Cultivons la curiosité
Profitons donc de cette période orientée sur le cinéma sur Ashou, pour continuer la découverte des films de la saga Rocky. Il se trouve que le cinquième volet était totalement inconnu par votre serviteur à ce jour. Oui. Et qui en plus, de mémoire, a une sale réputation, de film bof bof. Et ce alors que j'ai trouvé le "Rocky IV" réalisé et scénarisé par Sylvester Stallone (de 1985), franchement pas terrible. Alors que la franchise nous avait habitué à un délai de 3 années entre les films, celui-ci mettra 5 ans à venir dans les salles obscures.
On ne célèbre pourtant aucun anniversaire particulier (le film originel aurait eu 25 ans en 1991, soit une année après la sortie du film du jour), et pourtant, c'est une sorte d'adieu que va nous offrir Sylvester Stallone. Il continue à scénariser le tout, et John G. Avildsen, réalisateur du film de 1976, revient derrière la caméra. On retrouve même Bill Conti à la musique, lui qui n'était pas présent pour "Rocky IV". C'est parti pour 1h43, devant un film qui sonne la cloche finale pour un personnage emblématique des années 70-80, qui n'arrivera pas à passer les années 90. Oh, petite vidéo en version originale tout court, alors que le long métrage a été vu ainsi, mais sous titré en français parce qu'on est pas bilingue ici.
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On a l'habitude, le film débute par la fin du précédent chapitre. Drago (Dolph Lundgren) affronte Rocky (Sylvester Stallone) dans un combat violent, en lieu hostile pour le champion. Il reprend le dessus, met fin à la guerre froide (en vérité non, mais passons), et tout va bien... sauf que les coups encaissés par notre héros étaient d'une telle intensité, que là, promis, si il continue il va mourir à coup sûr. On nous avait déjà fait le coup dans je ne sais plus quelle film, mais passons. Car là c'est méchant, promis, si Rocky était à l'aube de son trépas en cas de nouveau combat pendant le deuxième ou troisième film, là l'aiguille est à minuit moins une minute, promis. Bon, j'affabule, ce n'est pas dit ainsi, mais en gros Adrian (Talia Shire) prend la décision à la place de son mari, il arrête sa carrière.
Oh, bah ça tombe super mal. Doublement super mal. D'une part parce que George Washington Duke (Richard Grant) est prêt à offrir beaucoup d'argent pour organiser un match entre Rocky et son poulain Duke (Tony Burton). Suite à la déclassification de Rocky, qui est parti en U.R.S.S. sans accord de la fédération de boxe, et s'est retrouvé déchu de son titre, c'est Duke le nouveau champion. Mais bon, un titre gagné sans adversité, sans même boxer.
Le promoteur va être ultra insistant, mais c'est non. Là où c'est doublement ballot, c'est que pendant sa période soviétique, Paulie (Burt Young) a fait quelques investissements douteux. Pire, le comptable a omis de payer les impôts de Rocky, résultat une dette de 400 000 U.S.$, alors que Rocky n'a aucun revenu, car bon, il s'est absenté longtemps. Résultat, les Balboa sont ruiné·e·s et retournent à Philadelphie, dans les bas quartiers, où tout a débuté. Il y retrouve la salle de boxe de feu Mickey, et décide de la rouvrir et de devenir entraîneur, vu qu'il ne peut plus boxer pour raison médicale.
En même temps, Robert Balboa (Saga Stallone), son fils, très bien éduqué et intelligent, va devoir apprendre à vivre dans les bas quartiers. Il va certainement se faire malmener par les jeunes du coin, et ceci inquiète Rocky. Il en profite cependant pour renouer une relation père-fils qui était inexistante vu que Rocky était en U.R.S.S. je rappelle. Seulement, un certain Tommy Gunn (Tommy Morrison) va débarquer à Philadelphie, et vouloir Rocky comme entraîneur. Lui qui est une machine (d'où son surnom Machine Gunn, un joli jeu de mot assez pro arme avouons-le), a gagné tous ses combats amateurs, et il veut viser le titre, comme son idole, Rocky. Ce dernier, au lieu de s'occuper de son jeune fils, va trouver en Tommy une nouvelle façon de vibrer autour de la boxe, en l'entrainant.
