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Cultivons la curiosité

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Rocky

Rocky
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Nous nous rapprochons de la fin de ce mois spécial trilogie cinématographique. Et après avoir vu les 3 premiers films Rambo, au tour d'un autre personnage important, peut-être même le plus important, dans la carrière de Sylvester Stallone (parfois surnommé Sly). Le petit point rigolo (ou fun fact en anglais, ce qui claque plus à dire j'avoue), c'est que lorsque nous verrons le troisième film de la saga Rocky, ça correspondra au premier sang versé par Rambo, les 2 films étant sortis lors de l'excellente année 1982.

 

Sylvester Stallone, avant Rocky, ce n'était qu'un acteur de petits rôles. Vu rapidement dans "Cannonball!" (Paul Bartel, 1976... ah, la même année que le film du jour...), "La course à la mort de l'an 2000" (Paul Bartel, 1975, dont on préférera le titre original "Death Race 2000"). Dans "Capone" (Steve Carter, 1975) aussi, et même "L'Étalon Italien" (Morton Lewis, 1970), un film érotique. Bref, ce n'est pas la folie, mais bon, Sly essaye de vendre un scénario dans lequel il a beaucoup mis de lui. Ce n'est pas très français, pardon. Mais le boxeur "has never been" (jamais reconnu en résumé), qui va obtenir une opportunité unique, la chance d'une vie, c'est aussi un peu l'histoire de son principal interprète.

 

Quand on repense que si le film "Rocky" ne s'est pas rapidement fait, c'est uniquement parce que les studios de production ne voulaient pas de Sylvester Stallone en rôle titre. Le scénariste savait que Rocky Balboa, c'était lui, et il était prêt à faire des concessions pour le porter à l'écran, mais uniquement si il interprétait Rocky. Ainsi, c'est en 1976 que John G. Avildsen met en images le scénario de Sylvester Stallone. Nous voilà devant un film de 2 heures environ, à Philadelphie, où une vie va basculer. Sur un score indémodable de Bill Conti, je vous propose de plonger dans l'univers de Rocky Balboa, qui va atteindre la trentaine et aura certainement loupé une carrière exceptionnelle de boxeur. La faute à son manque d'ambition et de travail. Regardons la bande annonce en version originale sous titrée en français, soit de la façon dont fût vu ce film.

Vidéo de films1980

L'histoire est assez simple, même si il me faut nuancer mes propos. On va juste suivre le quotidien de Rocky Balboa (Sylvester Stallone), qui essaye de gagner se vie comme il peut. Il arrondit ses fins de mois en participant à des combats de boxe de son quartier. Il essaye, en vain, de draguer Adrian (Talia Shire), qui tient l'animalerie en face de chez lui. Elle est la sœur de Paulie (Burt Young), l'ami de Rocky. Un jour, notre héros va se voir proposer un combat contre le champion du monde en titre, Apollo Creed (Carl Weathers), une opportunité trop belle, qu'il lui faut à tout prix saisir.

 

Si vous vous attendez à voir de la boxe, de la boxe et de la boxe, c'est raté. Un peu comme "Rambo" (Ted Kotcheff, 1982), le film du jour est intimiste. On suit Rocky, qui combat dans un club de quartier. Il morfle, mais arrive à prendre le dessus sur son adversaire. D'ailleurs, le tenancier de la salle va, plus tard dans le film, virer Rocky. Mickey (Burgess Meredith) n'est pas un homme commode, et on apprendra à la fin, pourquoi il est aussi aigri contre Rocky.

 

Mais en attendant, sur le chemin du retour et après avoir été payé une modique somme (à laquelle se sont soustraits de nombreux frais), il passe devant une animalerie, juste devant chez lui. Le lendemain il reprendra son job de collecteur de dettes auprès d'une sorte de mafieux local. C'est de l'argent facile, et le seul boulot qu'on lui propose, donc il le fait, même si c'est à contrecœur. Cependant, il a un rayon de Soleil. Son passage à l'animalerie du coin, tenue par Adrian. La jeune femme est introvertie, ce qui fait dire aux personnes ne la connaissant pas qu'elle est attardée. Juste elle ne veut pas attirer l'attention.

 

Ceci lui vaut des remontrances de son frère Paulie, dont elle s'occupe pourtant. Ce dernier est un alcoolique qui ne supporte plus son boulot de transporteur de carcasse d'animaux. On notera la dissonance, l'opposition, je ne sais pas comment on dit, entre Paulie qui se charge de "cadavre" d'animaux et est très colérique, ambitieux même, et sa sœur Adrian qui elle s'occupe des animaux vivants. C'est une belle démonstration (même si Paulie déteste son métier car usant et physique) des caractères des 2 personnages.

 

Pendant une grosse partie du film, on suivra Rocky, une pépite de la boxe qui ne s'est jamais vraiment dit qu'il pouvait réussir. La faute au fait qu'il est un gaucher, et que c'est une fausse patte donc, qui rend inesthétique tout combat contre lui. C'est bien expliqué lors du premier rencard entre Adrian et Rocky. Une belle scène, où justement ce dernier explique que lui, il est un peu stupide, une "cloche". Et Adrian elle se coltine une réputation d'attardée qui lui vaut d'être célibataire à 30 ans, au grand désarroi de son frère, qui le lui rappelle de façon très virulente et détestable.

