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Cultivons la curiosité

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Small Soldiers

Small Soldiers
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Les années 90 marqueront l'avènement des effets spéciaux numériques. "Terminator 2 : Le Jugement Dernier" (James Cameron, 1991), "Jurassic Park" (Steven Spielberg, 1993) ou "Toy Story" (John Lasseter, 1995) pour n'en citer que 3, offriront des expériences uniques, et marqueront le cinéma à travers les avancées technologiques qu'ils apportent. Aujourd'hui, difficile de croire qu'il fût un temps où la pointe de la technologie numérique était un "Tron" (Steven Lisberger, 1982) qui, bien qu'épuré, paraît daté plus de quarante ans après.

 

Bien que les 3 premiers films cités furent de grands succès et montrèrent que oui, tout (ou presque) est maintenant possible, c'est surtout "Titanic" (James Cameron, 1997) qui ré-inventa le blockbuster spectaculaire, 27 ans après "Les dents de la mer" (Steven Spielberg, 1975). Ah, oui, j'ai oublié les "Independence Day" (Roland Emmerich, 1996) et "Mars Attacks!" (Tim Burton, 1996) en terme de gros blockbusters. Mais ne nous égarons pas, car mon introduction est désormais trop longue.

 

Les films voulant attirer le public pour toujours plus de sensation au cinéma, durent aller vers le toujours plus. Ainsi, si un long métrage n'intégrait pas de plan sur fond vert, le public risquait de bouder le film. Le point d'orgue de cette recherche du toujours plus fût atteint à la fin des années 90, avec "Star Wars Episode I : La menace fantôme". Cependant, je vous propose un petit retour en arrière. En 1998. Avec un cinéaste fonctionnant encore à l'ancienne, mais ayant derrière lui un gros studio de production (DreamWorks), Joe Dante.

 

Surtout connu pour son "Gremlins" de 1984 (et sa suite de 1990), il reste un artiste appréciant les effets à l'ancienne. C'est ce que nous verrons sur le film du jour, pénultième étape du mois spécial cinéma sur Ashou, qui mélange habilement des effets en "dur" avec ceux conçus par ordinateur. Et est encore moderne en 2025. Voyons ce que donne ce "Small Soldiers", avec Gavin Scott, Adam Rifkin, Ted Elliott et Terry Rossio au scénario, d'une durée de 1h45, après cette petite bande annonce en version française (VF). Alors que le film fût vu en version originale sous titrée en français.

Vidéo de Otto Rivers

Imaginons qu'un fabricant d'armes décide, un jour, de s'offrir une grande marque de jouets. Juste comme ça, pour le fun. Voire pour répandre le fait que les armes, c'est cool. Mais là est un autre débat. Imaginons que le chef de ce fabricant d'armes, ait une vision... comment dire, simpliste de ce que veulent les enfants. Qu'il décide de mettre la précision, la qualité, et l'idéologie de son entreprise, pour faire des jouets. C'est ce qu'il arrive à Heartland, qui frôle le dépôt de bilan, mais s’en sort grâce à Globotech. Seulement, Gil (Denis Leary), le PDG de Globotech, veut des résultats, de l'efficacité, quitte à prendre une partie de la technologie normalement réservée à l'armée.

 

C'est cette volonté d'être efficace qui pousse Larry (Jay Mohr) à prendre des puces en surplus de Globotech. Elles sont parfaites pour offrir un jouet original, qui parle et bouge, avec en plus, une énergie infinie. Son collègue Irwin (David Cross) n'est pas au courant, mais lui est plus dans le jouet à l'ancienne, moins militaire. Ceci n'empêche pas le lancement en grande pompe de la gamme Commando d'Élite, les "monstres" créés par Irwin servant d'ennemis à ces militaires, et se nomment Gorgonites.

 

Alan (Gregory Smith) est un ado normal, qui possède une réputation de tête brûlée. Il aurait été renvoyé de 10 lycées, mettant le feu à l'un d'eux. La vérité est toute autre, mais passons. Son père, Stuart (Kevin Dunn), tient une boutique dans la petite ville où la famille vit. Une boutique de jouets, mais à l'ancienne. Hors de question de céder aux nouvelles technologies, qui font perdre leur âme aux jouets. Un jour que Stuart doit se rendre je ne sais où, Alan se retrouve à tenir le magasin familial. Il va réceptionner la marchandise livrée par Joe (Dick Miller). Et il arrivera à négocier un set complet de Gorgonites et Commando d'Élite.

