Cultivons la curiosité
De façon totalement involontaire dans ce mois spécial cinéma d'horreur sur Ashou, nous allons à nouveau voir un être maléfique spécifique, celui du Djinn. Et non pas Jean, vous savez, le pantalon ? Désolé, mais quand j'entends Djinn, je pense au futal, voilà. Avouez que ça aurait de la gueule, le pantalon meurtrier. Passons. Car la seconde moitié des années 90 vit déferler une vague de film d'horreur, alors que le genre était clairement en désuétude. Merci "Scream" de Wes Craven (1996). Disons précisément que le genre n'attirait plus grand monde dans les salles obscures. Mais pouvait trouver son public dans les vidéoclubs, où l'on louait une cassette vidéo le temps d'une après-midi, d'une soirée, d'une journée ou d'un week-end.
Les jeunes, ne cherchez pas, c'est terminé depuis longtemps ça, et vu que le support physique va certainement bientôt disparaître, les BluRay étant condamnés par Sony (qui produit la licence il me semble), les DVD n'ayant pas une assez grande qualité pour proposer un film en 4K DTS7.1, nous dépendrons bientôt toutes et tous des plateformes de diffusion, telles que Prime Video, Disney+ ou Netflix. D'ailleurs, le film du jour est à priori disponible sur LIONSGATE+... Je ne savais même pas que ça existait. Donc, de 1997, scénarisé par Peter Atkins, réalisé par Robert Kurtzman, produit par Wes Craven (c'est le nom le plus ronflant et le plus mis en avant), allons voir ce que donne cette vision moderne du génie maléfique, et ce, pendant 1h26 ou 1h28, je ne sais plus. Le film a été vu en version française (VF), soit de la façon dont vous pouvez voir la bande annonce ci dessous.
Vidéo de Otto Rivers
Pourquoi la VF ? Absolument pas parce que j'ai fait une fausse manipulation et que j'ai cru avoir sélectionné la version originale sous titrée en français ? Non. Pas mon genre voyons. Sachez que je me suis dit, au moment de sélectionner la piste audio, que si c'était la VF qui sortait, je verrais le film ainsi car le timbre de Richard Darbois en Djinn, ben c'était pas dégueulasse du tout.
Oh, mais on retourne loin en arrière dites-moi, 1127, la Perse, le Moyen-Orient moderne (en se situant en Europe, parce que les Étasuniens et Étasuniennes disent "Extrême Orient", on croirait une glace...). C'est la cata, le Vizir effectue son deuxième vœux, et lui qui voulait voir des merveilles, il va en voir. Son peuple se transformant en diverses choses ou animaux, voir carrément un gonze qui perd toute son enveloppe corporelle pour rester tout simplement un squelette. Dans une souffrance énorme, et surtout des effets spéciaux sublimes. Ici, les costumes, les monstres, les violences gores sont magnifiques. Et ce sera la seule chose de bien, mais nous y reviendrons.
Coup de bol, le magicien du Vizir (on croirait que je cause de lessive) arrive à emprisonner le Djinn dans une magnifique Opale, d'un rouge profond, et la cacher on ne sait pas où. Enfin si, on va le savoir très vite. 1997, sur le port d'Amsterdam y'a des marins qui chantent... ah non, pas Amsterdam, là nous sommes aux États-Unis d'Amérique, et personne ne chante. Juste un manutentionnaire, celui de la grue, qui picole dès le matin. Résultat, alors que Robert Englund, non, pardon, Raymond Beaumont (Robert Englund donc) réceptionne une magnifique et rare statue, Ted Raimi... pardon, décidément, Ed (Ted Raimi), va se faire écrabouiller par la caisse de la statue. Cette dernière vole en éclat, et révèle auprès d'un marin, ou d'un manutentionnaire, l'Opale vue au début.
Si il n'y a pas moyen d'en tirer mille balles, c'est qu'il y a un problème. Donc le gonze met ça dans sa popoche, l'air mine de rien, et va vendre ça à un mont-de-piété, pour 200$U.S., loin des mille balles auxquels je pensais, mais en francs de 1997, on doit y être je pense. Oh, mais attendez, on nous présente 2 ami·e·s qui jouent au tennis. Josh (Tony Crane) aimerait bien jouer à autre chose avec Alexandra (Tammy Lauren), mais cette dernière ne s'est pas remise de sa rupture, résultat, mieux vaut rester ami·e... bam, friendzonage dans ta gueule Josh... Oui, bon, on a tous connus ça (je ne parle pas au féminin parce que devant l'aspect dalleux des hommes, je ne pense pas qu'ils s'amusent à friendzoner un éventuel plan cul... mais ceci est mon avis et je peux dire une connerie, ou alors la femme n'est pas du tout attirante, mais là, c'est une question de goût et de couleur). Punaise, je suis perdu là.
