Prime Video qui en récupère la diffusion. Bon, HBO voulant se lancer en France avec son service de diffusion de vidéo, a passé un accord avec Amazon. Pendant environ un an, et contre un abonnement supplémentaire, les abonné.e.s Prime pourront jouir du catalogue dingue de la chaîne. C'est ainsi que nous avons découvert cette série en version originale sous titrée.

Petit point concernant cette VO, devant la volonté des producteurs et productrices de relater les évènements et lieux précisément, peut-être une version russophone aurait-elle été plus pointue. Entendre des Soviétiques critiquer le bloc de l'Ouest, en anglais, ça fait un peu bizarre. Bon, oui, je sais, c'était plus facile pour la diffusion, le public Étasunien refusant de lire des sous titres, et ça n’entache en rien la qualité de ce que nous allons voir. C'est juste pour trouver un petit point négatif, car le reste est incroyablement précis, offrant des sueurs froides du début à la fin.

Le début d'ailleurs, nous mène au 26 avril 1988. Valeri Legassov (Jared Harris) semble finir de faire ses mémoires sur plusieurs cassettes audio. Il va se pendre juste après, alors que nous constatons qu'il est surveillé par le KGB (les services secrets soviétiques). Et nous voilà 2 ans auparavant. Nous sommes directement projeté la nuit du drame, un peu avant l'heure fatidique de 01h23'45. La salle de contrôle est sous tension, Diatlov (Paul Ritter) poussant ses équipes à accomplir un test qui tourne mal. Dès lors, à l'heure indiquée plus haut, une explosion retentit. Et sans que la panique ne gagne quiconque, nous voyons les ingénieurs essayer de comprendre ce qu'il vient de se passer.

Les premières minutes sont angoissantes à souhait, on ne nous montre rien, et puis on se retrouve à suivre des personnages dans la découverte de l'ampleur de la catastrophe. Sans que personne ne comprenne vraiment que le dôme du réacteur n°4 de la centrale nucléaire V.I. Lénine de Tchernobyl vient de voler en éclat, et que le réacteur entame une fusion qui va certainement détruire l'Europe. Ou une grande partie.

On se retrouve rapidement angoissé. Encore plus quand à Prypiat (à 3 kilomètres de la centrale), les gens se posent des questions, alors que les secours doivent se rendre sur place. Nous suivrons ainsi Vassili Ignatenko (Adam Nagaitis), un pompier qui va intervenir sur le feu, sans savoir qu'il part à la mort. Sa femme Lioudmila (Jessie Buckley) est inquiète et fera tout pour suivre son mari quand ce dernier sera transféré à Moscou à la vue de ses graves blessures radioactives.

La série étant très courte, et les révélations aisées à énumérer, je vais éviter de trop en dire. Nous allons découvrir le fonctionnement de l'union soviétique, et le fait que les décideurs vont tout faire pour minimiser la catastrophe. Seuls Legassov, Chtcherbina (Stellan Skarsgård), et Khomyouk (Emily Watson) vont tout faire pour faire éclater la vérité. Une vérité qui nous sera dévoilée le long de la série, avec un épisode final qui reviendra lors de cette horrible nuit. Nous décrivant un agenda, une chronologie pardon, ultra précise. Nous y verrons que c'est une accumulation de fautes, mais aussi un défaut de conception qui provoqueront la catastrophe.

Ce qu'il y a de bien ici, c'est que nous sommes en U.R.S.S., et nous ne verrons rien de l'extérieur. Résultat, on se retrouve plongé dans cette période particulière. En totale immersion, et on se retrouve à ressentir de la compassion pour les différents personnages croisés. Ces mineurs qui ne poserons pas de question et feront un travail incroyable. Ces "nettoyeurs" en charge de tuer les animaux de la zones contaminée. Les politiques, scientifiques, le KGB...bref, tout y passe.

Oui, il y a de la romanisation, je ne sais pas comment dire, oui, l'histoire est par moment réécrite. Mais ceci permet de s'impliquer encore plus. On ne peut pas sortir indemne de cette série. Qui est arrivée lors de notre existence (si vous êtes né.e.s au début des années 80). C'est effrayant de se dire que l'Europe aurait pu être rayée de la carte, car d'autres réacteurs dit RBMK avaient le même défaut au niveau de leur conception. Le suicide de Vassilov permit une prise de conscience de la communauté scientifique soviétique. Mikhaïl Gorbatchev (David Dencik dans la série) dira même que ce fût le début de la chute de l'U.R.S.S. Comme le signale l'épilogue de la série.

Un épilogue un peu, comment dire, décevant. Plus d'images d'époques, en plein écran, auraient été plus marquantes que ce à quoi nous avons droit. Sinon, que dire de cette série ? Oui, elle tarde à nous montrer des images de la centrale, et surtout du réacteur, mais c'est pour mieux montrer les personnages. Le fait qu'ils (et elles) allaient vers une mort certaine, sans vraiment s'en rendre compte. Comme elles et eux, nous le constatons au fur et à mesure des découvertes. Le rythme n'est pas élevé, mais pourtant, le récit captive. La chronologie donnée dans l'épisode final atténue la frustration du début. On se retrouve rapidement propulsé dans la centrale, sans arriver à tout comprendre. Mais sachez que c'est expliqué à la fin.

La distribution est impeccable, comme la réalisation. Qui nous plonge dans les années 80 avec un réalisme assez cru. Elle donne envie d'en savoir plus sur les termes indiqués. Pire, on arrive à comprendre certaines choses, comme la production de Xénon. Vous comprendrez après le dernier épisode. Donc oui, je vous conseille cette série que j'ai adoré du début à la fin. Elle est passionnante, par moment choquante, mais montre comment certaines personnes Soviétiques ont permis d'éviter une horreur en Europe, tandis que les politiques étaient trop occupés à sauver les apparences. Bluffant, à voir.

@+

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