 

Dès lors, les jouets se mettront en route et vont faire ce pour quoi ils sont programmés, la guerre entre eux, quitte à avoir des dommages collatéraux, plongeant le voisinage de Alan, ainsi que son crush, coup de cœur, Christy (Kirsten Dunst) dans une bataille qui pourrait virer au drame. Le tout s'achevant dans un siège de la maison des Fimple, la famille de Christy. Les Gorgonites, programmés pour perdre, vont-ils arriver à aider les Humains et Humaines à survivre à cette guerre ? Vous le saurez en regardant le film.

 

Déjà, il y a moult citations ici, "Titanic", "Gremlins", "Apocalypse Now" (Francis Ford Coppola, 1979). Au début, "Small Soldiers" m'inspirait plutôt une guerre entre les soldats en plastique vert, que l'on peut voir dans "Toy Story", que des jouets conçus spécialement pour ça. Des jouets qui prennent vie de façon bluffante, mélangeant vrais animatroniques et images numériques. La photographie permet de bien croire en ce que l'on voit, et hormis quelques rares effets un tout petit peu datés, le reste n'a pas pris une ride.

 

Malgré ses 105 minutes, le film passe vite, grâce à une bonne maîtrise du rythme, il y a assez d'exposition pour que l'on s'attache aux personnages. Peut-être l'introduction, centrée sur Heartland et les ingénieurs Larry et Irwin qui découvrent leur nouveau patron, est-elle un poilet trop longue. Ceci aurait pu aller plus vite disons. On retrouve l'état d'esprit d'une comédie frôlant avec l'horreur, comme c'était le cas sur "Gremlins". Et c'est peut-être là la raison de son échec. Le film n'arrive pas à se positionner clairement. J'ignore où j'ai vu ça, soit sur la chaîne YouTube Arkeo Toys, ou ailleurs, mais le film n'a pas de public précis.

 

Est-ce pour les enfants ? Euh, la création de l'armée des poupées est bien flippante, le final riche en action et en jeux dangereux, n'est pas trop conseillé pour les enfants. Les adolescents ? Comme ça parle comme "Toy Story" d'un passage à l'âge adulte, ça pourrait, sauf que les adolescents me paraissent trop grands et les adolescentes trop grandes pour vraiment être attiré·e·s par ce film. Les adultes ? Absolument pas. Si le film est réjouissant pour son aspect justement dangereux et adulte, il faut vraiment apprécier les films de Joe Dante, pour aimer ce "Small Soldiers".

 

Après, je viens peut-être de dire une bêtise, ce ne serait pas la première. Ce que je veux dire, c'est qu'il vise une partie trop précise, trop limitée, pour en faire un succès. Malgré ses évidentes qualités, voir des jouets s'amuser à lancer des pointes, mettre le feu à une maison, et semer la terreur dans un quartier entier, il faut aimer les films de genre pour apprécier ceci. Seulement, mettre des ados en héros, notamment Alan (qui est en fait John Connor (Edward Furlong) de "Terminator 2 : Le Jugement Dernier), là où "Gremlins" mettait en scène un jeune adulte, Billy (Zach Galligan), ça n'aide pas trop.

 

Mais je suis parti trop loin je pense. Au final, le film s'avère très divertissant, riche en action, bien que le tout début soit un poil trop long. On s'attache aux personnages, et on croit à ce chaos semé par des jouets plus vrais que nature. La mise en scène et les effets spéciaux (numériques ou non) aidant grandement à ceci. J'avoue qu'en 1998, j'avais 16 ans (oui, je suis vieux, je sais), donc je pense que j'étais pile le public visé. Mais je ne me vois pas à l'époque, vouloir aller au cinéma pour assister à cette guerre des jouets. C'est bien là le seul défaut. Ce positionnement impossible à indiquer. Pourtant, si vous aimez l'action, et surtout les films Gremlins, vous retrouverez ces sensations. J'ai adoré le voir et le découvrir, mais je ne compte pas le revoir. Il est tout de même à découvri je pense.

 

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