Cultivons la curiosité
Les récits autour de faits réels sont toujours captivants. Encore plus quand ils impliquent les personnages ayant œuvré à l'élaboration d'une voiture désormais mythique, mais immense échec du début des années 1980. Ainsi, en 2018, Nick Hamm se retrouve à conduire le projet scénarisé par Colin Bateman, qui va nous conter l'incroyable histoire autour de la DeLorean DMC-12.
Alors non, nous ne verrons pas son élaboration, ni la construction de l'usine ou du véhicule. C'est plutôt à travers un autre biais, très malin je trouve, que nous allons suivre cela. En attendant, je vous fais la blague facile, ne confondez pas ce film avec le "Driven" de Renny Harlin qui date de 2001. Oui, ça parle aussi voiture, oui il y a Sylvester Stallone donc c'est séduisant sur le papier. Mais non, le film est mauvais, parfois classé en Nanar, car il possède des scènes involontairement hilarantes. Regardons le trailer en version originale non sous titrée (j'ai vu le film ainsi avec les sous titres en français).
Vidéo de Love Indie Films
Le film débute par un petit avion qui atterrit. Rien de dingue là. Seulement, le FBI, mené par l'agent spécial Benedict Tissa (Corey Stoll), attend de pied ferme cet avion. Dedans, nous y trouvons le pilote, Jim Hoffman (Jason Sudeikis), sa femme Ellen (Judy Greer) et leurs enfants. Ce petit monde revient de Disneyland, en ayant fait un passage par la Bolivie, ce qui explique les petits paquets de cocaïne plutôt mal cachés.
Après un jeu de séduction de la part de Jim qui semble totalement serein de la situation, pour lui, il n'a rien fait de spécial, Tissa recevra un coup de téléphone lui indiquant que l'avion a été sous loué ou prêté pendant que la famille Hoffman était à Disneyland, et que donc, elle est blanchie (si j'ose dire). Seulement, l'agent spécial refuse d'abandonner, et il sait que Jim a un contact avec Morgan Hetrick (Michael Cudlitz), le gros bonnet du trafic de drogue.
Contre le statut de protection des témoins, Jim va se retrouver dans une banlieue aisée, dans une belle et grande maison. En échange, il doit aider le FBI à coincer Hetrick. Il se trouve que le voisin de Jim n'est autre que le brillant ingénieur en automobile John DeLorean (Lee Pace). Une amitié va ainsi se forger, et comme nous sommes vers la fin des années 1970, nous allons pouvoir assister au début du projet ambitieux qu'est la DMC-12.
Passons sur les détails techniques donnés par DeLorean. Et donc on va suivre la levée de fonds de John, pendant que Jim essaie de ne pas paniquer devant Hetrick. On voit la première fois où il a un micro et où il fait n'importe quoi avec. On constate que le tout est plutôt pris sur un ton humoristique. Ce qui vient du fait que Jim est une personne normale, qui trempe dans des combines bizarres, sans pour autant être au courant de tout.
D'ailleurs, j'ai oublié de vous dire comment était la narration. Car la première scène du film représente l'arrivée au tribunal de Jim, qui voit Tessa lui indiquer ce qu'il faut faire précisément. Ce procès est en fait celui qui va, ou non, inculper John DeLorean pour trafic de drogue. Nous revenons assez fréquemment à ce procès, qui permet d'introduire (à travers un long flashback à chaque fois), une partie de cette histoire incroyable.
En effet, devant la difficulté de lever des fonds, John va finalement faire assembler sa DMC-12 en Irlande du Nord, mais à un moment donné, il lui faudra 30 millions de dollars en cash. Ce qui va le mener à demander de l'aide à Jim. Leur amitié est telle, que John sait que Jim a un passé délicat. Ainsi, le FBI va tenter un coup de poker (sur l'idée de Jim), arriver à choper en flagrant délit Hetrick, tout en arrêtant DeLorean qui semble prêt à tout pour accomplir son rêve de voiture parfaite.
Si la DeLorean DMC-12 est aujourd'hui connue, c'est grâce à "Retour vers le futur". Car à sa sortie, c'était une mauvaise voiture, qui tombait tout le temps en panne, et dont les grandes ambitions de son créateur n'étaient pas tenues. Ceci sera reflété en partie ici. On apprend à découvrir le côté têtu de John DeLorean. Même si le héros c'est Jim Hoffman. La distribution y est parfaite. Malgré la présence de Isabel Arraiza en femme de John DeLorean et Tara Summers en Molly, la copine de Hetrick, il n'y a vraiment que Judy Greer qui ait un rôle féminin correct. Le reste est ultra masculin.
On se retrouve happé par ce récit, que l'on peut nommer comme incroyable, ou extraordinaire. J'ignore la part du vrai du faux, mais il a bien été question d'un procès pour trafic de cocaïne. Jim Hoffman aussi est une vraie personne, mais on arrive peu à le cerner. Car on apprend qu'il l'a fait à l'envers à Hetrick, et qu'il aime bien l'argent. Ici il est décrit comme un personnage charmeur, mais pas charismatique, ce qui est très bizarre. C'est quelqu'un de blagueur, qui peut paniquer, mais le montre peu devant les autres.
Alors, donc, voilà voilà. Nous sommes face à un film que je nommerai "film Netflix". Pas dans le sens péjoratif du terme. Je veux dire par là que c'est un film intéressant à voir, qui est captivant à suivre, mais ne possède rien en terme de spectacle ou d'émotions qui justifie la vision au cinéma. Ni même un deuxième visionnage. Ce n'est pas non plus le genre de film que l'on voit une fois et que l'on oublie. C'est juste un film à voir une fois quoi. Qui par sa distribution et son récit bien mené, captive pendant l'heure cinquante proposée. Un bon film en résumé. J'ai beaucoup aimé le voir, mais je n'ai pas l'intention de le revoir.
Truc sympa, il donne envie d'en savoir plus sur la vraie histoire de John DeLorean (Jim Hoffman étant témoin protégé, on a peu d'informations sur lui), et de sa mythique DMC-12. Truc moins sympa, ce qui s'avère être un film parfait à voir lors d'une soirée Netflix, Prime Video, Disney+, Max bidule, truc muche machin, il n'est disponible nulle part. Ceci me fait penser (rien à voir) à la fois où j’ai voulu revoir "Les Visiteurs", introuvable sur les services de streaming. Pour ce "Driven", je pense qu'il vaudrait 2 ou 3€ en VOD, mais c'est tout de même dommage d'avoir des abonnements à des services et d'être obligé de payer en plus. Ceci n'est que mon avis. Et je précise que c'est lors de la sortie de cette chronique (17 juillet 2024) qu'il n'est pas disponible, peut-être l'est-il au moment où vous lisez ces lignes ? Dans ce cas, n'hésitez pas à y jeter un œil, j'ai bien aimé.
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