Ah, oui, mais en fait Alexandra elle bosse pour un grand cabinet d'enchères là, et son patron veut expertiser l'Opale, avant de l'acheter. Fait rigolo, la sœur de notre héroïne, Shannon (Wendy Benson), est la secrétaire de ce cabinet. Elles bossent limite ensemble. Donc, Alex, on va l'appeler Alex hein, elle essaie de comprendre c'est quoi donc ce qu'elle voit à l'intérieur. Oh, depuis qu'elle a jeté un œil, elle entend une voix, celle de Richard Darbois, qui est tout content d'avoir été réveillé. Bon, c'est le Djinn (Adrew Divoff), et comme Alex elle demande à son meilleur poto for life man, le pauvre Josh, de mieux analyser l'Opale, ce dernier s’exécute. Lui il n'a pas compris qu'il ne se passera jamais rien avec Alex, mais bon. Reste qu'en utilisant un laser, il va libérer définitivement Djinn. Et le payer de sa vie.
Bon, le Djinn, il est paumé. C'est quoi ce monde de con ? Des trucs métalliques qui roulent sur quatre roues, des choses bizarres quoi, partout. Mais il s'adapte. Son but ? Selon la légende que Alex va découvrir, le Djinn doit collecter 1001 pauvres âmes, en accomplissant leurs souhaits, ou vœux (sauf que ce n'est pas Parcoursup), puis il doit réaliser les 3 vœux de la personne l'ayant réveillé (ici Alex). Ceci lui permettra d'ouvrir les portes à ses potos les Djinn, afin de réaliser tous les vœux de ses con·ne·s d'Humain·e·s, et ainsi, en signer la fin.
Oui, parce que comme nous avons pu le voir au début, le Djinn, ce n'est pas le Génie de "Aladin" (Rob Clements et John Musker, 1992). Certes il ne peut rien faire directement, mais à travers ce que tu souhaites, il interprète et se démerde pour que ça se retourne contre toi, toujours. On ne peut pas gagner face au Djinn, sauf à n'émettre aucun souhait. L'Humanité étant ce qu'elle est, on peut dire qu'elle est foutue quoi. Moment rigolo, un peu à la "Destination Finale" (James Wong, 2000), quand le chef des sœurs Amberson (nom de famille de Alexandra et Shannon) demande 1 million de $U.S., et que sa mamie vient juste de remplir son testament lui léguant un million, et que son avion explose juste après, ça ajoute un peu d'humour sombre.
Reste que, par rapport au fait que je croyais que les années 90 étaient soft en horreur, ne montraient rien à l'écran, le film est très démonstratif. On passera outre sur les effets spéciaux numériques, moches, ratés, qui prêtent plus à rire, en 2026, mais je pense que c'était déjà le cas il y a presque 30 ans. Nope, on oublie ça et on se concentre sur les effets en dur. Avec du sang, des organes, des marionnettes, des costumes, tout en met plein la vue. C'est un délice. On pardonnera presque la photographie qui sonne très "téléfilm" et pas cinéma, ainsi que le jeu des actrices et acteurs, assez plat (je pense que c'est pareil en version originale). Car les scènes d'horreur, si elles ne font pas vraiment peur, sont fascinantes. Vraiment, c'était agréable à voir... ou comment passer pour un psychopathe en une phrase.
Reste que l'Histoire en elle-même est convenue. On sait que le troisième vœux annulera tout, même si, j'avoue, j'ai peiné à trouver comment Alex allait s'en dépêtrer. C'est assez simpliste, mais efficace. Et on constate finalement, que pour faire cesser le friendzonage, il faut mourir... Oui, j'ai trouvé ça complétement con à la fin, mais passons. Et il est temps de passer à la conclusion.
En fait, scénaristiquement parlant, c'est basique. Oui, c'est vu comme un hommage aux films de séries B des années 80, mais franchement, ce n'est pas une raison, à l'heure où "Scream" renouvelle la narration, de faire un film aussi plan plan. Aussi, ce n'est pas une raison pour demander aux actrices et acteurs de dormir, ou d'en faire des caisses. Que dire de la réalisation, qui semble découvrir les distorsions d'images et le morphing... punaise... au point d'en user et en abuser. Le seul truc qui sauve le film, clairement, ce sont les effets spéciaux en réels. Aussi répugnants que fascinants, j'ai été surpris de trouver ça dans un film des années 90. Décennie que je croyais peu gore. Punaise, je constate qu'ils en ont fait 3 suites... ah ouais.
Bref, un film sympa, mais sans plus, qui est typé années 90 je trouve, dans son style, notamment avec les effets spéciaux numérique et la photographie proche du téléfilm (j'ai cru voir celle de "Freddy sort de la nuit", de Wes Craven sorti en 1994). J'ai aimé le voir mais ne peux pas vous le conseiller, il y a des films largement meilleurs à voir avant. Après, si vous aimez le genre, il pourra vous faire passer un moment sympa, seul·e ou entre ami·e·s. Mais ne restera pas gravé dans vos mémoires pour autant. Sympa, sans plus.
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