 

Enfin bon, on pourrait presque croire que c'est une tranche de vie pas drôle dans les bas quartiers de Philadelphie. Mais ça, c'est avant que Apollo Creed ne cherche désespérément un adversaire. Le champion du monde incontesté des super lourds, voit ses potentiels adversaires se désister. Ils ont peur. Qu'à cela ne tienne, le très cultivé Apollo a une idée. Au 1er Janvier 1976, nous entrerons dans le bicentenaire de l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Quoi de mieux que de donner une chance, typiquement étasunienne, à un inconnu, d'affronter le meilleur boxeur du monde.

 

Pour cela, il faut une personne assez en forme (le combat se tient dans 5 semaines), et avec un nom qui claque. L'Étalon Italien, surnom de Rocky, tape dans l'œil du champion du monde. Bien que ce soit un gaucher, Apollo est sûr de lui, il le mettra au tapis au bout de 3 rounds, petit combat sympa quoi. Ainsi, le promoteur du combat et Apollo commencent à parler de l'organisation, de la publicité, enfin bon, de tout ce qui tourne autour du combat.

 

Rocky, il hésite, mais finalement veut prouver à tout le monde qu'il y arrivera, qu'il s'entraînera seul (ou presque), et que grâce à son abnégation, il va exploser aux yeux du monde. Seulement, la veille du combat, il fait part de ses doutes à Adrian, avec qui il est désormais en couple. Il sait qu'il ne gagnera pas ce match. Personne n'a dépassé les 12 rounds contre Apollo, donc lui va tout faire pour tenir les 15 rounds qui composent ce combat. Rester debout, c'est tout ce qu'il demande, la victoire étant impossible.

 

Le match en lui-même ne dure que 20 minutes dans le film. Il est intense, violent, mais va super vite. On passe les 3 premiers rounds avant d'atterrir au douzième, treizième, puis finalement quinzième. Le résultat importe peu, l'important est de rester debout. Et je vous laisse découvrir le résultat. Sachant que le film s'achève de façon abrupte, à la fin du combat.

 

Ce film regroupe plusieurs choses, ou idées, ou je ne sais pas quoi. Déjà, le fameux rêve américain. Qui dit que tu peux venir avec 1$ en poche et devenir, riche, célèbre, en un rien de temps. Que si tu t'accroches, la belle Amérique (les États-Unis d'Amérique quoi) te le rendra. Bon, aujourd'hui ce "rêve" est de moins en moins réalisé, mais fût un temps où effectivement, il y avait moyen de réussir. Bon, combien de personnes réussirent en comparaison des personnes échouant ? Je ne le sais pas. En tout cas, après une vie de galère, Rocky voit un grand changement arriver. Représenter les petites gens, pouvant se frotter à l'élite, et réussissant même, à travers son abnégation, à faire vaciller le pro, c'est ce que raconte ce film.

 

Mais aussi et surtout, il s'agit d'une belle histoire d'amour. Rocky étant ultra maladroit, pas très futé, mais il le sait. Il va aussi donc trouver l'amour, et permettre à Adrian de se révéler, elle changera sa garde robe, ne mettra plus ses lunettes... d'ailleurs il faudra m'expliquer c'est quoi ce délire de lunettes. Quand un personnage a des lunettes, il devient moche aux USA ? Genre regardez Clark Kent, il met des lunettes, et pouf, personne ne sait que c'est Superman. Manque le slip rouge aussi. Mais franchement, dans les films, ils mettent des lunettes à des actrices sublimes, tu le vois qu'elle est belle, mais pas les personnages masculins. C'est complétement con.

 

Tout ça pour dire qu'on voit bien que Talia Shire est une belle femme, tout comme Rocky perçoit que Adrian est belle. Ce que personne d'autre ne voit. Enfin bon. Voir la maladresse de Rocky, la gêne d'Adrian, qui hésite beaucoup, et finalement parvient à s'émanciper de Paulie, son frère, qui lui servait de patriarche abusif, c'est aussi ça le propos du film. Parfois, 2 personnes normales ne sauront pas comment faire pour se convaincre qu'elles sont faites l'une pour l'autre. C'est une belle histoire d'amour, bien montrée à la fin, avec l'injustement moquée cri final de Rocky, qui pense à sa compagne avant d'avoir le résultat du match.

 

J'ai beaucoup aimé, je l'avais déjà vu, mais j'avais surtout retenu l'aspect entraînement avec la musique iconique de Bill Conti. Et cet aspect galère dans les rues de Philadelphie. C'est un film qui était pour Sly. La vie de Rocky, c'est celle de son interprète, Sylvester Stallone. Ils connaîtront la même carrière d'ailleurs. Arme anti-soviétique, luttant contre le communisme, puis simple accompagnateur de la jeune garde. C'est marrant de voir à quel point les vies de Rocky Balboa et Sylvester Stallone sont liées. Connectées. En tout cas, très bon film, parfois un peu rugueux, on déteste Paulie notamment alors qu'il a ses failles lui aussi. Qui parle aussi de la volonté qu'on les gagnants de se mettre en scène (l'entrée ridicule d'Apollo Creed, avec des commentateurs qui t'expliquent la portée de ses gestes, le pire étant l'Oncle Sam...). Enfin bon, à voir je pense.

 

@+

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