Cultivons la curiosité
Je me souviens parfaitement de ce que j'ai écris sur le deuxième film de la saga Expendables. Je m'en souviens parce que j'étais là quand je l'ai écrit. Et ce n'était pas très reluisant. Oui, bon, en vérité j'ai voulu reprendre le "je me souviens bien ce que j'ai dit, vu que j'étais là quand je l'ai dit" du capitaine Howard (Joe Pantoliano) dans "Bad Boys" (Michael Bay, 1995). Mais à ma sauce. Je m'en souviens d'autant plus que c'était il n'y a pas si longtemps que cela. Par exemple, je ne me souviens plus de ce que j'ai écrit pour "Expendables : Unité Spéciale" (Sylvester Stallone, 2010), vu que c'était il y a longtemps.
Mais venons en au fait, car lorsque que j'ai revu "Expendables 2 : Unité Spéciale" (Simon West, 2012), je l'avais trouvé mal réalisé, pas ouf, et lourd, giga lourd, dans ses répliques. Sans parler que certains personnages étaient clairement humiliés sans raison apparente. Puis je ne vais pas parler de la misogynie assez violente du truc... Bref, ce n'était pas aussi bien que ce que je me rappelais de ma première vision de ce film. La faute justement au retour de Arnold Scharzenegger au cinéma, offrant une scène culte dans le premier film, avant de revenir de façon bien lourde, en disant qu'il reviendrait, qu'il est revenu tout ça. Donc, j'avais un mauvais pressentiment pour le troisième film. Et nous verrons tout cela après une bande annonce en version française.
Vidéo de Pathé Cinémas
Le film est scénarisé par Sylvester Stallone, Katrin Benedikt et Creighton Rothenberger. Il est réalisé par Patrick Hughes, dure 2h06, et a été vu en version originale sous titrée en français. Et donc le film s'introduit par une scène d'action de 6 minutes chrono, qui débute bien mal. La mise en scène me fait immédiatement penser à un film de série B des années 80, et la photographie est assez terne. Bref, ça sent mauvais, d'autant plus que la mise en scène va vouloir être nerveuse, ce qui provoque une action brouillonne.
Pourtant, ce sauvetage de Doc (Wesley Snipes) par l'équipe de Barney Ross (Sylvester Stallone) s'avère sympa. On retrouve Lee Christmas (Jason Statham), Gunnar Jensen (Dolph Lundgren) et Toll Road (Randy Couture) dans ce qu'il semble être une équipe décimée. D'ailleurs on devine que Doc est un des membres originaux de cette équipe. Et qu'il a fait une grosse gaffe lui valant un séjour de huit années dans une prison inconnue de beaucoup de monde.
Bon, seulement Doc il va accompagner l'équipe dans une mission spéciale, pour récupérer une bombe. C'est là où Hale Caesar (Terry Crews) va les rejoindre. Manque de bol, ils tombent sur un fantôme, là aussi un ancien membre de l'équipe de Barney. Stonebanks (Mel Gibson) avait été laissé pour mort par le meneur de cette équipe, et il s'avère être dangereux. Au point de blesser violemment Caesar qui se retrouve hors service, à lutter entre la vie et la mort. Ceci énerve Barney qui en fait une histoire personnelle, mais refuse qu'un autre membre ne se fasse tirer dessus ou tuer par Stonebanks. Il dissout l'Assemblée... l'équipe, mettant à la retraite des grands gaillards qui ne savent pourtant faire que ça.
À la place, il va louer les talents d'une jeunesse tête brûlée auprès de Bonaparte (Kelsey Grammer) et va recruter Smilee (Kellan Lutz), Luna (Ronda Roussey), Thorn (Glen Powell) et Mars (Victor Ortiz). Afin d'aller rattraper la bévue précédente. En effet, ce n'est plus Church/Chapelle (Bruce Willis) qui sert d'intermédiaire avec la CIA, mais Drummer (Harrison Ford), et il est encore moins commode. Donc, Barnley apprend de la jeunesse, des nouvelles technologies, seulement Stonebanks est fort, très fort, et il arrive à s'échapper, mieux, il enlève les 4 jeunes recrues de son ancien collègue. Barney est arrivé à s'échapper par miracle, et rentre dans le but de s'équiper pour partir en mission suicide afin d'en finir avec son ennemi.
Au passage on note que Trench (Arnold Schwarznegger) est de retour, et même si il ne participe pas, il aura, avec Drummer, mais aussi avec son nouvel équipier Yin Yang (Jet Li), une jolie place dans la scène finale. Enfin, avant cette scène, arrive ce que l'on a deviné, les anciens amis de Barnley lui forcent la main pour sauver les jeunes recrues. Ceci sans compter le déjanté Galgo (Antonio Banderas) qui parle beaucoup trop. Et évidemment, c'est un piège, qui fait que les 10 mercenaires vont devoir lutter contre une armée d'un pays fictif, sous les yeux de Stonebanks. Après, iels seront rejoint·e·s par le trio Drummer, Trench et Yin Yang, ce qui nous offre un final haletant, pas aussi bien réalisé que "The Raid" (Gareth Evans, 2011) mais tout de même impressionnant. Dans un quartier en ruine, qui s'articule autour d'un hôtel qui menace de s'effondrer (sans parler des explosifs installés par l'équipe de Stonebanks).
Et alors que la scène introductive m'a laissé croire que l'on était sur un film bof, comme le deuxième, c'est archi faux. Car oui, le scénario est prévisible, mais la réalisation se rattrape après le début, fonctionne bien, les scènes impressionnent même si elles en font trop par moment, et on retrouve enfin les personnages du premier film. Christmas n'est plus un toutou a qui on demande de faire le livreur, que Barnley humiliait dès que possible dans le deuxième film. Il en va de même pour Gunnar, dont on arrête de se moquer. Les nouveaux et la nouvelle s'intègrent bien, et surtout tout le monde a sa place, son petit moment. Certes, par moment, surtout dans la scène finale, le montage va trop vite entre les combats en cours, mais finalement, malgré une photographie grise, on s'y retrouve.
Si le film ne parvient pas à atteindre la classe du premier long métrage, il redresse une barre qui plongeait méchamment après avoir vu le deuxième. Oui, ce n'est pas le meilleur film du monde, mais là, les 126 minutes passent vite et bien. On devine tout, mais peut importe, l'important est de voir de l'action, des fusillades et de la bagarre. Sur ce point, malgré un mélange des combats qui peut perdre, surtout à la fin, tout fonctionne bien. Oui, une fois de plus, nous ne sommes pas face à de l'action parfaite, mais j'ai largement préféré ce film à son prédécesseur. Les personnages retrouvent un peu de caractère et arrêtent d'être humiliés, et je crois que ça change beaucoup de chose.
On arrête aussi d'essayer de citer tous les films de Arnold Schwarzenegger, et ça aussi ça fait du bien. Il reste donc un film d'action honorable, qui passe bien le temps. Certes, vous ne verrez rien de nouveau ici, mais on pense forcément aux longs métrages d'action des années 80, plus typés série B, et c'est déjà pas mal. Même si il y a plus de budget ici. Bon, un budget qui n'empêche pas les effets spéciaux de ressortir datés à l'écran, j'oserais même dire qu'ils étaient déjà datés en 2014 lors de la sortie du film. En tous les cas j’ai bien aimé, et je vous le conseille si vous aimez l'action un peu concon. Vous passerez un bon moment je pense.
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