Paulie et Adrian voient Rocky s'impliquer pleinement, et iels sentent que George Washington Duke est en train de retourner le poulain de notre boxeur préféré. En lui promettant richesse, gonzesse, et surtout un combat contre le champion. Rocky repoussant l'échéance, il va se faire doubler, et dès lors... bah découvrez-le vous-même. Désolé, je m'arrête là car j'en ai déjà trop dit.
Ce film, si il débute mal, par le combat contre Drago, comme pour perdre du temps, et si il est très lent à se mettre en place, nous montre la chute violente d'une icône. Il vient de réchauffer la guerre froide... ça ne veut rien dire, il vient de réchauffer la liaison entre les blocs Est-Ouest, est adulé par tout le monde, mais n'a pas su faire confiance aux bonnes personnes, ni correctement gérer son argent. Une fois de plus il est ruiné (c'est déjà arrivé, dans le 2 ou 3, je ne sais plus), mais là, la chute est violente. De plus, l'avis des médecins l'obligeant à rester loin du ring le frustre, donc il va chercher une alternative. Et va voir en Tommy le lui plus jeune et fringuant. Il va même trouver un second souffle, quitte à délaisser sa propre famille.
Le dialogue dans la rue, entre Adrian et Rocky, est, je trouve, excellent. Elle lui ouvre les yeux, il répète une fois de plus qu'il n'est pas très malin, qu'il revit grâce à Tommy, et que oui, il s'est perdu. Je trouve cette engueulade, moi qui n'aime pas ça pourtant, excellente. D'ailleurs, pendant que Tommy va goûter à la luxure, au luxe et à la gloire... enfin bon, gloire... comme il a trahit son entraîneur Rocky, il est un champion haït. Mais belle voiture, bel appartement, belle pépé (désolé les filles, c'est sexiste, mais la rousse là, c'est une femme matérialiste comme on les déteste toutes et tous), il a la belle vie. Cependant, on sent que ce diable de George Washington Duke est tenace et que son but était de faire monter Rocky sur le ring à tout prix. Résultat, ça nous donne une scène finale qui met tout en l'air j'estime.
Je reconnais que la dernière baston est très vidéoludique dans son exécution, mais elle me paraît ridicule. Ce qui est dommage. C'est ainsi que l'on dit adieu (en fait pour environ 16 ans, mais on ne le sait pas en 1990) à Rocky Balboa. La scène de fin est très belle, fonctionne bien, et met en valeur les 4 films précédents. Il y en a des bons, des mauvais, mais je reconnais que le personnage principal est marquant.
Indissociable de son interprète, Rocky Balboa/Sylvester Stallone ont parcouru les mêmes épreuves dans les années 70-80-90. D'outsider inattendu, à champion adulé, avant de chuter lourdement à l'arrivée des années 90, il est impossible de ne pas voir l'Histoire de Sly (surnom de Sylvester Stallone) à travers le récit de la vie de Rocky. Et ce cinquième volet est plus proche de Sly que jamais. Pour cela, je le trouve touchant. Et oui, "Rocky V" est meilleur que son prédécesseur, meilleur même que les deuxième et troisième films. Un retour au source qui permettent de retrouver la sincérité du film de 1976.
Film sur la famille, sur l'attrait des lumières, sur la simplicité, j'ai beaucoup aimé découvrir ce "Rocky V". On sent que l'on est sorti·e·s des années Reagan, et que les années 90 amorcent un creux pour Sly et sa carrière. On revient vers plus de simplicité, tout en ne délaissant pas la boxe, même si ici le sport est plutôt au second plan, comme le prouve le combat final (vous comprendrez en le voyant). Donc oui, je vous le conseille, le début de ce film vous permet même de zapper le quatrième film, le plus faible selon moi en attendant ma découverte de "Rocky Balboa" (Sylvester Stallone, 2006). À voir je pense.
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